ARRAS
Si la plupart des proconsuls envoyés par la Convention dans les départemens, sous Tinfluence de la faction Dantor niste-Chaumétiste y en octobix 1798; re^sembloient plus ou moins à ce Théotecne, aux sacrilèges fureurs de qui Dioclé*tien livra les chi^étiens de la ville d'Anoyre,. vers l'an 3o3 î nul ne lui ressembloit mieux que cet apostat^ Joseph Le- Bon, à qui tout pouvoir sembloit 'donné par l'enfler même sur les provinces de l'Artois et du Cambrésis. On rëconnottra son caractère^ ses procédés, ses forfaits et ses complices dan$ ceux de Théotecne qui^ suivant le récit d'un témoin oculaire, étoit <i un homme sans mœurs, déserteur de toute piété , d'un esprit turbulent, d'un naturel plein de violence, enclin à la cruauté, méchant à Texcès, avide de carnage et de sang, exécrable sous tous les rapports, et dont on ne sauroit mieux faire apprécier la perversité, qu'en disant que c'étoit à cause de cet infériial mérité que le gouvernement de la province de Gatàtie lui ftvoit été (Confié. Il af oit promis à Dioctétien que, s'il l'obtètioit, il y ferôit bientôt disparottre tout vestige de christianisme , et y transformeroit même en p Viens tout ce qu'il pourroit y trouver de fidèles.
» Sa réputation qui l'y précéda , répandit l'épouvante parmi les âmes pieuses 3 et la terreur qui s'emp&ra â^es esprits fit que tous les habitans étoient consterBés, comme si le plus grand fléau du ciel eût plané sur lears tètes. Les voies de 1a persécution lui étoient préparées par des complices qui, pour attester la grandeur de sa puissance, rannoncoient comme devant renverser les autels et raser les églises: A peine est-il arrivé que les prêtres sont saisis et traînés aux idoles pour qu'ils y abjurent leur Foi , et les laïcs religieux
qui ne paroissent pas disposés à suivre ses vues impies, Toient déjà leurs biens çonisqué^, et sont jetés avec leurs enfans dans les prisons pour y Attendre le dernier supplice* L'association dlionilnes inéame«^, qui seconde ses abominables projeta, partage son temps entre les forfaits et des orgies d'où ils sortent encore plus ivres de scélératesse que de vin, en s'abandonnant à tous les excès de fureur dont peuvent être capables les plus frénétiques démoniaques. Ils fondent sur les maisons particulières, y saccagent ;tout ce qu'ils ne peuvent emporter; et quiconque résiste , quiconque Teut seulement s'expliquer, est traité de séditieux. Plusieurs «ont précipités dans les fers ^ et l'impunité de ces démons déchaînés, lâchant la bride à tous les méchans dont la perversité s'étoit contenue jusque-là, les dénonciations sortent de toutes parts ; les amis sont trahis par leurs amis ; Içs gens pieux sont calomniés; des femmes vertueuses, et d'innocentes vierges sont audacieusement enlevées par des hommes impudiques. Les chrétiens qui veulent fuir, ne trouvent plus d'asiles où ils puissent être eu sûreté : et cependant aucun d'eux n'ose se montrer en public (i). »
(i) Quidam, Theotecmu nomine, patriœ nostne regimen conseaUu^est ; homo incompoêitus f Uuindus, violenUis, ad seeuitûun proclivis , malignus om* mn6y eœde ac sanguine gaudens , desertor pietatis, omnîmodû exsecrabilù, et eujuê nequitUun nullis perbis meliùs pessim expUcare , quàm dicendo quàd ejus sotius mémo tam magnœ dpkaUs administrationem acceperit. Mtenim impcra» ton adversùs Ecclesiam belligeranU promUerat quàd si hujus regionù g^hematio 4d>i crederetur omnes quotquot hïc , sunt chrùtiatios , hrcui tempore traduceret ad impietatem, Hicergô, piiùaquam fines nostros ingrederetur, sola suiadtfentûs Jama pios omnes sic extermà , ut desolatafuerit plenitudo Eccksiœ , etfugitwù impletœ soUtudines montàtnuftie cacumina : tantusque omnes terror im^asit , ae si demissa cœlitùs plaga impenderet capitibus uniifersorum, Prœmittebat enim
nuntios adfirentes edictapotestatis commissœ ampiâudinem testantia, quAu»
prcBcipiehatur ut omnes ubique Bcclesiœ cum suis altarihus œquarentur solo; sacerdotes traherentur, et cogerenturgururepietatem; omnium jBOMtem eorum qui prœceptis contradicennt Jacultates addicerentur Jisco ^ qtsique\ip Ukeri eorum
