‹ Le Maroc. Publié sous la direction de Marcel Monmarché. Avec un autographe du général LyauteyChapitre 86 sur 153 · RUINES DE VOLUBILIS · texte numérisé non relu

RUINES DE VOLUBILIS

vers le Forum. On aperçoit alors une portion de voie dallée, cinq marches et une petite place également dallée. A dr., un édifice auquel est attenante une piscine — une plate-forme qui semble avoir été la tribune aux harangues et a été remaniée (inscription de Septime-Sévère, 196 ap. J. G.) — et, dans le fond, la basilique (F. ci-dessous). A g., en contre-bas, une ruelle et trois pièces, probablement des bureaux; derrière ces pièces, une seconde place d'époque postérieure.

Le Forum, centre de la vie publique de la cité, était orné de statues dont on a exhumé les bases. La principale, la dernière à dr., est celle de Marcas Valerius Severus, A la tête d'une cohorte d^auxiliaires, ce personnage réprima la révolte ourdie par Edemone, un affranchi de Ptolémée, roi de Mauritanie. L'empereur Claude, en récompense de ce succès, accorda aux Volubilitains le droit de cité et plusieurs autres avantages.

La basilique, à laquelle on accède par quatre marches, est vraisemblablement, comme l'a conjecturé M. de La Martinière, le « temple aux portiques » élevé l'année 158 de notre ère, sous Antonin le Pieux, par les fidèles de la maison impériale. Ce monument se compose d'une grande salle rectangulaire bordée sur les quatre faces par un portique et terminée, au N. et au S. par une abside. La basilique, ou palais de justice, était le lieu de rendez-vous des hommes d'affaires et protégeait aussi les oisifs du Forum contre les intempéries.

Du portique oriental on observe deux petites absides presque arasées qui proviennent d'un édifice antérieur, et plus loin, un mur parallèle à la basilique, entre ce mur et la basilique, recouvrant les petites absides; les pierres qui formaient le mur oriental se sont écroulées entre 1721 (dessin du voyageur anglais Windus) et 1874 (Tissot).

Revenir au Forum et le quitter par l'escalier du N.-E. qui donne sur la voie N.-E. ou Cardo. Cette voie, découverte en décembre 1916, relie la basilique et le Forum à l'arc de triomphe de Caracalla. En la parcourant on rencontre : tout de suite à g., un decamanus, ou voie E.-O., qui limite le Forum au N. ; un peu plus loin et à dr., un second decumanas, qui passe au S. de la cote 406; enfin, de nouveau à g., un troisième decumanus; sur cette voie, deux seuils fort bien conservés et, au fond, une cloaca ou bouche d'égoût, en briques.

Le Cardo, bordé de part et d'autre de maisons ou de boutiques, fait alors un crochet sur la dr., passe entre les piliers d'un petit arc de triomphe en ruines, longe une fontaine, reprend sa direction première et aboutit à l'arc de Caracalla.

Entre le dernier decumanus et l'arc de Caracalla se trouve la maison du Chien dont l'entrée est située sur la place de l'arc au milieu des boutiques. L'atrium présente un bassin en très bon état; la plupart des bases de colonnes sont encore en place. A dr. et à g., pièces d'habitation ; au fond le TabLium, pièce d'apparat, qui était pavée en mosaïque et décorée de fresques (Musée).

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L'are de triomphe, élevé ea 217 à Garacallaet à Julia Domna par les soins de Marc Aurèle Sébastène, procurateur impérial, n'avait pas encore perdu sa voûte en 1721, lors du passage de Windus; Tissot, en 1874, a retrouvé le monument à peu près tel qu'il est aujourd'hui, mais enfoui sous un amoncellement confus de pierres éboulées, de terres rapportées et de ronces. C'est seulement en novembre 1917 que les abords de l'édifice ont été déga.gés.

La maison au péristyle, qui est située au N.-E. de l'arc, a été découverte à l'automne de 1917. Il faut remarquer surtout le bassin de forme circulaire inscrit dans le péristyle, les colonnes cannelées, les chapiteaux de trois modèles différents et une statue en marbre (personnage revêtu de la toge).

