‹ Le Marquis de SadeChapitre 24 sur 26 · LIVRES · texte numérisé non relu

LIVRES

A. Pièges de théâtre (1) :

Oxliern on les Malheurs du Libertinage, drame en 3 actes et en prose, par D. A. F. S. (Donatien Alplionse François Sadei, Versailles, Blaizot, an VIII, in-8°, de 2 f » et 48 p.

Attribuée au marquis de Sade :

La France f.,., Iragédie lubrique et royaliste en trois actes et en vers. A barbe en c... en F... nianse, l'an des /*... 5796 (1796, date supposée) in-12 de 179 p. et 1 f. non chiffrés (2).

Note du biblioph. Jacob sur l'exemplaire de la biblioth. de Soleinne: « Pièce très rare dont le titre a fait la célé-

(1) Un auteur dramatique très peu connu, de Sade, sans doute un parent du marquis, a composé vers 1740 une pièce qui ne fut ni jouée (sur un théâtre public) ni imprimée, la Double Intrigue.

(2) Barbier pense que cette pièce a dû être imprimée en 1799 ou 1800. Il ne la croit pas du marquis de Sade. Elle a été réimprimée en 1871, à cent exemplaires, avec l'indication supposée de Strasbourg.

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brilé. (loi fxcmplairo provient d(; la bihliotlicrjur; de M. Hoiilai'd. L'auteur, qui dit avoir écrit avec sa plutnc, sans que son coLUir y fut pour rien, était un royaliste dévoué, comme le prouvent les notes historiques et polificfiies de sa tragédie : il s'adresse aux libertins, mais il espère que son ignoble badina^^e produira des fruits honnêtes : « Lorsqu'il s'agit du bien, quimporte comment on « Lopère. X'avez-vous jamais pris du poison pour vous « guérir? » C'est du marquis de Sade tout pur. (Jnie reconnaît aussi à ses attaques qui l'avaient fait enfermer à Charenton, sans jugement, pour le punir d'avoir insulté Joséphine dans un roman allégorique et impur, intitulé Zoloé (1) :

Buonaparte règne en maitre.

A sa guise il nous fait des lois, Puis en despote il nous les donne.

Petit-fils d'un petit bourgeois, Assis sur le trône des rois, (Jue lui manque-t-il ? la couronne.

« Les notes sont remplies de traits satiriques contre les hommes du Directoire : « Notre Brutus de Douai (Merlin), « dit- il, de mauvais mari devint mauvais père, autant qu'il « était mauvais Français. Et notre Caïn (M.-J. Chénier) « dénonça son frère Abel; il le fit assassiner, non par la « jalousie de ses sacrifices, mais pour avoir ses ouvrages « qu'il nous donna comme les siens. » On peut apprécier que cette pièce dégoûtante, dont les personnages sont la France, l'Angleterre, la Vendée, le duc d'Orléans, le comte de Puisaye, le roi de Prusse, l'empereur François II, et Charles IV, roi d'Espagne, n'a pas été imprimée en 1796, mais au plus tôt en 1799.

(i) Il y a là une erreur. La France /"...a certainement été publiée avant l'apparition du roman de Zoloé.

« Cette pièce a été vendue publiquement ciiez Boulard et Saint-Morys (1). »

Malgré les arguments assez spécieux que fait valoir le bibliophile Jacob, il nous semble diflicile à admettre que le marquis de Sade, qui était encore en 1799 ou 1800 à demi jacobin, soit l'auteur d'une pièce à tendances ultra-royalistes.

B. Romans et nouvelles :

Justine ou les Malheurs de la Vertu, en Hollande, chez les Libraires associés, 4791, 2 vol. in -8% le premier de 183 p., le second de 191 p. Frontispice par Chéry.

Première édition (2).

Justine... en Hollande, 1791,2 vol. in 12 de 337 et 228 p.

2^ édition. « Réimpression en 2 vol. dans le format in-I2 de l'édition qui précède. Le frontispice est réduit et gravé par Texter. On trouve quelquefois cette édition ornée de 12 figures libres avec encadrements de têtes de morts, chaînes et instruments de supplice (3). »

Justine,., à Londres (Paris, chez Cazin), 1792, 2 vol. in-16, de 337 et 288 p. Frontispice d'après Chéry et o figures libres.

5^ édition. C'est le plus rare de tous les livres édités par Cazin.

