‹ Le Maroc sans les bochesChapitre 18 sur 21 · SUR LA TOMBE D'ISABELLE EBERHARDT · texte numérisé non relu

SUR LA TOMBE D'ISABELLE EBERHARDT

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LE TRAIN DU SUD. — L OUED AlN SEFRA. — l'attirance du sable. — LA RÉQUISI- TION DES CHAMEAUX. — UN BOIS DE BOULOGNE SAHARIEN.

Je croyais bien avoir épuisé le Maroc ^ avec un dernier soubresaut d^exotisme, à Tlemcen, où le chef -lieu de préfecture et la ville de garnison remportent chaque jour un peu plus sur la ville indigène. Les monuments arabes, contemporains de ceux de Grenade^ et les facilités d'accès et d'existence lui

confèrent tous les titres à la curiosité des savants, des artistes et des touristes. SHls viennent d'Algérie, de la côte jalonnée de rémigration européenne, la surprise peut être provoquée à la grande Mosquée, à Boumédine, à Mansoura, à des ruelles, à des boutiques, à des fragments demeurés, comme des morceaux d^ exposition. L'installation française, d'autre part, déjà vieillotte, donne une note paisible de province. Tout cela est très fondu, d'un goût savoureux, d'un charme reposant^ dans un magnifique paysage de forêts de chêne sur les montagnes de thuyas, de térébinthes, d'oliviers, de figuiers, de lejitisques sur les pentes et dans les vallées. Mais pour qui arrive du profond Moghreb encore intact, aux sanctuaires inviolés, l'enthousiasme est bien amorti, la sensation diminuée.

Tlemcen, c'était le commencement de la fin...

Il suffit de quelques heures pour que toute vision d'Islam s'efface : nous sommes à Or an, toute neuve et trapue, ramassée pour la culture et le négoce...

Aussi f hésite malgré V affirmation du général R..., qui nous avait fait promettre :

— - Rentrant par l'Algérie, il faut faire un crochet dans le Sud-Or anais ; je vous attends à Aïn-Séfra ; de là, vous gagnerez Figuig.,, Cela vaut le voyage...

Aïn-Séfra, Figuig, Colomb-Béchar, toujours au bout des cartes, du Maroc ou de l'Algérie, régions vagues, frontières confuses... La tentation était faible, devant le long trajet, encore, pour une pointe vers V Afrique saharienne... Enfin, pour me renseigner un peu, f entre chez un libraire, la première fois depuis des mois ; j'achète un guide, je cherche les ouvrages sur la région, je feuillette Notes de Route, et dans l'Ombre chaude de l'Islam...

Isabelle Eberhardt ?

J'ai reçu ces volumes, naguère...

Oui, je me souviens, tout de suite avant la guerre.

Voilà bien une raison de n'avoir pas lu...

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Ce n'est pas ce qui m'a empêché, — mais la terreur d'un « voyage de femme », V appréhension de r inconnu, assez justifiés par tant de mystification de l'imprimé à quoi se livrent tant d'exploratrices de sleeping et de paquebot...

Aïn-Séfra, Figuig,..

J'achète... et ce n'est qu'aujourd'hui, que je lis, — la route ne m' ayant guère laissé de loisir...

J'ai pris à 5 h. 25, le petit train, bondé, pour Perr égaux, M as car a y Saïda, Méchéria, Aïn-Séfra, Béni Ounif de Figuig, Colomb- Béchar... Grand mouvement d'officiers, pour le Sud, oii l'on fait colonne, — presque tous revenant du front de France, blessés, convalescents... Départ à 17 h. 25, on roule dans le noir infini...

La petite salle du wagon restaurant se vide tôt, chacun gagnant sa couchette...

J'espérais quelque conversation avec quelque familier ^de V Oranie . . .

