LES DEUX FRÈRES
L.es Cordeliers venaient d'être évacués par les gentilshommes ; la lutte était finie dans la rue, et la bonne ville de Rennes était retombée dans sa léthargie accoutumée.
Il était près de minuit.
Le comte de Fayolle se promenait seul, soucieux et pensif, dans la chambre qu'il occupait depuis quelques jours à l'hôtel de son frère.
Le marquis entra.
Les premiers jours de son arrivée avaient été complètement absorbés par les visites de ses amis qu'il revoyait après une absence de dix-huit années.
C'était à peine s'il avait trouvé quelques heures pour causer avec le comte son frère.
— Tout est calme ? demanda le comte.
— Pour le moment, du moins.
— Oh ! cela ne peut aller bien loin.
— Qui sait ?
— Le général Thiard est un esprit ferme et pruden! tout à la fois.
— ♦ Les soldats répriment les émeutes — et précipitent les révolutions.
-— Nous n'en sommes pas encore là, Dieu merci.
— Je l'espère... Pourtant les haines me semblent
bien vives, entre la noblesse et le peuple... J'ai déjà remarqué les mêmes symptômes à Paris.
— Enfin, Dieu protège la France !
— Dieu protège la France !
— Assieds-toi-là, dit le comte, en indiquant à son frère un fauteuil de l'autre côté de la cheminée. — 'Nous avons à causer de choses très-sérieuses.
Le marquis s'assit en face de lui.
— ■ Ah ! ça mon frère , dit le comte, est-ce que tu serais enfin devenu raisonnable en vieillissant? — • Pourquoi me fais -tu cette question?
— C'est que, franchement, avec le caractère aventureux que je te connais, je suis surpris que tu ne te sois pas fourré dans la bagarre et mis résolument à la lête du parti de la noblesse.
— Moi, je m'en garderais bien., des imbécilles qui se croient encore au quinzième siècle et qui ne comprennent pas que depuis vingt ans, un immense mouvement révolutionnaire s'accomplit en France, en Europe et dans le monde entier.
— Je l'ai compris moi... dit le comte en prenant avec satisfaction une prise de tabac dans sa boîte... Alors, pourquoi ne pas te mettre du côté des étudiants ?. . Du tiers- état?
— Plus tard, nous verrons cela... aujourd'hui la lutte n'est pas encore engagée... j'attends... A propos^ je dois t'avouer que j'ai rapporté peu de chose de mon voyage d'Amérique, et d'ici à quelques jours, j'aurai besoin d'argent, — dit le marquis avec l'embarras d'un homme qui méprise les détails et qui commence à prévoir le moment où il lui faudra compter.
— De l'argent !... et où veux-tu que j'en prenne ?
— Mais, il me semble que ma fortune...
— Ta fortune? elle est dans un bel état!.. Tu étonnes Paris par un luxe de prince... Tu fais des voyages en Amérique... Tu donnes des fêtes magnifiques... Tout cela est fort beau, mais cela coûte, mon cher ! L'argent
est rare en Bretagne. . et pour éviter le scandale des emprunts hypothécaires, j'ai été forcé d'emprunter, sous-main, à des taux fabuleux.
— C'est bon... nous paierons tout cela.
— Comment ?
— Je n'en sais rien., mais nous verrons.
— < Prends garde , mon frère ; quand une fois on a des dettes, on peut se regarder comme ruiné : ce n'est plus qu'une question de temps; c'est la pelotte de neige qui grossit... c'est la tache d'huile qui s'étend.
Le marquis fit un mouvement d'impatience.
— Voyons, dit le comte, combien te faut-il?
— Une bagatelle... une vingtaine de mille livres...
— Vingt mille livres!... c'est beaucoup dans ce moment-ci... enfin, j'en parlerai au père Martinet...
' — Qu'est-ce que le père Martinet?... Un usurier?...
— C'est un fripon de bas étage qui prête pour ces coquins de premier ordre que l'on nomme traitants.
