‹ Le Maroc sans les bochesChapitre 11 sur 21 · LE MAROC SOUVRE IO · texte numérisé non relu

LE MAROC SOUVRE IO

devant la beauté inédite du paysage, les découvertes des monuments, le mystère émouvant des humanités lointaines...

Je suis à Fez, — bien facilement en 1916, après un échec assez dur en avril 19 14, où l'auto louée à Casablanca n'avait guère dépassé Rabat, — ensablée à moins de vingt kilomètres de Salé, puis s'égarant à Forée de la forêt ds Mamora ; c'était dans les parages, et la semaine, oit deux aviateurs y avaient été massacrés... Toute une journée, nous rotdâmes de panties en pannes, sous la pluie, à travers l'hostilité du bled... Quelles secousses ! La voiture avait du ressort ! Elle était neuve. Mais le chauffeur aussi était novice.

— Suivez la piste..., avait-on indiqué...

Ce n'est pas un œil batignollais qui peut démêler le fil certain parmi l'écheveau de l'herbe à peine foidée, oii le lacis inextricable des rayures tracés par les caravanes. Aussi, après une journée accidentée et des heures de nuit périlleuse avec panne prolon-

gée, venians nous échouer à Fédala, dam les baraquements providentiels de la voie ferrée.

Les douze coups sonnaient.

Des rais de lumière filtraient des planches disjointes d'une cantine espagnole. Ce comptoir de la brousse noire apparut comme la plus luxueuse posada.

C'était samedi sainte voire déjà dimanche y des quartiers de mouton^ de porc, pendaient^ des œufs se prélassaient dans 'une corbeille. Le gigot pascal eût tôt fait de passer au four, et r omelette de glisser dans la poêle... Une paillasse sur le plus rudimentaire châlit fût moelleuse, après quinze heures de cahots et de secousses...

J'entends bien que cet épisode est mince, comme souvenir de Fez. Je risquais bien de n'en avoir jamais d'autres. Renonçant à la capitale chérifienne, nous descendîmes vers Marrakech. J'en aimai les jardins puissants, la palmeraie vantée, et je n'ai pas

'oublié :

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