SCÈNE IV
JEAN BAUDRY, BRUEL, ANDRÉE
Alors il n'y a plus qu'un moyen de vous sauver.
BUUEL.
Oh! il n'y en a plus.
JEAN BAUDUY.
Il y en a encore un.
BRUEL
Lequel ?
JEAN BAUDRY
Ce serait que mademoiselle Andrée épousât quelqu'un de riche.
BRUEL, amèrement.
Ah! oui.
JEAN BAUDRY
Alors, vous ne pourriez pas empêcher votre gendre de s'occuper du nom de sa femme et d'y tenir plus qu'à quelques sacs d'écus. Ce ne serait plus pour un autre qu'il payerait, mais pour lui-même, et ça ne vous regarderait même plus.
BRUEL
Vous connaissez quelqu'un de riche qui demanderait Andrée maintenant?
JEAN BAUDRY
Peut-être.
BRUEL
Qui la demanderait, la sachant ruinée?
JEAN BAUDRY
S'il ne la savait pas ruinée, il ne la demanderait pas.
BRUEL
Qui?
JEAN BAUDRY
C'est... Mais, avant de vous dire son nom, je vous conjure une dernière fois d'accepter l'offre que je vous ai faite. Laissez-moi vous aider, vraiment, je vous en prie.
BRUEL
Ne revenons pas là-dessus. Je vous ai dit mon dernier mot.
JEAN BAUDRY
Alors, il faut parler. Mais mademoiselle Andrée se souviendra que j'ai insisté, et que ce n'est pas ma faute s'il n'y a plus au monde que ce moyen de sauver son père. Eh bien! je parle. Celui qui... Non, j'ai quarantesix ans, et je n'oserai jamais !
ANDRÉE
Mon père, je vous demande de me laisser épouser monsieur Baudry.
JEAN BAUDRY
Yrai?
BRUEL
C'est donc vous?
JEAN BAUDRY, à Andrée.
Vous n'oublierez pas que j'ai fait ce que j'ai pu pour ne pas être heureux ?
ANDRÉE
Vous êtes le plus noble des hommes.