‹ Le marquis de BièvreChapitre 50 sur 185 · M"' RAUCOURT AU PÈRE LACHAISE · texte numérisé non relu

M"' RAUCOURT AU PÈRE LACHAISE

à peine comique^ pouvait être mis en relief par son talent, et la jeune femme consentit à l'interpréter parce que, sans doute, elle s'inte'ressait à l'œuvre satirique de son ex-amant. Quelle actrice aujourd'hui, de'sireuse de rendre service à un auteur, lui sacrifierait ainsi sa coquetterie !

Sous l'Empire^ Mile Kaucourt reçut mission d'organiser en Italie des représentations théâtrales jouées par des acteurs français. Au début de la Restauration, elle habitait à Paris, rue du Helder, n" 2, et c'est là qu'elle mourut le 13 janvier 1815. Son enterrement donna lieu à un scandale; le curé de Saint- Roch ne voulant pas admettre en son église le corps d'une comédienne, les gens du quartier en forcèrent l'accès et portèrent le cercueil devant l'autel; puis, ramenant de force quelques ecclésiastiques trouvés au presbytère, il leur firent chanter un court de profumiis; une foule silencieuse accompagna ensuite le char funèbre jusqu'au cimetière du Père Lachaise (1). L'amie du marquis de Bièvre fut inhumée non loin de la célèbre Clairon, sa première éducatrice au Théâtre- Français; sur la stèle ornant sa tombe^ un buste de marbre blanc la représente en reine de tragédie grecque^, cheveux tressés, gorge nue, et la courbe impérieuse de son nez, sa face aux saillantes pommettes, lui donnent assurément plus de majesté que de grâce.

(1) Belles du Vieux Temps, par le vicomte de Rei-set, 1909, Paris, p. 316 (récit du lieutenant-général vicomte de Reiset, témoin oculaire, du 14 janvier 1815).

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