C.VROl-lNE
Et le médecin?
LE DUC
Pas de médecin, .l'ai couru toute la nuit pour rien. Il est en tournée; il no revient que ce soir.
CAROLINE
Allons! j'espère qu'il trouvera le malade guéri.
LE DUC
Puissiez-vous dire vrai! Ce n'est donc pas grave, ce qu'il a?
Si, comme Pierre le croit, ce n'est que de la fatigue...
LE DUC
Mais si c'est du chagrin !
URBAIN, d'une voix f.iible.
Gaétan!...
CAROLINE
Il s'éveille !
URBAIN, plus fort.
Gaétan !
LE DUC, passant à la tète du canapé.
Me voilà! Comment te sens-tu?
URBAIN
Bien. J'ai donc dormi ici? Ouolle heure peut-il être? (Caroline
ouvre les volets de la croisée à gauche, le duc ceux de la croisée à droite. ) LE DUC.
Il fait grand jour. (Le théâtre s-éclaire.) URBAIN.
Alors... je ne me rends pas compte...
LE DUC
Ne cherche pas à te souvenir. Repose-loi encore.
UUBAIX.
Non! Je suis reposé... et je me rappelle... Mais qu'ai-je donc à la main?... Ce mouchoir... Tu n'étais pas seul ici?... Avec qui causais-tu tout à l'heure?
LE DUC
J'arrive, et je demandais de tes nouvelles à la personne qui a passé la nuit près de toi.
URBAIN, agité, voulant se lever.
■ Et cette personne?... Je veux savoir...
CAROLINE, s'approchant d'Urbain.
Ne vous tourmentez pas, monsieur le marquis; cette personne c'est moi. Je passais hier dans la galerie, j'ai cru entendre appeler, je vous ai trouvé comme évanoui, je vous ai mis là. IM. le duc a été chercher un médecin qu'il n'a pas trouvé. Il a caché l'accident à votre mère; soyez tranquille, elle ne saura rien. J'ai écrit des lettres ici pendant que vous dormiez. Vous n'avez pas eu de fièvre, et je crois à présent qu'il faut essayer de déjeuner un peu. Tout cela est bien simpte et ne doit vous
causer aucune inquiétude. (EUe sort paria galerie en emportant la lampe, qu'elle a éteinte. )