Palais de la Bahia
800 m. S.-E. Quelques minutes à pied. Très recommandé. Demander une autorisation au chef des Services municipaux, pl. Djemaa El Fna.
Le plus court chemin est celui qui prend au N.-E. de Djemaa El Fna, au-dessus des Services municipaux, et passe devant Vécole franco-arabe, ancienne maison du Hiba (on peut entrer), le bureau des Renseignements, le jardin Bou Achrine^ de 150 m. sur 50, aménage en jardin public, et le consulat de France.
Le "^palais de la Bahia (présenter l'autorisation au concierge qui accompagne les visiteurs) est dû à Ba Ahmed Ben Moussa,
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l'un des vizirs de Moulay Abd El Aziz, celui qui pendant plusieurs jours tint secrète la mort de Moulay El Hassane pour faire désigner son successeur. Il mit sept ans à construire le palais dans le luxe habituel des riches maisons marocaines (fin XIX® s.). On sait qu'il passe pour avoir été cruel et voluptueux. La distribution des locaux et des cours parait être établie sans plan d'ensemble préalablement étudié; elle répond cependant aux besoins spéciaux de la vie indigène et reste, parlà même, fort curieuse et inattendue.
On entre d'abord dans une cour rectangulaire, sans décor, mais pavée en marbre entourée sur trois côtés d'une galerie que soutiennent des piliers simples et robustes. Un grand jardin mauresque, comptante de cyprès, de bananiers, d'orangers et de jasmins, y fait suite; quelques belles salles sont disposées de part et d'autre de ce jardin, notamment un grand salon de réception et une salle à manger que décorent des zellijs de faïence, des plâtres sculptés, des plafonds peints. Plus loin, une cour d'honneur de 50 m. de long et de 30 m. de large, pavée de marbre et de zellijs, avec galerie vitrée et colonnes cannelées en bois sur le pourtour, donne accès à une immense salle de conseil, de 20 m. sur 8, magnifiquement décorée, à un hammam, ou bain maure, comprenant une salle froide, une salle chaude et une pièce de repos, et enfin un patio, autour duquel sont systématiquement disposées quatre pièces dont l'une entièrement garnie de glaces. Des appartements richement ornementés et d'un caractère intime, se groupent autour d'un second patio garni d'arbres et de fleurs. Les appartements de la favorite complètent la série de ces locaux où les artisans marocains ont réuni toutes les ressources de leur art. De la terrasse on jouit d'une vue magnifique sur la ville, la palmeraie, le Gueliz, les Djebilet et l'Atlas. La Bahia sert aujourd'hui de Résidence.
Attenant à TE. du palais, s'étend le jardin de la Bahia, immense trapèze de iOO m. de côté, irrigué par les eaux d'un bassin carré de 80 m. sur 80, et planté des essences les plus variées.
JV. — La \asba.
Entrée à 900 m. au S. de la place Djemaa El Fna.
On laisse à g. le bureau de poste, puis, à dr., les burea de l'Etat-Major pour continuer tout droit et atteindre, pa l'angle N.-O., l'enceinte de la Kasba, peinte en ocre rouge et flanquée de bastions. L'entrée de la citadelle est à 100 m. plus au S. : c'est *Bab Aguenaou.
Cette porte monumentale est en grès rouge taillé et sculpté. Avec son plein cintre outrepassé et bordé d'une double ligne de voussoirs enserrant un arc richement festonné, ses écoinçons ornés d'un large décor floral, son superbe cadre d'inscriptions coufiques, sa frise supérieure rongée parle temps, elle constitue l'un des spécimens les plus intéressants de l'art almohade de
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Marrakech. La légende dit que les fragments en furent rapportés ' d'Andalousie par des Maures chassés d'Espagne.
A quelques pas à dr., une porte s'ouvre sur la campagne : c'est Bab Roob, de peu d'intérêt.
Après avoir franchi Bab Aguenaou, on voit, immédiatement à g., une autre porte de petites dimensions, avec décor de plâtre; pénétrant plus avant, on découvre, au détour d'une rue coudée, la mosquée de la Kasba, dite encore Djama Moulay Yazid El Mansouri.
Cet édifice, de proportions considérables, a une façade couronnée d'une longue ligne de corbeaux et de merlons dentelés qui accuse 12 larges nefs et environ 10 travées. Les toits, très hauts, reposent sur des arcs dentelés ou en ogive et des piliers énormes. L'ornementation murale intérieure est sobre, mais robuste. Les plafonds sont en bois peint; les portes bardées de bronze. Un important minaret en briques, aux faces garnies d'un décor curviligne s'enievant sur un émail vert turquoise, domine fièrement la mosquée de toute sa hauteur.