— Demandes-en au diable si tu veux, pourvu que j'en aie. .
— Tu es ton maître... c'est toi l'ainé, la fortune t'appartient... Seulement, jeté répète de prendre garde... tu vas vite...
— Eh ! mon Dieu! cela me regarde, — dit le marquis impatienté... Mais loi-même, tu ferais bien de survieller aussi un peu mieux les affaires de ta maison.
— Que veux- tu dire!
— On parle beaucoup d'une aventure de ta fille avec un nommé Georges... qui n'a pas d'autre nom..
— "Une aventure!... Un enfantillage tout au plus!
— Tu ne sais pas tout... et cela peut-être a été plus loin que tu ne l'imagines.
— Pourquoi cela?
— Cette après-midi, Gabrielleétaità une fenêtre pendant qu'on se battait sur la place des Cordeliers, et en voyant Georges croiser le fer avec Tinleniac, elle a jeté un cri et s'est évanouie.
— Ne veux-tu pas qu'une jeune fille de seize ans voie une bataille du même œil que le prince de Gondé ou le maréchal de Saxe?
— Cette émotion a été jugée différemment par plusieurs personnes... On a parlé de rendez-vous, de serments.
— Bergerades que tout celai... et, mieux que personne, tu dois savoir qu'en penser, toi le plus mauvais sujet que je connaisse.
— C'est possible, mais celui qui épouse a le droit de se montrer plus exigeant... et je ne serais pas surpris que, maintenant, M. de Tinteniac y regardât à deux fois...
— Comme il lui plaira.. ! je n'ai pas d'ailleurs l'intention de marier ma fille avant une couple d'années... ce n'est encore qu'une enfant...
— * Ho ! après tout, dit le marquis, le mal n'a pu être bien grand... à ce bel âge, les amoureux ne songent guère qu'à confier leurs joies et leurs peines, à la lune, aux étoiles, aux vents et aux fleurs... pourtant ce petit Georges m'a paru un peu moins sot et moins fat que ne le sont les jeunes gens de son âge.
— Tu le connais donc?
— Oui, je l'ai rencontré un soir, au café de l'Union.
— Toi, marquis ! tu as été t'attabler au café de l'Union !
— Oui... pendant les quelques mois que je viens de passer à Paris , depuis mon retour d'Amérique , j'ai beaucoup fréquenté les lieux publics, pour connaître le cours des idées et tâter le pouls à l'opinion publique... j'ai voulu tenter la même expérience en Bretagne et je suis entré au café de l'Union, fréquenté par la partie la plus intelligente, la plus brave et la plus généreuse du tiers-état... c'est là que j'ai vu M. Georges... mais comment Gabrielle, ta fille^ a-t-elle pu connaître ce petit garçon ? vous ne voyez pas le même monde, j'imagine?
— Ehl mon Dieu, de la manière la plus simple e1 la
pins naturelle. Le recteur de Vitré, Hiignet, qui l'a recueilli et élevé, nous ramenait quelquefois à mon château cFEpinay.
— Ton château d'Epinay?... dit le marquis avec un mouvement de surprise.
• — Comment! est-ce que tu ne sais pas que j'ai, par ma femme, hérité du comte de Maurepas, mort sans héritier et sans testament?
— Mais... le comte n'a-t-il pas laissé un fils ou une fiUe?
— Qui t'a dit cela?....
— Ma mémoire peut me tromper... mais pourtant il me semble...
— Il te semble... dit le comte, avec un mouvement d'épaules; mais moi, je le sais mieux que personne, puisque j'en ai hérité !
Le marquis demeura un instant pensif, les yeux fixés à terre.
— Tu ne connais pas l'histoire de Maurepas? demanda le comte.
— J'ai peu connu le comte : seulement, j'ai rencontré quelquefois la comtesse à Paris , chez madame de Penguern, et je croyais me rappeler...
— Le comte de Maurepas, mon cher, a été assassiné à la porte de son château.
— Assassiné! s'écria le marquis, qui aussitôt comprima son émotion.