Personne d'autre qu'une grasse Mauresque, en culotte bouffante, au visage bouffi

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SOUS le fard, le cou, les poignets, les chevilles entourés de colliers et de bracelets, accotée à deux individus, en casquettes à carreaux, foulards rouges ; une scène de bouge, la fille qui chantonne, causant à l'un, embrassant Vautre, les bras nus sur la table poissée de bière, — hors' des sandales, les talons nus traînant sur le parquet souillé...

Veillée lugubre, — oit je suis à la minute de regretter...

J'essaie de voir... La nuit est d'un noir massif, impénétrable, d'un silence angoissant... Aux arrêts, je me penche, vers la lumière, le tumulte, qui s^ éteignent, se taisent , comme instantanément... Au jour, je verrai que ces gares ne sont souvent que des fortins isolés, ou éloignés des agglomérations...

Aïn-Séfra, station importante, huit heures du matin, — grisâtre... oii éclatent des rouges, des bleus d'uniformes africains, extraordinaires au souvenir des draps kaki et horizon... Je chemine, avec l'officier d'or-

donnance du général, — qui fut un hôte du Dar Ben Daoud, à Fez...

— Vous avez un mauvais temps... Il faut le soleil... Le temps se lèvera...

Je V espère... Nous marchons dans le sable... C'est la grande avenue, bordée de maisons, toutes pareilles... en alignement parfait. Un chef 'lieu de territoire militaire, les civils d'un côté de VOued, la Division, les casernes, Vhôpital, la redoute de Vautre. A V écart, le Ksar, le hameau iîidigène... C'est une géométrie dépouillée de toute fantaisie...

Je ne demande pas aux villes et aux sites de se livrer tout de suite... Une nuit fripée de chemin de fer, un matin morne, il n'en faut pas plus pour accabler un paysage, à son petit lever... Mais, ici, où l'œil d'un coup embrasse toute la cité régimentaire, ses lignes de bâtiments aux parallèles impeccables, coupées de perpendiculaires impitoyables, mon impression première se réformer a-t-elle ?...

Nous enfonçons de plus en plus dans le

sahle, en avançant vers le pont qui traverse rOiied, aux minces filets d'eau...

— Il y a des crues brusques, en une heure, qui submergent, ino7ident, emportent tout... C'est comme cela qu'Isabelle Eberhardt est morte.

J'interroge :

— Oui, je l'ai bien connue, me dit un capitaine... C'est moi qui l'ai retrouvée... Elle avait été étouffée, plutôt que noyée, restée plaquée contre sa maison par le choc, les pieds en l'air... Des bottes, un burnous, je croyais que c'étaient des vêtements, seulement... J'ai, plus tard, ramassé les papiers dans la vase... Elle est enterrée ici...

Ce n'est plus le matin livide.

L'air prend un air que je n'avais pas vu encore, tout rougeâtre, — comme d'une cendre fauve qui tomberait d'un tamis invisible, — la poudre d'un sablier vaste comme l'espace ; un rideau de pluie minérale, tendu jusqu'à l'horizon...

— Un peu de sirocco... Cela tombera , après-midi... Il faut le soleil, sur les dunes...

En effet, cette ligne de dunes, en avant du DjehelMekhel, ne sont qu'un bien terne amoncellement de sable par cette matinée opaque...

Je tourne le dos aux dunes incolores et me dirige vers le village civil... De ce côté de rOued, comme dans le quartier militaire, Aïn-Séfra semble évacué ; la guerre d'Europe,'ou la colonne dans le Sud, ont fait h vide, des colons comme des légionnaires.

Là-bas, aux maisons qui bordent la plage de sable, quelque mouvement se propage, un va-et-vient de porteurs, de grands diables maigres qui se démènent, à travers des caisses et des ballots, parmi des grognements bizarres, le chargement d'une caravane... Je ne voyais pas les chameaux, allongés ou agenouillés sur le sol ; mais voici qu'ils se dressent, comme à ressorts, la tête projetée au bout de ces longs cous articulés. A quoi ressemblent-ils, — tenant de l'autruche par

les hautes pattes, du serpent par cette encolure qui semble ramper dans F air, de Vâne par la douceur de la tête.. : Chameaux à la lippe héraldique, de Victor Barrucand ;

Vous remontiez au nord et campiez vagabonds Dans des terrains tachés d'herbe dure et d'épines. Avec vous la tribu se déplaçait par bonds Et ses enfants nichaient dans vos maigres échines.