includerentur carceribus , Prœsidi ad supplicium reservandi Consilium
aiitem maUgnantium ipsi sitœ perditionis harathro innatans , versabatur in co^
Ici doitVarréter la citation, car si nous la poussions plus avant, nous anticiperions trop réellement sur ce que nous ayons à dire de particulier sur la mission du proconsul Jo* seph Lebon , dont il importe essentiellexaent de faire connotti*e le but et les manœuvres , pour qu'il reste bien évident qu'elle fût animée de la plus féroce haine contre la religion, et que ceux qui , dans cette occasion , furent immolés pour cette cause, périrent véritablement en Martyrs,
Ce proconsul, né dans Arras même, vers 1765, et admis ensuite au sacerdoce, avoit, sous lés auspices de la constitua tion cisdle du clergé y ilsurpé la cure de Neuville- Vitasse , près d' Arras. Ardent pour la révolution , il étoit disposé à la seconder dans tous ses excès; et, devenu membre de la Convention après le 3i mai 1798, il y mérita bientôt par sa criminelle audace , d'être envoyé , le 9 août , proconsul à Abbeville. Il en fut rappelé le 4 septembre , pour accroître sans doute la force que la faction Dantoniste y acquéroit {Voyez Lois et Tribunaux révolutionnaires) \ et ce fut cette faction qui, dans la séance du 18 vendémiaire an II (9 octobre 1798), et sur la demande de Barrère, le fit envoyer dans l'Artois vers le même temps où Carrier Fétoit à Nantes, Francastel à Angers, CoUot d'Herbois et Fouché à Lyon, etc. {Fby. Nantes, Ahoers, Lyon.)
mêssation&ttt H eompotaUùmbuê : et êuœ p/rupenuaù excestum portare non vaienUs ùnpUf ac nimid maUud pehu mero dvii^omma quœ insanijurentesque êolentf agebant et patùèantur. JStenùn imtmpentes in domos nulta apparente ex caue^f oMa quœque dùipiehant^ netpêe mjunamfirentmm akquU mMwt iptù $e opponere : nom si uenio ohloqueretur quispiam , reus agebatur insolentiœ ac setUtêoniê, Cùm ergb sic proposàa essent impia edUsta , et primi quique ex frauihua qd eustodiam ferro vincti tenerentur in earoere; christianorum nemo appariât in puBUoo : palàm autem expiiabantur eorum œdes , prodeèantur aniïdj cabtmmam patiehatur reàgio^ muHeres iagenuœ virginesque à laswis
hominibus ùwerÊmndè raptabantur Deerat enimfugitiuis sabitis hcus , et ab
ans Tvcesseran^^rdotes , dereUnquentes uestHadaecclesiatum: diUnque eorum facukates impus essent expositœ ad rapinam, etc. (Ifiliu, testis oculntus, m BoUandinianis t tom. iv maii» die 18 bojus mensia. )
JLebon se hkia, de créer dans la ville d^AiTAs , «ii ttibunal réuoluiionnairey pour. Taliment duquel ses agena ealasaoient des vieltmea dans les pvisoat; et le comité de salut public de la Convention étoÂI si ûontent de ce début, quç, le a6 brumaire (i6 novembre), m jours après l'impie £ète de lai?aison à I Paris ^ trois des membres de ce comité, pleins de resprit.qui l'j a voit animée, savoir : Billaud-Vai^ennes^ Camot et Barrère écrivirent à L^bon pour l'encourager dans ses attentats : « Investi, comme, vous Têtes > de pouvoirs illimités, lui disoient-ils , vous pouvex prendre dans votre énet" gie toutes les mesures commandées par le salut de la patrie* Continuez votre attitude révolutionnaire,... secouez sur les traîtres \ejlamheau et le glaive^ Marcbez toujours , citoyen collègue , sur la ligne réi^olutiommire que vous suivez avec courage : le comité applaudit à vos travaux (i) ».
Gomme Lebon, diins Ift crainte encore de n'avoir pas asses de liberté pour le mal ^ avoit montré quelque bésitation au comité , Billaud-Yarennes lui écrivit bien vite dans le même temps : « Les autorisations que .Vous demandez, seroient surabondantes ^ toutes ces ^mesures dont vous parlez , sont non seulement permises , mais encore commandées par votre mission : rien ne doit faire obstacle à votre marcbe réf/o<^ lutionnaire. Abandonnez-vous à votre éntirgie. Vos pouvoirs sont illimités. Tout ce que vous jugerez convenable au salut de la patrie , vous pouvez , vous devez le faire sur-le-cbamp. Nous vous adtéfidons un arrêté dti ôonljté d« Sàhit piAlic qui étend vos pouvoirs aux départemens voisins (2) ».
