DE TANGER A EL KSAR EL KEBÎR
Une rue parallèle à la précédente et plus à TO. s'ouvre sur le souk El Haïk, marché aux tissus de laine, sous une galerie couverte et conduit à la mosquée de Sidi El Hadj Zmiri, à minaret; au sanctuaire de Sidi Kassem (porte ornementée); à Vécole de V Alliance israélile; à la mosquée de Sidi Ali Bel Arbi, avec minaret hexagonal construit en briques, comme d'ailleurs tous les édifices et maisons d'El Ksar, au tribunal du cadi\ et enfin au consulat français (agent consulaire indigène).
Une troisième rue, s'abouchant aux Haddadine (forgerons), permet encore de passer devant le Bureau des Renseignements ^ riiôpitalj la zaouïa des Hamadcha, le consulat anglais, le bureau des télégraphes, V église, de construction récente, des jardins plantureux et le sanctuaire de Lalla Fatma El Andalousia.
D'EL KSAR A LARACHE (33 k. N.-O. ; piste poussiéreuse sur une grande partie du parcours, autocyclable en bonne saison; serv. automobile quotidien, 10 pes.; ch. ' de fer en construction). — Sortie vers le marabout de Sidi Ali Bou Ghaleb (p. 301), d'où l'on s'engage en direction O. dans la plaine large et fertile. — 4 k. Po?it sur l'oued Loukkos, servant à la route et au ch. de fer. La gare est sur la rive g. A partir de ce point, la piste va vers le N. — 8 k. Passerelle sur un affluent de l'oued Loukkos. A g., ligne continue d'éperons se détachant d'un plateau et dont beaucoup sont occupés par des villages indigènes. — 12 k. On abandonne la ligne des villages pour se rapprocher de l'oued Loukkos. — 15 k. Passerelle sur un nouvel affluent, bordé de tamarins aux troncs séculaires. — 18 k. La piste longe une nouvelle fois la ligne S. des coteaux, qui s'incurve vers le N. en fermant l'horizon comme un mur rougeâtre. Le terrain est dénudé et peuplé seulement de joncs. — 25 k. Zone sablonneuse, puis piste en chaussée dans les lagunes. Larache apparaît à l'horizon. Au fond de la vallée, l'oued Loukkos décrit de nombreux méandres. — 30 k. On longe les jardins. — 33 k. La?'ac/ie (p. 304).
Variante. — Une piste muletière (35 k.) passant sur le flanc des coteaux S. de l'oued Loukkos est suivie pendant la mauvaise saison.
D'EL KSAR A OUEZZANE (41 k. S.-E. ; piste muletière à profil peu accidenté, difficile après les pluies). — On remonte la vallée de l'oued Loukkos. — 6 k. Alzaïna. village. — 18 k. Sebbab^ village sur la rive dr. de l'oued Loukkos, dans la tribu des Ahel Serif. — 21 k. Gué de l'oued Loukkos, large de 30 m., profond de 1 m., impraticable après les pluies. Au S. de la route, pays des Masmouda, couvert d'oliviers et de Icntisques. — 26 k. Oued Khoumane. — 27 k. Dchar Alia, village. — 29 k. Oued Brader, à sec en été, qu'on traverse trois fois. — 31 k. Oued Bou Ziri. — 33 k. Oued Zès. — 37 k. Oued Salah. — 41 k. Ouezzane (p. 175).
Cette piste est peu fréquentée à cause du voisinage des tribus montagnardes des Ahel Serif et des Rhouma. II est préférable de passer par Arbaoua (p. 175).
D'El Ksar a Arbaoua et a Rabat-Salé, p. 175, ]° et 168.
ARZILA.
4 1 . - DE TANGER A LARACHE
A. — Par terre.
Autocyclisme : 90 k. env. S.-O. — Route d'El Ksar sur la moitié du trajet, puis piste assez dure sur le reste du parcours ; serv. au.tom. irrégulier, s'informer au Gran.d-Socco ou dans les hôtels.
43 k. de Tanger à Souk El Had, p. 299. — 45 k. Bifurcation sur Arzila. — 50 k. Oued El Halen.
55 k. Arzila (hot. : de Madrid^ Final; Espana, Ferez), bourg et port de pêche sur l'Atlantique, non ouvert au commerce, est situé à 1 k. de l'embouchure de la rivière qui porte son nom. Peuplé de 2,350 hab., dont 1,380 musulmans, 450 Israélites vivant indistinctement avec les musulmans, 520 européens presque tous espagnols, il est ch.-l. de commandement militaire espagnol. Marché le lundi.
