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fieuv les usages de la cour, allait soulever la j)orlière du cabinel qui menuil chez Louis XV, lorsque le vicomte s'approcha vivement et lui dit à voix basse, en lui mettant la main sur le bras : — ^ Arrêtez, monsieur; vous n'avez pas les (iilrêes delà chambre de Sa Majesté.
— On dit, monsieur, le roi presque délaissé j)^ir ses serviteurs ; ils redoutent la contagion... S'il est vrai que la mort règne dans cette chambre, on peut braver réliquelle pour y entrer, — dit Létorière avec amertume, et il fil ini mouvement pour passer outre.
— Encore une fois, vous ne pouvez vous présenter chez Sa Majesté, monsieur.... — reprit le vicomle de T**'^'. — Je ne sais d'ailleurs si elle consenlirait à vous recevoir.
— Allez donc le lui demander, monsieur ; le roi ne refusera pas les services de celui qu'il a toujours comblé de ses bontés.
La proposition d'entrer dans la cliambre de Louis XV parut forl elïrayei- M. de T*^*, qui répondit ni-remeiil au mar(|uis, cl toujours à voix basse .
— Je n'ai d'ordresâ recevoir que de monsieur le premier gentillionnne en service, monsieur.
. A ce moment une voi\ assez faible et bien coimue des deux inlerloculeurs demanda :
— Qui esl là ? Qui parle ainsi à voix basse?
— C'est le roi !... Il vous a entendu, monsieur. \ ous répondrez des suites de ceci, — dit AI. de T***; et il reprit tout haut : — Que \ otre Majesté daigne m'excuser si je lui réponds sans entrer ; mais j'exécute ses ordres formels. La personne qui est là, sire, est...
— C'est Létoricre qui supplie le roi de lui permettre de s'approcher, — dit le marquis à demi-voix en interrompant M. de T** '^.
— Vraiment... c'est vous, mon enfant ! vous êtes donc de retour ? s'écria Louis XV avec une grande expression de contentement. Puis réfléchissant qu'il pouvait exposer le marquis au danger de la contagion en lui permettant l'accès de sa chambre, le prince ajouta :
— \on... non... l'air de cet appartement est mortel... \' entrez pas, je vous le défends...
— Pour la première fois de ma vie, j'oserai méconnaître un ordre du roi... Mais j'ai un devoir à accomplir et je l'accomplirai, — s'écria Létorière, qui, soulevant la portière, s'avança vers le lit du monarque.
— Sortez... sortez à l'instant même ! malheureux enfant ! — s'écria le prince en se levant sur son séant et en étendant sa main vers la porte d'un air impérieux.