‹ Le marquis de BièvreChapitre 38 sur 185 · SA FAMILLE PATERNELLE · texte numérisé non relu

SA FAMILLE PATERNELLE

de Guyonvelle, et fut père d'un fils et d'une fille; il habitait AVassy.

L'aînée des trois tantes paternelles du calembouriste, la comtesse de Bernetz, re'sidait près de Villers-Gotterets; de son premier mariage avec M. Charpentier dAudron, vicomte de Couvrelles, directeur-intendant de l'Hôtel des Invalides, il lui restait deux fils. La seconde tante de M. de Bièvre, mariée au fermier-général Roussel, seigneur de la Celle et de Rocquancourt, mourut laissant deux fils et une fille; la troisième, Mme Marchant de Yarennes, également femme d'un fermiergénéral, n'eut qu'une fille.

Ainsi, du côté de son père, Bièvre comptait douze cousins germains, dont plusieurs devinrent ses amis. Parmi les jeunes Mareschal de Montéclain, il voyait peu l'aîné, Antoine, qui résidait à Soissons; mais le second, François, entré au service du Roi sous le nom de la seigneurie paternelle — à celte époque on l'appelait en effet « M. d'IIourges » — séjournait fréquemment à Paris : d'abord « cadet-gentilhomme » au régiment de Dauphiné-lnfanterie, M. d'Hourges y devint ensuite sous-lieutenant et lieutenant. Marie de Montéclain, depuis 4773, était la femme du chevalier BcUy de Bussy, capitaine au même régiment que son beau-frère d'Hourges; Anne ne s'unit à M. de Sévelinges qu'après la mort de Bièvre.

Parrain de son cousin germain Georges Mareschal de Favreuse, le marquis s'intéressait à lui; en 1785, il lui facilita la délivrance du certificat de noblesse nécessaire pour devenir sous-lieutenant (1); Mlle de Favreuse se nommait alors Mme de Lecey de Récourt.

Alexandre et Paul Charpentier d'Audron, tous deux officiers au régiment d'Orléans-Infanterie (2), Georges Roussel et Philippe Roussel de Rocquancourt, enfin Marguerite Roussel, femme de son parent et tuteur Michel Roussel d'Épourdon,

(1) Bibliotlièque nationale, collection Cliorin, vol. CXXX, dossier 2668, et ms. fr. 31776 (certiGcat du 12 mai 1785); le jeune homme mourut peu après.

(2) Alexandre était père de Louis Charpentier d'Audron, officier à ce même régiment d'Orléans-Infanterie, de Mme de Broca et de Mme de BeÛ'roy de la Grève.

marquis de Courcy^ ex-colonel du régiment de Quercy (1), fréquentaient probablement chez leur cousin, mais c'est à Louise Marchant de Varennes que Bièvre témoignait le plus d'affection.

Mariant sa fille à Gabriel Sénac de Meilhan^ le fermier-général Marchant de Varennes avait négligé de notifier cette union à Voltaire, son oncle à la mode de Bretagne (2), et, dans une amusante lettre au colonel Marchant de la Houlière, frère du fermier-général, le patriarche de Ferney en témoignait quelque mécontentement : « Mon cher neveu à la mode de Bretagne, car vous l'êtes, et non pas mon cousin^ écrivait-il le 22 octobre 4770, apprenez, s'il vous plaît, à prendre les titres qui vous conviennent. Vous vous lamentez, dans votre lettre du 20 de septembre, de n'être pas brigadier (des armées du roi), tandis que vous l'êtes. Fi, que cela est mal de crier famine sur un tas de blé 1 »

Puis, certifiant au colonel que le duc de Choiseul signerait sous peu sa nomination, il ajoutait : « Dormez donc sur l'une et l'autre oreille, mon cher neveu, et mandez cette petite nouvelle à votre frère. Il est vrai qu'il ne me fit point part du mariage de sa fille, mais il est fermier-général, ce qui est une bien plus grande dignité que celle de brigadier, d'autant plus qu'ils ont des brigadiers à leur service. Il n'}^ a pas longtemps que M. le brigadier Courtmichon se fit annoncer chez moi : c'était un employé au bureau de la douane !

« Mme Denis, qui est véritablement votre cousine, vous fait ses plus tendres compliments; je présente mes très humbles obéissances à Mme la brigadière (3). »

Voltaire apprit non sans plaisir que sa petite-nièce épousait

(1) La terre de Courcy fut érigée en marquisat, par lettres patentes de mars 1751, pour François Roussel de Bouillaticourt, père de Michel Roussel d'l<]pourdon. La marquise de Courcy, cousine germaine du marquis de Bièvre, était mère de deux enfants, un fils, né eu 176.5, et unt fdle qui épousa en 1787 Joseph de la Cropte, vicomte de Bourzac, capitaine au régiment de Boufflers.

(2) François Marchant, père de Marchant de Varennes, était lils de Marie Arouet, .sœur du père de Voltaire.

(ii) Correspondance de Voltaire, t. XV, p. 231 (t. XLVII des Œuvres complètes).

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