M. DE VANNOISE ET LA RÉVOLUTION
d'une mission secrète auprès du roi, et, pour demeurer près de son souverain, de plus en plus menace', le vicomte de Vannoise s'enrôla dans la garde nationale, où il resta incorpore' jusqu'au 40 août 1792. Puis, caché dans Paris, il assista aux massacres de septembre et à l'exe'cution de Louis XVI.
Quand éclata l'insurrection vendéenne, Vannoise se joignit à Tranquille, « chef de division dans les armées du Roi au Bas-Maine », puis à Lechandelier de Pierreville, autre chef royaliste; il combattit près d'eux, assure le second, « avec la bravoure d'un vrai gentilhomme français ». Au mois de janvier 1795, le comte de Puisaye lui confiait une mission moins en vue, mais tout aussi dangereuse, le chargeant d'organiser « l'armée du premier arrondissement de Paris » ; en février 1796, il lui donnait le commandement de « cette fraction du parti royaliste ». Pendant tout ce temps, dit M. de Puisaye, « les services de M. de Vannoise furent d'autant plus méritoires qu'ils Texposaient à d'imminents dangers en le retenant constamment au milieu des ennemis du Roi ; c'est à sa surveillance et à ses soins continuels, et à ses rapports journaliers et fidèles, qu'un grand nombre d'officiers précieux ont dû la conservation de leur vie, ainsi que plusieurs de nos expéditions un entier succès ». Aussi « le lieutenant général des armées du roi, commandant en chef pour sa Majesté dans la province de Bretagne », conféra-t-il au vicomtC;, en mars 4796, un brevet de maréchal de camp.
Le gentilhomme obtenait ce grade bien avant l'époque où l'ancienne royauté le lui eut accordé; malheureusement pour lui, l'original de son brevet fut égaré. En 4814, la commission dos Émigrés en contesta d'al)ord l'existence; puis on objecta que M. de Vannoise devait son avancement " à des services secrets et non militaires rendus à l'intérieur de la France » . Au mois de février 1825, l'ex-maréchal-général-des-logis des Clamps et Armées reçut enfin « le grade honorifique de maréchal de camp » (4) : en dépit de cette récompense tardive^ peut-
(1) Archives administratives du ministère de la guerre, dossier du vicomte de Vannoise,
être enviait-il la destinée de son prédécesseur, car la mort avait évité au marquis de Bièvre la triste, la difficile obligation d'opter entre le Roi, qui pour les gentilshommes incarnait la France, et le gouvernement national, qui défendait aux frontières le sol de la patrie.