Histoire. — Arzila occupe remplacement de l'antique cité lybo-phénicienne Zilis qui, après avoir fait partie de l'empire colonial de Carthage, passa sous la domination romaine. Au début du ix*^ s., elle échut à Yahia Ben Idris ; elle devint alors l'objet des incursions des Normands qui l'incendièrent en 843. Restaurée par les indigènes, elle est encore saccagée en 936 par les Anglais. Au milieu du x« s., elle est reconstruite par le calife de Cordoue, puis devient le dernier refuge des Idrissides. Au xii*^ s., Edrissi en parle comme d'une petite ville sans importance.
En 1471, les Portugais l'emportent d'assaut, la livrent au pillage et soumettent toute la contrée environnante. En 1508, elle est assiégée par les Marocains qui ne parviennent pas à la reprendre. Sur ordre de Philippe II, les Espagnols, qui ont pris la succession des Portugais, évacuent Arzila (1589) qui est ainsi livrée à Moulay Ahmed El Mansour ; ils y font encore une réapparition à la fin du xvii® s. pour l'évacuer une nouvelle fois (1692). Moulay Ismaïl la reprend, la peuple de gens du Rif et la dote de deux mosquées, d'une médersa et de bains; mais elle ne parvient pas à reprendre une activité réelle. En 1860, la flotte espagnole bombarda la ville qui subit de graves dommages. — Les Espagnols l'occupent à nouveau depuis 1911.
La cité est entourée d'une enceinte portugaise percée seulement de deux portes : Bah El Bahar, « porte de la mer », et Bab El Djebel, « porte de la montagne » ; au-dessus de l'une d'elles est sculpté le blason des rois du Portugal. L'activité se concentre surtout dans une rue, plus large que les autres, appelée le Socco, Le Pacha y a fait édifier un somptueux palais.
D'ARZILA AEL KSAR EL KEBIR (50 k. env. S.-E.) : piste de 8 k. rejoignant la voie de Tanger à El Ksar à proximité de Bir Ouled Er Riahi (p. 299).
Au sortir d'Arzila, la piste descend parallèlement au rivage, passe à (70 k.) Rouah, (85 k.) Reggada et franchit un pont de bateaux sur l'oued Loukkos.
90 k. Larache (p. 304).
304 — [41] DE TANGER A LARACHE.
B. — Par la mer.
Le paquebot double le cap Spartel (p. 298) et met le cap vers le S., longeant une côte basse toute frangée de lagunes. — Arzilh (p. 303). — La côte continue à être basse, mais les lagunes disparaissent.
LARACHE (en ar. : El Araïche, « les treilles des Beni Arous » ; ethn. : El Araïchi), ville et port sur l'Atlantique, est situé sur la rive g. et à l'embouchure de l'oued Loukkos. Gh.-l. d'un commandement militaire espagnol, la ville est peuplée de 12,600 hab., dont 6,800 musulmans, 2,200 Israélites et 3,600 européens presque tous espagnols. Quelques heures suffisent pour visiter Larache.
La ville ancienne, entourée de murs, s'étage sur un terrain déclive que dominent pittoresquement des forteresses au N. et au S. L'agglomération espagnole s'est portée d'une part vers le port, d'autre part sur le plateau qui prolonge la cité au S.-O. et à l'O. Des jardins verdoyants et des vergers prospères s'étendent en amont, sur la rive g. du Loukkos qui serpente dans la vallée en décrivant de larges méandres et se jette dans l'Océan Atlantique en soulevant une barre assez accentuée.
Pour les relations avec les autres points de la côte marocaine et TEspagne, V. Voies d'accès, p. 60.
Hôtels (modestes) : — Cercle Français, calle Ghedira, 7 (gar.); — Espana, route d'EI Ksar; — Termino, près du Petit-8occo.
Restaurants : — dans les hôtels ci-dessus et Royal Bar, près du port.
Cafés : — Royal Bar, près du port ; grands cafés aux abords de la place d'Espagne.
Banques : — d'Etat du Maroc, Petit-8occo; Algérienne-, Crédit Foncier d Algérie et de Tunisie.
