ACTE nUATIUF.MI
Li: DUC.
Ce que tu viens de dire est le cri de l'amour qui se dévoue, ne t'en défends plus! Moi , je t'ai exaspéré sans le vouloir, sans m'en douter... Je t'en demande pardon; j'aurais dû comprendre plus lût.
URRAIX.
Gaétan, j'ai été odieux! J'étais fou, j'avais le délire... Je suis
bien malheureux, va ! (U fond en larmes et tombe sur la chaise à gauche.) LE DUC, pKs de lui.
.\llons, pas de faiblesse, voyons ! Toi, si courageux !
URBAIN
Laisse-moi être faible! il \' a si longtemps que j'ai l'air d'être fort !
LE DUC
Au fait, oui; pleure, ça te soulage; mais tâchons de parler raison. Sache d'abord (|ue. hierau soir, c'est Pierre qui a accompagné mademoiselle de Saint-Geneix à la promenade, (urbain se lève.) Tu as cru que j'arrangeais un tète-à-tête pour moi... C'est absurde! Oublions ça à tout jamais. Moi, comme je n'ai pas envie que ça recommence, je te déclare et je te jure que je n'aurai plus la moindre velléité d'amour et de mariage pour mademoiselle de Saint-Geneix.
URII.AIX.
A quoi bon ce sacrifice, puisque...?
LE DUC
11 servira à ne pas te faire souffrir ot à ne pas troubler notre amitié. J'en ai assez, moi, vois-tu, du chagrin de cette nuit! C'est trop lourd pour moi, j'en deviendrais fou! Le sacrifice, d'ailleurs, n'est pas immense, puisque mademoiselle de Saint- Geneix n'a seulement pas compris qu'elle me plaisait. Et puis, tu las dit et lu as raison, je ne suis |)as inconsolable , je ne suis pas tenace. Avec un peu de bonne volonté , et le ciel aidant, je serai amoureux d'une autre p^ul-ùlro avant huit jours.