Justine.,, 3^ édition (c'est en réalité la 4^) corrigée et augmentée. Philadelphie, 1794, 2 vol. in-18. Frontispice non signé et 8 gravures libres.

« Cette édition est précédée dun avis de l'éditeur et d'une dédicace : « A ma bonne amie » ; elle est d'une exé-

(i) Elle se trouvait également dans les catalogues Baillct, Lebert et Pixericourt.

(2) V. catalogue de Pixericourt, n*' 1289.

(3) O. Uzanne. Bibliographie en tête de ridée sur les Romans, par de Sade, Paris, Rouveyre, 1878, p. XXX. V. Cohen, Guide de Vamaîeur de livres à figures, 1876, col. 437-

HinMOGRAPiiNj [)i«: si:s ()i:uvnr:s -u]:,

cution comparativement très belle; le papier est idirèrement bleuté (I). » (Test à notre avis un Cazin.

Juslinc... à [.ondres (Paris) 4797, 4 vol. in-18, G lif^ures. rjo édition.

Juslinc. en ITollandc, 1800, 4 vol. in-18, de 130, llUi, 134 et 13^ p., 4 frontispices et 8 gravures libres.

6° édition (contrefaçon de Tédition Cazin de 1792). C'est probablement cette édition dont la destruction fut ordonnée par arrêt de la Cour royale de l^aris, le 19 mai 1815 (2).

Sous la Restauration, les éditions de Jimlim se vendaient sous le manteau. Un passage de la Police dévoilce, de Froment (3), nous montre à quels abus leur recherche donnait lieu et le zèle excessif déployé par les agents chargés de ces perquisitions :

(( Le sieur Lavocat, tenant un estaminet place Saint- Sulpice, fut mis en surveillance par ordre de M. Delavau.

« Il était accusé, ainsi que son épouse, de vendre clandestinement des ouvrages séditieux et obscènes, pour le compte de divers libraires de Paris.

«Comment en acquérir la preuve? Le dénonciateur annonçait le délit, sans fournir les moyens de le découvrir. I-^ police se chargea d'y suppléer.

« En conséquence, l'agent Charles se présenta au café avec deux volumes de Justine. Il avait déjà paru plusieurs fois dans cette maison, et il pria Mme Lavocat de lui garder pendant quelque temps les deux volumes qu'il

(i) O. Uzanne. Bibliographie, p. XXXI.

(2) Catalogue des Écrits, Gravures et Dessins depuis 1814 jusqu'au i^^ janvier i85o. .. Paris, i85o, p. 109.

(3) La Police dévoilée depuis la Restauration et notamment sous Messieurs Franchet et Delavau, par M. Froment, ex-ctief de brigade du cabinet particulier du préfet, Bruxelles, 1829, t. H, p. 332.

venait d'acheter, et qu'il reprendrait dans une heure, ayant une course à faire.

« Cette dame mit les volumes dans son comptoir, sans même y jeter un coup d'œil.

« Plusieurs agents de police étaient dehors, et ils attendaient que M. Lavocat et son épouse sortissent Tun ou l'autre, pour les arrêter et s'emparer de ce qu'ils porteraient. Alors ils auraient fait une perquisition dans la maison, et la culpabilité eût été prouvée, puisqu'ils auraient trouvé dans un tiroir un exemplaire de Jusîine.

« Les agents de police furent trompés dans leur espoir. Le provocateur échoua dans sa perfide machination. Le sieur Lavocat et son épouse avaient été calomniés de la manière la plus infâme. Ils ne s'occupaient que de leur estaminet et des moyens de le faire prospérer.

« L'agent Charles en fut quitte pour reprendre ses deux volumes, et la préfecture vit ses espérances déçues; elle n'eut point de coupables à punir, ni à se plaindre de la démoralisation...

« Si l'infâme ouvrage qui porte le titre de Justine a été répandu, a obtenu une grande publicité, ce fut la police qui assura ce succès... »

Un très médiocre romancier, Haban, l'auteur des Aventures de Vidocq et des Fleurs animées, eut Fidée d'exploiter le succès scandaleux des œuvres du marquis de Sade et il publia dans le format et avec les caractères des volumes de cabinets de lecture :

Justine ou les Malheurs de la Vertu, avec préface par le marquis de Sade. Paris, Olivier, impr. Maltesse, 1835' 2 vol. in-8'', et Paris, chez Bordeaux, éditeur, hôtel Bullion, 1836, 2 vol. in-8^

Il n'y avait du marquis dans cet ouvrage que la préface (la dédicace: « A ma bonne amie »), mais comme sur la couverture et sur le titre, le mot préface était écrit en caractères très fins, bien des gens s'y laissèrent tromper.

