‹ Le Maroc. Publié sous la direction de Marcel Monmarché. Avec un autographe du général LyauteyChapitre 51 sur 153 · La MeJina · texte numérisé non relu

La MeJina

A quelques pas au N. de Safi-Hôtel, Tartère principale de la Medina fait un coude brusque vers la dr., séparant le mellah, à g., de la ville arabe, à dr.; c'est la rue des Marchés, où se concentre le commerce indigène, musulman et israélite. Des échoppes la bordent de chaque côté, et les ruelles adjacentes conduisent à de petites places où se groupent des catégories diverses de marchands : épiciers, bijoutiers, fabricants de lanternes, de babouches, marchands d'étoffes, de poteries de Safl, etc....

Cette rue, qui laisse à g. le marabout de Sidi Bou Dehab, et, à dr., la grande mosquée du Cheikh Mhammed Salah et la chapelle

SAFL

catholique^ aboutit au mur d'enceinte N. qu'on franchit à Bab Chaaba^ « la porte du vallon ». Un ravin s'ouvre en effet immédiatement à l'extérieur, occupé à g. par une place où se tiennent un marché le matin et des conteurs le soir. La porte à arcades qui la limite à l'O. est Bab El Kouass. Les potiers et les forgerons sont installés de ce côté. Un peu plus au N. sur un tertre mamelonné, s'élève, aux pieds de quelques palmiers, le groupe pittoresque des sanctuaires de Sidi Abd Er Rahmane et de Moulay El Ouafi, En amont, dans le Chaaba proprement dit, plus encaissé, a été aménagé, au delà du cimetière européen, le jardin public, que prolongent des jardins et des vergers privés. Sur le plateau, à 500 m. à l'O. et au N. du Chaaba, existent deux quartiers déjà habités par de nombreux européens, El Aouïna (p. 123) et Biadha. C'est près de ce dernier que se trouve Vhôpital civil.

Revenant rue des Marchés, à la hauteur de la chapelle catholique, on gravit la rue du Consulat-de-France qui fait passer dans le quartier des Zaouïas et devant les Services municipaux.

Ces zaouïas sont des édifices religieux sans prétention, où se tiennent les réunions des diverses confréries musulmanes : Aïssaoua, Hamadcha, Tidjania, Taïbia, etc. ; la porte de la mosquée de cette dernière secte est ornée d'un auvent en bois sculpté et peint.

En poursuivant la montée de la rue du Consulat-de-France, on atteint un plateau que bordent au N., une mosquée, et, à l'E., la Kechla.

La mosquée, aujourd'hui désaffectée, tombe en ruines. La cour intérieure, entièrement délabrée, était établie sur une citerne. Dans la salle de prières, on n'a plus à remarquer que quelques menuiseries dans les angles et des restes de revêtements en plâtre sculpté autour du mihrab.

La *Kechla est Tédifice le plus intéressant de Safi. On y accède (entrée permise) soit par l'escalier 0., soit par une porte monumentale à l'E. Sise à 52 m. d'altitude, sur le rebord du plateau incliné qui domine la ville, elle comprend une enceinte de murs munis de curieuses échauguettes, flanqués de tours crénelées dont le côté Ë. porte encore, en saillie, de vieux emblèmes portugais : écussons et mappemondes. Elle fut d'ailleurs construite par les Portugais au commencement du

XVI* s.

L'enceinte abrite à l'intérieur une grande place ou mechouar, au milieu de laquelle s'élève une petite mosquée dont deux faces opposées s'ouvrent sur deux péristyles d'agréables proportions. Dans l'angle N. de la Kechla étaient aménagés le Dar El Makhzen, ensemble d'appartements disposés, autour d'un patio central dont les portes et plafonds sculptés et peints paraissent appartenir au xviii'' s. — De la plate-forme 0., où aboutit l'escalier dont il a été parlé plus haut, très beau *panorama sur la ville indigène, plus caractéristique encore du haut de la forteresse. « On voit à ses pieds une étroite cascade de

SAFI.

maisons blanches à toits plats, dévalant jusqu'au port entre deux murailles parallèles; des tours crénelées flanquent les murs, et sur le rivage, un grand château complète le système de fortifications... Au milieu de toute cette blancheur surgit la masse carrée d'un minaret. Vers la droite, un ravin profond, contenant pêle-mêle de pauvres chaumières et quelques koubbas, au milieu de la verdure. A gauche, le faubourg du Rabat, qui renferme les entrepôts des négociants et une grande zaouia élevée sur le tombeau du marabout patron de la ville >» (Eugène Aubin).

Les bureaux du commandant du Cercle des Abda et du Service des Renseignements sont installés dans la Kechla.

A 100 m. à l'E. est situé le quartier de Dar El Baroud, où se trouve rhôtel de France, et, plus au N., le cimetière israélite.

Pour gagner du temps, on pourra, de la Kechla, joindre le quartier du Rabat sans redescendre dans la Medina; on suivra dès lors la corniche qui passe devant le camp et longe le cimetière musulman dans sa partie haute. Vue sur différents points de ce trajet, Safi se présente sous de très intéressants aspects.

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