BI'.UEL
Baudry lui écrit souvent, il aurait peut-être des nouvelles. J'ai des raisons de ne plus m'en rapporter aux commis, et j'avais prié Baudry de s'occuper d'une alTairc.
MADAME GERVAIS
Monsieur Olivier sera ici dans un quart d'heure.
BRU EL
Alors, je vais l'attendre, (n va vers la ciicminée. )
MADAME GERVAIS
Ne cassez pas l'autre potiche. (Brucl s'assied et prend un journal.)
ANDRÉE
Père, qu'est-ce que monsieur Olivier est donc à monsieur Baudry?
BRUEL
Tu me fais là une question que je me suis faite plus d'une fois et à laquelle je n'ai jamais pu rf'pondre.
MADAME GERVAIS
Je dois informer monsieur Bruel que j'aime beaucou;) monsieur Olivier et que je ne le laisserai pas attaquer chez moi.
BRUEL
Je n'attaque pas monsieur Olivier, je dis que je ne le connais pas.
14 JEAN BAUDHV
MADAME GEP.VAIS.
Vous ne le connaissez pas? Vous le connaissez depuis dix ans!
BRIJEL.
J'ai vu quelquefois au Havre, comme Andrée l'a vu. un collégien d'abord, puis un étudiant en médecine, qui venait passer ses vacances chez Baudry ; mais je ne sais pas ce qu'il est.
MADAME GERVAIS
Dites tout de suite qu'il y a quelque chose de louche ! La preuve qu'il n'y a lien, c'est que vous ne savez rien. Monsieur Baudry est votre ami, et vous n'êtes pas sans l'avoir interrogé.
BRUEL
Il m'a répondu que c'était un garçon sans parents, qui lui avait été recommandé enfant et auquel il s'était attaché.
MADAME GEPiVAIS.
C'est la vérité. Je conçois que, lorsqu'on n'a pas d'enfants et qu'on en rencontre un gentil, caressant, bien élevé...
BRUEL
Olivier était un enfant insupportable, violent, révolté, mauvais...
MADAME GERVAIS
Pourquoi pas un monstre? Il était un peu vif, un peu volontaire, un peu emporté; il était de son âge. Tout le monde n'est pas tenu d'être né à cinquante ans, comme vous. Et cet enfant insupportable a fait le plus noble et le plus charmant jeune homme qui soit.