‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 2)Chapitre 35 sur 45 · BELGIQUE · texte numérisé non relu

BELGIQUE

Cette vaste province , non moins religieuse qu'opulente , sembla n'avoir été conquise , en novembre 1 792, que pour être livrée à l'impiété comme à la rapacité des conventionnels Dantonistes et de leurs adhérens. Les premiers commissaires que la Convention y envoya, furent Danton et son intime ami Lacroix. La municipalité parisienne du 10 août {Voy^ Septembre), qui avoit tant d'empire alors, leur fit adjoindre des brigands de son choix , parmi lesquels étoient de sts assassins des a et 3 septembre. Ils se répan* dirent aussitôt dans toute la Belgique comme une inonda* tion de barbares; et, pénétrant avec violence dans les églises, ils en chassoient les prêtres, s'y revétoient de leurs chasubles, tnontoient aux autels pour profaner les saints mystères par

d'exécrables moqueries ^ et dans les chaires pour y prêcher l'athéisme avec les expressions les plus infômes. Pillant en même temps l'argenterie du sanctuaire^ ils jouoient avec les calices et les ciboires de la manière la plus grossièrement sacrilège, les faisant sauter en Tair \ et j Toserons-nous dire ! ils les prostituoient ensuite , en présence du public, à lejcirs besoins les plus immondes.

G*étoit sous lés affreux auspices de ces profanations, de ce pillage des églises , auquel on ajoutoit celui des maisons de particuliers, que la Convention avoit décrété , comme un bonheur pour la Belgique, sa réunion à }a république fran-» çaise, dont les lois atroces autorisoient les plus énormes dë-;^ vastations^t les plus sanguinaires attentats. Douze mille cinq cents religieux ou religieuses de tout âge sont chassés de leurs cloîtres , sans qu'on leur laisse des moyens ^réels de subsis-? tance • car la pension de papier-monnoie qu'on leur promet, ti'est qu'une infâme dérision. Les curés et vicaires, tout le clergé séculier mis en fiijte , ne sont plus que comme un troupeau dispersé que des loups affkmés sont impatiens de dévorer ^ la guillotine est en permanence dans les principales pités de la Belgique , comme dans celles de la France ^ et les laïcs pieux ^ comme les ecclésiastiques immuables dans leur foi^^ sont menacés de préférence par cet instrument de mort.

Ils avoient, en outre ^ un tort non pipins irrémissible aux yeux de nos persécuteurs : c'étoit d'avoir dominé une hospitalité généreuse à des milliers de ces prêtres français que le décret du 26 août 1792 avoit expulsés de France à cause de leur Fçi ( Fby. DÉPORTilTiON ), Ils les avoient accueillis* , comme dans les premiers temps de l'Eglise les fidèles accueillirent les saints confesseurs persécutés pour la justice. Les diocèses de Malines, d'Ypres , de Ruremonde, de Liège se distinguèrent surtout en ce genre : leurs évêques sembloient en donner l'exemple à leuf*s curés ^ et les curés recevoient ees vénérables proscrits comme des dépôts que le ciel leur confioit. C'étoit avec une sainte joie, disons mieux, avec

une sorte de reconnoissance qu'ils s'empressoient de les loger et de les nourrir, {^'entrée des troupes en Belgique avoit de nouveau: mis en fuite ces. prêtres exilés^ mais les vieillards et les infirmes n'avoient pu qu'errer dans la province. Ceux que le& persécuteurs y rencontrèrent y furent conduits à la guillotine , ,çn vertu de \d^ sanguin^aire loi des 29 et 3 o vendémiaire an II (21 et 22 octobre 1793^); comme s'ils eussent; £»it partie de corps mîlita^ires aruiés contre l'infernale république ( /^oy. C. L. Richakp). D'autres avoient étç déjà massacre's aVec une atroce barbarie par des. Français même sur cette terr^ bQspita}iér.e , notamment à Liège le 3 mars 1793 {Foy. M, Depuis , J. Guédel et L. Lemoïne). . ,

De nouveaux, proconsuls avoient remplacé les deux pre- ]Da|ev$ 'y m^is ils.appartenoient à la même faction. Quand les ravages furent k^ peu près consopimés 1 la Conveution envoya d'autres représ.entans qui parurent plus modérés > parce qu'il ne rçstoif^ presque pl.u^ de. mal à faire.