Le musée (bâtiiiients de la Direction) est en voie de formation depuis le commencement de 1916.

L'objet le plus remarquable est le * chien de bronze, découvert en février 1916 dans la maison située au S.-E. de l'arc de triomphe, pièce de la plus grande valeur, œuvre originale d'un réalisme saisissant.

La grande amphore en terre cuite a été trouvée à l'huilerie.

On a réparti en deux vitrines les différents objets provenant des fouilles : fragments de fresques et de mosaïques; stèles de travail indigène; monnaies; fragments d'inscriptions, de lampes, de poteries; petit groupe en marbre blanc composé de deux mains qui tiennent un oiseau et lui donnent un fruit à becqueter. Mais l'intérêt principal réside dans les bronzes : statuette d'Hercule, fragments de statues (basilique et arc de triomphe), gonds et battants de portes, clef, fléaux de balances, pendentifs, etc.

Au SORTIR DE Volubilis, on remonte le vallon boisé en haut duquel le bourg de Moulay Idris apparaît derrière les oliviers, sur deux sommets émergeant d'une gorge aux flancs abrupts. Par une forte pente, on atteint Bah Aïn Er BedjaU

30 k. Moulay Idris, ville indigène de 9,000 hab., pittoresquement étagée sur les deux versants d'un ravin, dans l'un des sites les plus sauvages du Zerhoun. Cette ville renferme le sanctuaire et la zaouia de Moulay Idris, le saint le plus vénéré de tout le JVlaroc, fondateur de la première dynastie arabe (Tdrisside) qui a régné sur le pays. Le saint est aussi appelé Moulay Idris El Akbar, « le plus vieux », pour le distinguer de son fils de même nom fondateur de Fès. Son pèlerinage, qui se tient à la fm du mois de mai, attire de nombreux visiteurs et donne lieu à de grandes fêtes.

Histoire. — Moulay Idris Ben Abd Allah Ben El Hassane Ben Ali était descendant d'Ali, compagnon du Prophète, et de Fatma, fille du Prophète. Après la bataille de Fekh, où les descendants d'Ali furent battus par le khalife abbasside El Mansour, Idris s'enfuit au Moghreb où il fut reçu par le chef de la tribu des Aouaraba qui habilait Ôulili (Volubilis; 788 ap. J.-C), ch.-l. du Zerhoun, alors entouré de murailles antiques, de belles terres et de plantations. Aux populations d'alors, composées de païens, de chrétiens et de juifs, il prêcha le mahométisme avec succès et fut bientôt reconnu comme souverain. Il mourut empoisonné en 793 à Oulili, en exécution d'intrigues ourdies par son ennemi d'Orient, Haroun Er Rachid. Mais son fils posthume, Idris II,

VOLUBILIS. — MOULAY IDRIS. [24] — 193

élevé par le fidèle conseiller Rechid, et instruit dans la religion de son père, étonna son entourage par sa précoce intelligence; aussi le proclama-t-on dans la mosquée à l'âge de 10 ans (804). Son règne fut fécond en résultats pour le nouvel empire du Maroc. Son plus grand titre de gloire est la fondation de Fès (808). Il mourut en 828 et son corps repose dans la ville qu'il fonda. Le groupe actuel de la zaouïa date de Moulay Ismaïl, qui lit démolir et réédifier la koubba avec tous ses ornements en même temps qu'il fit agrandir la cour centrale.

Lorsqu'on arrive en face de Moulay Idris, on aperi^oit deux quartiers principaux, escaladant deux sommets : à g. Khiber, que couronne une grande construction sur des rochers à pic; à dr., Tasga, couvrant tout un mamelon et ses pentes. La zaouïa est située dans l'intervalle au fond du col.

On se rendra d'abord à Aïn Khiber, en amont du premier village, à côté de la place du moussem (marché le samedi), où arrive la canalisation d'eau d'Ain Ghanech captée à quelques k. en amont et que domine la msalla, lieu de prières publiques disposé sur la crête d'une zone de bancs naturels de pierre.

