LUTTE SECRÈTE CONTRE BEAUMARCHAIS EX
Le marquis de Bièvre et le Théâtre-Français. — Querelle de Beaumarchais et des Comédiens en 1777 ; les droits d'auteur. — Beaumarchais et le maréchal de Duras ; les « Etats généraux de l'art dramatique ». — Projet de réformes des auteurs ; Bièvre le combat secrètement dans un Mémoire pour M. le maréchal de Duras. — Second Projet du 23 avril 1778; alarmes des Comédiens français ; Bièvre se charge de gagner Voltaire à leur cause; son Mémoire particulier pour M. de Voltaire; ardente réfutation des arguments de Beaumarchais. — Le comité de lecture. — La propriété littéraire.
Bièvre avocat des Comédiens dans une autre affaire. — Les théâtres forains en 1785 ; Nicolet et Audiuot.
Pendant les années 1776 et 1777, le marquis de Bièvre écrivit une comédie de caractère en cinq actes et en vers, qui, au mois d'août 1778, fut lue devant les Comédiens ordinaires du roi. Il n'existait à Paris qu'une scène dramatique, celle du Théâtre-Français, aussi les auteurs attendaient cinq ans, souvent davantage, avant de voir représenter leurs ouvrages^ et le Séducleur du marquis ne devait être joué qu'à la fin de 1783.
MaiS;, dès l'année 1777, Bièvre se considérait comme un auteur de la maison de Molière : il prenait à ses destinées un intérêt si passionné qu'on le trouve mêlé à la fameuse querelle survenue entre Beaumarchais et les Comédiens français.
A cette époque,, la propriété littéraire n'était pas reconnue, et les écrivains ne percevaient, pour la représentation de leurs œuvres au théatrC;, que des droits temporaires et modiques. La Comédie-Française se rattachait aux « menus plaisirs » de Sa Majesté, que dirigeaient les premiers gentilshommes de la