'Le sang' des prêtres avoit déjà commencé à couler sur i'échafâud d'Arrad ; él lés prisions de cette ville se relnplis- «oient de plus en plus de victimes. Lebon, voulant jouir
( I ) Rapport de Saladin h la Convention , au nom de la oomamsion des V ingtiin chargée de Vexamen de la conduite de quelques mein^B| du comité de .^alut public y en date d^ 16 ventoit an III (6 mars 1795), pig. od.
(a) Ibid. , pag, 69.
'^le 0^a'a^cvoi0seaietif de pouvoir, setranapbrie t^^s le-ttfiHieu de dééeoibive à Cambray, pour y faire arrêter detf fn^tteê e« des nobles ^ puia il rerieiik à Ansair ini déjà , le t i février, 11 fait recommencer les exécutioma; Le 7 mara (17 ventôse), il signala sa rage coBtre les catbolicpieav pdrun mvélé dama lequel,. avec un. choix doa^t rimptéié n'éioit pas douteuse , il pfoscrint lies fidèles de la paroisse de NenviHe-^Vt tasse que la. .iei^meté de leut Foi avoît enpéeh'é d'assilltér à iû BEuesse, hE>csqu,'il y étoit curé acbnsmatiqne. Gejt ade Ol*dôttnoit aux officiers municipaux de> cette parots$é «d« Aire arféter et conduire dans les prisons d'Arraa tims les bommes et tontes lesi femmes qui, en 1791 et 179a > n'aiorent paél assisté aux messes des prêtres constitutionnels » ; assistance que, dans l'acte même il appelait aussitôt u sottise nécessaire en, ce temps-là ».
D'après ses ordres , son tribunal ne manqnoit famaia de demander à quiconque étoit traduit devant lui , s^il avoit aasisté à la) messe de ces prêtres^ et qnandon répondoit ce non, qui étoit une profession etpresse de la persévérance dans la Foi catholique^ les juges s^écrlolent à l'instant: fc C'est, un fimatique perturbateur, un. aristocrate; il est cendamné à la peine de mort». Lebon avoit d^ailleurs détîdé solennellement que chaque décade » le tribunal enverroit ?i la guillotine dix prêtres non. iMsermentés (1).
La féroce impîélé du piroconsul étok èneére vivement stimulée par une lettre que Barrèïe et CoIIot-d'Herbois lui adressèrent le i*' ventôse (19 février) 9 au new du comité de salut public , en lui disant : « Le fanatisme s'agite dans la commune de Lambres; la superstition lui prépare des armes ; $ache l'arrêter ^ éclaire le peuple ; assure - toi de ceux qui régarenfc : arréie et frappe (a) ».
Lorsqu'à la fin de mars, Roberspierre, momentanément
([i) Prudhomme : Hist, des Crimes de la Révolution, tom. VII, pag. SSq efc fuiv.
(a) Rapport de Ssdadin a U Cont^enUon, pig. ^^, pièce $7.
vainqneuir de la &ction Dantoniste * Chaumétisie , dent i^ Sàiêoit gmlloliner les €he& , provoqua et obtint la loi du 37 germinal (i^ ayril), qui rappeloit leurs proconsuls^ abo" l^ssoit les tribunaux et commissions révohuionnaires qu'ils avoient créés,, et ëvoquoit à celui de Paris toutes les causée de révolution, Lebon, inquiet, et craignant d'être frappé, écrivit au comité , pour lui confier se^ alarmes ; GolIot-d'Herbois et Bttlaud-Varennes s'empressèrent de le raissurer , en Fautorisant , par un arrêté du comité de salut public , du 3o germinal (19 avril), à conserver son tribunal t^yoluUon^ noire (1)^ et,. le 25 floréal (i4 mai), applaudissant à ce qu'ils a^elpient son énergie ^ ils l'engagèrent à venir près d'eux, pour être a instruit de la manière la plus utile de l'employer », conformément à leurs vues particulières (a).