La Belgique enfin crut qu elle alloit sortir de roppresslon^ lorsque la faiçtio,n Dantoniste, après avoir abattu Roberspierre le 9 tbern^idor (^7 juillet 1794)> tepoussoit sur sa mémoire avec tant 4'^ff^ctati,on les attentats précédens ^ et feignoit d'adopter u^n^ systènie de douceur et d'équité y mais ce calme ne fut pas plus long , ou plutôt il ne fut pas plus réel pour le clergé Belge que pour les prêtres fidèles qui reparoîssoient en France ( Foj. Lois et Tribunaux révolutionnaires, §. IIÏ ). Il se vit bientôt en proie à de nouvelles persécutions, et à des persécutions d'autant plus vives ^ ^u'il étoit moins disposé que plusieurs prêtres restés en France, à ces équivoques condescendances qu'exigeoient les astucieuses lois du i i prairial an III ( 3o mai l 'j^ ) , et du 7 vendémiaire an IV ( 29 septembre i^gS ) , lorsqu'elles a,ccordoient la liberté du culte public à des conditions alarmantes pour les conssciences délicates. Les prêtres Belges ue vo,uloient pas y souscrire , et se trouvoient ramenés à la nécessité de n'exer-

cer leurs fonctions sacrées qtte d'une manière à peu près clandestine , en manifestant toutefois le regret de ne pou-^ voir les exercer d'une manière plus solràinelle et plus édi-» fiante. •

Cette disposition fut mise à profit par l'es astucieuse pef^ sécuteurs : ils s'étoient formé un nouveau sy^lfeme dé gouvernement, depuis la dissolution plus appareiite ^ue vraie de la Convention. Depuis le aS'octobre 179^, héh farouches cp* mités étoient amplement remplaces par tin Bifectoil^e etécutif , composé de cinq Datiionistes fotirnîs par elle 5 et les deux tiers de ses membres la perpétuoîeht en quelque soHe' dans les deux conseils du Coi'ps Législatif qui' Itti Sûccédoit, Ce Directoire exécutif y rtigissant en secret de la' i^ésistànce du clergé Belge aux déclarations e^romesses exigées paries décrets que nous venons de rappeler, im'agfina de proBter de ion impatience à reprendrel'exercîce du culte extérfturpoiir lui tendre un nouveau piège , dans lequel il polivolt croire que la détresse des prêtres de celte province contrilrtreroitf efficacement à entraîner leui^ sainte ardeui* pour lie culte public.

Tout ce qu'on avoît alloue pour leur subsistance aux religieux et religieuses, en les chassant dé leurs cloîtres, e*t en leur ravissant un capital en biens-fonds d^iin revenu de cinquante inulions, ne consistoit qu'en de misérables pa* piers-monnoies ^ appelés bons /c[ni perdoient 80 pour 100 sur la valeur nominale^ selon laquelle ils leur étoient comptés pour leurs pensions. Par un décret que le Directoire dicta au Corps Législatif, celui-ci statua le i5 fructidor an iV ( I" septembre 1796), que leurs bons pourroient être employés en acquisitions de biens nationaux « situés dans la Belgique ^ et sachant que les seuls biens capables de lés tenter étoient leurs temples , on voulut les forcer absolument à les acheter, clar le décret ajoutoit qu'ils n'auroient pas la faculté « d'aliéner ou de cédfer leurs bons à toute autre personne » qui auroit pu les employer à d*autres acquisitions'.

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Maïs leur conscience timorée craignoit. qu'en consacrant ces bonis à acheter quelque église , ils ne connivassent par là im« p^ic^tem^mt à l'iniquité de la confiscation qu^. en ayoit été faite : ils hésitèrent donc à les employer à cet usage si viveinent désiré par leur zèle , et .atten^irciit une décision du Saint-Siège à jcet égard.

Sur ces entrefaites, le Directoire , pour les faire céder plus pro mp tendent ;à ses vues, adressa, dans le courant de 4écenLbi:e, à ses commissaires en Belgique, ^'abominable iustui^ction si cpnnu<^, qui leur dLsoit:« Désolez la patience df§ prêtres ; enveloppez-les de votre surveillance ; qu'elle les inquijètele jour , qu'elle les trpuble dans la nuit. Ne leur donnez pas nx\ moment de relâche^ que , çans vous voir, ils vpus sentent à chaque ^îa^tant ». . .

Les commissaires avoient beau solliciter les prêtres de faire les déclarations et promesses commandées par la loi , ceux-ci persévéroient dans leurs refus ^ et les commissaires, croyant devoir at,te]p.dre d'autres circonstances pour insister avec plus de succès, laissèrent croire aux prêtres qu'on re* nonçoit à tourmenter leur conscience sur ce point.

La décision du Saint-Siège, relative aux bons, en date du 4 février 1797, arriva en Belgique, et leur fut transmise authentiquement par la noijiciatiire apostolique de Cologne : elle leur permettoit de les employer à acheter des églises ; et ils firent quelques acquisitions de ce genre. Gomme ces églises avoient été dépouillées de tous les objets nécessaires au service divin, de pieux laïcs se cotisèrent pour en fournir de nouveaux 3 et ce fut ainsi qu'entre autres, les religieux Augustins de Bruxelles purent bientôt' célébrer avec quelque décence les saints mystères dans leur ancienne église.