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r.eltc fausse Jualinr, (jiii iinilail gauclieniont la vraie, mais qui ik^ lui ressem!)lail ^'^uôrc, fut coudaunu^e, à cause (Ir sou litre, par la (lour d'assises de la Seiuc, le il\ uiars IS.'K). Kabau, (jui avaitpréféré garder l'anouviue, ne put être inquiéln, mais un de ses éditeurs, iJordcaux, dut payer 3.000 francs d'amende et faire six mois de prison (I).

Aujourd'hui encore il arrive à des collectionneurs d'acheter à des prix assez élevés la Jiislinc de liahan ri). Ils s'élonnent avec raison de la trouver si morale el la répulalion du n)ar(|uis de Sade leur paraît loul à fait usurpée.

Ce pauvre Raban qui, pour gagner quelques centaines de francs, dont il avait d'ailleurs, grand besoin, trompa plus d'un bibliophile, expia durement sa faute. 11 mourut très vieux rttr.'vs misérable, en 1870, à l'hôpital Necker. Depuis longtemps, raconte Firmin Maillard (o), il désirait, ambition suprême, faire partie de la Société des gens de lettres et il n'avait jamais pu mettre de côté les vingt /francs nécessaires.

Aline el Valcour ou le Roman philosophique , écrit à la Bastille un an avant la Révolution, par le citoyen S... Paris, Girouard, libraire, 1793, 8 volumes petit in-1-2.

« De Sade chargea Girouard de l'impression de son roman, en 1792. Cet imprimeur, compromis dans une conspiration royaliste, fut arrêté ainsi que de Sade. Girouard fut condamné à mort; quant à de Sade, il échappa grâce à des protestations de dévouement à la cause révolutionnaire ^ il rejeta la qualification de noble, se disant petit-fils d'un valet et fils d'un parvenu vaniteux ayant

(i) Caîalogiie des Écrits, Gravures et Dessins condamnés, p. i35.

{2} Le catalogue d'un libraire allemand la cotait encore, il y a quelques années, 87 fr. 5o.

(3) La Cité des Intellectuels, Paris, 1905, p. 492.

acheté un titre de marquis, que lui, son fils, ne voulait point porter. Cette thèse était contraire à sa supplique sous I.ouis XVI, alors qu'il sollicitait sa grâce, s'appuyant sur sa haute et antique noblesse et sur les illustres faits de plusieurs de ses aïeux.

« Après la mort de l'imprimeur Girouard, le roman d'Aline el Valcoiir continua d'être imprimé secrètement jusqu'au jour de son complet achèvement; ce fut alors (lu'il parût avec le nom de la veuve Girouard, en 1793.

« La Révolution était, en ce moment, dans toute sa violence, la tète du roi et de la reine venaient de tomber sous le couperet de la guillotine, nul n'était sûr, ni de sa fortune, ni de sa vie, et, dnns ces circonstances, le roman d'Aline et Valcoiir trouva peu d'acheteurs. En 1795, Maradan acquit les exemplaires invendus, il remplaça les titres primitifs par de nouveaux titres et il changea aussi un frontispice. C'est ainsi qu'il existe deux éditions de ce livre qui, en réalité, n'en sont qu'une. Le roman ne tarda pas, dès lors, à s'épuiser et fut frappé, en 1815 et en 1825, d'une condamnation. Il est certain que sous la Révolution ces livres de débauches et de principes révolutionnaires pouvaient faire craindre le réveil de passions à peine éteintes, mais ces ouvrages, peut-être alors dangereux, n'offrent plus aujourd'hui qu'un intérêt bibliographique.

Pigoreau dans sa Petite Bibliographie Biographie romancière dit que quelques extraits du roman d'Aline et Valcour ont été insérés dans deux autres romans publiés l'un en 1798, sous le titre de Valnior et Lijdia, 3 volumes in-12, l'autre en 1799, Alzonde et Koradin, 2 volumes in-I2.

