‹ Le Maroc. Publié sous la direction de Marcel Monmarché. Avec un autographe du général LyauteyChapitre 32 sur 153 · Le tour des remparts et le port · texte numérisé non relu

Le tour des remparts et le port

Itinéraire intéressant au point de vue indigène dans la première partie du trajet, surtout dans l'après-midi. — 1 h. 30 à pied; 1 h. en voit.

Une enceinte bastionnée, construite eu pierre et de 8 à 10 m. de haut, fait le tour de la ville indigène.

Elle est percée de huit portes, dont trois sur le front de mer : Bab El Marsa, en face du port, Bab El Kedim, plus à TE., élevée en 1201 àir

CASABLANCA.

l'Hégire (fin du xviii* s.) et Bab El Arsa, cette dernière ouverte en 1909 vers l'extrémité O. de la ville; deux sur le front E. : Bab El Djedid et Bab Es Souk, appelée aussi porte de l'Horloge, double depuis 1908; deux sur le front S. : Bab Marrakech, élargie au début de l'occupation, et Bab El Afia, ouverte en 1911 ; une sur le front O. : Bab Es Sour El Djedid.

Au N.-O., une autre enceinte fortifiée, plus récente, dite Sour El Djedid, entoure un terrain d'environ 400 m. de long sur 300 de large, qui devait primitivement recevoir des installations européennes.

Par suite du développement considérable de Casablanca moderne, on sera dans l'obligation d'abattre quelques pans de remparts du côté E. et du côté S.

Prendre, au S.-O. de la place de France, le boulevard pu 2®-TmAiLLEURS. Au n** 43, à g., se tient, dans le fondouk Baschfco, les lundis et vendredis matins, le « marché aux puces » ; il s'y vend aussi, chaque jour, par l'intermédiaire de crieurs publics indigènes, des bijoux et toutes sortes de produits marocains.

Plus loin, une porte, Bab Marrakech, s'ouvre dans les remparts en face de la place de même nom, toujours très animée. Là se réunissent, chaque jour, au milieu de cercles populeux, des conteurs, des acrobates, des musiciens, des danseurs qu'avoisinent des écrivains publics, des marchands de gâteaux et de plantes aromatiques. Le côté S. de la place donne accès à un souk où les indigènes s'approvisionnent en viande, légumes, fruits, épices, étoiles, vêtements, tapis. Sur le côté 0., un fondouk ou remise reçoit, dans un curieux désordre, chameaux, chevaux, ânes, mulets auprès desquels travaillent des savetiers et quelquefois des tondeurs de tapis à points noués de Casablanca. Enfin, au N.-O. de la place s'élèvent le minaret et la mosquée El Hadj Boa Azza, du nom de son bienfaiteur, qui l'a construite à ses frais en 1916. Les rues avoisinantes sont peuplées de gens de to-us métiers et de toutes races dont l'ensemble forme un mélange curieux et inattendu.

La rue Krantz mène au cimetière Israélite, 124, à dr., où s'accumulent, par endroits, des quantités de tombes plates en pierre rougeâtre couvertes d'inscriptions hébraïques et parfois teintes en bleu ou en blanc; à l'angle N.-O., quelques tombes de saints juifs, fréquemment visitées. Au delà, mosquée El Hadj Bou Chaïb, puis écoles de la Ferme- Blanche, construites dans un style néo-marocain.

En suivant les remparts, on atteint bientôt Vhôpital civil, puis Vhôpital militaire, qu'on laisse à g., on longe le jardin public à dr., pour aboutir au boulevard front de mer et revenir le long du port {V. ci-dessous). On aperçoit successivement, à g, : l"* les chantiers de Ventreprise où se confectionnent des blocs artificiels de 90, 45 et 23 tonnes, que mettent en place, sur la grande jetée, deux titans de 110 tonnes; 2^* le terre-plein 0. et la darse 0. ; 3'* le petit port intérieur où abordent les embarcations. A dr. se dresse la ligne des remparts interrompue par un bastion montrant encore des traces du bombardement d'août 1907, puis par Bab El Marsa (p. 68) portant une plaque commémorative de la défense des consulats du 5 au 7 août 1907.

CASABLANCA.