Dès que les commissaires virent les prêtres se livrer avec confiance ausculte public, présumant avec quelque raison qu^ils ne pourrôient pas s'en détacher aisément]» ils .leur demandèrent ^ors avec rigueur la déclaration et promesse

de soumission aux lois de la république. Là plupart répondirent qu6, malgré leur élbignement de tout esprit de rébellion, et toute leur obéissance de fait, ils ne pouvoient souscrire une déclaration qui leur sembloit être l'approbation formelle de' toutes ces Idis. Parmi leurs réponses, on remarqua surtout celle du doyen de la cathédrale d'Anvers ^ et vicaire-général du diocèse , J^. F. E. Werbroeck , adressée au commissaire par lequel il avoit été interpellé , non seulement de faire la déclaration , mais encore d'engager par ses exhortations tous les prêtres d'Anvers à la faire eux-mêmes.

II lui répondoit en ces termes, le 2 mai 1797 : « J^e vous écris franchement, et avec toute la candeur qu'il faut mettre dans toutes ses démarches vis-à-vis de l'autorité publique, surtout lorsqu'il est question de la foi qu'on professe. Je vous avouerai dônc> avant tout, que je respecte profondément l'autorité civile; que j'ai à son égard toute la soumission, toute l'obéissance que Dieu, dans ses saintes Ecritures, ordonne aux hommes par rapport aux puissances de la terre. Mais les lois civiles sont l'ouvrage des hommes ; elles peuvent se trouver en contradiction avec lés lois de Dieu; et, dans un tel cas, il nous est ordonné d'obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. Or, parmi les lois de la république déjà émanées, il y en a, je ne vous le cacherai pas, sur lesquelles ma conscience , après l'exanien le plus mûr^ né petit aucunement se raissurer. Je ne puis donc moi-même satisfaire à ce que vous exigez de moi 5 et par conséquent il ne m'est pas permis d'induire les autres à y déférer; car ce seroit là abuser grossièrement etindignementdel'estime publique, si toutefois j'ai pu m'en attirer, comme encore du caractère dont je suis revêtu. Je ne puis conséquemment donner l'exemple que vous me demandez : au contraire, mon exemple doit affermir tous ceux qui, dans l'ordre de la hiérarchie établie par Jésus-Christ dans son Eglise, me sont soumis. Si, après les démarches que nous allons faire près les autorités supérieures, vous croyez de votre devoir de sévir contre des

innocens, je remet$ dès à présent mon corps et mes biens entre vos mains , mais mon âme entre celles de son créateur^ qui est en état, s'il lui platt, de me délivrer de toute poursuite. ))•

Dans le même temps, le cl«rgé d'Anvers comme ceux de ^iége et de Bruxelles, voyant le Corps Législatif amélioré par le renouvellement de son tiers à cette ëpoque , lui faisoit parvenir d'humbles remontrances, dans lesquelles, exposant que la déclaration exigée inquiétoit leur conscience, ils demandoient que la loi du 7 vendémiaire an lY né fût pas exécutée ^ sans leur donner le temps de recevoir à cet égard les décisions du chef de TEglise (i)^ et, dans Tattente du résultat de ce recours, les prêtres Belges, pleins de cette confiance que donne la droiture du cœur, croyoiei).t pou-* voir en sûreté continuer l'exercice du culte public sans avoir fait l'acte de déclaration.

Par là, ils fournîssoient aux commissaires du Directoire une trop belle occasion de « désoler leur patience d, pour que ceux-ci n'en profitassent pas. La fureur anti-sacerdotale du Directoire, encore plus irritée par ce recours, et crai-»

(i)Ceci donna lieu à une intrigue imaginieé sans doute pairie Directoire^ et dans laquelle ivUr^iiurent quelques uns de ceux qui avoient souscrit. la décUtradon. On fit circuler dans la Belgique un faux bref de Pie VI, par lequel ce pontife senibloit désapprouver, au mpins comme précipitée , une Instruction dn savant Asseline , évéque de Boulogne, contre cette' ddciaration. {yojr. Lois etTaiBUHjLVX RÉyoLVTioirirAiRBS , f. III, pag. aSg, et Disgoubs prélimin.^ page 5a, note a«) L'on y ajoutoit l'avis contradictoire d'un autre évéque d'une autorité moindre , qui alléguoit que « ^e chef de l'Eglise avoit décidé formellement que ^ dans la position des choses, on devoit obéissance au gouvernement existant ». Mais ce n'étoit point li l'objet, de*la question, comme on peat en juger par la lettre de M. Veirbroedi. Ce que nous pouvons affimier aujourd'hui avec certitude, le sachant par un tén^oin de ce qui se passa près de Pie VI en cette occasion , c'est que la prudence du S. Père ne crut pas nécessaire de prononcer sur ce point , et que jamais aucune décision semblable n'émana de Rome. Le. Directoire ne se dissimuloit pas que, s'il en venoit une , elle ne pourroit qu'iître contraire à la déclaration : son arrêté du a6 floréal en est la preuve.

gnant que la décision du chef de TEglite ne Tint augmenter la fermeté des prêtres^ se hâta d'envoyer à ses egens, le 26 floréal (i 5mai)9 un arrêté pat' lequel il « défendit aux administrations comme à eux-mêmes de laisser circuler aucun bref du pape , et leur ordonna de poursuivre les prêtres avec la dernière rigueur, conformément aux lois 4e la Convenu tion ».

