‹ Le marquis de Saint-ÉtienneChapitre 3 sur 6 · NNE · texte numérisé non relu

NNE

re une fortune rer une forme n; il en avait

ir, mais sans Dourgeoisie du nment contre te frapper, et m pas lui rire Lvait encourue x)re?

nme d'affaires ention. C'était idustriels sans l'adresse dans aiers spéciaux mondaines, le ; toutes ces identique :

un tel opère \f » etc., etc.

lé décidèrent îxtineau; ces nt à môme de

tait situé rue Saumon. Le di et de deux peine trente

vendre mes vieux chiffons, vieux galons, dit-il avec un accent de marchand d'habits, et mon acquéreur veut les emporter; il y a ce soir un bal à la présidence, et il compte s'en parer.

La vieille femme donna des ordres, et cinq minutes après, Sosthène emportait son trésor. Pour donner confiance à Saint-Étienne, il lui avait laissé sa montre, un chronomètre superbe :

— Vous me la rapporterez, diWl, quand je vous la demanderai, ce ne sera pas long.

Et il ajouta cinq louis.

Sosthène passa une partie de la nuit à compulser les parchemins des Saint-Étienne. Il y avait là, par des alliances, tout un extrait de Tarmorial de France, depuis le modeste échevin, jusqu'à la couronne ducale. Plusieurs Saint-Étienne avaient tenu de hautes positions dans la marine et dans TÉtat, des distinctions honorifiques nombreuses faisaient foi de leur mérite. Pendant la Révolution, le général de Saint- Étienne avait émigré. La Restauration lui avait rendu son domaine et son grade; mais il avait abandonné l'armée pour sa terre et sa fortune étant loin de suffire à son entretien, ce fut le commencement de la ruine. Le fils et le petit-fils avaient suivi la pente, et comme nous l'avons vu, le dernier survivant avait touché le tuf.

Sosthène après avoir acquis les preuves, réfléchit à l'usage qu'il en pouvait faire. Nul doute que la misère du dernier représentant de cette famille ne

le poussât à échanger son nom contre une fortune inespérée. Mais encore fallait-il trouver une forme légale qui lui assurât cette satisfaction; il en avait assez de ses faux titres.

Il songea tout d'abord à son tuteur, mais sans s'arrêter longtemps à cette idée. La bourgeoisie du vieux notaire se révolterait évidemment contre cette prétention. Mais, à quelle porte frapper, et comment présenter raffaire? N'allait-on pas lui rire au nez, et la somme de ridicule qu'il avait encourue déjà, n'allaitrelle pas s'augmenter encore?

Il se souvint d'un prospectus d'homme d'affaires auquel alors il n'avait pas donné d'attention. C'était un de ces papiers adressés par des industriels sans vergogne aux hommes dont on trouve l'adresse dans les annuaires de cercles. Ces chiffonniers spéciaux fouillent pour vivre dans les ordures mondaines.

Le programme est toujours le même ; toutes ces agences mystérieuses ont une formule identique :

« Célérité, discrétion. — Monsieur un tel opère lui-même à la demande des intéressés, » etc., etc.

Les titres d'avocat et d'ancien avoué décidèrent Sosihène à s'adresser à Stéphane Martineau ; ces deux qualités le mettaient certainement à même de lui donner un conseil.

Le cabinet de Stéphane Martineau était situé rue du Petit-Carreau, près du passage du Saumon. Le prospectus portait de neuf heures à midi et de deux à cinq heures; bien qu'il fallût à peine trente

40 LE MARQUIS DE S AIxNT- ETIENNE

minutes pour franchir la distance, il lui semblait ne pouvoir arriver dans une heure, tant son esprit s'alarmait des lenteurs de son corps.

A midi moins dix, le fiacre s'arrêta devant un ancien hôtel transformé en ruche industrielle. A chaque étage, à chaque fenêtre, s'étalait une enseigne ; les montants de la porte étaient garnis de plaques de métal indiquant les différentes professions des habitants de la maison. A côté d'une sage-femme, on lisait en lettre d'or sur une petite plaque en tôle vernie :

Page 1