Sur le terre-plein E. s'élèvent les bâtimentede la Manutention marocaine, de la Base de Bavitaillement des troupes du Maroc occidental, et plus loin, la Douane, de style néo-marocain avec son entrée sous auvent, son hall au décor de mosaïque, de plâtre sculpté et de bois tourné et peints.

Le port de Casablanca était inexistant avant l'occupation française. On y travaille depuis 1907, mais c'est depuis 1914 seulement que l'entreprise poursuit un programme bien défini, auquel 50 millions sont consacrés.

Le grand port comprendra : 1° une grande jetée de couverture de 1,900 m. en prolongement de celle déjà amorcée en 1908 à Sour El Djedid, d'abord perpendiculaire, puis parallèle à la côte. Elle est aujourd'hui réalisée sur les deux tiers de sa longueur, les travaux actuels se poursuivant sur des fonds de 10 m.; — 2" une jetée transversale de 1,400 m. qui rejoindra la première, à 300 m. de son extrémité, après une solution de continuité de 250 m. réservée pour la passe principale; elle est aujourd'hui exécutée sur 200 m. de long ; le mouillage ainsi délimité aura une superficie de 140 hect., où les grands navires de tout tonnage pourront ancrer en toute sécurité; — 3** à l'intérieur, un petit port enserré par deux jetées de moindres dimensions et comportant, d'un côté, une darse actuellement terminée, destinée à abriter les petites embarcations, de l'autre, un mouillage accessible aux navires de petite calaison ; — 4° un pourtour de quais et de terre-pleins munis de l'outillage moderne. Le grand terre-plein de l'O. est en construction.

Le port de Casablanca paraît appelé à un grand avenir. Son commerce total fut, en 1915, de 75 millions se répartissant sur un mouvement de 160,000 tonnes et passa, en 1916, à 106 millions sur 200,000 tonnes et, en 1917, à 144 millions sur 230,000 tonnes.

De la Douane, on peut rentrer dans la ville indigène par Bab El Kedim et la rue du Dar El Makhzen (p. 68), mais il sera préférable d'achever de faire le tour des remparts en continuant vers l'E. pour prendre le boulevard du 4'-Zouaves qui laisse à g. le sanctuaire de Sidi Belyout, à l'angle de la route de Rabat.

Sidi Belyout est devenu le patron de Casablanca depuis le dernier siècle seulement, remplaçant ainsi Sidi El Kairouani (p. 68). La koubba actuelle a été construite vers 1881. La légende rapporte que Sidi Belyout avait un pouvoir de fascination sur les animaux sauvages, qu'il se promenait en compagnie de lions, et qu'il avait le don d'ubiquité. L'eau qui tombe dans sa koubba aurait, disent les fidèles, la propriété merveilleuse de faire fatalement revenir à Casablanca ceux qui en ont bu.

Au delà de Sidi Belyout s'élève, à dr., Bab Er Rha, édifiée vers 1902, mais reportée à quelques mètres en retrait en 1917^ On atteint ainsi la place de France.

JK. — Le boulevard Front de mer.

Les J^oches T^oires,

Route 4 k. E. Tramways à chev. (peu recommandables) toutes les 30 min. ; dép. place de France; 0 fr. 20 la pl. — 1 h. en voit, de place aller et ret.

On sort de la place de France par le boulevard du 4«-Zouaves o

Se 3 1 e of Ya rd s

CASABLANCA.

pour laisser, à g., le marabout de Sidi Belyout (p. 70) et aller vers TE. en longeant la plage.

0 k. 6. Cimetière de Sidi Belyout, emplacement sur lequel débarquèrent en 1907 les troupes françaises conduites par le général Drude. — 0 k. 8. Cimetière où furent enterrés les soldats français tués aux premiers jours de l'occupation. — 0 k. 9. Marabout de Sidi Tahar et abattoirs. La route suit parallèlement le riva^-e. — 1 k. 5. A dr., gare des chemins de fer militaires.

2 k. 6. Casino (café-rest.), au milieu de la plage.

4 k. Les Roches Noires, quartier créé en 1913 par MM. Lendra et Dor. Au delà, fabrique de chaux et ciments Andrieux.

Y. — Le four de ville.

Route 10 k., 1 h. 30 en voit, parmi les quartiers extérieurs européens en voie d'aménagement.

