‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 2)Chapitre 37 sur 45 · SORBONNE · texte numérisé non relu

SORBONNE

Parmi cette immense q^uantité df n^inistres de l'Eglise çatliplîque qui périrent pour la Foi dans les horribles scènes dont nous venons de présenter les divers tableaux , il est impossible de ne pas remarquer^ quoiqu'éparse, une classe de pontifes et de prêtres qui , brillans chacun en particulier d'un éclat un rforme, composent à Vï^gli^^ gallicane une auréole de gloire spéciale, que le temps ^ l'erreur ou l'envie ne pourront jamais obscurcir. Bien que^ dispersés, nous les voyons tous se rattacher, cominp.à leur foyer de lumière, au plus utile , au plus vénérable peut-être des antiques éta-

émtéliàe/inmajtténmteomprehensa, ptioré Umpore ûliqtU t^ei àfiseo nostro, fel ah aUo tjfuocuniqûè'i/îdentur esse méryèàti, eadem^chriitùmù sihepeeutudf £t sine ulld pràiipêti&one, postposàâ' "<^iu JHtsôxttù^ aUfue ombigàÊuilte ^ InèstUuantur, Qui etùûn donojiterunt tonseeùti, ëadem ^ùniUut fusâèm €9Mrtianis quarOocjriu reddant : etiam t*elluqui emehint, velquidonofutrant con^ secuti, sipetùferùu de nostrd benipolentiâ àUquid, ineàriùM postulent^ quà tt ipsis per nostram dementtam consulatur.,.. Et quumiamudem Christiani non ea ioca tantàmy ad qiàe concentre eonsueuerunt , stdaMa etiam habuïsse noscuniur, fldjus eorporis eoTuhî[, id est eccUsiarum , non hominum siagtdontm pértinenùd , ea omnia iege, quà super&s eomprehendùnus ^ eùrà uUam prarsùs anAigiùut' tem , vel controwersiam JUsdem ChnstianiSf id est eorpori et ebnpenUeidis eofitm. ' reddi jubebis , supradietâ scUktt ruticfhe servatéy ttt U qui eadem me pretto,

fiicut dixùnusy restituaint, ùidemnàatem de nostrd henivohnUd spèrent*»

Haaenàsjiet ut y sicut superUu comprehenswn est y dwùmi juxtà^ nosfmHurp quem in tantis sumus rebtis expertiy per omne tempus prospéré tuceessibus nostrig cum heatitudine nostrâ pUbUoàpeneueret. etc. (Lacttnce : De MaHku Pereem çutoram , n« 48* )

blissemens religieux que la révolution a détruits. Ici nos lecteurs n'ont pas besoin qu'on leur dise qu'il s'agit de la Sorbonne et de sts Docteurs ^ mais nous devons leur faire observer, i®. que cet établissement auguste et majestueux étoit encore respecté par ces terribles régénérateurs qui avoient déjà détruit tous les autres en août 179a; a?, que vingt-^trois ans après , malgré la restauration du trône de ce saint Âoi qui l'avoit fondé; et quoique, sous tous les successeurs de ce monarque, il eût été le plus zélé, le plus puissant défenseur de l'indépendance de leur couronne ainsi que de la vraie doctrine apostolique, cet établissement est presque le seul essentiel qu'on ait laissé enseveli dans ses ruines. Il est celui de tous que les nouveaux zélateurs du trône et de l'autel ont été le moins jaloux de faire revivre 9 disons mieux : il est celui de tous dont la renaissance'a été plus facilement, plus efficacement empêchée par l'impie philosophie du siècle, aidée en cela, plus qu'on ne le pense, par tant de sectes ou de demi • sectes ^auxquelles il auroit servi de frein, en maintenant dans leur pureté lès antiques doctrines.

Il n'existoit encore que dans ses élémens sous la régence de la mère immortelle de saint Louis 9 qui bientôt ]es«réunit pour en former sa Sorbonne , lorsque déjà le savant et ma* gnifiquc Grégoire IX, admirant lui-même le savoir et l'autorité des docteurs dont elle alloit se composer, préconisoit leur école au-dessus de toutes les autres de la chrétienté. Ecrivant au monarque et à sa mère, le a6 novembre 1280^ pour les conjurer d'empêcher la dispersion qui alloit s'en faire dans les provinces, il leur disoit : (c La sagesse indispensable aux bons princes, comme à vos courageux guerriers, afin que le pouvoir ne s'élève pas à la présomption de l'arrogance, et que la bravoure ne dégénère pomt en licence indomptable, ne peut se maintenir en votre royaume qu'autant que vous conserverez dans la capitale cet illustre enseî-» gnement des lettres sacrées, lequel, de même qu'un fleuve sorti du Paradis terrestre, se déploie dans la ville de Paris

