‹ Le marquis de VillemerChapitre 25 sur 197 · URB.VIN · texte numérisé non relu

URB.VIN

Vous riez de tout, Gaétan !

LE urc.

Je ris de tout ce qui est risible.

un B.\IN.

Mais ceci ne l'est pas; car, si ma mère le savait, elle en mourrait de chagrin. Il fjut donc que ce ne soit plus.

LE DUC

C'est aisé à dire.

URBAIN

Et à faire. Voici la quittance de tout ce que vous deviez. Il ne faut p.is qu'un homme de votre esprit soit forcé de tant admirer son valet de cliambre. Vous ne devez plus rien et il vous reste douze mille livres de rente, (niai donne la quittance.)

LE DUC

Urbain !

l RB.\IN.

Eh bien ?

LE DUC

Vous avez payé mes dettes?

URBAIN

Oui, puisque vous'ne pouviez pas les pa\er.

LE DUC

M.iis notre mère les avait déjà payées une fois!

N'axant plus ri:^n, elle ne pouvait pas les payer une seconde.

LE DUC

Alors, je vous ai ruiné aussi?

URBAIN

Piis complètement. Ce qui me reste appartient à la marquis*, à elle seule! Nous pouvons a\oir le bonheur de la conserver longtemps, et elle ne doit rien savoir de ce qui sera après elle.

LE DUC

Et vous avez cru que j'accepterais cette mortification de vous devoir...

URBAI N.

Pourquoi laissf^z-vous votre orgueil parler avant votre cœur? Ce n'est pas son droit, il n'est que le cadet.

LK DUC

réimporte! je refuse! Nous ne sommes pas les enfants du même père, nous ne portons pas le môme nom, vous ne me devez rien.

URBAIN

Nous avons la même mère, et cela suffît. 11 e-t d'ailleurs trop tiird pour refuser. Vos créanciers sont peu disposés à rendre ce qu'ils ont reçu; vous n'en avez plus qu'un, c'est moi, et celui-là a le temps d'attendre.

LK DUC, passant ii droite.

Misérable que je suis! Pourquoi?...

URBAIN

Pourquoi n'avoir pas cédé à la tentation de vous brûler la cervelle?

LE DUC

Eli bien, oui ! j'aurais dû le faire.

URBAIN

Ajouter un crime irréparable à de réparables folies? Si vous n'aimez personne, il y a encore des gens qui vous aiment.

LE DUC

Il y a ma pauvre mère, c'est vrai !

URBAIN

Et puis?...

Page 1