. Dès lors y tous ceux qu'on put enlever furent livrés aux tribunaux correctionnels qui les condamnèrent à de graves peines, telles que trois ou quatre mois de prison > et une amende de 5oo francs , qui , impossible à pay^r, vu leur dénûment, devoit nécessairement éterniser leur détention. L'un des deux curés qui, pour une telle cause, furent traduits devant les juges de Liège, le 16 mai, leur disoit, en terminant sa noble défense : « Deux voix parloient contra** dictoirement à ma consciencfs : celle de Dieu et celle d09 lois humaines. J'ai abandonné la seconde pour suivre la première. Ma conscience esta Dieu : je vous abandonne mon corps ; faites-en ce qu'il vous plaira ». Gomme les assislans émus par ce discours s'écrièrent alors, par un sentiment d'admiration qu'ils ne pou voient retenir : « Vive le curé ^ vive la religion ! » l'accusateur public , transporté de eolère et de vengeance, fit crier par ses afBdés, après la coiidamnation : a Vive la nation, vive la république! » ce qu^ montroit assez clairement que la perte des prêtres étoîl encore ardemment voulue par cette horde qu'on appéloit la nation^ et que la destruction de la religion étoit toujours le but que se proposoit le monstrueux gouvernement qu'on nommoit république. Un autre prêtre , au sortir du tribunal qui venoit de le condamner, étoit insulté par un de ces hommes de la soi-disant nation; cette audace indigna un vieillard honnête et sensible qui en étoit témoin. Il ne put s^abstenir d'en faire quelques reproches à ce monstre ; et celui-ci , bien sûr df être protégé, d'autant mieux qu'il étoit assisté de plusieui*«

complices armés de bâtons > assaillit. à coups de couteau le prétxe et le vieillard.

A Loùvain, oÀ tous les prêtres aroient refusé la déclara^ Uon^ le culte public étoit totalement suspendu > depuis l'af^ freuse scène qui yavoit eu lieu le ai du même mois de mai^ t>ù des militaires^ fondant surTautel les armes à la main^ en avoient arraché celui qui y di$oit la messe. Le peuple indigné s'étoit soulevé contre eux; plusieurs personnes avoient été tuées de part et d'autre ; un régiment de dragons étant survenu pour empêcher avec plus d'efficacité qu'il n'y eût de culte public exelrcé sans cette déclaration que les prêtres ne vouloient point faire y on n'eut lieu d'en traduire aucun devant les tribunaux de cette ville.

A Maèstricht) le dimanche 27 mai^ pendant que des prêtres célébroient l'office divin dans une église, une troupe de soldats fut envoyée pour les dispersel* \ mais lorsque les asaistans virent la soldatesque se précipiter dansl'église pour com^ mettre cet attentat, ils la repoussèrent et la mirent en fuite*

Le peuple de Bruxelles avoit aussi manifesté son indigna*tion, quoique d'une manière moins violente « quatre jours auparavant) 'c'est-à-dire le a3 mai , en voyani traîner, pour la même cause devant le tlribunal de policecorrectionnelle , plu^ sieurs prêtres courbés sous le poids des ans > et généralement vénérés pour leurs vertus sacerdotales. Ilsy furent'néanmoiDS condamnés à 5oo francs d'amende et à trois mois de prison $ mais ils appelèrent de cette condamnation au tribunal cri^minel de la même ville; et quand celu^ci, moins docile que lés autres aux vues des persécuteurs, cassa cette sentence, le i3 prairial (i""' juin), l'au&itoire, transporté de joie> ramena le prêtre en triomphe à son église.

Alors les doLëences du clergé Belge avoient été prises en -considération par un des. conseils du Corps Législatif , depuis le 4 prairial (28 mai) ; maisle^ commissaires du Directoire n'en devenoient que plus furieux contre les prêtres. Celui qui tyrannisoit Bruxelles protesta contre le jugement d'absolu*

tion rendu par le tribunal criminel, le déféra à la Couif suprême de cassation siégeant à Paris, et lui dénonça même les juges comme coupables de forfaiture.