-Je te l'écrivis dans le temps; mais tu l'auras oublié... peut-être même n'avais-lu pas le temps de lire mes lettres?
Après sa mort , la comtesse resta cinq ou six mois dans son château, sans vouloir voir personne; puis, un jour, elle alla s'enfermer au couvent des Bénédictines, qui est au milieu de la foret de Rennes.
Le marquis prit son chapeau ei sortit sans laisser une parole d'adieu, sans même prendre garde à ce qu'il faisait. La nuit fatale du 13 janvier venait tout à coup se
dresser devant lui, avec son drame sanglant et ses conséquences si terribles ! . . .
Il revoit la grande salle du château d'Épinay : les portraits de famille, raides et rébarbatifs, s'ennuyant dans leurs cadres enfumés , la comtesse évanouie sur le sofa, — le comte debout, l'œil en feu, les habits en désordre, l'air terrible et menaçant; puis les événements se suivent, se précipitent avec la rapidité de la foudre...
A dix pas du château, sur la lisière du bois, deux pistolets sont jetés à terre... deux coups de feu partent... Il entend le bruit sourd d'un corps qui tombe lourdement... le dernier râle de l'agonie!. .
Il se sent pâlir, une sueur froide perle sur son front... et il fuit dans l'ombre, se cachant lâchement comme un voleur, comme un assassin.
Le marquis, tout à ces souvenirs, laissa tomber son front dans ses deux mains et se prit à pleurer comme un enfant...
CONSEILS d'un père A SA FILLE.
La nuit passée au bal de l'hôtel de Fayolle avait étrangement modifié les idées de Gabrielle.
Une jeune fille dans un bal, c'est l'ange dans le camp des Philistins ; que d'enfants pures qui ignoraient leur beauté, et comme Eve ne savaient pas qu'elles étaient nues, sont revenues de ces fêtes le corps brûlant, le cœur défloré, la tête agitée.
La lumière des bougies les avait éclairées sur des ' Jioses inconnues : maintenant , enfermées dans leurs robes montantes, elles jalousent les jeunes femmes qui découvrent leurs gorges ; la puissance du corset leur est révélée ; elles s'étudient à le serrer autour de leur taille, à se plier, se dresser, marcher, prendre des poses gracieuses et irritantes ; la chaleur du bal amollit leur âme,
fond leur innocence ; leur imagination inquiète s'égare à la recherche d'un monde inconnu. Des sensations nouvelles, incomprises, les font frissonner, et des rêves étranges tourmentent leurs couches solitaires. Alors elles parfument leurs corps, frisent leurs cheveux, st^ lent leurs paroles, dirigent leur-s regards et les dressent à la conquête d'un mari.
Rentrée chez elle, Gabrielle, encore émerveillée des splendeurs de la fête, avait refait toute sa nuit ; s'était rappelée le plus léger incident, les paroles les plus insignifiantes de ses danseurs... et elle réfléchit longuement.
Quelle différence entre les jugements du monde auquel elle venait d'être initiée , et l'Eldorado fantastique dans lequel elle s'était endormie jusque-là!... Comme elle eût rougi, la chère enfant, si quelqu'un de ces beaux seigneurs de velours et de satin^ ou de ces grandes dames diamantées avait pu lire au fond de son cœur et connaître son secret !
Quelle figure aurait faite le pauvre Georges, parmi tous ces beaux seigneurs si fiers et si élégants?... Il y avait donc entre eux une immense différence 1 Évidemment, son amour n'avait été qu'une surprise , qu'un rêve... et ce serait vraiment folie à elle que de sacrifier des prérogatives dont elle ne soupçonnait pas l'importance.
A cause d'elle, Georges avait, il est vrai, éprouvé une sanglante injure; mais aussi à qui la faute? Pourquoi s'éîait-il avisé de l'aimer? Ne devait -il pas sentir la distance que la naissance et la fortune avaient mise entre eux ? et même, cet amour, — • si toutefois on peut appeler amour, un enfantillage de quelques mois, — -Georges l'avait sans doute oublié, puisqu'on le voyait au premier rang parmi les ennemis les plus acharnés de la noblesse.
