LE MAROC SOU V RE IO
Plus haut que la Cité par delà son enceinte, Dans Vatmosphère bleue où meurent des lilasy La Tour Moulay Yazid, surnaturelle et sainte, Dessinée en relief sur V écran de V Atlas !
Et le dîner chez le pacha, — le soir qui prend sons son voile l'or des orangers, les dalles vernissées, Veau bondissante des vasques...
Comme j'en ai joui de ces heures de renoncement, dans l'abandon de tout Vêtre à la dérive magique...
Sublimes instants du voyage, — qui en rachètent toutes les vicissitudes banales — quand on sait dépouiller le vieil homme, et d'une plongée douce s'immerger au'courajit d'une autre vie, — autre, tout au moins, par la couleur, et par les rythmes...
Ce fut l'initiation au thé à la menthe, au couscous, au méchoui, de préparation traditionnelle, servis par des esclaves choisies.
Il y eut le long repos, sur les laines somptueuses et les coussijis de cuir bombés, au concert des flûtes, des tambourins, des voix nasillardes ; et, quand l'on est bien perdu^ à
travers les mets étranges, les musiques bizarres^ parmi les hôtes inconnus, la nuit des Mille et une nuits, lourde de parfums, de r encens qui brille dans un cuivre, des daturas qui s'exhalent passionnément, — le rossignol chante, notre rossignol de France, sa chanson à roîdades d'Italie...
Pourtant, rien ne nous allégeait le poids de quitter le Maroc sans avoir vu Fez, et dans le doute d'y aller jamais ! Les années s'ensauvent. Il me restait tant d'autres projets, — sur la Grèce, la Turquie, les Balkans, et le continent noir...
Et voilà que j'y suis, moins de trois ans après — trois siècles, — avec cette guerre, qui a si brusquement reculé les rivages abordables...
Or, le Maroc, en feu avant 19 14, est à peine agité, désormais...
Exposition de Casablanca î... Foire de Fez.
Des manifestations économiques et colo-
LE MAROC s'ouvre
niales retentissantes, du calme Moghreb, — par dessus le fracas sauvage de la guerre d'Europe !