L'absence de Lebon ne fut pas longue , et il reparut bien-
(i) Cet arrêté 4 consigné dans le Mapport de Courtoia^ mais incideninient , et comme faisant partie d'une lettre de Lebon au comité de Mdut fkthtic (pièce 80^ pag. 379), est en ces termes : « Extrait des registres du CQmité^ etc. — Le comité de saba public, instruit par le nepréaentant du peuple Lebon des circonstances importantes qui rendent nécessaire le tribunal institué i Arras pour réprimer les çonspiraiions, arrdte <{ue ledit tribunal continuera l'exercice de ses fonctions. Signé, C. A. Prieur, Roberspierre, B. BalréM^ Billaud-Varennes ». Comment se fit-il donc que Roberspierre signa alors on pareil arrêté, contraire ad but de sa loi du 37 germinal ? Fut-ce comme membre présent et obligé, sans être de cet avis, selon que cela s'est pratiqué en de semblables conseils ? Ce qui porteroit à le croire, c'est que l'enToi de Tartêté à Lebon lut bientôt suivi d'une circulaire qui en détmisoit l'effet» et dont Lebon se plaignoit avec anxiété dans la même lettre du 9 floréal (218 avril) , qui nous iàit connottre que l'arrêté n'avoit pas été fait d'un consentement unanime. « Le 39 germinal , dit-il, je vous dépêcbe un courrier pour vous demander si le tribunal révdujtipnnaire séant en cette commune ( Arras ) doit cesser SCS fonctions, en vertu de la loi. du 27 dudit germinal; voici votre réponse : extrait det registres , etc. £b bien, il vient de nous arriver une circulaire
qui nous rejeté isLiu un nouvel embarras Hâtez- vous de nous<lire, si , par
cette circulaire, vous avea cru rapporter votre arrêté du 3o germinal; |e ne le pense pas. Si cependant vous avez eu cette intention : commandez-moi de périr, ou rappelez-moi dans le sein de la Convention nation^de ; assignez aussi un asile aux braves qui m'ont secondé »^ (Rapport de Courtois , pièce 80.)
(a) Hist. des Crimes de la Rm^ol, tom. VI, pag. 37a.
tàtdatwAir^s, en âttHé&oant qtÉ'il alloity fuire tomber six eentà têtes ; que le comité Itti aVoit reproché d'être trop modéré; et, pcmr en stitTre mieii^ les dessems, il recomposa son ti'ikvoial ré^uii&nnuA^ avec des monstres qui ne de- "voiest épargner aueiil^^riso'naier.
Pfermi les komme^ qu'il fit ferréter alors , étoit un adjudantgénéral, nommé Leblond, qui l'avoit dénoncé avec raison, c^mme complice de la faction athéiste d'Hébert et Cbau* Mtet (i); mais^ l'iaffaire de Leblond étant évQquée à Paris, Roberspierre l'y fit délivrer. C'étoit à lui que Ton croyoit devoir recourir pour obtenir que les Artésiens , ses compa«^ triotes, ne continuassent péis d'être opprimés par le système Dantoniste-'Oiaumétiste. Un voyageur, n^JiuBfvé Brune, lié avec la sœur de Robexspierl)^ , et qui revenait d'Arras à Paria , où elle étoit, lui écrivoit,* h 6 floréal ( a5 avril): « Ce que Ton a dit de ton pays est vrai : depuis six semaines, on y a guillotiné cent cinquante personne», et incarcéré environ trois mille. Dtes citoyens soiit «Ué tlrouvei" un ami de ton frère (Roberspierre le jeune ); ils lui ont dit : Vous seul pouvez faire entendre la vérité; Roberspierre a confiance en vous. Il leur a répondu : Comment pourrois-fe écrire , puisque tous les soirs on assiste au départ des lèU^es (pour lés ouvrir, et pour saisir celles qui contiendroient desC plaintes)? Le rapport de Saint- Just. et le décret du 27 germinal avoient fait naître quelques espérances f mais hier on a publié que, dans toute la Riépublique, la seule ville d'Arras ne ^uiroit pas de la sagesse de cette loi (a) ».
(i) Jimpport lie Courtois, pièce 79, pag. 279, un ffoét'-êcr^mun d'une lettrt de Lelx>ii au comité de salut pûbUe^ en daté du 3^ floréal an II (aa atril X794)* (9) Rapport tU Courtois, pièce 80. GeUe-ci et la suivante sufflflènt pour faire 'présumer qu'il n'y ayôit ni connivence, ni correspolidance elitre Lebon et Roberspierre > ni même entre ce dernier et les mettdNnes du coniité qui correspondoient avec Lebon. Malgré toute leur envie de fiiire retond>er les atrocités de ce proconsul sur Koberspierre , le Thermidorim. Courtois n'a pu citer aucune lettre de l'un à l'autre , à cette époque ; car la seule qu'il ait trouvée (pièce 8a) cit da ad août 179a ; et et a'ast passiiiis sopei^iane qu^il^l'à i^ist sous le mémeN*.
