EL KSAR EL KEBIR
Au milieu du xyu** s., El Ksar est le théâtre de luttes intestines qui lui portent grand tort. C'est à cette époque que El Khider Ghaïlane, ancien compagnon d'El Aïachi, et dont la descendance existe encore chez les Boni Gorfot, s'en empare (lôS'^). Il en fait sa capitale jusqu'en 1666, époque à laquelle Moulay Rechid, premier prince de la dynastie alaouite, s'y installe. En proie aux horreurs de la guerre civile, sous le règne de Moulay Slimane et de Moulay Abd Er Rahmane (l»"® moitié du XIX* s.), elle tombe de plus en plus en décadence. Les Espagnols l'occupent en 1912.
Bibliographie : — Le jRaîs El Khadir Ghaïlan, Archives marocaines, vol. XVIII (Paris, Leroux) ; — Les tribus arabes de la vallée du Loukkos, et le Gharb, par Mighaux-Bellaire, Arch. raaroc, vol. II à V, XX (Paris, Leroux).
Le centre de la ville musulmane est marqué par le Soeco, établi sur l'ancien lit de l'oued Loukkos. Ouvert à l'E. sur l'emplacement du marché et la route de Tanger à Rabat, il se prolonge à l'O. en se rétrécissant peu à peu. Il est bordé de cafés espagnols, d'un hôtel (de Madrid), de boutiques de marchands de denrées alimentaires, du marché aux grains, d'ateliers de maréchaux-ferrants.
Au N. du Socco s'étend le quartier dit Eeh Charia, « la ville légale '), occupé surtout par des agriculteurs et quelques tisserands et doté de monuments religieux. Son artère centrale est formée de la Souïka, petit marché qui conduit à la mosquée Souïka, de la rue Niarine, occupée par quelques épiciers; du mers, ancienne place des silos makhzen, aujourd'hui comblés; la mosquée Es Saïdia, « l'heureuse » (minaret sobrement orné de carreaux émaillés), une vieille médersa désaffectée et des ateliers de tissage terminent la rue. Dans le même quartier se voient la poste espagnole, la mosquée El Hamra, la mosquée Ed Dziri, la koubba de Sidi Yakoub et une série de zaouïas. Plus au N. se trouvent le quartier des briquetiers et potiers (travaux sans caractère artistique) et le WMrabout de Sidi Ali Bou Ghaleb, élevé à la mémoire du patron de la ville, qui vécut au xii^ s. (p. 217).
Le quartier S. est celui de Bab El Oued, « porte du fleuve >». C'est là que se concentre le commerce indigène local'. Dans une première artère qui se détache du Socco, on trouve : le souk El Attarine, des épiciers; la Kisaria, marché des produits importés; le fondouk Es Soltane, le plus grand des fondouks d'El Ksar fondé sous Sidi Mohammed et loué par des musulmans et des juifs; le diouane, que prolongent la prison du Pacha et Dar Ghaïlane, du nom du caïd qui se rendit autrefois indépendant à El Ksar, établissement aujourd'hui occupé par l'Intendance espagnole et voisin du Derb El Abid, rue des anciens soldats nègres; la mosquée de Sidi Mohammed Ech Chérif; le souk Es Seghir; un vieux fondouk à contreforts puissants; une ancienne médersa délaissée; la grande mosquée, aux lourds piliers et auy basses arcatures, avec un curieux minaret percé, telle une tour romane, de fenêtres géminées, et dont certaines pierres proviennent de monuments plus anciens (l'une d'elles, entre autres, porte une inscription grecque du ni^ s.).