De ce point, on pourra se rendre à 1 k. env. en amont dans la gorge d'Ain El Hamma dont l'eau chaude et sulfureuse s'écoule dans un site remarquable. La source fut autrefois captée par les Romains : les restes d'une piscine semi-circulaire sont encore visibles.

Pour redescendre, on pénétrera à Khiber par Bab Djedid (curieuse fontaine à dr.) qui mène à Sidi Abd Allah El Hajjame et à une école coranique (fragments de colonnes de marbre dans les murs). Un petit passage conduit sur une terrasse voisine d'où Ton a une *vue splendide sur les toits verts de Moulay Idris, de Tasga, la vallée et la montagne.

De la terrasse de Sidi Abd Allah El Hajjame, on peut gagner la zaouïa (entrée interdite) par un chemin malaisé, puis les deux souks séparés par une porte monumentale et enfin la porte d'entrée d'Ain Er Redjal.

Environs. — Moulay Idris peut servir de point de départ à de très belles excursions de 1 ou 2 j. dans le massif du Zerhoun; s'informer des itinéraires au bureau des Renseignements de Meknès.

Avec son relief d'assises jurassiques reposant sur les calcaires du lias, le Zerhoun, compris entre la plaine du Sais au S., le col de Seggota et le Sebou au N., a des sommets qui atteignent 1,000 m. d'alt. Pittoresque par ses falaises abruptes, ses défilés sauvages inaccessibles aux invasions dévastatrices, il a conservé de très vieux bois d'oliviers (212,000 pieds), des vergers de poiriers et de pommiers (331,000), de citronniers (18,000) et des vignes, cultures arbustives les plus belles et les plus étendues du Maroc. Cinq à six villages se partagent sa population plus ou moins islamisée, de langue berbère, d'origine rifaine sur le versant N., d'origine Senhadja et entièrement arabisée sur le versant S.

2° Agouraï.

29 k. S. — Piste à profil légèrement accidenté, autocyclable par temps sec.

On sort de Meknès par Bab Sidi Labdine et, après quelques lacets, on se dirige directement vers le S. en recoupant les

MAROC

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enceintes extérieures de la ville. La piste traverse ensuite la voie du ch. de fer militaire.

6 k. 5. A g., on aperçoit la vieille kasba Gueddara et, à dr., le village de Toulal (p. 189). — On s'engage dans la plaine fertile, tantôt sableuse, tantôt argileuse, où le palmier nain croît en abondance.

14 k. Aïn Foiiarat, source et bouquet de verdure.

En cours de route, on passe à proximité de douars appartenant aux tribus Guerouane, de langue berbère, dont le nom apparaît dans les annales marocaines vers le milieu du règne de Moulay Ismaïl (1690). Elles venaient du Tafîlalet et peuplèrent la région au temps de Moulay Abd Allah (1725).

17 k. Sidi Abd Es Salam, sur l'oued Djebala. — 22 k. ^. Sidi Amor. — 23 k. 5. Aïn Loula.

29 k. Agouraï (ethn. Gourari), ancienne kasba ceinte de hauts murs bastionnés, peuplée de 800 hab., entourée de vergers, d'oliviers et de jardins. Un poste militaire et un établissement de remonte à 800 m. d'alt. la dominent. Sur la pente, entre le poste et la kasba, s'élève dans un cimetière la koubba de Sidi Saïd.

Histoire. — Les habitants de la kasba descendent, dit-on, d'esclaves chrétiens. Quelques gouraris se réclament encore d'origines européennes. La race en est d'ailleurs déchue. Le poste militaire fut créé en 1911; il surveille au S. une région très mouvementée, limite actuelle de la dissidence et autrefois occupée par les tribus Zaïane, Boni Mguild et Beni Mtir.

D'AGOURAI A EL HAJEB (22 k. E.; piste muletière). — 10 k. Aïn Marouf, jolie source. — 22 k. El Hajeb (F. ci-dessous, 3").