A proximité (se renseigner) se trouvent les ^tombeaux des Chérifs Saadiens, admirables monuments en marbre blanc décoré, où sont inhumés les souverains de Pavant-dernière dynastie marocaine (xvi^ et xvn*" s.).
La visite de ces monuments a été formellement interdite aux Européens jusqu'en 1918, mais les autorisations d'entrée paraissent dès maintenant plus faciles à obtenir (s'adresser aux Services municipaux, pl. Djemaa El Fna).
La promenade peut s'arrêter à la mosquée de la Kasba, d'où Ton entreprendra, si -l'on veut, la visite de l'Aguedal (F. ciaprès).
La rue qui longe la mosquée de la Kasba est l'artère principale de ce quartier, dont l'jntérêt est surtout concentré dans le Dar El Makhzen ou palais du sultan (entrée interdite).
Construit par les Almohades, puis agrandi par les Saadiens, le Dar El Makhzen fut, un temps, Tune des plus belles habitations de Marrakech. D'immenses bassins occupaient les cours intérieures dont l'un avait, dit la légende, 500 coudées de côté. Des colonnes de marbre blanc et de riches peintures en rehaussaient l'éclat. D'immenses cours ou mechouars bordent le palais du côté S. Un grand jardin fait partie des dépendances de cette habitation des sultans.
Y. — L'Aguedal.
Entrée 2 k. S. Route et chemin carrossable. Promenade classique des jardins marocains, pouvant prolonger la visite de la Kasba.
Suivre l'itinéraire IV jusqu'à Bab Aguenaou pour : 1° en sortir par Bab Roob (F. ci-dessus), longer le mur 0. de la Kasba, dépasser Bab Ksiba, gagner l'extrémité de V avenue du Dar El Beida et entrer dans le jardin de l'hôpital militaire; 2^ ou franchir Bab Aguenaou (p. 90), traverser la Kasba, aboutir
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au Mechouar ou cour d'honneur du Dar El Makhzen {V. cidessus), et entrer dans le jardin de l'hôpital militaire.
Uhôpital militaire est installé dans le Dar El Beida, « la maison blanche » (on peut visiter), vaste maison arabe d'un réel intérêt, avec ses cours spacieuses, ses locaux nombreux et sa décoration de mosaïques, de bois peints et de frises colorées.
Plus au S., derrière un mur d'enceinte, s'étend le fameux jardin de l'^Aguedal (entrée permise).
De 3 k. de long sur 12 à 1 500 m. de large, l'Aguedal est entouré de hauts murs percés de rares portes et fortifiés de bastions. Gomplanté avec ordre d'arbres fruitiers de toutes sortes : orangers, citronniers, mandariniers, oliviers, figuiers, grenadiers, abricotiers, pruniers, poiriers, pommiers, vignes; arrosé par deux grandes séguias alimentant un bassin carré de 180 m. de côté et dont les eaux se répartissent dans un système de canalisation bien compris, il constitue l'une des plus intéressantes attractions de Marrakech.
Une allée centrale, orientée du N. au S., partage le jardin dans toute sa longueur en deux parties à peu près égales, subdivisées elles-mêmes en lots plus petits se faisant face. C'est d'abord Djenane Bel Hadj, à l'E. et Ez Zahra, à l'O. ; puis El Rharsa (avec bassin spécial) et Es Salha, séparés par un immense bassin de 200 m. de côté dans lequel se mire le vieux Dar El Heni (ancienne poudrière) vers l'angle N.-O.; le Kessemt Bel Fgih et le Kessemt Hadj Harlsem après les Magasins des subsistances militaires; et enfin, après Bab Naceur, un dernier lot, partiellement complanté de vignes et. d'arbres fruitiers, où s'élèvent : El Barram, ancienne cartoucherie, une ancienne poudrière, et, dans l'angle S.-O., la Ma/cma, ou ancienne sucrerie. j
Yl. — Le Mellah. |
Entrée à 1 k. S.-E. de la place Djcmaa El Fna. On peut s'y rendre en voiture.
La rue qui part du S.-E. de Djemaa El Fna s'y rend directement.