.Lei>oj|iii' $e Htâ de, ^%s$evi àtGeimki^i pojtir remplir les nouvaUes inte^ntious du jCQi^il^j «ftwine elles l'étoîent défâ 4a^ Arras ;. et^ dès leleod^opiaimi d^ $Qn adrsivée, on l'y voit^ le. 1 8 floréal (7 mai), convoque^ tolis l^aii l'évolulionnâîres de cette ville 9 pour leur fairç le plu^vi^^leui discours d'athéisme qu'i|xSOÎtpcMisî]>l«f d'jentendre. Il4n rendttffiompte, lelendem^iUgi au comité 9 par une letti^i^ QÙril- dîsoits « Le dÛKSoure
>it ;
qu'une lettre de DartTié à Lebas, du 3o fforeàl an |I (19 iqai 1794) y 6t qu'il Va préaentAe Mirée celte dafte um peu 'loucàe •: Pdn Ilï'de la rëvabition^ Son conlenu .4éi90|il^ .^'i^^ a'oopapoit alg^fl ^'é}ire cl4«.d«pvtc0 pour formel la (U>é^ ifenthn, La révolution a^ant compEienqé ei^ 1789^ l'animée 179a, au jpoù d'août, en étoit la troisième, lues lettres de Dâillet et Buissart à Rc^rspierre , lui demandant la <^iitiftt(à%ion du ti'iJbtmd rèçùkuionnaù^ d^ArrJas (pièces 84 > 8.5) , ^.pr^nifemi n«i,i<ptai0ilii'ellef ae. stomt |fia ilt Leb^n. Les Jhtrmidoinens , après la mort de ]^obc;;r9pi^rre , ^^nt ci^uler. luo^e Mtt-fk fipoiarypke deJoià Lebon, dans laquelle , en lui envoyant sa sijeur qui étoit ce^s,ée devoir la por» ter^ il lui auroit dit de la faire guillotiner/ parce qu'elle l'avoit sollicité de Mventr à dM^ssnliiliMis ai^onés pu» l'btatB(BiitM. €éttë létti^e' étbit calquée smdeuK aqtref|Oij^<VippV(Ç9^tiB#f (yii^p ^fd* Qtiqi»i«l«AemU«Ut pasflliu aothes^ tiques. La f^emière . ^nij datei, eft d^ Robespierre ieune à son frère, lui peignant leur sœur sous (ifés coùle)irs qui dévoient l'irriter; et la seconde , datée de Paris tS messidor (6 piiliè%^'T^^4')*^s^ ^^ ^tXXe siêurà son trèrfi atné. Elle s'y plmt h' .Ifiii'.dft <sà iiMfie «on^ elfe ^^t lui oniMoer qt^eMe ra se retirer chez un^ «miej».d^8 un^quartjLçV obscur 4e \a^ capitale. Cet^ femme ^uroH donc fait à Arras de fréquena voyages qui avoient dû la rendre- suspecte à son frère. On yoJt"^&r la lettre ci-dessus dé Brtiné qn^elle étoit i Paris le 26 avril. La lettre ds Davthé , écrite d'Aim» à^LeU» (pièce» 8% )^ montré qu'elle arriva à Arras le 17 miii «vivant. Il Auv^i^ Iî4ki qti'^Ut 10% fff mçav^ bientdtà Ptaria, pour que les lettres (p^ce 4^ a) qui l'y supposent bien des jours avant le 6 juillet, méritassent autant de confiance que lés deux précédentes. La pension que les Thermidoriens lai firent adjuger^ settbterott prouver qu'elle avoit fterti leur cause. Tou& cea doute» n*e»>ster»ient paa, «'île avoiept publié toutes les pièces trouvera par. ecguQbe» I^çber^pi^rce^ et Taut^i^ iff l'£(^^9fpt *9çr^^ du Tribunal révoluUonnfdre 9 e^ raison de « regretter que les pftpiera de ce oonfpirateur ^e. soient paa tQmbés entre le« maints de quelqu'un « q«j n'i^nropt pay en intérêt A rejeter sur lui U3U& les. forfaits dd la CpnventiQn. On.4»iirpit san« doute, continue «et. hûtorieua^oufl quella forme «it sapa quelle iénominfiitioo..vauloit régner cet bomme quji , suivaxjt XApfid k la PQsf,ériUy Y^ ^ ^^l?^f Roland., entendant cbez elle^ en 1791^ lors de \n, faite de Louiji XYl veri^Varennea, Pétion et Brissot parler de préparer le peuple à une répubUque « H^. en. iksJà^ liant: Qu'est-ce qua c*^est'{iu'wiiir$pvbUqùe? » (Paji;. 3x7 et 399 du tom. U.)