Et nous vous avons vus sur le sable au repos. Dans le cercle des feux allumés pour la halte. Avec le cou tendu des bêtes de troupeaux Et sculptés comme au cœur d'un temple de basalte.

Et nous vous avons vus quand jaillissait le jour Quand vous vous releviez pour V éternel voyage^ Lourds encor de la nuit et comme au temps d'Assour Saluant le soleil de vos têtes sans âge.

Méhara de bataille et bêtes de convois Aux larges flancs chargés de sacs d'orge et de laine, Vous venez d'une histoire où tout est gloire et peine, O bêtes de misère et bêtes de pavois !

se

Pauvres chameaux pacifiques, — qui ne doutent pas que la grande guerre les

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guette ; ne vais-je pas rencontrer ^ dans quelque hôtel d'Alger^ un général anglais à la tête d^une mission, pour V achat de milliers de chameaux, en vue de V Egypte...

Les dunes, les dunes..! Même avec le soleil! Enfin, je ne demande pas mieux... Mes hôtes ne marquent aucune nostalgie d'autre résidence..: à une nuit d'Or an, tout près de France, — le courrier presque tous les jours... Et le sable, sous le soleil, leur est un décor suffisant, oii ils se plaisent...

Je ne vais pas tarder à les comprendre...

Les dunes, sous le soleil... C'est la conversation au déjeuner. Mes compagnons sont désespérés de la malchance... Mais voici le soleil... Quelle magie souveraine a transformé l'aride et décevante contrée en je ne sais quel royaume de lumière divine, — je dis bien, — ni terrestre ni céleste...

Peu à peu, toute la sécheresse de l'étendue a fondu au regard...

Quelle révélation ! la dune, tout à V heure inerte et massive, la voici tellement souple et vivante, toute rose, toute dorée, toute frissonnante comme un épiderme au baiser du vent... La poussière se soidève subtile, immatérielle comme une lueur, allumée comme une flamme... Et maintenant, c'est comme une fumée qui serait la forme du vent...

Que je comprends désormais V attirance du sable !

Mon guide saisit bien que le charme opère.

Il m'entraîne à cette montagne qui, dans le vent, semble aussi venir à flous... Soudain^ ô prodige, de ces dunes stériles, dans un ravin abrité, surgit la végétation la plus imprévue d'eucalyptus, de cyprès, de tamaris, de houXy de peupliers, comme des arbres irréels sortant de ce sol instable comme une fumée ; une odeur chaude de figues hante ce bois artificiel ; des lauriers tendent des roses ; les peupliers dénudés, à la mine trop haute, sont gainés de feuillage au tronc.

Le Bois de Boulogne, — Vappelle-t-on.

Ce sont, beaucoup, des arbres d'hiver, au

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feuillage jauni, — vision déconcertante, dans ce ciel rose, sous r incendie du couchant...

Je croyais avoir vu, à peu près, tous les feux d'artifices que tire le soleil à travers le globe...

Rien de comparable, jamais, à V embrasement du couchant, sur les dunes sahariennes... La dune, le vent tombé, s'immobilise... Mais elle ne va que dormir. Au réveil, elle recommencera de submerger les peupliers de sa poussière impalpable qui monte, comme Veau, dans un navire coulant, aux mâts qui s'enfoncent... Tout est rose, le sable rose plus rose, les tuiles des toitures, les murs baignés de rose, d'un rose de chair, entre les montagnes violacées, sous le ciel d'un bleu profond... Tout est rose, dans l'incommensurable silence. Des bœufs, des moutons, remontant au Kzar, piétinent, un instant, le rose crépuscule, disparaissent dans un sillon de poussière rose. — Nous marchons dans les avenues du village, qui sont des fleuves de lumière

rose,.. Mais la nuit avance son visage pâle. Elle cueille toutes les roses de V occident, peu à peu d'une mainjurtive, elle essuie les douces teintes de sang des palmiers. On regarde, on ne peut s'arrêter de regarder,.. Mais vers rOuedy la plage se décolore, autour d'un groupe noir de chameaux, comme des barques tirées sur le sable,..

