L'ONCLE VOLTAIRE
le jeune poète surnommé autrefois par lui « le favori d'Apollon », mais Se'nac de Meilhan, renonçant aux Muses, devait se consacrer à des ouvrages philosophiques. Il fut intendant à La Rochelle,, à Aix et à Valenciennes : selon Deville, ces re'sidences éloignées n'empêchaient pas M. et Mme de Meilhan de rencontrer souvent à Paris leur cousin M. de Bièvre (1).
Du côté maternel, les proches du marquis étaient moins nombreux. Son grand-père, Léon Eynaud, secrétaire du roi depuis 4738, obtint l'honorariat en 1770; à cette époque il habitait quai de Conti depuis plus de vingt ans; en 1786, il s'éteignit fort âgé dans une maison de la rue de Vaugirard. Des deux oncles maternels du calembouriste, l'aîné, André Eynaud de Saultonne, président en la Cour des monnaies, mourut en 1770; le second, Louis Eynaud de la Mothe-Gharente, conseiller -correcteur en la Chambre des comptes, logeait rue d'Enfer, vis-à-vis le Luxembourg, et entretenait avec son neveu d'amicales relations; cette petite note : « dîner rue d'Enfer i>, inscrite par Bièvre en marge d'un de ses manuscrits, lui rappelait certainement une invitation du conseiller.
Enfin, une sœur de Léon Eynaud avait épousé le notaire parisien Claude Patu (2j, frère de Patu des Ilautschamps, secrétaire du roi, et cette alliance donnait au marquis de Bièvre plusieurs oncles et tantes à la mode de Bretagne : Jeanne Patu, vicomtesse de Saint-Marsault en 1768; Anne Patu, mariée à Guillaume de Ilémant, conseiller maître en la Chambre des comptes, et André Patu, baron de Mello, qui épousa en 1775 Mlle de Bousies d'Escarmaing.
(1) Biévriana, p. 55. Mme de Meilhan mourat le 14 mai 1789; Bièvre, né la même année qu'elle, ne lui survécut que cinq mois.
(2) C'est en son étude que fut passé le contrat de mariage du conseiller Mareschal de Bièvre et de Marie-Anne Eynaud, en 1744.