Voilà ce que disait la raison.
Mais tout aussitôt Tamour lui rappelait Georges tombé sous ses yeux , blessé par Tinteniac, — et, malgré elle,
lu
la pauvre enfant , elle se prenait à haïr Tinteniac et à s'attendrir sur le sort de Georges...
Que pensait-il d'elle à cette heure? souffrant et malheureux, elle ne pouvait que le plaindre... Arrogant et fier, elle eût pu le haïr et le mépriser, mais la pensée que Georges se mourait peut-être en la maudissant comme une femme fausse et perfide ^ troublait son sommeil et la faisait cruellement souffrir.
L'entrée de son père chez elle vint interrompre ses profondes méditations.
Malgré la sécurité apparente du comte, les révélations de son frère l'avaient légèrement inquiété , et il n'était pas fâché de voir jusqu'à quel point ses craintes étaient fondées.
Pendant que le marquis galopait sur la route des Bénédictines, le comte entra dans la chambre de sa fille.
Après quelques paroles insignifiantes, il alla s'asseoir sur un fauteuil auprès de la fenêtre où Gabrielle travaillait habituellement; et, donnant à sa voix Finflexion la plus caressante :
-— Viens ici, dit-il, en attirant la jeune fille sur ses genoux, nous avons à causer de choses qui t'intéressent profondément : hier, pendant que M. de Tinteniac et Georges se battaient, tu es tombée évanouie, m' a-t-on dit?
— J'ai eu peur — dit Gabrielle en se sentant rougir.
— Pour lequel ?
— Je n'ai pas pensé...
— Écoute, mon enfant, nous ne sommes plus au fond des bois, au château d'Épinay, où l'on peut vivre et penser à sa guise; ici, nos paroles, nos gestes, nos regards même sont jugés, commentés, et sévèrement appréciés. — C'est toute une vie à apprendre... Souvent même , il nous faut cacher comme des crimes nos pensées les plus innocentes en réalité : ainsi, par exemple, au château, lu aimais M. Georges.
— Je l'aimais... dit Gabrielle avec une petite moue
et un mouvement d'épaules... c'est-à-dire qu'?\TOe plaisait... un peu...
— Tu sais, si là bas^ je t'ai jamais fait la moindre observation à cet égard. . mais le monde sera moins indulgent peut-être, et tôt ou tard il te jugera sévèrement.
— Que puis-jc craindre?
— Je ne sais, mais sois sûre que M.' de Tinteniac recevra d'étranges confidences...
— Que m'importe ?
■ — Prends garde! nous autres de la noblesse, nous vivons , pour le monde d'abord , et pour nous ensuite, Nous avons un nom qu'il faut transmettre pur et honoré à nos descendants. Aujourd'hui, je puis te parler sérieusement, parce que tu n'es plus une petite fille.
Gabrielle prit la pose et la dignité qui convenaient à une grande demoiselle.
— Qu'une femme de la bourgeoisie épouse l'homme qui lui plaît , il n'y a aucun inconvénient à cela... mais, nous avons, nous autres, un rang à tenir dans le monde . . . La chose la plus importante pour nous, est donc la fortune... J'en ai très-peu, n'étant pas l'aîné, et tu comprends... Ainsi, admettons que tu aimes ce petit Georges...
— Je ne l'aime pas, mon père, balbutia Gabrielle.
— Quand tu l'aimerais, il n'y aurait pas grand mal à cela... car, comme me disait l'autre jour l'abbé Péchard, on n'est pas maître d'aimer ou de haïr qui l'on veut.
— L'abbé Péchard disait cela!