Désormais, je saurai ce que cela signifie quand ils me parleront du Sud oranais, ceux de l'Afrique, et pourquoi ils endurent toute cette rude vie dispersée aux portes du désert ; il y a les soirs roses, il y a les nuits bleues, — sans épithètes. Et je comprends Isabelle Eberhardt — quand elle écrit de ce camp aux alignement rigides :

— Aïn-Séfra est belle...

Cette petite capitale de la Légion Etrangère devait s'embellir encore mélancoliquement de la tombe d'Isabelle Eberhardt...

l'oiseau de passage. — LA PHILOSOPHIE DU SOLEIL ET DE LA ROUTE. — l'oASIS DE TIOUT. — LE PRESTIGE DE SI MAHMOUD.

U aventure est unique^ et ne pouvait échoir qu'à une âme slave^ — de cette jeune Russe cultivée en allée à la vie nomade, fataliste, sans regret des autres destinées qui avaient pu s'offrir. La fuite au désert dans un renoncement total de penser, tel est le phénomène, difficilement explicable à nos esprits, — d'un être dont la vigueur physique et les dons in-

tellectuels, pleins et sobres, disent irréfutablement la robuste santé morale, malgré les écarts et les excitations, — ou les apaisement — de boire et de fumer, — comme un homme :

— « Beaux jours de sable et de soleil ! Rien d'amer ne soulevait mon cœur. J'avais trouvé le fond de ma respiration morale. La force joyeuse de la terre était en moi. Je me sentais immortelle et si riche dans ma pauvreté (^). »

Isabelle Eberhardt a fourni à la Petite Gironde, du 23 avril 1903, les renseignements biographiques que je résume :

Née en 1872, d'un sujet russe musulman, d'une Russe chrétienne. Le père mort; élevée en garçon, à Genève, habituée au costume masculin. Commence des études médicales ; entraînée vers la littérature.

En 1897, Isabelle Eberhardt perd sa mère, à Bône, — oit elle a appris la langue du,

(1) Notes de route, Isabelle Eberhardt, publiées avec une Préface de Victor Barrucand (G. Pasquelle^ 1914)-

pays. Avide d'inconnu et de vie errante adoptant le costume arabe, elle parcourt seule la Tunisie et F Algérie. En 1900, elle épouse, selon le rite islamique, à Eloued, le maréchal des logis indigène, Sliman Ehnni. En 1901, elle est victime d'une tentative d'assassinat, par un indigène, — dont les mobiles ne furent pas déterminés, au Conseil de guerre... Le plus étrange est qu'Isabelle Eberhardt se voit expulsée d'Algérie, — pas de France, où elle régularise son union musulmane. Naturellement, on cherchait des explications ordinaires à cette existence aventureuse. Comment une Européenne cultivée pouvait-elle, sans but intéressé, se mêler à la vie indigène, d'où les fonctionnaires et colons se tiennent si distants. Comment opérait-elle pour y être pareillement accueillie ! Il semble qu'on en vient à la soupçonner de propagande an tifrançaise , d'antisémitisme . . .

L'oiseau de passage volait trop haut, — au-dessus de l'incompréhension, — qui devient vite de l'ejivie et de la méchanceté.