3** Ito, Azrou et Tîmhadit,

Autocyclisme : 53 k. 5, 66 k. et 100 k. — Route spécialement aménagée pour les autos, praticable par temps sec ; ch. de fer à l'étude. Cette excursion, très recommandée, donne un aperçu de la topographie tourmentée du Moyen Atlas et des forêts de la région ; elle pourra se combiner prochainement avec le trajet Fès-Almis pour le circuit Meknès-Timhadit-Sefrou-Fès (autorisation nécessaire de la Subdivision) et pour la jonction de Meknès au Tafilalet par la Haute Moulouya et Rich (p. 197 et 285).

Sortant.de Meknès par la porte de Fès, on remonte, à proximité de la gare, la vallée de l'oued Bou Fekrane. — 13 Kasba Bou Fekrane, construite vers 1734 sous le règne de Moulay Ismaïl par des esclaves chrétiens. Le plateau, fertile, est couvert d'une abondante végétation de palmier nain.

31 k. El Hajeb, petit village et poste militaire au flanc d'une falaise rocheuse, ch.-l. de l'annexe des Beni Mtir. La kasba, lourde enceinte quadrangulaire, daterait de Moulay El Hassane (xix"^ s.). Des grottes habitées existent en contre-bas.

Histoire. — Les Beiii Mtir, qui auraient pour ancêtres les berbères Masmouda, forment une confédération d'environ 3,500 tentes, sur qui

AGOURAÏ. — ITO. — AIN LEUH. [24] — 195

l'autorité des émirs marocains a toujours été momentanée et précaire. Elle campe sur les territoires actuels depuis le commencement du xiv» s. Notre prise de contact avec cette tribu remonte au 28 juin 1911, date de l'occupation de la kasba par les colonnes Gouraud et Brulard et de la création du poste qui fut plusieurs fois assailli depuis. Les Beni Mtir ont été définitivement réduits par la colonne Henrys (1913).

D'El Hajeb, une piste muletière conduit à (6Ô k.) Fès par (19 k.) Kasba Arroub et (44 k.) Ain Cheggag.

D'El Hajeb a Agouraï (p. 194).

Après la montée en lacets de la falaise d'El Hajeb, la route des autos se développe sur un plateau rocheux où transhument en hiver les troupeaux des Beni Mguild et en été ceux des Beni Mtir. — 43 k. Plaine de Sidi Aissa des Ahel Frass,

A la hauteur de Sidi Aïssa, une piste, évitant la forêt de Djaba ( V. ciaprès), conduit à (18 k. S.-E.) Ifrane, poste créé en juin 1913 sur la rive dr. de l'oued Ifrane et à 3 k. en aval de la kasba.

La vue est très belle à l'O. avant d'arriver à Ito.

53 k. 5. Ito, poste militaire créé en juin 1913 par le colonel Claudel, à 1 k. E. de Dar Kaid Ould Ito, à 1,400 m. d'alt. sur le bord 0. du plateau. De la terrasse du cercle militaire, on a une *vue magnifique au S. sur un cirque grandiose de 200 k., la vallée du Tigrigra, affluent de l'oued Beht, au delà de laquelle s'élèvent les montagnes de Khenifra(p. 162) et la table de Mrirt {V. ci-dessous).

La vallée du Tigrigra est extrêmement fertile. Le blé y pousse dru. C'est le grenier des Beni Mguild (p. 196). La rivière, aux eaux vives où se pêche la truite, permet en tout temps l'irrigation des terres. Do très belles forêts, à l'E. et au S., lui font une magnifique parure.

A l"E. d'Ito s'étend, à une altitude de 1,450 m., lu forêt de Djaba, peuplée de chêne vert et de chêne zéen, beaux arbres à feuilles caduques; vers la vallée de l'oued Ifrane (F. ci-dessus), le chêne se mêle au frêne et à l'érable. Cette forêt fut incendiée jadis par ordre de Moulay Ismail.