contre \e fiafiatisme a produit l'effet que f en atfendois. La salle regojrgeoit d^audfteurs ; et je pénlse qu'il» en sont sortis furieux contre les atnAi^iàs 'marchands dUmip^&mres^ : c'étoit ainsi qu^ii app«loit les «Ministres de k r^igion de Jésus- Christ. Quelque temps après ^ c'est-à-dire le 23 prairial (i I juin)^ il écrfvit'dereclieffitt- comité, pour èe^iiàfér de ses meurtres- sacrilèges ;i ei^ lui disant : « L«5 parens et amis des prêtres réfractaires , comme des émigrés, i^ccaparent la guillotine. Avant^kier, utte riche dévote... a subi la peine due à ses crimes. ..» •
Cependant, comme, 4'^pi'^^ ^^ ^<)î quo Boberspierre avoit fait rendre , le sa prairial, et sa' fête anfti^athéiste de r£%re- Suprême (Foy. Lois et Tribun. RÉvotÙTiOïm.), on pouYoit croire^ en province, que la faction Dantoniste-Chaumédsle étoit entièrement désarmée dans la Convention et ses comités; comme, quelques jours après, l'on ignoroit encore, à Cambray , que RoberspierTe, contrarié parles autres membres du comité de sahuipublic^ s'en étoi t retiré diepuis la fin de prai>> rial (lâ ou i6 juin), et que ce comité , ayant déjà fait revenir clandestinement, à la Gonv^ention, tous les Dantonistes qui ëtoient dans les dépaptèfdens, pour la rendre puissante contre Roberspierr^, y acquérodtf de la force conti^elui ; desGambré- ^iens crurent pouvoir, avec ^ccés , y envoyer une plainte contre le proconsuL Celui-*ci y fit arriver presque aussitôt, pour servir de cotttre-poids à cette dénonciation, une péti* tion de ses complices, par laquelle ceux-ci vantoient ses opérations soit^^Lisaiit patQotitfues , et demandoient qu'il d^mjQur^t au milieu d'euix (Séaiice du jom!esfijdoi>«wa^juin). En vain quelques membre^ de Rassemblée appuyèrent les dénonciateurs; Barrère vînt, le 21 messidor (9 juillet), disculper splenneUement JoMsph Ldhon^ au nom dii. comité de salut public, a L'homme,, dit^-tl, rhomme qui terressse les ennemis du peuple , fût-ce avec quelque excès de zèle ou de patriotisme , ne peut être inculpé de vaut vous..... Les npiesures que ce représentant a prises ont s»uvé Cambray, cou-
vert de trahisofiâ ». La Gonyçiitton, subjuguée par le comité qui étoit tout Dantomefi » ue sut que passer à l'orcire du four ^ H par là, Joseph Lebon fut autorise a continuer ses impiétés et ses meurtres^ dans le Câlfthrésis comme dans l'Artois (i).,, , .
Tout^lCHf, deyeim subitement plus cireonspect^ il n avoit guère prolongjé les meurtres au delà éa 7 messidor (27 juin). La dernière personne que son tribunal fit immoler à Arras^ et qui le fut ce.JQur-là méme^ étoit une jeune nourrice villageoise qui, dans les champs, avoit eu l'imprudence de dire, avec une trop évidei^te vérité, «t par un vif sentiment de justice, que tous qqux qu'on faisoit périr étoient aussi înnocens que son nourrisson. Cette déclaration de la franchise lui valut d'être arrêtée, traînée à Arras; et on l'envoya à la mort, en arrachant de ses bras^on tendre enfant; quand sa tête tomba, l'on vit couler le lait avec le sang de cette infor* tunée (/^.N.Foug^rt). Les catholiques de NeuviUe-Yitasse avoient été m^nés à Cambray ; et ce fut par eux que se ter<minèrentles exécutions dans cette ville (/^. J.. F. Pay£N).
On trouvera, dans les otriicles consacrés aux victimies de Joseph Lebon, des preuves plus détaillées de sa haine féroce contre la religion {Voy. J. Abrahah , et suivans). Bornonsnous à copier ici ce qui nous est écrit par des catholiques d'Arras, qui ont failli succomber sous son fer sacrilège, et ont vu de près toutes ses impiétés, a Lebon ne s'occupoit qu'à détruire , dans sa patrie, tout ce qui appartenoit à la reli-
(i) Depuis le 19 ventôse sealement (gmakv), Jusqu'an 7 messidor (a5 {nin)» trois cent vingt-denz personnes furent décapitées successivement sur Téchafiiud d'Atras ; et depuis le aa floréal ( if mai), où commencèrent les exécutions sur celui de Cambray, jusqu'au 6 messidor (a4 inin), le nombre des victimes n'y fut guère moins considérable 9 proportionnément à la population de cette viÛe. Nous remarquons, encore que les victimes immolées pour cause de religion^ soit à Arras , soit à Cambray, depuis le 3o prairial ( 18 juin)» furent en plus grande quantité qu'elles ne FaToient été précédemment , suivant ce qui se pratiquoit à Paris, comme nous l'avons fait observer au f . II de l'ar* ticle Lois et TaisWÀVx aévoLVTioirviiiREs.