Isabelle Eberhardt ne s'y trompait pas :

— (.iA Alger, f avais dû mépriser des choses et des gens ; je n'aime pas à mépriser, je voudrais tout comprendre et tout excuser. Pourquoi faut-il se défendre contre la sottise, quand on n'a rien à lui disputer, quand on n'est pas de la partie,.. »

N'était-elle pas Russe, d'abord, une étrangère — si loin de notre mentalité française... Une étudiante... Elle savait le français, le russe, l'allemand, l'arabe... Elle écrivait... Elle s'habillait en homme — en homme ? Non, en Arabe ! ...

Elle maniait les chevaux comme un cosaque... Elle buvait le thé à la menthe et fumait le kif sur la natte du café maure... Elle était jugée /...

On ne la connaissait guère dans la hiérarchie militaire, — oit elle n'avait pas ses entrées. Elle se présentait comme envoyée d'un journal ! La présentation suffisait à la faire vivement éçonduire. On ne peut demander à tous les chefs d'être des lettrés, tels que Lyaiitey, qui s'ejîîpresse de lui faire accueil et crédit sur ses essais. Son œuvre n'existait

pas. Mais qu'elle existe, aujourd'hui et à jamais, cela ne dérange pas Vopinion erronée ou ignorante de quelques-uns, qui ne peuvent accepter le génie sous le travestissement de la femme incomprise. Quelque rapport des heures troubles ont fondé leur jugement sans appel. Ils ne liront même pas : ils ne peuvent pas s'être trompés... En résumé, une dévoyée, — qui se plaisait à la société des goumiers, tombée au plus bas de la perversité sensuelle ou de la détresse morale, sans relèvement possible .

Mektoub.

C'était écrit.

Or, ce n'était pas par déchéance de l'esprit, par diminution de moralité, qu'Isabelle Eberhardt s'enfonçait au désert, dans la seule compagnie des errants qui lui étaient chers. Une conscience claire la guidait ; elle n'allait pas au hasard ; elle vivait sa vie, en toute volonté : elle avait choisi sa voie :

« Les choses (du monde) ne m'intéressent pas. Le soleil me reste, et la route me tente.

Ce serait, pour un peu, toute une philosophie. »

Le soleil, la solitude, le silence, — le désert, cela devient sa philosophie, — qu'elle pousse jusqu'à un nihilisme évidemment inaccessible aux contemporains qui ne retenaient d'elle que son aspect de nomade à travers le Sud oranais...

Je crois que les indigènes, eux, de seul instinct, rendaient mieux justice à Si Mahmoud^ le camarade blanc, dont le cœur fraternel était si près de leur cœur, partageant leurs joies, participant à leurs fatigues, dévoué à leurs misères. — Si Mahmoud parlait au bédouin sa langue, s'inclinait aux [pratiques du Moghreb, faisait le bien, soignait les malades avec quelque connaissance médicale.,. Aussi conquérait- elle leur affection... Mais des personnages plus élevés rendirent l'hommage à son mérite et à sa personnalité, et ne la considéraient pas comme l'excentrique, qu'elle apparaissait aux Européens dédaigneux...

J^ ai fait visite à Vaga de Tiout, rencontré à Fez.

Seize kilomètres d'automobile, dans la plaine aux rochers décorés de gravures rupestres, que je ne vois pas, sous une pluie saharienne, aux gouttes dures comme du minerai...

Soudain, dans le ciel doré, après ces journées de sable stérile, c'est la féerie, nouvelle pour moi, de la Palmeraie, — V oasis. Ce n'est rien de ce que f avais imaginé... Des palmiers, on n' apercevait pas les cimes métalliques, les faisceaux de palmes aériennes, — les hautes hampes masquées par les murs d'une multitude d'enclos, dont le plus grand nombre ne possèdent que quelques arbres ; rien de la forêt, mais une culture exigeant des soins individuels, une irrigatioii savante, appropriée à chaque groupe, à chaque tronc...

Tout le Kzar, disséminé parmi les dunes sanguines, flambe au soleil revenu, avec ses murs de pisé, de toub, rose, d'où s'élancent les panaches verts des dattiers, de quel vert!

Le sable, ^carminé, le sable fascine la vue.

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