‹ Le Maroc. Publié sous la direction de Marcel Monmarché. Avec un autographe du général LyauteyChapitre 70 sur 153 · RABAT · texte numérisé non relu

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Pour les relations avec l'extérieur, V. Voies d'accès, p. 60, 7°.

Emploi du temps. — Une journée suffit pour visiter Rabat. Partant du boulevard El Alou, on visitera, le matin, le cimetière El Alou (p. 154), la. kasba des Oudaïa{^. 154),, le musée de la Médersa (p. 155), les souks indigènes des rues des Consuls et Souïka (p. 156) ; le soir, on verra, au cours d'une promenade en voiture, la tour Hassane (p. 157), Chella (p. 158), le quartier des Touarga (p. 159), les remparts almohades et le quartier de V Océan (p. 161).

RABAT (en arabe : Ribat El Fath; ethn. : rbâti), l'une des trois villes fiadria, c'est-à-dire à population urbaine, civilisée, et l'une des quatre villes makhzenia, c'est-à-dire impériales, résidences du sultan, est située à l'embouchure et sur la rive g. de l'oued Bou Regreg. en face de Salé. C'est la capitale admi-

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nistrative du Gouvernement chérifien et du Protectorat français, le siège de la Résidence générale de France au Maroc et le ch.-l. delà région de Rabat et du Gharb peuplée de 230,000 hab.

La population actuelle de Rabat est de 37,000 hab., dont 22,500 musulmans et 3,500 Israélites; le peuplement européen, qui était de 300 personnes au début de 1913, est passé à 10,000 en 1917, dont 6,500 français.

La medina, y compris le mellah, se masse dans un trapèze de 1,500 et de 600 m.- de bases et de 700 m. de hauteur, distant de rOcéan d'env. 500 m. et protégé des vents du large par une colline peu élevée qu'occupent des cimetières. Une solide enceinte en fait le tour. Elle est défendue au N. par la kasba des Oudaïa construite, à 30 m. d'alt., sur la falaise qui se dresse à l'angle de l'estuaire du Bou Regreg et du littoral atlantique.

Les premiers établissements européens se sont d'abord installés sur les voies principales de la medina : au boulevard El Alou et rues El Gza, Sidi Fatah, des Consuls, mais d'importants quartiers sont en voie d'aménagement, depuis les débuts de l'occupation française, en dehors de la ville arabe : au S., dans les quartiers de la Résidence et des Touarga, à l'O., au quartier de l'Océan. L'emplacement de la Foire de 1917 a en outre amorcé, dans le terrain du grand Aguedal, un nouveau quartier S.-O. admirablement situé.

La kasba des Oudaia et ses dépendances, la tour Hassane, l'estuaire du Bou Regreg, l'ancienne ville du Ghella et le panorama de Salé donnent à Rabat un charme puissant qui, joint à un climat tempéré, doux en hiver, et supportable en été, grâce à la brise du N.-O., en font une ville d'agréable séjour, surtout pour l'hivernage.

Gare : — Gare de Bab El H ad, près de la porte du même nom.

C'^'* de Navigation : — de Navigation Paquet (Labeyrie), tSouk El Grhezel ; Générale Transatlantique; Bland Line et Royai Mail (Elias Bensaude).

Omnibus : — les hôtels n'ayant pas encore d'omnibus particuliers, on trouvera des voitures de location à la gare. Les voyageurs venant de Salé feront porter leurs bagages par des portefaix sur la rive g. du Bou Regreg, où ils trou- Aeront des voitures de louage.

Hôtels : — de la Tour-Hassane (PLaD-2), av. du Chella, près delà Résidence; Maroc-Hôtel (meublé; Pl. 6B2), bd El Alou, 20; Victoria (meublé; Pl. cBl), bd El Alou, 7; de France (Pl. dCl ;30cli. depuis 6 fr.), l)d El Alou; de Nice, bd El Alou; Modem-Hôtel, et d'autres encore

situés aux abords du bd El Alou ou à proximité.

Restaurants : — Guillaume Tell (V. Hugo); Coq gaulois; Deux Sœurs Latines; de l'Univers, tous situés bd El Alou; du Palmarium, av. Marie-Feuillet.

Cafés-Brasseries : — aux restaurants ci-dessus.

Bains : — Bains-douches municijmux, quartier de Bab Tebene.

Poste et télégraphe : — Bureau Central, bd El Alou ; succursales au mellah, au pied des pilônes de la T. s. F. et à la Résidence.

Banques : — d'Etat du Maroc, r.

des Consuls ; Algéro-Tunisienne, r.

El Oubira; C'« Algérienne, r. des Consuls ; Crédit Foncier d'A Igérie 'et de Tunisie, r. des Consuls, 22; Crédit Marocain, r. El Gza ; Lyonnaise, souk El Ghezel.

Voitures de place : — à ctiev..

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tation principale bd El Alou, on face de la Subdivision ; autre station à la Résidence : — course dans la Medina 1 fr. 25; à la Résidence 1 fr. 75 ; aux Touarga 2 fr. ; l'heure 3 fr. 80.

Chevaux de louage : - - C ardeur, V. El Oustia; I<ournier, bd de la Tour-Hassane.