C '4ot )
gion. La persécution fut diabord terrible contre les sainte ministres des autels, <en4uite contre toiis les personnages pieux et cbarîtables, et enfin >coutre tous ceux qui pratiquoient la vertu , faisoient des e]|:er^ices de piété et de^ bonnes œuvres, sans égainl ni au sexe, ni à Tage, ni aui; réputations des plus re^ectables pères et mères famille«^ L'irréligion, préchée ouvertement par ce proconsul, 4^^^ Cambrai comme dans Arras, ces deux villes remplies de. monumenseedésiastiques, y a causé des pertes irrépiirablea en ce genre. De-^là s'est ensuivie la démolition de deux su-< perbes cathédrales qui , depuis, cinq à six cents ans, faisoienib l'admiration des étrangers, tant parla grandeur dç ces édii^ fices, que par la hardiesse et l'élégance de leur architecture;, Cambrai n'a pu sauver de la destruction» que le$ églises de Saint-Aubert et du Saint-^Sépulcre. De onze églises paroissiales que possédoitla ville d' Arras, elle n'a pu en conserveiv qu'une ».
Comme il n'existe aucun é<n'it qui puisse faire penser que Lebon eût reçu l'ordre, à la fin de juin, de mettre un terme à ses meurtres, et moins encore qu'il fût rappelé de .sa déso-* lante mission, il est assez évident que, s'il ne recommença pas à faire couler le sarag innocent, ce fut uniquement par l'effet de la perplexité où' le jeta la connoissance 'de la ma^ nœu vre secrète des comités contre Roberspierre , dont au fond il pouvoit redouter le triomphe, sans trop savoir s'il de voit en désirer la chute. Emporté par la scélératesse. dtt son âme dans l'âge des passions, et- d'autant plus dépouxvu de pers*picacité que, dancj l'usage de son immense pouvoir, il avoit été complètement enivré par l'approbation donnée à' aed plus grands attentats j Joseph Lebon ne s'étoit pas inquiété de savoir quelle faction il servoit : servir en aiiengle c^ïi du crime en général, c'étoit tout ce qu'il falloit à sa f]léné^ie1^ P^ul n'étoit'dofic plus fait que lui pour être sacrifié pav :ltt faction triomphante, quelle qu'elle pût être, et méine:pa9 celle qui Tavoit mis -e» esuvre^ si ce sacrafiœ pewroit'COn*
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ifenit à ses intérétâ. Ce^t ce qui arriva qisand les Vainqueurs en 9 thermidor j pour se concilier laiaveur des gens irrëfléckts> adoptèrent le systdmede réfeier tous les forfaits de la Couventioti, et sUHdut les leurs ^ sur Roberspjerre qui ne ponvoit plus s'en défendre. L'illiisiou cfu'ils firent aux Français çfuiy étourdis par leurs maux , commenroient à respirer, les porta naturellement à- regarder J*^. Lebon comme un agent spécial de Roberspierre ; et il fut bientôt dénoncé €omme tel ^ le i5 thermidpr ( a août )^ par des babitans de Gimbrai, et ensuite par des Artéaiens» Alors ce Barrère ^ui^ VftBgtH|uatt*e jours auparavant ^b voit, au nom du comité de salut public , pris sa défense avec tant de chaleur, et si pomJieUsement approuvé sa conduite proconsulaire, resta dans'uû profond silence.
