LETTRES OK SADE
L'autre faveur implorée par moi, Messieurs, parce que vous me l'avez promise en dédommagement à la mauvaise réception que vous fîtes à ma dernière comédie, consiste à vous prier de vouloir bien entendre le plus tôt possible; la lecture de trois ou quatre ouvrages tous prêts à vous être présentés et que je voudrais ne pas donner ailleurs.
Aussitôt que vous aurez bien voulu me faire savoir le jour qu'il vous plaira de m'accorder, j'aurai l'honneur de vous porter celui des quatre que je croirai le plus digne devons être offert.
J'ai l'honneur d'être.
Messieurs, Avec les sentiments de la plus haute considération Votre très humble et très obéissant serviteur.
De Sade.
2 mai 1790.
Je soussigné déclare que c'est faussement et contre ma volonté et mon assentiment que mon nom se trouve sur la liste des auteurs qui ont délibéré qu'il ne devait être accordé que 700 livres de
frais par jour à la Comédie-Française (1). J'atteste n'avoir mis mon nom que sur la liste de ceux qui ont signé à la minorité, que, par des considérations particulières, il devait être accordé huit cents livres et viens pour certifier cette façon de penser de ma part en adressant une lettre publique à Messieurs les auteurs, signée de moi, et dont je distribuerai des copies à Messieurs les comédiens français, afin qu'ils soient persuadés de ma façon de penser.
De Sade.
A Paris ^ le lundi 17 septembre 1790.
J'ai pris connaissance des conditions réglementaires, auxquelles les comédiens français ordinaires du Roi reçoivent les pièces où ils s'engagent à
(i) n y avait à cette époque une véritable guerre entre la plupart des auteurs dramatiques et la Comédie-Française. Le 24 août, La Harpe et une- députation de gens de lettres avaient présenté à l'Assemblée Constituante une pétition qui réclamait la fixation légale des droits d'auteur et protestait contre certains abus de la Comédie-Française, parmi lesquels la somme trop élevée (et fictive) qu'elle accusait pour ses dépenses. En 1791, un rapport de Beaumarchais obligea les Comédiens à ne pas exiger pour les frais quotidiens plus de 700 livres, au lieu de 900 précédemment fixées.
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jouer, ainsi que do la coiiv(3nlion pécuniaire qu'ils font à cliacjuo ouvrage*
Je souscris aux conditions réglementaires, et je promets de signer le marché pécuniaire si ma pièce intitulée la Rose d'amour ou F Union des Arts, pièce en six actes, et en vers, prose et vaudeville (1), est reçue.
De Sade.
A Paris, le '17 janvier 1792.
Si la Comédie-Française, Monsieur, n'agrée point ToITre que je lui ai faite d'une petite pièce en un acte et que j'ai eu l'honneur de vous envoyer dernièrement, je vous prie de me la renvoyer. Je n'imaginais pas qu'il fallait être soumis aux mêmes délais pour ce que Von donne que pour ce que Von vend.
En un mot, Monsieur, je vous prie de m'ins-
truire du sort de cette négociation, et de me croire
avec tous les sentiments possibles,
Votre concitoyen,
Sade.
Le 16 mars 1793, Pan 2 de la République, rue Neuve des Malhurins, chaussée dWnlin, n"" 20.
(i) V. Bibliographie,