‹ Le martyre du cœur drame en cinq actes en proseChapitre 22 sur 134 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

MADAME DUROZO IR.

Pauvre jeutiô homme !

Bientôt après, ma tante reçut une lettre de ma mère, — ma mère que je n’avais pas vue depuis l’âge de six ans, et que je ne devais plus revoir non plus ! Elle nous adressait ses adieux suprêmes : elle devait suivre mon père à l’échafaud... Vous savez le reste. (a»<-c «•ir-n.) Par malheur, mon père avait emporté avec lui le secret de la retraite du marquis, et ce dernier avait perdu notre trace. J’avais juré à ma tante de faire élever Clarisse de façon à ce que son père, s’il revenait, n'eût pas un jour à rougir d’elle. Voilà pourquoi j’ai choisi votre pension; voilà pourquoi j’ai travaillé douze heures par jour, pendant onze ans; pourquoi, il y a quatre mois, sentant ma vue s’affaiblir, j’ai pris le parti d’aller en Allemagne, où j’espérais retrouver’ le marquis. Mais, hélas! j’ai presque la certitude aujourd’hui que le marquis est mort, et que cette pauvre Clarisse est deux fois orpheline !

MADAME DUROZOIR.

Mon Dieu ! que dites-vous?

Je suis de retour depuis six semaines; ce voyage m’avait pris nies dernières ressources; je tombai malade, mais, grâce à Dieu, me voilà guéri et tout prêt à reprendre le burin. Je rattraperai le temps perdu, soyez tranquille, et vous serez payée, madame.

MADAME DUROZOIII.

Vous n’avez plus de famille?

Pas même d’amis; hormis une brave et excellente personne, madame Jacqueline, nia ménagère, une sorte de pauvrette qui se jetterait au feu pour moi.

La charge que vous vous imposez est au-dessus de vos forces. Clarisse peut travailler.

Elle?

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