D'ITO A MRIRT (66 k. S.-O. ; piste établie dans une région difficile du Moyen Atlas). — 3 k. Descente assez forte pour arriver dans la plaine du Tigrigra ( V. ci-dessus). — 6 k. Bifurcation : prendre à g. — 14 k. Pont en bois sur l'oued Tigrigra — 15 k. Kasba Youssef Ben Berri et rencontre de la piste d'Aïn Leuh à Azrou. — Aîn Leuh (aub.), poste créé en 1916 et village de 500 "hab., centre d'exploitation des forêts. — La piste est presque constamment à flanc de coteau et décrit de nombreux lacets. — 39 k. Tizi N Zaka; pentes assez rapides. L'oued Ifrane est franchi sur une passerelle. — 49 k. Lias, poste militaire créé en 1916. — 57 k. Tanoualt. — 66 k. Mrirt, poste militaire créé en 1914 sur le plateau de même nom.

58 k. Bifurcation à dr, vers les postes militaires du S.-O. et descente assez raide dans la vallée du Tigrira occupée par les Beni Mguild.

62 k. 5. Bifurcation sur Azrou.

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66 k. Azrou (en berbère : le « rocher », village de 175 maisons basses à toits plats au fond d'un vallon vert et poste militaire créé en 1914, au pied d'une ramification du Moyen Atlas, à 1,200 m. d'alt. Marché les lundi et jeudi. Jardins à l'extérieur.

La kasha, construite par Moulay Ismail vers 1684, se compose d'une enceinte rectangulaire d'environ 250 m. sur 150, flanquée de tours carrées. Elle abrite la mosquée et la maison du caïd.

Azrou est l'un de nos centres d'action sur l'importante tribu des Beni Mguild, probablement d'origine Sanhadja, qui porta au pouvoir la dynastie almoravide. Cette confédération berbère, qui comprend 800 tentes, s'étend du S. de Meknès à travers le Moyen Atlas jusqu'à la Haute Moulouya, utilisant en été les pâturages de la montagne, en hiver les terres du Tigrigra, du Guigo et de la Haute Moulouya où elle a ses cultures.

D'Azrou, on revient sur ses pas (3 k. 5) pour reprendre la route d'Oulmès (69 k. 5; p. 178) qu'on atteint en remontant la vallée de Tigrigra. — 70 k. 5. La route escalade la montagne et traverse un rideau de forêts.

« On trouve tout d'abord, à partir de 1,500 m. d'alt., une superbe futaie de chênes verts, très dense, parfois presque impénétrable, dont les arbres ont de 2 à 3 m. de tour et 30 m. de hauteur. Puis apparaît le chêne zéen, par larges bandes en mélange avec le chêne vert et quelques cèdres. Aux environs de 1,700 m.\ le cèdre devient de plus en plus abondant et finit par constituer à lui seul la forêt aux grandes altitudes. Telles sont les forêts de Rabah EL Behar et de Bou Jerir. A partir de 2,000 m., on est en pleine forêt de cèdre » (Aug. Bernard).

Le cèdre de l'Atlas {cedt^s atlantica) est une variété du cèdre du Liban. Arbre de première grandeur, il peut s'élever à 40 m. de hauteur et avoir 9 m. de circonférence. Sa croissance est lente, mais sa longévité atteint plusieurs siècles. Suivant son âge, il a des aspects si différents qu'on croirait être en présence d'essences variées. Son bois clair, résineux et odorant, est employé comme bois de charpente et d'ébénisterie; peu résistant, on est dans l'obligation de l'employer en masses assez importantes lorsqu'il doit supporter des charges. Les forets de la région ont été longtemps saccagées par une exploitation barbare qui consiste à brûleries troncs d'arbres pour les abattre. Depuis 1916, elles sont l'objet d'une exploitation raisonnée.

Au sortir du premier rideau de forêts, la route s'avance dans,: une région volcanique parsemée de cratères éteints hauts de 100 à 150 m. et de lacs de montagne, dits aguelmane, aux bords et au fond de lave; ils se remplissent d'eau en hiver et se vident en été. — La forêt de pur cèdre de Tichmout s'étend au S.-E.