La persécution croissoit de jour en jour; les Capucins d'Os tende, à qui précédemment on avoit permis d'habiter leui^ pauvre monastère, pourvu qu'ils n'y portassent que des habita séculier^, en furent alor^ impitoyablement expulsés. Nousn6 saurions énumérer toutes les vexations qui venoient se mul-* lipliter autour des prêtres de là Belgique : ce fut bien alors que, même « sans voir les commissaires, ils sentoient par-« tout leur funeste présence^ la nuit eomme le jour ». Mais ce n'étoit encore là que comme ces tourbillons et ces orages précurseurs d'uUe horrible tempête. La foudre dû i8 fructidor éclata (4 septembre 1797) ; et l'on pense bien que ceux des prêtres, dont la ttéclaration de soumission avoit effarouché la conscience , repoussèrent avec une horreur décidée le serment de haine à là royauté, qui fut prescrit à cette

désastreuse époque (1).

(1) On lit dans les jinnales philosophiques , morales et Uttéraxres , où suite tles jirmales caiholiques (tom. II de Tan 1800, pag. 79), un récit sous la forme épistolaitre^ daté de Liège ^ le 19 juillet > duquel il résulteroit qu'il y eut en Belgique beaucoup de prôtres qui firent le serment de haine à la royamé* Cependant, sur deux cent quatre-vingt préires qui, enlevés des divers dio* cèses die France, et de ceux des provinces conquises, furent embai^qués effec-» tivement |>oiir Cayenne à cause du refus de ce serment, il yen eut un dixième de la Belgique, savoir: huit du diocèse deMalines, six d'Anvers, cinq de Trêves, quatre d'Ypr6s> deux de Gand, deux- de Bruges , et un^de Cologne, parmi lesquels il en mouvyt vingt ( Voy, J^B. Db Bruyves , J;-Jl> Havb^ LJLHGB, Rbxcxoff, J.-B. Waucahic-sn - Bbrchc, F. Wavhbcsbrttch , A.-Fv Wmbcbb, P.-Jfc Gstaiif, F.-Jl» Vavvolbxeu, de Malines ; N.Ror- LAiibis> F. Dbmjlls, pi Hbtxbvs, J.-B^ Vambvbr, d'Anvers; B.-H. Hâla-* cHiB, N. MvLLBR, J.-M^ Wâgver, F. Wàitdbrstotbv , dtt Trêves; P.-J«- AsA.BRT, RxTFiirs (l'ahiré), d'Ypres ; P.-F. Hvvbrbgrt, F.-G. Sartbx., de Gand ; T.-A. ScBER, de Cologne). Il en fut amené ensuite un plus grand nombre encore dans les forts' des tles de Ré et d'Oléron, où plusieurs périrent. On {>eut condurede la forte proportion du nombre des prêtres Belges dans cette déportation , que la grande majorité du clei|;é de la Belgique refusa le serment de haine, ' Tous ces prêtres ne s'étoient donc point laissé séduire par les actions et les

Sur la réquisition des commifisaire» du Directoire, les prêtres de la Belgique sont arrêtés de toutes parts; on les

râûonnemenf , que la lettre dont il s'agit étaloit poiir la consolation du bien petit nombre de prêtres de la France qui avoient fait ce serment. On racontoit qu'à la première nouvelle de la loi du 19 fructidor (5 septembre 1797)1 qui lef prescrivit y un grand vicaire de Liège ^ sans recourir à son évéque réfugié non loin de là , à Erfart dans la Thurrnge , avoit fait décider précipitamment par cinquante-deux ecclésiastiques qu'il avoit convoqués en synode dans l'église de Saint-Pierre , « qu^on pou voit et qu'on devoit en toute sûreté de conscience prêter ce serment». La raison ^u'il en avoit donnée en envoyant cette décision à tous les prêtres du diocèse le 21 Septembre , étoit que « par haine de la royauté l'on n'entendoit qu'une promesse de ne rien faire directe* vent, ni indirectement, pour rétablir la royauté en France, en renversant le gouvernement existant». La décision étoit souscrite : Rougravb, vicaire gêné* rai ; et J.-E. Aijbsb ^ examinator synodatis, de mandato.