Aux abords de Bab Berrima, située à l'angle N.-E. du Dar El Makhzen, se trouve le souk du Mellah, de construction récente et sans originalité. On sera pourtant intéressé par les types juifs qui le peuplent : ferblantiers, bijoutiers, cuivreurs, savetiers, etc., en général plus curieux par leur, physionomie que par leurs travaux.
Le quartier des habitations contigu au souk mérite une visite. 11 n'y a aucun inconvénient à se faire montrer quelques synagogues et quelques écoles rabbiniques oîi de petits enfants étudient la Bible en hébreu.
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Vn. — Les Souks.
Les principaux souks de Marrakech, très étendus, sont réunis aux abords immédiats de Djemaa El Fna, au N. On s'y rond en quelques minutes. Chacun y errera au gré de ses loisirs.
Gomme partout au Maroc, les marchands, ouvriers et artisans, sont groupés par corps de métiers. Les échoppes de marchands de légumes secs, de légumes verts et de primeurs, d'épices et de farines, de tapis et de couvertures de laine, de cotonnades et de soieries, de poterie et de vannerie, les menuisiers,' forgerons, ciseleurs, damasquineurs, les fabricants de poignards, de fusils, de sacs brodés, de cuirs excisés, de harnachements arabes, de babouches ornées, etc., se succèdent à l'infini sous l'aspect le plus pittoresque.
Dans la Kisaria El Baroudiine, couverte d'un toit de charpente régulièrement établi, on vend surtout des produits d'importation européenne. Le milieu d'une des faces de ce souk est marqué par une jolie fontaine.
Un autre marché digne de remarque est le souk El Mjadlia, souk des passementiers (p. 94).
VHI. — Le four des mosquées, des sanctuaires et des fontaines.
Circuit d'env. 6 k. dans la partie N. de la ville ; à faire à pied ou à monture. Très recommandé, bien que l'entrée des édifices religieux soit interdite.
Du marché aux bois, qui se tient à TO. de Djemaa El Fna, gagner rue El Kseur, pour passer au pied de {'oratoire Bah Fetouh, joli minaret mérinide de proportion fort élégante dont l'entrelacs curviligne naît au-dessus de minuscules colonnettes et chapiteaux de marbre, et se développe en brique ocre sur un fond d'émail vert.
De là, se diriger vers la grande mosquée (entrée interdite) dont on fera partiellement le tour.
Djama El Moaasine, en plein cœur de la ville, a sa grande cour intérieure encadrée d'une salle de prière richement ornementée. L'une de ses portes est recouverte de feuilles de cuivre fixées sur les vantaux au moyen de clous de bronze.
La ^fontaine El Mouasine, attenante à la mosquée, est remarquable par son genre, inconnu ailleurs au Maroc, et ses proportions monumentales. Le bassin de dr. est surmonté d'un portique avec ornements de plâtre sculpté, corbeaux et linteaux de bois ouvragé, frise et auvent de bois peint; c'est là que viennent s'approvisionner les gens du quartier. Trois autres grands bassins, à g., de 4 à 5 m. de côté et abrités par des voûtes, servent d'abreuvoir pour les animaux.
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Plus loin, en plein souk, on apercevra, au fond d^une ruelle^ le sanctuaire de Sidi Abd El Aziz. Ce marabout s'annonce par une porte à soubassements de mosaïques, à revêtements de plâtre sculpté et peint et par un bel auvent en bois ouvragé et coloré. Une date (1190 H.) se lit dans les inscriptions arabes.
Un peu plus à l'E., sur l'artère conduisant à Bab Doukkala, on verra, à g., la maison du Pacha, de construction récente, spécimen de l'architecture moderne; les touristes de marque peuvent être admis à la visiter; consulter le chef des Services municipaux.
Cette maison est habitée par El Hadj Tsohami El Glaoui, pacha de Marrakech, frère de Si El Madani, ex-caïd du pays des Glaoua, mort en 1918, et dont le siège du commandement est à Kasba Telouet (p. 101), prodigieux édifice seigneurial, reconstruit, au cours du siècle dernier, sur le versant occidental du Col de Telouet, à 2,000 m. d'alt., sur la route des caravanes joignant Marrakech au Tafilalet. L'autorité de ces grands chefs, tout dévoués à la France, est grande. La famille des Glaoui a fourni à toutes les dynasties du Maroc des illustres hommes d'Etat.