90 k. Aguelmane de Sidi Ali. On descend dans la vallée du Guigou, affluent du Sebou.

100 k. Timhadit, poste avancé sur le front berbère, créé en 1915 sur un pic abrupt s'élevant à 300 m. au centre d'une

AZROU. — TIMHADIT. [24] — 197

vaste cuvette et situé à 1,900 m. d'alt. sur la rive dr. du Guigo, dont un cordon de lauriers marque le cours sinueux.

DE TIMHADIT A ALMIS (31 k. N.-E.; bonne route autocyclable). — Pont sur le Guigo dont on suit la vallée. Les rives de l'oued, sauvages, sont formées d'énormes blocs de lave. — 10 k. Kasha d'Ahlil, fondée en 1685 par Moulay Ismaïl, avoisinant un cimetière dont les tombes sont marquées par des sarcophages. — 15 k. Limite des Beni Mguild et des Aït Youssi. — 22 k. Gué sur le Guigou dont on suit la rive g. — 23 k. Kasba d'Aït Hamza, marché important.

31 k. Almis, kasba avec poste militaire installé à l'intérieur depuis 1915, en face du Djebel Boulaknine. De ce point, on découvre au N.-E. Taghzout, les monts des Aït yeghrouchcne et des Beni Ouaraïne.

D'Almis à Sefrou et à Kasbat El Makhzen, p. 231.

DE TIMHADIT A BEKRIT (26 k. S.-O. ; piste aménagée, autocyclable en été). — On franchit le col de Tizi N Foucht par une pente très douce et assez courte pour passer dans la plaine marécageuse de Tasemmaght et arriver à (12 k.j Tizi N Lafit, qu'on traverse pendant 5 k. On descend ensuite rapidement jusqu'à l'oued Amengous qu'on traverse à gué et, qu'on suit pour passer dans la gorge encaissée du Ras Tercha et traverser la riche plaine de Bekrit. — 26 k. Bekrit^ poste militaire situé, à env. 2,000 m., sur le piton de Tichchout Taberchant, d'où la vue s'étend à rO. sur une magnifique région forestière.

DE TIMHADIT A RICH (174 k. env. S.-E.; piste autocyclable, sauf à la période des neiges, pendant laquelle les communications sont interrompues). Au départ de Timhadit, passage de Toued Guigo. — 12 k. Passage très encaissé à Imi N Kheneg, dans lequel coule l'oued Guigo. La piste est ensuite en terrain plat et traverse les p'iaines de Bou Anguer et de Selghert.

26 k. Aghbalou Larbi, point d'eau. La piste franchit d'abord le col très boisé de Taghzeft, puis traverse une plaine et passe dans le col de Laraïs.

38 k. Laraïs, source abondante à proximité de deux pitons jumeaux. Le ksar de Talialit est tout proche.

41 k. Tamayoust. De Tamayoust, une piste en plaine sablonneuse se détache à dr., passe à (10 k.) Bled AU Bassou, agglomération de kasbas alimentées par une source, puis atteint (21 k.) Itzer, poste militaire créé' en 1917 auprès d'un village indigène de plus de 1,500 hab., centre du plus important marché de la région.

49 k. Gai'a Timiloust. — 56 k. Aït Ghiat, d'où une piste, passant à Assaka N Idji, gué sur la Moulouya, raccourcit le trajet de Timhadit à Rich d'environ 16 k.

58 k. Assaka N Tehahirt, camp sur la rive g. de la Moulouya. La traversée de l'oued se lait à gué (pont en construction). — 72k. Traversée de l'oued Ansegmir (pont en construction) près des ksour de Toughecht.

91 k. Midelt, poste militaire créé en 1917 au centre de l'importante agglomération d'Outat Aït Izdeg; ch.-l. du Cercle de la Haute-Moulouya. La piste traverse d'abord des terrains de culture détrempés par les canaux d'irrigation, puis un pays accidenté, enfin une plaine monotone où croissent en abondance le thym et l'alfa.