Peu de jours après , l'évéqne de Liège, informé de ce qui s'étoit passé , non seulement condamna le serment, et ceux qui l'avoient fait, mais encore les obligea rigoureusement à une prompte et solennelle rétractation dont il leur prescrivoit lui-même la formule. La lettre citée ajoutoit, non avec peine, et comme en approuvant ces jureurs, i». que «le clergé àe Liège (c'est-à-dire seulement, sans doute , la portion de ce c^i^e qui avoit juré), refusa de souscrire cette formule , prétendant qu'ils n'avoient prêté le serment que dans un sens honnête et licite ; a*, que ne pouvant décider l'évêque à révoquer les ordres qu'il avoit donnés, ce clergé éludant 1 autorité épiscopale « se pourvut en cour de Rome », par l'organe du vicaire général ; et que trois autres grands vicariats de la Belgique en avoient fait autant , en s'adressent à Ms' Michel de Pietro, évêque d'Xsaure, celui-là même qui, le a5 septembre 1798, avoit en* voyé à Ml' l'évêque de Grasse la condamnation que le Pape avoit faite de ce serment. Lors de ce recours, Pie VI enlevé de Rome le ao février 1798, étoii mort depuis le 29 août 1 799 dans la citadelle de Valence ; \ti cardinaux alloient s'assembler en conclave à Venise , pour l'élection de son successeur \ et le général Buonaparte, inopinément revenu d'Egypte, s'étoit emparé dugouvemement de la république française depuis le 9 novembre de la même année. Il est ÏK>n de se rappeler ici que Pie VI, transféré de Rome à Sienne , fut le a juin 1798 enfermé dans une chartreuse, voisine de Florence ; que le 27 mars 1799 , on l'en fit partir pour Parme ; qu'arrivé le 3o avril à Briançon , il y resta jusqu'au ^7 juin; qu'alors il fut amené dans la citadelle de Valence, où il arriva le i4 juillet, et mourut le mois suivant.

Par là s'expliquera peut-être ce que le correspondant des Annales sembloit ne {louvoir concilier, à savoir que le nonce du Pape à Cologne écrivoit , dit-on y •à l'archevêque de Trêves le 18 mai 1799 (lorsque le Pape tratné en France, étoit captif et moribond à Briançon), de manière à faire croire , i**. qu'on avoit pu prêter licitement ce serment dans un bon sens ; quoique précédemment « il

entasse successivement dans les prisons jusqu'à ee qu'on puisse en faire traîner un grand nombre à Rochefort où la

eût awuré par lettres à rarcheréqée de Cologne et à Féréque dç Lisieux , que , ètOM une conversation paiticuliére qu'il avoit eue avec le Pape Pie Via Flo* rence , ce pontife lui avoit témoigné, de vive voix, avoir autorisé Tévôque d*Idaure à répondre comme il l'avoit fait à Tévôque de Grasse » ; a«. que Mi' do Pietro, bien qu'il e6t une parfaite connoissance de la décision de Pie VI , puis-* que c*étoit lui*méme qui Tavoit notifiée à L'évoque de Grasse^ en septembre 1798, renvoyoit au Conclave j en février 1800^ les réclamations contradictoires des Belges assermentés.

L'archevêque de Trêves n'avoitpas autorisé ce serment ; mais en son absence Tofficial du secrétariat- général de l'archevêché, après avoir fait décider, le ao septembre ^ par quelques théologiens de la ville , que le serment étoit licite , «voit envoyé à tous les curés un mandement, êon8crit ad mandatum : •/. S. Simon ûssessorsecretanus, dans lequel leur notifiant cette décision , «il défendoit k tout ecclésiastique séculier, sous peine de suspense, de contrevenir en aucune manière, soit publiquement, soit clandestinement, à cette déclaration ; enjoignant , sous la même peine de suspense , à tous ceux qui s'étoient permis de manifester leur auersion naturelle contre cette déclaration , de révoquer à la première occasion , l'expression de leurs sentimens, de la même manière qu'ils les avoient manifestés, soit en public, soit en secret; et ordonnant enfin, sous peine de suspense ipso facto > à tout pasteur, d'annoncer ces dispositions dans l'Eglise , et de les afficher le premier jour de dimanche ou de fête , après qu'elle lui seroît parvenue ». Mais nous observons que, dans cet acte, l'official évitoit.de prononcer le mot serment de haine : il l'appeloit serment de fidé^ Uté ; et le vicaire général de Liège ne l'avoit désigné que par les mots vagues ée « Serment exigé par la Jlépublitjfue française», affirmant qu'il n'y voyoit pas « autre chose que ce qui avoit été prescrit par la loi du 7 vendémiaire an IX , 39 septembre 1795 ». ( ^07^. ci-devant, pag. 266. )

Il parott que le troisième vicariat général qui agit comme ceux de Liège et de Trêves, fut celui de Bruges. La lettre ne nommoit pas le quatrième ; et elle ne présentoit d'ailleurs, comme ayant condamné le serment, que l'évôqne de Liège , les archevêques de Cologne et de Malines. Il falloit en ajouter d'autres, notamment Tévêque de Ruremonde, car nous possédons deux lettres de lui , dans lesquelles cette condamnation est bien fortement prononcée. La première de ces lettres, datée d'Emmerick (duché de Clèves), le 7 mai 1799, ^"^ écrite au curé de Schianen et à son vicaire qui avoient fait le serment de haine. Leur évêque leur interdisoit les fonctions divines jusqu'à ce qu'ils l'eussent rétracte. La seconde lettre, en date du aS mai, adressée au curé de Veiden dans la Gueldre^. lui défendoit de continuer à se confesser au P. Meildcrs , professeur à Venlo, qui avoit fait ce scandaleux serment, au mé- . pris de la décision apostolique envoyée à l'évêque de Grasse, et bien connue de lui. Le correspondant des Annales prenoit aussi plaisir à faire connoftre' qu'il y

lt)i dtt ig fructidor vouloît qu'ils foiscnt embarqués pour la Guiane , avec une infinité d'autres qu'on enlevait sur tou»