Plus loin, s'élève la monumentale ^fontaine Sidi El Hassane ou Ali. L'abreuvoir, de 15 m. de long sur 5 m. de large, est abrité par 3 koubbas; le bassin est à g. alors qu'à El Mouasine (p. 93) il est à dr.
Derrière la fontaine se dresse Djama Bab Doukkala.
La salle de prière de cette mosquée est divisée en plusieurs nefs à lourds piliers supportant des arcs monumentaux à festons et stalactites. A remarquer notamment les chapiteaux des colonnes engagées sur les piliers. Un minai^et, en briques et à campanile, s'élève au-dessus de la construction en pisé; un élégant décor en orne les quatre faces. L'édifice aurait été construit en 995 de l'Hégire (xvi» s.), sur l'ordre de Sida Messaouda, ancêtre célèbre de la famille du Glaoui, mère du sultan saadien Abou El Abbas Ahmed El jVIansour.
Revenant sur ses pas sur une diste^nce d'env. 300 m.,, on se rendra, à travers la ville arabe, au quartier Smi Ben Sllmam:, centre d'un tombeau célèbre.
Le sanctuaire de Sidi Ben Slimanê El Djazouli forme un groupe complet comprenant d'abord un passage sous un arc à décor de mosaïque^ conduisant, après un coude, à une jolie fontaine à revêtement de faïence (quelques carreaux de Delft) et à plafond et auvent de bois sculpté ci peint, puis à la porte du sanctuaire, précédée d'une galerie que sui» portent 3 colonnes surmontées de curieux chapiteaux en marbre sculpté. Sidi Ben îSlimane El Djazouli est l'auteur du célèbre livre de prières dir Dalaïl El Kheïrat, que portent et lisent tous ses adeptes et dont il existe de jolies copies soigneusement enluminées.
A 100 m. plus au N., on trouvera le souk des Mjadlia, des passementierS) où se vendent des cordonnets et des cordelières aux tons très vifs. Ce marché, très curieux, est aménagé dans tjn passage couvert à galeries latérales soutenues chacune par 12 piliers dont les arcs et la frise sont peints en deux couleurs : ocre et marron. Des portes monumentales en plâtre et bois sculptés ferment l'entrée et la sortie du souk.
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La mosquée et le sanctuaire de Sidi Bel AbbaSy du grand patron de Marrakech et des agriculteurs marocains, sont contigus au précédent souk.
Une légende, qui avait cours au Maroc au xyiii® s., surtout parmi les chrétiens, assimilait St Augustin à Sidi Bel Abbas Es Sebti; elle semble avoir pour origine la ressemblance entre le nom de Tagaste, ville où naquit St Augustin et celui de Tagaost (Sous) où, d'après la même légende, serait enterré et vénéré St Augustin.
De là, on pourra joindre à 400 m. à l'E., Bab El KkemiSy porte à baïonnette percée dans l'enceinte de la ville.
De l'extérieur de la porte, on a une vue sur un cimetière musulman et sur le marché du jeudi, souk El Khemis.
Se dirigeant ensuite directement vers le centre de la cité, on rencontre, à 800 m. plus au S., la troisième fontaine monumentale de xMarrakech. La Sekkaîa Echrob ou Chouf (« bois et admire ») ne se compose que d'un bassin réservoir enfoncé dans une encoignure. La façade en bois sculpté d'inscriptions cursives et couflques, avec auvent à stalactites, est d'une admirable tonalité vert bronze.
A proximité se trouve la médersa Ben Youssef ou collège islamique de Marrakech.
La médersa Ben Youssef (demander l'autorisation de visite aux Services municipaux) fut d'abord une mosquée qu'embellit l'almohade Ali III au commencement du xii^ s. ; son affectation actuelle est due au sultan, saadien Abd Allah (1570). Un sombre et long couloir d'entrée, richement orné, conduit à la cour de la médersa, toute baignée do lumière. Un grand bassin en marbre, de forme rectangulaire, orne le milieu de la cour. Mosaïques, plâtres, marbres et bois sculptés sont d'un très beau style et d'une Ijelle couleur générale rose; ils font de cet édifice, logiquement construit, un des monuments les plus intéressants de Marrakech. Marrakech possède une autre médersa fondée par le sultan alaouite Moulay Er Rechid (xvii*^ s.). C'est dans cette médersa qu'est lue la lettre annonçant officiellement l'avènement du sultan au ti'ône.
On est dès lors près des souks et l'on peut regagner Djemaa El Fna en quelques minutes.