On conselitoit, puisqu'il le falloit absolument, à iimmoler quelques proconsuls des moins instruits du complot , et des plus étourdiment fougueux , pour accréditer le système Thermidorien , attendu le danger d'y renoncer po^ur les sauver y et voilà pourquoi Lebon, de même que Carrier, contre lesquels d'ailleurs les récriminations étoient presque invincibles, furent abandonnés et li virés, quoiqu'ils alléguassent et prouvassent qufi tout ce qu'ils a voient fait, leur a voit été e^mmandé parle comité de salut fiublic. Le Dan4oniste Le* gendre se charg^i du rôle de demander que JLebon fAt arrêté j et, qiiand l'assemblée ail oit le mettre eu accusation ^ de prudens iJmnAftmtes firent qu'elle déeida en mélue temps qu'il ne aeroit pas jugé à Paris, d'où sa défens^e, accusatrice de la laction,.auroit trop facilement retenti àhus toute la Erance. On louvoya au tribunal criminel d'Amieo«., où ses récriminations ne pfO«iivoient que lester sabs éclat. Tput ce que la IVance a pu en savoir c'est que , pendaiàt toute la procédure , e« j^usqueaur réthà&ud, où il périt^ le.iâ octobre 1795, il n;e veçà de dire que a le comité de fodiU publia éCoit le vrai «onpid>le des crimes dont on le pjU«issoit ». > . Ainsi doaç la l^rovidenee permit oSK^cète une fpijs dans ces
derniers temps {Fcy* ei-devant> pag, 3i7)^ te qu'on avoît ea 3&9 danç la Palestine, lors des persééutioi» ipi'y faisolt exercer Dioclétien. Les délégnés des lyrimt, »t60 qv^elfjues uns d'eutte eux, y avoieut été frappés juridiquement pa» les maius mêmes de leurs collègues^ et JL»boii> afusst', de mémre que jadis }e préfet Finuilieu, après avoir horriblement ou)^ tragé la religion, et trempé ses mains dans'le «ang de tant dp Mfkttyrs de Jésfis-idhrist^ 3e Vtt dosic edmlarafter légalement au dernier «ttpphce, et fut igno!minieUsejîient décapité' (f).
Beaucoup de traits de sa haine atroce contre la religion et les fidèles, ainsi que de la vertu de ceui:-cî en mourant pour «Me, sont constatés dans le Procès dé Joseph Ze&oh, îùiprîmé à Amiens, en 2 vol. în-8% en 1795, et dans ùri ouVi^rfge du temps, intitulé : Les Angoisses de ta Mort; ou Idée de^ prisons dH jirras\ par Poirier et Mong'éy. Suîvant lé calcul 4^ Prudhomme, près de deux mîHe^pei'Soniid^fiirent immolées, par ce proconsul, tant à Camlrai qu'à Arràs 5 et le convèùtionnel Couttois, dans son Rdppàh'fdit à la Convention, le 6 janvier 1795, avoue (pag. €3 }^ue Leton fit périr, dans TArtois etle Cambrésis, « Une'géhéràtiôn'^r^éique eùtiêré ».
Ce n'est pas sans de grandes difficultés .que nou/< avp^s pu recueillir les noms de sçs victimes; nou^ nf pouvions plus recourir aux registres de son tnbuual , parce qu'après avoir été déplacés et portés, par celui qui en étoit le greffier, chez le greffier du tribunal de Saint-Omer, ils avoient été revendiqués, sous le gouvernement de Buonaparte, par Fouché, devenu ministre de sa police générale, qui s'étoit fait livrer de même plusieurs autres registres de tribunaux et de commissions révolutionnaires y ainsi que les pièces relatives aux
(1) OpencB pretium quoquefuerit hociloeo commemorare quemadmùdum di-* fnni Ifuminis prpuidentia impios illos prœsides simul cum ipsis tyrannis ulta est, Mtenim Firmilianus qui Jffartyribus Christi adeà contumeliosè insnUauerat, cum aliis extremo supplicio addictus , capile truncatus est, ( Ëuseb. De Martyr ribua PaiestinafC, xi. )
massacres exécutés en septeiabre 1 792. Ce n'est pas sans foudément qsa^om présufse que ce ministre a fait livrer aux flammes tous ces papiers ensanglantés.
Il ne nous restoit plus d'autre ressource que de recourir aux registres mortuaires d'Arras et de Caml>rai , avec l'assistance de quelques compagnons de souffrance des victimes , pour discerner^ dans la totalité dçs morts de cette époque^ tous inscrits de la même manière ^ ceux qui avoient péri par le fer du proconsul^ et pour la Foi de Jésus-Christ. C'est ainsi que nous sommes parvenus à connoltre les vrais Martyrs ,d' Arras ^ mais nous n'avons eu que la moitié d'une pareille .j*es,sourçe à l'égard de ceux de Cambrai , attendu que la communication des registres martuajres de cette ville a été refusée^ par es^ntàejibéralismef au respectable persoinn^ge qui vouloir y faire, ppui*.n,Qus^ un choix pareil. Cependant, au moyen a enquêtes scrupuleuses auprés^de ceux des habitans les plus jecommandables par leur piété, qui furent les témoins des immolations faites dai^ Cambrai, et en coiinurent personnellei9çp.1;,lep tiptfmes^ nous nous sommes mis en ëtat, non seulement dc^ nommer celles qui méritent le titre de Martyr^ mais encore dé justifier par l^ien des circonstances de leur mort, Tapplication que nous ne craignons pas de leur en 'faire. ( Koy-i 1? Abraham, etc^ etc.)