IX. — Le tour de ville
15 k. env., partie sur route, partie sur très bonne piste: 2 h. à 2 h. et demie en voiture ; une demi-heure en auto.
On sortira par Bab Djedid, faisant face à la Koutoubia à l'O. De là, on se dirigera vers le N., en longeant les murs.
Marrakech est protégée, sur tout son périmètre, par une ligne ininterrompue de 12 k. de remparts en pisé, hauts de 5 m. et épais de 2, flanqués de bastions de 7 m., percés de portes monumentales. On passe ainsi à l'O. à la portée de Bab Doukkala, d'un beau caractère; au N. de Bab El Khemis (F. ci-dessus); cà l'E. de Bab Debbagh, de Bab Aïlen, de Bab Ghmât, coudée
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et couronnée d'une ligne de merlons denletés, de Bab Ahmar, droite et à 3 arcades, dont celle du milieu seulement est ouverte, à piliers massifs, décorée de motifs peints en rouge, surmontée de 3 toits à tuiles vertes. Les autres portes, au S., Bab Ksiba et Bab Roob, ont été vues au cours des itinéraires précédents.
\u N. de Bab Doukkala, on longe des espaces plantes de palmiers, puis tournant à dr., on passe successivement devant le souk el Khemis, marché du jeudi et du vendredi matin, très curieux par les types et produits indigènes de la région, et une corne de la palmeraie au N. : des cimetières à 1 E un douar de noualas et de maisons, la zaouia de Sidi Youssef. De ce cote, on remarquera de nombreuses lignes de puits. et de canalisations : ce sont les gottara.
L'oued Tensift fournit une bonne partie de leau nécessaire à l'irrigation de la palmeraie et des parties cultivées qu elle renferme. Quant aux jardins situés à l'E. de la ville, assez éloignes du fleuve, ils reçoivent leur eau de canalisations spéciales, très curieuses, dites f/o^/am, venant des points les plus élevés de la plaine et distants de 4 a 5 k de Marrakech Ces multiples canalisations appartiennent a des particuliers Analogues aux fogg'ara .Xn Figuig, du Touat f^;>,"''|^f^^^ apportent la fertilité dans les environs immédiats de la cité, i^ljes sont créées et entretenues par une corporation d ouvriers originaires du bous.
On pourra rentrer en ville par Bab Ahmar, Bab Ksiba et Bab Roob. Il n'y a pas d'intérêt nouveau à faire le tour complet de TAguedal.
X, — La ville nouvelle et le Gueliz,
2 k 5 et 5 k. N.-O. Bonne route jusqu'au pied de la montagne. Cet itinérair§. à parcourir de préférence à la fin du jour, peut-être greffé sur le tour de ville [V. ci-dessus).
On sort de Marrakech, soit par Bab Djedid, soit par Bab Doukkala, d'où l'on gagne (2 k. 5) la place du 7.Septembre De ce point, partent en éventail les artères principales de la ville nouvelle, toutes très larges et bordées de rangées d arbres : aucnac du Haouz, que prolonge la route de Mogador, avenue des Ouled Delim, qui se rend à la prison et a la gendarmerie, avenue du Guetiz, qui conduit au camp et au Cercle militaire. La construction de cet immense quartier européen a ete inau-
^^G'Tst^Vvenue du Gueliz que l'on suivra pour gagner le pied de la montagne. Un chemin, passant sur la permet 1 ascension facile (on laisse les nouvelles casernes a 500 m. a 10.).
Le Gueliz\ 527 m. d'alt. Ses deux plus hauts sommets sont armés chacun d'une batterie commandant, 1 une l h-, a e la plaine, l'autre l'O. Une enceinte en maçonnerie, de 2 k de pou^^^ - tour, a transformé la position en réduit defensif. De la l^atterie E., on a une ^vue magnifique sur Marrakech son cad^^^^^^ jardins et de palmeraies, sur la vallée du Tensift et sur l Atlas iux cimes neigeuses. De la batterie 0. qu'avoisine le marabout
MARRAKECH.
de Sidi Bel Abbas, autre jolie '^'vue sur les monts dentelés des Djebilet, qui arrêtent l'horizon au N., et sur la plaine du Haouz.
XJ. — Les jardins de la Menara,
Entrée 3 k. E. ; route plate carrossable.
Au sortir de Bab Djedid, Vavenue de la Koutoubia y conduit directement.
La Menara (entrée permise), propriété des sultans, enclose dans une enceinte en pisé, a 1,200 m. de long sur 800 m. de large. Elle est surtout plantée d'oliviers de belle taille. Ses canalisations, méthodiquement établies, prennent naissance dans un bassin de 200 m. de long sur 150 m. de large, entouré d'un chenal à parapets de 4 m. de largeur. Un agréable pavillon, à galeries au rez-de-chaussée et au premier étage, se mire dans l'eau tranquille du bassin. La pièce d'eau et son cadre de verdure constituent un site très fréquenté.
XJJ, — La palmeraie.
Une piste est en voie d'aménagement dans la palmeraie, qui constitue un intéressant but de promenade de 3 h. en voiture, de 1 h. en auto.
La palmeraie s'étend au N. de Marrakech jusqu'à l'oued Tensilt, qu'elle borde sur près de 20 k. Elle est limitée, à i'K. et sur 15 k., par la piste d'El Kelaa, et à i'O., sur 10 k. env., par la piste de Safi. Elle occupe ainsi un vaste triangle d'au moins 13,000 hect. de superficie, où des bosquets de palmiers plus ou moins clairsemés alternent avec des vergers et des cultures de légumes. Les 100,000 palmiers de cette immense forêt ne produisent malheureusement que des dattes de qualité médiocre.
La tradition rapporte que la création de la palmeraie est due aux Filaliens qui, au xvii® s., vinrent assiéger Marrakech. Comme ils se nourrissaient exclusivement de dattes, les noyaux rejetés par eux donnèrent naissance aux palmiers que nous voyons aujourd'hui.
De Marrakech a Casablanca, p. 84; — a Mogador, p. 102; — a Agadir, p. 104; — a Safi, p. 126.