Utiliser l'itinéraire précédent jusqu'en deçà de la gare du ch. de fer militaire, puis tourner franchement à dr., pour prendre le BOULEVARD CIRCULAIRE. Cette artère coupe successivement toutes les voies qui partent en éventail de la place do France : la route de Boulhaut, à la naissance de laquelle le ch. de fer suit le boulevard circulaire sur environ 1 k. ; la route de Mediouna, qui passe à proximité du lotissement de la Gironde, du palais du Sultan et du fort Provost; Vavenue Mers-Sultan, après le fort Ihler; la nouvelle route de Mazagan; Vavenue du Général-Moinier^ le boulevard d'Anfa. On aboutit au quartier d'Aïn Bouzia, d'où l'on peut revenir à la place de France par la ville indigène (itinéraire II, p. 68) ou par le port (fin de l'itinéraire III, p. 70).

ENVIRONS DE CASABLANCA

Les environs immédiats de Casablanca sont à peu près dépourvus d'intérêt pittoresque. En dehors de la ville, c'est la plaine de Chaouïa qui s'ouvre de toutes parts, à peine accidentée et monotone. Les deux promenades suivantes, qui peuvent n'en faire qu'une, sont cependant très recommandées : elles éclairent le voyageur sur la constitution de la côte atlantique alternativement rocheuse et sableuse, toujours basse et sans cesse battue par les liots.

1° El Hank et Anfa supérieur (route 5 k. 0., 2 h. à pied aller et ret. ; 1 h. 30 en voit, de place). Le trajet peut s'effectuer : 1** soit en utilisant la fin de l'itin. III en sens inverse jusqu'au jardin public; 2'' soit en suivant l'itin. III jusqu'au jardin public; 3° soit en suivant le même itinéraire jusqu'à Bab Marrakech pour regagner la route d'EI Hank par le boulevard circulaire au delà de la Ferme-Blanche.

1 k. Jardin public. La route s'engage entre l'hôpital militaire à dr., l'hôpital civil et le parc d'artillerie à g., laisse à dr. la T. S. F. et traverse le quartier d'Ain Bouzia.

2 k. 8. Cimetière européen.

LA CHAOUÏA.

4 k. Phare d'El Hank, sur la presqu'île rocheuse du môme nom.

L'ouvrage est constitué par une tour de maçonnerie de 43 m. de hauteur au-dessus du sol arasé à la cote de 19 m., ce qui porte à 62 m. au-dessus du niveau de la mer le feu tournant du phare dont la portée est de 60 k.

Sur le promontoire est installé le lazaret. ^;

5 k. Anfa (café-rest.) sur un tertre occupé par une maison de ■ convalescence pour les officiers du Maroc. L'établissement est entouré de jardins anglais créés au début de l'occupation fran- v çaise. De ce point, on jouit d'une vue étendue sur la côte, la ville de Casablanca et la Ghaouïa.

Le retour peut s'effectuer directement par le boulevard d'Anfa.

2^ Sidi Abd Er Rahmane (route 13 k. 0., 4 h. aller et ret. en voit. Cette promenade peut prolonger la précédente).

Après Anfa, le chemin, en bon état, se poursuit le long de la côte. A une ligne de récifs succède une longue et belle plage de sable fin dont la vue est masquée par une série de dunes parallèles à la mer.

13 k. Sidi Abd Er Rahmane, sanctuaire juché sur un récif noirâtre accessible à pied seulement et à marée basse. Le rocher, constamment battu par la vague, est considéré comme sacré. Des chiffons, des touffes de cheveux et ex-voto divers sont passés et noués dans les trous de la pierre spongieuse. Quelques tombes entourent le sanctuaire : elles recouvrent la dépouille de pèlerins morts au cours de leur visite pieuse.

Au -delà de Sidi Abd Er Rahmane, le chemin décrit une courbe à l'intérieur des terres pour passer à proximité d'une ancienne kasba en ruines et rejoindre la route de Mazagan, qui ramène à Casablanca.

De Casablanca a Marrakech, p. 84; — a Mazagan, p. 105; — a Kasba Tadla, p. 140; — a Rabat, p. 149; — a Tanger, p. 298.

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