— Oui, ma fille... tu sais que je n'aime pas beaucoup les prêtres. « Ils ne sont pas ce qu'un vain peuple pense. > C'était l'opinion de M. de Voltaire, et c'est aussi la mienne... Mais il en faut. — Quant à toi, ma fille, tu dois avant tout, te garder de compromettre ton avenir... La réputation d'une jeune personne est fragile comme le verre, on ne lui tient aucun compte de son inexpérience, le monde est pour elle d'une sévérité impitoyable, -— et la moindre étourderie peut
compromettre l'honneur de toute une famille respectable... Une fois mariée, c'est autre chose...
— Mon père . .
~ Enfin, on fait comme on veut... Dans la noblegse, le mariage, c'est rindépendance de la femme... Elle peut voir et aimer qui bon lui semble, elle a le beau vole, mais avant tout il faut se marier.
— Oh ! je ne suis pas pressée. ..
— Pourquoi cela ! Il faut commencer par avoir en l'abbé Péchard et en moi, une confiance illimitée...
— Mais, mon père, je n'ai rien à vous cacher, dit Gabrielle.
— Bien vrai ?
— Je vous jure...
— Attends... Qu'as-tu fait de Panneau de ta mère que je te donnai quand tu sortis du couvent!...
— J'avais eu peur de le pe^*dre, et je l'ai laissé au château.
— Tu ne mens pas ! dit le comte lentement Gabrielle se troubla sous le regard profond et pénétrant de son père...
~ Je l'ai égaré il y a quelque temps, — dit-elle en détournant les yeux. — Je ne voulais pas vous le dire de crainte de vous affliger...
—Tu sais que j'y tenais beaucoup... C'était Palliance de ta mère. . . Nos deux noms sont gravés à Pmtérieur. . . Il est très-fâcheux que tu Paies perdu... Mais, ce qui serait plus malheureux encore, c'est que cet anneau fût tombé dans les mains d'un jeune homme qui, par fatuité, pourrait le montrer à ses amis... Tu comprends, n'est-ce pas, quelles présomptions cela ferait peser sur toi, et quelle apparence de vérité cela donnerait à ses mensonges?...
Gabrielle rougit et pâlit tour-à-tour. En ce moment, elle maudissait intérieurement Georges et l'inexplicable folie qui Pavait entraînée vers lui...
— Que répondrais-tu, par exemple, à quelqu'un qui
viendrait te dire que Georges l'a montré à ses amis du café de TUnion?
— Que c'est un misérable! s'écria Gabrielle avec indignation.
— On ne te croirait pas, ou du moins on ferait semblant de te plaindre d'avoir si mal placé ton affection... Voyons, ma fille, avoue-moi franchement sans songer à mal que tu lui as donné cet anneau, nous verrons ensuite ce qui nous reste à faire pour prévenir les suites de ton étourderie...
Touchée par tant de bonté, Gabrielle cacha en pleurant son front rouge de honte, dans le sein de son père.
— Il faut demander cet anneau, — dit le comte, c'est indispensable. — Seulement, si Péchard ou moi, exigions que ce jeune homme le rendit, — il est probable qu'il nous le refuserait... Il faudrait que la demande fût faite par toi.
— Je n'oserai jamais ! mon père, dit Gabrielle en sanglottant.
— C'est pénible, je le comprends •, mais enfin c'est un mal nécessaire... Tu ne veux pas te retrouver seule avec lui?
— Oh! jamais... 1 j'aimerais mieux mourir.
— Hé bien î II ne faut pas perdre de temps, tu vas aller ce matin même, trouver Marianne de Renac; c'est une excellente femme, prudente et de bon conseil; elle fera comprendre, de ta part, à M. Georges, l'indélicatesse qu'il y aurait à abuser derétourderie,de Tinexpérience d'une jeune fille , de son imprudence même...
— Ah î mon père^ c'est une faute que je ne me pardonnerai pas!...
— Aie seulement cet anneau, dit le comte en la baisant au front; mais pour plus de précaution, je vais faire sonder le terrain par notre ami Péchard : il vous dira si notre jeune homme est dans une situation d'esprit à pouvoir te comprendre et faire ce que nous voulons de lui : voyons, habille-toi.