« En résumé, de tous les ouvrages de de Sade, Aline et Valcour est celui qui caractérise le mieux cet auteur, jugé si diversement... (1) »

(i) Aline et Valcour ou le Roman philosophique^ écrit à la

HIHLIOGRAPIIIK I)K Si:S («CUVRKS lUVà

Sur le frontispice est représentée une lyre surmontée d'une couronne avec des rameaux de laurier de chaque côté et les mots : Verilas impauida (Ouérard, Supercheries lilléraires,.., à la lettre S).

Aline et Volconr... A Paris, chez la veuve (iirouard, 1795, 8 vol. petit in-12, 1G gravures (la 2« figure de la 5'- partie njanque presque toujours).

2« édition. — C'est la même que la premirre avec un nouveau frontispice. Une épigraphe de sept vers latins, empruntés à Lucrèce, énonce celte idée qu'il ne faut pas craindre de donner aux hommes des remèdes désagréables à prendre mais salutaires :

Nam veliili pneris absinlhia lelra mcdenles,.,

Julielle ou la Suite de Justine (S. L.), 1796, 4 vol. in-8<*. 4^« édition.

La Nouvelle Justine ou les Malheurs de la Vertu, suivi de Vhisloire de Juliette^ sa sœur, ou les Prospérités du Vice. Hollande (Paris), 1797, 10 vol. in-18 (4 pour Justine, 6 pour Juliette), 1 frontispice et 100 gravures.

i^^ édition collective. « Il existe plusieurs éditions sous la rubrique de Hollande et sous la même date ; les réimpressions modernes exécutées en Belgique conservent également le même titre et la même date. La Nouvelle Justine est la troisième rédaction de cet exécrable ouvrage. On doit trouver à la fin du tome IV l'indication au relieur contenant Tordre des gravures. Les mêmes gravures se rencontrent lithographiées ou modifiées presque au trait. »

Pauline et Belval ou les Victimes d'un amour criminel. Anecdote parisienne du xviii® siècle, d'après les cor-

Basiille, un an avant la Révolution de France. Bruxelles, J.-J. Gay, i883, 4 vol. 12 (avec gr.), t. L, avant-propos, p. VI.

rections de l'auteur d'Aline et Valcoiir, Paris, an VI (4798), 3 vol. \n-i'2.

i^° édition. Pauline el Belval ou Suites funestes d'un amour criminel, anecdote récente avec romances el figures, par M. 7?... A Paris, chez Chanibon et Lenormand, i812, 2 vol. in-l"2. Deux figures gravées par Giraud.

Les Crimes de V Amour ou le Délire des Passions. No.u^ velles héroïques et tragiques précédées d'une idée sur les romans el orné de gravures, par D, A. F. Sade, auteur d'Aline et Valcour. A Paris, chez Massé, an VIII 1800)^ 4 vol. in-12 avec 4 gravures..

1^^ édition. Dans cet ouvrage ontété réunies : Juliette et Raunai ou la Conspiration d'Amboise, la Double Épreuve, Miss Henriette Stralson ou les Effets du Désespoir, Faxelange ou les Torts de V ambition., Florville el Courval ou le Fatalisme, Rodrigue oulaTourenchintée^ Laurence et Antonio, etc.

Zoloé el ses deux acolythes ou quelques décades de la vie de trois jolies femmes. Histoire véritable du siècle dernier par un contemporain. A Turin (Paris) chez tous les marchands de nouveautés. De l'imprimerie de Tauteur (1). Thermidor, an VllI (juillet 1800), 1 vol. in-18 de 142 pages, frontispice gravé non signé (1).

P'' édition (vendue 40 francs à la vente Saint-Morys).

La Marquisede Ganges, l""® édition. Paris, Bechet, 1813, 2 vol. in-12.

Dorci ou la Bizarrerie du Sort, conte inédit par le marquis de Sade, publié sur le manuscrit avec une notice sur Vauteur (par Anatole France). Paris, Charavay frère, 1881, in-12 carré orné d'uue eau-forte par G. Charpentier (61 pages).

Ce conte devait figurer dans les Crimes de V Amour.

(i) « Je me procurerai à moi-même l'honneur d'être imprimé et n'en aurai d'obHgalion à personne. » {Préface.) '

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On ne sait pour (iiielle raison il resta iuc^'dit. ("est une <Kuvrc sontirncntalo et niaise i^cnro (iorjv)(|ui n'a d'intfîressantque le nom de son auteur. I,a notice estsi^^née A.I*\

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