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Derb Safar et Zenka El Djenoui. Cette dernière rue, déserte, étroite, enserrée entre de hauts murs, souvent voûtée, a beaucoup de caractère; — 2° par Derb Hammam Dahmali, étroite, sombre, très en pente. C'est sur ce dernier trajet que se trouve la "^mosquée Sidi Es Saïdi, dédiée au patron de la ville. Cet édifice s'élève à l'angle de deux rues; son minaret, de proportions harmonieuses, a ses parois revêtues d'un décor de mosaïques à entrelacs curvilignes; le lanterneau est orné suivant les mêmes principes; des coupoles blanches se découpent sur le ciel, au-dessus des terrasses. Deux petites fontaines amènent l'eau au pied du monument.
De Bab El Okla, on peut rejoindre Bab Er Remouz (Luneta) : par la route qui longe les murs extérieurs ; 2** par de petites rues intérieures qui passent devant la Skala, ancien fort aujourd'hui affecté à une caserne de gendarmerie, le sanctuaire de Lalla Fridja, très visité, et
y hôtel Sulzo.
IV. Bab El Mkaber (GOO m. env. E.). — On entre, par Bab Er Rouah, dans la rue des Terrafine. La première rue à g. dite des Kzadriine, « ferblantiers », donne accès à une petite place où se tient le marché du poisson et de la viande. Plus loin, c'est Ghersa El Kbira, marché aux légumes le matin, aux hardes et aux antiquités le soir. A dr., El Ousa, j)lace couverte de vigne, est bordée du sanctuaire de Sidi Bel Abbas Es Sebti et d'une fontaine; c'est le lieu de rendez-vous des notables de la ville. Tout près s'ouvre le passage voûté des Mtamer. Rue El Kherrazine travaillent les dévideurs de soie, les babouchiers, les menuisiers et peintres s.ur bois, les tanneurs. On atteint ensuite le pittoresque sanctuaire de Sidi Baraka, au pied du quartier du Tala, puis la zaouïa des Derkaoua et Bab El Mkaber, « porte des cimetières ».
Par la rue du Tala, on peut monter jusqu'à la kasha, forteresse arabe doublée d'une batterie espagnole, d'où l'on jouit d'une très belle ♦vue sur la ville et les environs.
En dehors de l'enceinte, le chemin traverse le cimetière musulman (entrée interdite), parsemé de tombes et de koubbas. Plus loin, sur les pentes, apparaît le cimetière juif, tout blanc, que surplombe un fort espagnol. Plus loin encore, à dr., s'étend la vallée de l'oued Martine, au pied de la belle chaîne des Beni Hozmar.
De Bab El Mkaber, on peut rejoindre directement Bab En Nouader par une artère très fréquentée qui longe le sanctuaire de Sidi Baraka, passe au souk El Fouki, formé par une succession d'échoppes d'épiciers. rue En Niarine, voûtée par endroits, où l'on remarque la mosquée de Sidi Ben Messaoud (à g. de l'entrée, très ancien auvent sculpté, à stalactites), la mosquée El Aouîn, une jolie petite fontaine, le sanctuaire de Sidi Ahmed En Naji, dont la porte est garnie d'ex-votos, et dont les pilastres sont revêtus de zcllijs tétouanajs aux tons harmonieusement fondus.
V. Bab En Nouader (300 m. env.}. — Sortie de la place d'Espagne par la large rue qui s'ouvre au S. et longe le nou-
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veau marché, immense bâtisse de style néo-marocciin, construit en 1917. Laisser à g. le quartier des maisons européennes et gagner, par l'emplacement de l'enceinte démolie, Bah Et Tout, « porte des mûriers >>, précédée d'une fontaine monumentale dont le bassin est décoré d'ornements primitifs, très anciens, et qu'avoisine la mosquée de Mouley Mohammed. En longeant l'enceinte à l'extérieur, que borde une caserne de cavalerie, on atteint Bah En Neuader, « porte des meules », ainsi appelée parce qu'on y réunissait autrefois les céréales avant de les battre.
De Bab En Nouader à Bab El Mkaber ( 7. ci-dossiis, IV).