Voitures publiques : — station place d'Espagne : — la course simple, l pes. 50 ; la course double avec 15 min. d'arrêt, 2 pes. 50;
Histoire. — Larache est l'antique Lixus, près do laquelle les Anciens plaçaient le palais d'Antce et le jardin des llespérides. Comptoir fréquenté par les Carthaginois, Lixus devient sous les Romains une colonie impériale qui paraît atteindre son apogée à l'époque de Claude. Plus tard, elle est un des points où la domination du Bas-Empire subsiste le plus longtemps. Située alors sur l'un des méandres de l'oued Loukkos, elle est remplacée par la ville indigène de Tchemmich^ dominant un port vaste et sûr installé dans l'estuaire du fleuve, et dont le troisième prince idrisside Mohammed confia le gouvernement à Yahia Ben Idris en 898.
Les chrétiens entrent à El Araïch en 1270 et la pillent en emportant leur butin. Les Beni Ouattas y font construire des mosquées à la fin du
l'heure 4 pes. ; les heures suivantes, 3 pes.; petits colis, 0 pes. '25; colis de plus de 15 kilog.,Opes. 50; colis de moins de 50 kilog., 1 pes. ; prix à débattre pour les colis plus lourds.
Services automobiles : — de
Larache à El Ksar, serv. quotidien, 10 pes. esp.; serv. irrégulier de Larache à Tanger et RcTbat (s'informer).
Consulats : — de France, près de Bab El Bahar ; d'Espagne, près de Bab El Marsa; d Angleterre, de Belgique, d' Italie, de Portugal, de Hollande, sur différents points de la ville.
LARACHE.
xv« s. En 1491, elle est fortifiée par Moulay En Nasseur, frère du sultan de Fès, qui y construit une kasba. Plus tard, elle arme des galères qui pillent, en 1566, les ports de la grande Canarie. Sous les Saadiens, elle est cédée par Moulay Ech Cheikh aux Espagnols (1610), qui y élèvent des murs en 1618, puis elle est reconquise par Moulay Ismaïl (1689) après quatre-vingts ans de domination étrangère. Sous Sidi Mohammed Ben Abd Allah, qui fait armer le port, la ville est dotée de fortifications, de skalas (batteries), d'une médersa et d'un marché. En 1765, elle est bombardée par les Français, que commande du Chaft'aut, en représailles du pillage d'un navire français par des pirates de Larache. En 18-20, elle est assiégée par six corsaires autrichiens qui débarquent, mais sont dans l'obligation de se retirer après avoir éprouvé de sérieux revers. En 1860, elle est bombardée par une escadre espagnole au moment de la grande expédition de Prim et O'Donnel contre Tétouan. Les Espagnols y entrent en 1912.
I. Place d'Espagne. — Le centre administratif et commercial de Larache est groupé autour de la place d'Espagne, sur la terrasse qui s'étend à PO. et le long des murs de l'ancienne ville. Très vaste, elle renferme la station de voitures et plusieurs kiosques dont l'un pour la musique militaire ; elle est bordée de brasseries et de restaurants, de salles de spectacles, et au S. d'une caserne du Génie et des bureaux de la Place. De sa partie N., on a une vue étendue sur l'Atlantique. A l'E., s'élève une ligne de hauts remparts percés de deux portes qui laissent pénétrer à l'intérieur de Fancienne ville : Bab El Khemis, très fréquentée, et Bab El Kasba, plus au S., qui conduit dans la citadelle.
II. Ancienne ville et port (circulation impossible en voiture et en auto dans les rues de la ville). — On entre par Bab El Khemis derrière laquelle s'étend le Petît-Soceo, « petit marché », place longue et étroite partiellement bordée de galeries à colonnes et arcs en anse de panier, et de boutiques de marchands indigènes.
Au N. se détache une rue qui conduit, au travers d'un quartier habité par des musulmans, à l'ancienne forteresse dite Kébibats, « les petites coupoles >», dont les locaux sont actuellement aménagés en hôpital. Au S., la porte de la kasba mène : à la forteresse de la Cigogne, curieuse construction portugaise, à flanquements aigus, édifiée à la fin du xvi« s. ; à Vancien Dar El Makhzen et à un palais de style hispano-marocain édifié en 1915 par les Espagnols. Une tour moderne, à horloge, domine ce dernier édifice.
Du seuil d'une porte récente percée dans l'enceinte S., au pied de la tour, belle *vue sur les jardins et la vallée de l'oued Loukkos.
De l'angle S.-E. du Petit-Socco, la rue de la Marine, pavée sur tout son trajet de carreaux en ciment, descend entre des maisons particulières et des magasins modernisés, habités surtout par des juifs, jusque Bab El Marsa, « porte du port »4
Le port de Larache a été commencé en 1913 par la maison allemande Sager et Wœrner, dont le contrat a été annulé
MAROC