^afai

&yoit «gaiement «4âns Tuniversité de Louvain (au diocèse de MaliAes)^ un jprofesseur de théôtogie , nomme Hoyelmand » qui avoit prêté le sennent de haine f que son arcïtievéque , et même celui de Cologne | n'avoient lien négligé pour l'engager à le rétracter, et que leurs tentatives avoiént été inutiles». (Fojr» J.-Jh Hàvélavge.)

Dans ce tome II àes. Armâtes cfe x8oo. Ton avouoit connoHre la décision pontificale , envoyée â J*évéque de Grasse le 2.5 septembre 1796 ; mais dana 1< tome précédent (janvier 1800^ pag. i55)y le rédacteur avoit paru l'ignorer en plaidant la cause des jureurs de haine; car il n'avoit argumenté que d'aprè» les brefs bien postérieurs dés 16 et 3o janvier 1799^ contre les ecclésiastiques de Home qui avoîent fait ce serment dans un sens prétendu licite. Il affirmôit alors que le Pa|>è ne les avoii obligés à une rétractation , que parce qu'ils l'avoient prêté pur devant un magistrat choisi pour l'exécution malérielle de la toi, lequel n^étant point législateur, n'étoit pas autorisé à donner aux paroles du serment Une interprétation différente du sens qu'elles renferment dans leur pure et naturelle énoneiation* — « Donc, ajoutoit le rédacteur, si le magistrat avoît été législateur^ il semble que le Pape n'auroit rien blâmé dans la conduite de ces jureurs (pag. i58) ». Excipant ensuite de ce qu'il croyoit que le rapporteur d'une commission du Corps Législatif de l^'ratice, avoit dit incidem« meut, en lui présentant un travail dk sa coïkimissioti^ le i4 frimaire an VI (4 décembre 171^7), à savoir <c que le serment èe haine à la royauté n'emportôit rien dé plus que l'engagement de ne point conspirer pour rétablir la royauté en Fralice , et b^étoit que la conséquence nécessaire de la fidélité que tout citoyen doit au gouvernement établi », le rédacteur en conduoit que 1« législateur admettoit le sens bonnéte et licite dans lequel les nouveaux asser* ntentés avoîent fait le serment de haine; et que par conséquent la censure des deux précédens brefs ne pouvoit les atteindre. Mais la citation est un pea différente dans le Moniteur (feuille du ao {Hmaire , 10 décembre 1797), pag. 3^7, col. a ; et elle l'est assez pour faire crouler tout ce raisonneinent. Le rapporteur avoit dit : « Ministres des cultes , ce n'est point la personne des rois qu'on vous demande de haïr Ce n'est point la royauté, prise d'une manière abstraite , que vous déVez faire serment de hoir: c'est à la royauté que l'on tenteroit de rétablir en France , dans votre patrie , que vous devez cette Aame......

Vous ne pouvez être soumis et fidèles à la république , sans hoir ce qui la tueiroit en détruisant notte association ».

Mais ce raisonnement des Annales aVoit été repoussé et confondu quinze mob d'avance , par la décision du Souverain Pontife , transmise de Rome, en date du 34 septembre 179$, dans la lettre de Ms' de Pietro , évéque d'Isaure, datée du 7 des calendes d'octobre (a5 septembre) même années à l'évéque de Grasse qui avoit consulté le Saint-Siège sur ce serment. Ses questions k ce sujet se deyinent aisément par les trois points de la réponse, conçue

Is.

les points de la France {Foy, Guiane). Déjà Ton amoncelé sur des charrettes les vieillards avec les jeunes, les infirmes

en ces telrmes : Mespondêtur^ f. ab apostoUcd sede déclaration fuUiey non licere proefittumjtiramentum emittere ; a<». eos qui talejuramentwn emiseruni , adillud reùkteUmdum tenerij sùnuàjfue ad scandalum reparandum mtltori modo quo Jiéti poterit , pro temporwn ioeontmque opportuniùue ; 3«. nuUam hvg vsvvb censurai» àh upo9U>Ueâ tede latamfid$H tndi^ersus eo» qui gusmodi jununentutn cuniserunt.