Services automobiles : — ces services ont leurs bureaux groupés à l'entrée O. du bd El Alou. Ils son t assurés par la Société Française de Transports automobiles (Goyon et C'*^) et la Société des Taxis-autos marocains fPorge et C'*'), qui se chargent en outre de transporter les voyageurs dans toutes les directions. Ils desservent : — Knitra, 10 fr. la place en automobile ; Casablanca, 25 fr. la place en automobile et 10 fr. la place en autobus ; Tanger {on bonne saison seulement), 150 fr. la place en automobile.

Prix à débattre pour les autres directions sur la base de 1 fr. 25 à 1 fr. 50 le k., les distances étant calculées sur l'aller et le ret. On demande 600 fr. pour la location d'une automobile à 3 places pour le voyage de Rabat à Meknès et Fès.

Tramways : — tête de ligne à l'extérieur de Bab* El Alou vers :

J*» Kebibat, quartier de l'Océan; 2« le Grand Aguedal (s'informer des horaires).

Garages : — Goyon et C'®, bd El Alou ; Rodière et^Suisse, av. Marie- Feuillet.

Sazy^

Librairie-papeterie :

El Gza, 156.

Journaux : — Echo du Maroc, quotidien du soir, 10 c. et Bulletin Officiel du Protectorat, bd El Alou, tous deux en langue française; Es Saada, bd El Alou, en langue arabe.

Photographie : — Schmitt et C®, r. El Gza, 153.

Spectacles : — Palmarium, av.

de Casablanca; Cinéma Tur, Galleron et Tanguy, r. Oukkasa, 67; Cinéma des Deux Sœurs Latines, bd El Alou; Cinéma Palace.

Spécialités marocaines : — Cuirs tannés ; babouches et sacoches brodées ; tapis de Rabat à haute laine et à points noués ; broderies sur étort'es et sur filet; bois peints ; enluminures ; cuivres ciselés ; mosaïques de faïence, etc. S'adresser chez les marchands indigènes de la r. des Consuls pour les obje-ts de fabrication ancienne, notamment chez Palafrij et, pour les objets de fabrication moderne, à V école d'arts indigènes de la Médersa.

Réjouissances indigènes — Cimetière El Alou, très animé tous les après-midi du vendredi; Sorties du sultan pour la prière, du vendredi de 11 h. 30 à 12 h. 30 à la mosquée des Touarga; Fête de VAcJioura, 1" quinzaine d'octobre, très curieuse ; Aïd El Kebir, en septembre; Moussems : de Sidi Yakoub, organisé par les porteurs d'eau (guerrâbâ) à Chella, en mai, et divers au cours do l'année (s'informer).

Histoire. — Ribât El Fath, « le Camp de la victoire », d'où l'on a tiré le nom de Rabat, fut ainsi appelé pour perpétuer le souvenir de la victoire des musulmans à Alarcos et des conquêtes faites sur les chrétiens, en Andalousie. Il avait été conçu et entrepris par le sultan almohade Abd El Moumene Ben Ali (1130-1163), poursuivi par son fils Youssef (1163-1185), et fut achevé par son petit-rils Yakoub El Mansour (1185- 1199). C'était le lieu de concentration des contingents et des approvisionnements qu'on dirigeait en Espagne pour la lutte contre les chrétiens. Rabat comprenait alors la place forte des Oudaïa, vaste enclos de 450 hect., limité par une enceinte qu'on voit encore aujourd'hui, de beaux monuments comme la médersa et la mosquée de Hassane avec sa tour. La ville tomba rapidement en décadence. Quand elle fut en possession des mérinides, ceux-ci essayèrent de la relever, sans grand résultat, semble-t-il. C'est de leur époque que date la construction de la grande mosquée (xiii^ s.).

Aux xvii« et xviii« s., le sort de Rabat, alors appelé Sala El Jedid, « Sale le neuf », est intimement lié avec celui de Sala El Kedimi, « Salé I ancien ». En 1608, sous le règne du sultan saadien Zidane, elle reçut

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un contingent de plusieurs milliers 'd'Andalous expulsés d'Espagne, qui bâtirent la medina actuelle, ouvrirent dans l'ancienne médersa une école de pilotage et organisèrent ia course, qui rendit si célèbres les corsaires dits de Salé presque aussi redoutables que ceux d'Alger.

Rabat se transforma en une sorte de république à peu près indépendante en 1627. Dabord rivale de Salé (1630-1641), elle en devint une vassale sous El Aïachi, puis passa aux mains des Dilaïtes pour retomber, en 1666, sous la domination des sultans alaouites.

La dynastie nouvelle la dota de nombreux monuments. Sidi Mohammed, en particulier (1757-1789), y fit élever 7 mosquées, des forteresses, deux skalas ou batteries, et aménager un aguedal. Elle ne put, malgré cela, reprendre sa prospérité ancienne et continua de s'épuiser en luttes stériles avec sa voisine Salé.

Depuis 1912, date de l'établissement du Protectorat de la France au Maroc, elle est devenue le siège de la Résidence générale et s'est développée dans des proportions considérables.

Bibliographie : — Notes sur Rabat et Chella, par Mercier, parues dans les tomes V à VIII des Archives marocaines; — Bayis le mystère du Moghreb, par J. et J. Tharaud, dans la « Revue des Deux Mondes » en 1917; — Rabat ou les heures marocaines, par J. et J. Tharaud (Paris, Emile-Paul, 1918).

Les itinéraires suivants partent de Bab El Alou, centre actuel de la vie urbaine, et où se trouve la plus importante station de voitures.

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