ACTE II
pas trop laid... Ah! j'oubliais!... dans cet angle, un clavecin... — Vous feriez de la musique... — vous êtes si bonne musicienne!... le temps passerait viteainsi, je vous assure!... Qu’en dites-vous?
CLARISSE
Ces dépenses sont inutiles... Pourquoi ne pas me conduira tout de suite chez mon père?...
Votre père ne vous attend pas encore.
CLARISSE
Mais, pourquoi m’avoir fait sortir de pension?
Madame Durozoir vous a conduite ici malgré moi.
CLARISSE
Malgré vous?... et malgré ma famille?... cela n’est pas vraisemblable, Laborie, vous me trompez?
Oh! mademoiselle.
CLARISSE
On m’aurait donc chassée ?
Non, non !... Madame Durozoir craint de n’être pas payée régulièrement.
CLARISSE
A h ! . . . — Et d’où lui vient cette crainte?. . . Vous vous taisez ?... mais en vérité, monsieur, vous me traitez trop en enfant... On m'offrait, ce matin, une place de sous- maîtresse; à présent, on m’offre une mansarde... vous conviendrez que c’est étrange.... Voyons, monsieur, quel malheur me cachezvous?...
Aucun ! Aucun ! (a p»rt.) Elle en mourrait !
CLARISSE
Mon père vit, n’est-ce pas ?
Oui, oqi !
LE MARTYRE DU CŒUR
CLARISSE
Quel lieu habite^t-il ?...
Ce secret n’est pas le mien.
CLARISSE, allant •'■•seoir.
Fort bien... Dieu m'a fait cette existence singulière d’être l’héritière de l’une des plus grandes maisons de France et de d'avoir qu’à obéir... j’accepte ma destinée sans me plaindre. — Combien de temps dois-je attendre?...
LABORIE, à part.
Ah! mon Dieu!
CLARISSE
Est-ce encore un secret ?
Du tout... mais du tout... un ou deux jours seulement. ~
CLARISSE, prenant nu livre.
Bien, lais&z-moi, je vous prie. (Faium semblant do tire.) 11 me cache un malheur !
LABORIE, à part.
- Elle me hait maintenant !
CLARISSE, à part.
Il craint peut-être mon désespoir!... Oh! je veux tout savoir !
Vous n’avez besoin de rien... mademoiselle?...
CLARISSE
Je vous croyais parti... — Non, rien. (Laborie salue et veut se retirer.) Encore un mot!... — J’ai mes petites cruautés d’enfant gâté, mes caprices et mes injustices de jeune fille, dont je rougis, Laborie. Ce matin, je vous faisais presque pleurer devant Suzanne, tout à l’heure encore je vous ai blessé... pardonnez-moi !...
Ah! Clarisse!... un mot de vous rachète bien des larmes!...
Vous êtes bon. (Lui présentant une chaise.) Maintenant causons, le voulez-vous?... — Je ne vous ferai qu’une question à