VI. Bab Er Remouz. — La rue qui y conduit sort de l'angle S.-E. de la place d'Espagne. Elle est entièrement bordée de maisons modernes : magasins, cafés, cinémas espagnols, etc. C'est l'artère commerciale par excellence de Tétouan. Elle a perdu tout son caractère marocain. C'est par elle que voitures et autos arrivent de l'extérieur. Très en pente vers la fin de son parcours, elle décrit une courbe pour passer devant l'hùtel Suizo et atteindre Bab Er Remouz, appelée aussi Lunela par les Espagnols. Du seuil intérieur de cette porte, *vue magnifique sur (100 m. plus bas) la gare du chemin de fer de Ceuta à Tétouan, de style mauresque; sur la vallée de l'oued Martine, tapissée de vergers et piquée de villas blanches; sur les monts des Beni Hozmar, dont les habitants sont encore insoumis.
De Bab Er Remouz à Bab El Okla, V. ci-dessus, III.
VII. La Ville Nouvelle. — Le nouveau quartier européen est à proximité et à l'O. de la place d'Espagne. Composé de maisons modernes à plusieurs étages et de casernements groupés autour de l'emplacement du marché arabe, il occupe une terrasse d'où l'on a une belle vue sur la haute vallée de l'oued Martine et jusque sur le camp de Raisouli, dissident fameux de la zone espagnole.
Environs- — Tétouan est au centre d'une région extrêmement pittoresque. Les monts des Beni Ilozmar en particulier offriront de très beaux buts d'excursions, mais la situation politique des tribus avoisinantes, encore rebelles, ne permet pas de sortir de la ville à l'heure présente. Nous signalons ci-dessous la promenade de Martine, à laquelle nous joignons les itinéraires de Tanger et de Chechaouene, très recommandés dès qu'ils seront devenus possibles.'
i° Martine (6 k. N.-E. : petit ch. de fer à voie étroite; trajet en 20 m.). — La ligne descend sur la rive g. de l'oued Martine, dans une région très fertile. — Martine (Fondas : Vaquerizo, Bodriguez ; Martinez), bourg de 6,000 hab., sur la mer Méditerranée, et port constitué par l'embouchure de l'oued Martine qui finit en nappe tranquille de 2 k. de long sur 200 m. de large entre des rives unies, basses et dépourvues de végétation. L'abri est suffisant pour les balançelles espagnoles et les petits bâtiments, quoique la barre, dangereuse par les vents d'E., soit peu commode à traverser par marée basse. Uéglise, dédiée à l'Immaculée Conception, a été édifiée en 1915. La mosquée est également de construction récente.
DE CE UT A y{ MELÎLLA.
2° Chechaouene (50 k. env. S.; piste muletière; guide et autorisation nécessaires). — L'itinéraire se développe au travers d'une réprion accidentée et bien arrosée. La piste remonte quelque temps l'oued Martine puis l'un de ses affluents, l'oued Marcha, qu'il quitte à Bou Allai et Zinats pour gravir les monts des Beni ffassane, occupés par la tribu de même nom, de race et de langue tamazirt, d'origine Ghomara. A partir de Sidi Mohammed El lladj, elle descend dans la vallée de l'oued Lahou, qu'elle traverse pour atteindre Chechaouene.
Chechaouene (en ar. : Echchaoun; ethn. : chaouni), ville ouverte du Rif, de 3 à 4,000 hab., musulmans (dont de nombreux chérifs) de la tribu des Akhmas et quelques juifs seulement. Les maisons, couvertes de tuiles, le vieux donjon moyen âgeux, les jardins luxuriants donnent à ce coin du Maroc un aspect tout méridional. Marché le dimanche.
Fondé vers 1471 par un chérif de la famille des Beni Rached, sur les bords de l'oued de même nom, Chechaouene devait arrêter les incursions de la garnison de Ceuta. Le chérif n'ayant pu achever son oeuvre, celleci fut poursuivie par l'émir Abou El Hassane Ali, dont les descendants furent maîtres du pays jusqu'au jour où la dynastie saadienne s'en empara.
3° Tanger (60 k. env. O. ; piste muletière, 10 h. ; guide et autorisation nécessaires. On peut, à la rigueur, coucher dans un caravansérail au tiers du chemin, mais c'est peu à conseiller). — On traverse V Andjera^ pays accidenté et pittoresque, qui permet de se rendre compte de ce qu'est le Maroc méditerranéen. Des hauteurs qu'on franchit entre Tétouan et le caravansérail, belle vue au S. sur le massif des Beni Hassane. Le pays est ensuite sauvage et se couvre de brousse; à la fin du trajet, on chemine dans des champs de céréales. Pour Tanger, p. 289.