Cette décision étoit la règle de conduite des archevêques et évéques de 1% Belgique 4 -comme auâsi de ceux de la France , par lesquels ce serment de haine étoit sévèrement défendu. Le Saint-Pére Pie VI leur en fit d'affectueuses con-* gratulations ; et le cardinal-archevêque de Malines en reçut de plus spéciales, à raison de ce qu*ayant été sommé en personne par les magistrats républicains de son diocèse de prêter le serment de haine , û le leur avoit refusé avec un« fermeté apostolique , et avoit été condamné par eux à l'exil.

Ce qui est plus remarquable encore , c'est qu'après ces appafedtes tergiversa» lions du i3 mai 1799^ et de février 1800 , auxquelles avoieut aiwsi contribué les vives instances des jureurs 1 Pie YII lui-même , ïçs premiers jours de 'son pon-* tificat j -confirma les décisions de son prédécesseur dans un bref de félieitation adressé de Venise même, le 3o avril 1800, au cardinal archevêque de Malines* Il lui disoit : « Aidez-nous par vos conseils ; nous savons die quel prix ils ont été et sont encore dans ces jours si ténébreux; nous le savons par les réponses pleines de fermeté , de courage et de sagessie » que TOUS avex données devant les tribunaux. Vous avez alors montré bien évidémra.ent quç le pêne des lumières ;i suivant sa divine promesse , vous avoit réellement inspiré ce qu'il falloit dire à cette heure -là même , de sorte que parmi les ruses les plus tortueuses de ceux qui .vous oontredisoient , et au milieu de leurs pins amères détractions, vous vous êtes élevé comme un phar^ lumineux po^r servir de guide aux conscience^ incertaines , afin que tous vissent clairement ce que , dans des circonstances aussi çritiqiies , ils dévoient penser et faire , ce qu*il falloit que chacun professât et annonçât publiquement par sa conduite comme par ses discours , s'il rit ToulcÂt pas trahir la cause de l'Eglise;) ; Adsis dandè consiHo tuof quo quantum iemporibus fiisce tenebrosissimis t^alueris atque adhuc videos y docent responsa illa plena firmitatîs , constantice atque sapientiœ , quibus antè reges et prœsides ductus prorsàs ostendisti uer^ à Faire iuminum datum fuisse tibi^ quid in itià horu hqmrere, ità ut maximis in Uàs €unbagibus, atque acemmis contradicen^ ti^m obtrectationibusfacem quodammodà dubitanuhus prœtukns , ut plané pateret uniuersis, quid qUisque in tantis periculis sentire , qiUd sequif quid, ne Ecclesùje causa proâeretur, profiterl ae palàm prœseferre deheret.

Nous sommes entrés dans tous ces détails > afin de mieux convaincre nos lecteurs que les prêtres qui ont péri pour n'avoir pas voulu prêter le serment de haine, sont morts pour une cause religit^se, et par obéissance aux décisions du Sûnt-Siége apostolique.

avec ceux qtiî «ont encore valides. Le trajet jusqu'aux rives dcrAunîs n'est pas moins cruel pour eux que pour les autres victimes de la déportation de 1794 (^^y- fteCHEPOMP).

Les prêtres Belges qui succoinberont dans les déserts de la Guiane où les fait exiler si douloureusement leur invincible attackement à la Foi et aux préceptes de l'Evangile, ne sei*(mt pas ceux qui mériteront le moins une place honorable dans notre Martyrologe. D'autres prêtres envoyés à Rochefort pour subir le même supplice, partent successivexnent de la Belgique. Les commissaires du Directoire ne se lassent j)as d'eh envoyer pour cette destination, lors même qu'ils savent que Ton ne peut plus en embarquer pour la Guiane, parce, que les Anglais pouvoient alors les délivrer en pleine nier; mais ils savent aussi <]iie le Directoire y suppléera, en leur faisant subir un sort non moins rigoureux dans les forts des îles de Ré et d'.Oléron ( Fbf. Oléron. )

II semble qu'oii ne veuille pas en laisser un seul dans la Belgique , si bien que le. Corps Législatif» jusqu'alors si complaisant pour le Directoire depuis le 18 fructidor, s'indigne enfin de l'excès des déportationjs : et néiinmoins le Directoire ne peut se lasser d'en ordonner. Le aa mars 1799, qui étoit le Vendredi-Saint , Bruxelles voit encore passer dans ses murs dix-sept charrettes portant une grande quantité de prêtres, qui, amenés de plus loin, sont conduits aux mêmes ports que les précédens ^ et ces images vivantes des humiliations et des souffrances de Jésus-Christ au jour de sa passibn, vont augmenter le nombre déjà prodigieux des autres ministres de l'Evangile qui attendent douloureusement, dans les forts 4'Oléron et de Ré, qu'on les jette sur les plages dévorantes de la Guiane, ou que la Providence fasse passer le pouvoir du Directoire dans des maîns qui en usent à leur égard avec plus d'humanité (f^ojr. P. Jacq. As4£RT, etc.).

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