105 k. Zebzat, ensemble de ksour abondamment pourvus d'eau.

121 k. Tizi N Telghemt.

De Tizi N Telghemt a Kasbat El Makhzen (40 k. N.-E. ; piste aménagée). — La piste traverse le lit de plusieurs oueds puis s'engage dans la vallée du torrent Aftis. — 17 k. Plateau d'Aftis. — 25 k. Bou \Aïach, ksar construit au N.-E. et au bord d'une merdja très humide, sillonnée de ruisselets et de séguias, entouré de jardins et de bouquets

DE MEKNÈS A FÈS.

de peupliers de Hollande. — 32 k. Ain Trid, ksar pourvu de jardins, do vergers et de cultures. — 40 k. Kasbat El Nakhzen, grosse agglomération de bordjs et centre religieux avec mellah. Nombreux jardins aux environs. Les chérifs de la région appartiennent à deux rameaux de la famille alaouite, celui des Ouled Moulay Hachem et celui des Ouled Moulay Ali. Jadis indépendants du sultan*i ils se sont soumis à lui en 18" 7 (de Foucauld). — De Kasbat El Makhzen à Mahiridja, p. 566; à Debdou p. 265; à Almis et à Sefrou, p. 231.

139 k. Bou Isseroual.

143 k. xYzala, bordj à murs élevés flanqué de 8 tours, se dressant sur une éminence rocheuse, au bord et sur la rive dr. de l'oued Nzala. A •200 m. du bordj et sur la rive g. de l'oued, ksar Ait Lebbou. On entre dans une résrion d'alfa. — 145 k. Aït Kerou, petit ksar des Ait Izdeg. La piste s engage dans le Kheneg Abbarat en suivant l'oued Nzala. — 146 k. Ksar Ait Labbas, situé à la sortie du défilé. — 155 k. Ain Chrob Ou Hreb, source. — 163 k. Point d'eau dans l'oued Tighanimine. — 169 k. Traversée de l'oued Tighanimine.

171 k. Rich, p. 285. — De Rich à Bou Denib, p. 285.

65 k., ch. de fer militaire. Trajet en 2 h. 15 par l'automotrice, en 4 h. 20 par les trains de voyageurs, 19 fr. 50 et 9 fr. 75.

La voie ferrée traverse l'oliveraie d'El Hamria (p. 188), puis franchit les dernières enceintes à TE. de la ville, laissant à dr. les hangars d'aviation pour s'avancer dans la plaine bien cultivée. Elle descend d'une manière à peu près constante en contournant les ravins successifs des oueds Ouislane et Zifer, affluents de l'oued Rdom. A g. se dresse l'imposant massif du Zerhoun (p. 193).

23 k. Oued Djedida, gare auprès d'une excellente source. La ligne passe aussitôt après sur un pont métallique; plus loin, elle franchit, dans un site pittoresque, l'oued Mahdouma, dont les eaux vont au Sebou par l'oued Mikkès.

36 k. Aîn Chkef, à l'entrée de la plaine du Sais.

La plaine du Sais, ^ du palefrenier », comprend des cantons d'inégale fertilité, tantôt irrigables, tantôt dépourvus d'eau. L'histoire rapporte qu'elle comptait autrefois plusieurs villes et châteaux berbères dont il ne reste plus de trace depuis longtemps. C'est la plaine du Saïs qu'explora Ome'ir lorsque Idris II manifesta le désir de quitter sa résidence d Oulili pour fonder une ville nouvelle destinée à devenir la capitale do ses Etats.

44 k. Pont marocain, à g., utilisé par la route, construit, diton, par un ancien oflîcier français qui passa autrefois au service d'un sultan du Maroc et fit exécuter plusieurs travaux de ce genre dans la région de Fès. — 45 k. Oued Nja, gare.

57 k. Nzala Faradji, station auprès d'un village indigène construit en terre séchée et couvert de chaume, créé sous Sidi-

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