‹ Le marquis de LétorièreChapitre 3 sur 49 · LE TAILLEUR · texte numérisé non relu

LE TAILLEUR

que je vais aller moi-même lui porter son mémoire... Si ce beau marquis n'est pas chez lui, je l'attendrai... S'il ne me donne pas au moins un à-compte aujourd'hui même, j'irai chercher le commissaire, et je vous ferai voir, moi, qu'une femme a plus de cœur que vous autres, poules mouillées que vous êtes...

— Pour mouillé... je suis mouillé... je l'avoue, — dit Jérôme Sicard; — mais qunnt à poule... ma commère, si j'avais mon fouet, ou seulement l'aune que mon digne ami a là sur son établi, et que vous fussiez mon épouse, je vous démontrerais vertement que je ne suis pas \\v\Q poule, mais un vaillant coq, très-ca[)able de vous corriger j)our vous apprendre à refuser un verre de vin aux amis... Ceci soit dit sans rancune... mais que le bon Dieu fasse que cela vous donne l'heui'euse idée de vous servir de votre aune à l'endroit de votre femme, bi'ave tailleur! — dit Sicard; — puis s'adressant à l'intendant : — Alon bourgeois , je suis à vos ordres.

— C'est bien heureux! n dit celui-ci, sans être néanmoins très-fàché de ce retard, car cette scène l'avait amusé.

Le cocher parti, dame Landry j)rit son co- (jueluclion, s;i manie, un lar;|[e j)arapluie, or-

18 LE MARQIIS DE LETORIERE.

donna à son mari de lui apporter l'habit de Sego\ ie destiné à M. de Létorière, mit ce vêtement sous clef, et sortit dans toute T exaspération de sa colère pour aller attendre chez lui monsieur le charmant^ ainsi qu'elle appelait par dérision le marquis.

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