ACTE I
PLACIDE
Et vous vous étiez accroché à cette planche...
LERDAC.
Comme un noyé.
' PLACIDE
J’ellais dire cela.
LERDAC.
Et, vous savez, les noyés...
PLACIDE
Ne lâchent plus ce qu’ils avaient tenu une fois... C’était pourquoi, vous ne lâchez plus moa... Oh! je savais bien... Moa, pas un nègre paour vous, moa, une lingaot.
LERDAC, à part.
11 est étonnant de lucidité, ce Caraïbe-là. (Haut.) Mais, avec cela, vous faites tout ce qu’il faut pour nous ruiner, savez-vous, '* Placide?
PLACIDE
Le duc et vaous ?... Oh ! maovaise, maovaise idée... L’oncle du duc, mon maître, paovre cher homme, m’avait dit à son lit de mort: «Placide, tu pléceras en ton nom seize cent mille » francs à la banque de France... » Je l’ai fait... «Placide, tu » donneras au duc de Valmarlin, le fils de ma sœur, les rentes » de ces seize cent mille francs... » Je les donne... « Pla- » eide, retiens bien mon dernier vœu... mon vœu suprême...- » Si au baout de cinq années... »
LERDAC.
Mon bon Placide, dispensez-moi d’entendre encore ce récit. L’accomplissement de ce vœu serait un désastre pour le duc et une ruine pour moi, vous le savez bien. Au nom du ciel, laissez— moi mes illusions... Laissez-moi croire que nous atteindrons sans encombre le terme des cinq années. — Mais savezvous, Placide, que ce jour-là, je vous ferai un cadeau de roi ?
PLACIDE
Moa, assez riche... Le marquis avait donné cent mille francs à moa.
LE MARTYRE DU CŒUR
LERDAC.
Eli bien! je vous en donnerai cent autres mille, moi, pour que vous vous souveniez de notre bonheur... Qu’avez- vous à répondre à cela?
PLACIDE, 14 Icoaul U tête.
Oh! le sang!... Vous sévez le sang à moa.„
Ah! ah! vos bourdonnements?
placide;.
Moa, plus entendre du toute, du toute.
LERDAC, | part,
Oh ! nègre rusé ! voilà sa tactique ordinaire pour évi|er de répondre. — Ah ! si ma fortune n’étidt pas dans ses mains!