Gommq dans aon basain naturel ^ pouraproset et fertiliser de là^ par la grâce du Saint-Esprit , non seulement toute la France, m^îs encore le «Paradis de l'Eglise universelle. N'y vient-ou pas en foule dé toutes les nations puiser les eaux de la sagesse^ pour aller ensuite les répandre dans lesx^ontrées d'où l'on y est accouru avec ce dessein généreux (i) » ?. L'éloge deyenoit encore plus pompeux dans une seconde lettre de ce pape au même monarque, où, désirant néanmoins quelque chose de mieux encore dans la constitution de l'école théûlogique de Paris , il sembloit , par la nature même de ses louanges., indiquer la formation de la Sorbonne. C'étoit en elle que dévoient se concentrer les travaux divers, que ce pontife voyoit exécutés avec tant de succès par cette école de sagesse , dans une ville qu'il regardoit comme une seconde Cariath-Sepher (2) : « et cet art de l'éloquence qui ornoit des plus belles parures l'Eglise cette épouse de Jésus-Christ ; et cet atelier mystique où se forgeoient la cuirasse de 4a Foi, le glaive de l'esprit, toutes ces armes, en un mot, dont la milice chrétienne avoit besoin pour repousser les attaques de la puissance des ténèbres ; et ce laboratoire spirituel où, par le souffle de TEsprit-Saint , les cœurs même les plus froids s'enfiammoient d'ardeur pour

(1) Patetprœ regnis aliU à hngis fetrù temporihus floruisse (Begnum ÔmUiœ) in atrenuitate mihtum potens , in Clero litterarum sdentid prœdito f jlpibhs , et in cleme¥tti Prindpum bonitate benignum : quorum medioysi duo destituanitir ^ extrema in uiiia convertentur, Quoniam potetoia nisifuerit sapientid temperata, in prœsumptionem luxuriat', se in arrogantiam extoUendo : henignùas werô si eddem suffuSta nonfuerit, in dissoluZionem dégénérât et çfftdturjatuàati cognata. * Jgitur sapientia necessaria est utrique , sine quâ neutra iliarufn nomen uirtutis obtinei uel^etum. Sapientia verà nutritur studio litterarum , quo, quasiflwHO de loco deliciarum egresso, non soiùm regnum prœdictum irrigaïur etjœcundaiur per Spiritûs-SancXi gratiam , veriun etiam Paradisus £cclesi4t generalis , eu jus

uiueus Parisiensis cit^itas £x di%*ersis mundi nationibus in suprudictd ci^àate

coUectam multitudinem , ad aquas sapientiœ hauriendas, (Epïst.ad Zudotfieum adolescentem et ad Biancam matrem Begenlepi : Perusii,6 Kal. decemh, Pontificatùs an. III -- ab nov. laag.)

(a) Cariath-Sepher i id est civilas litterarum, (Josué : c. xy, :! i5. — Judic.

publier au loin, et de la manière la plus éclatante , les attributs divins et les ineffables bienfaits du Rédempteur (i) ».

Quand la concentration de ces admirables et puissans moyens de triomphe pour l'Eglise se fut opérée par l'érection du collège de Sorbonne (2) , quels biens ne dut .pas produire dans l'univers catholique cet illustre établissement qui 9 ayant ensuite pour sœur l'école théoI(5gique du collège de Navarre (3), permit à l'Université de Paris de s'approprier leurs décisions doctrinales en les publiant sous son nom collectif 5 et de s'acquérir, par là surtout, la plus glorieuse des prééminences sur toutes celles du monde civilisé? « Et cependant son plus enthousiaste panégyriste convient qu'elle la devoit à la grande célébrité que la maison de Sorbonne acquéroit dans toute4a chrétienté (4) »•

« La théologie, ditFleury, étoit enseignée plus purement dans l'Université de Paris que partout ailleurs »^ et nous n'avons plus besoin d'avertir qu'en cette branche auguste de science , par le mot générique d' Université , il faut entendre la Sorbonne de qui , en cela , elle tiroit sa plus notable illustration, « Les Italiens même, poursuit Fleury, venoient y étudier; et la principale ressource de l'Eglise universelle,

(1) Parens sdentùnum Parisius, veiut altéra Cariath''Sepher , clora elaret. Magna quidem sed de se majorafacà optari, DocenUbua et discenUbus gratiosa^ in quâ utique , tanquam in (tfficind sapientiœ speaali , habet argentum venanan suanun principia , et auro locus est in quo ràè con/latur : ex quibus prudentes eloquU murœnulas m/stid aureas , uermiculatas argento , cudentes etfabricantes monilia omata ; lapidibus pretiofi^, 1. imd nuUi comparandis pretio sponsam * Christi décorant , et décorant. I^ijèrrum de terra tolUtur^ quia^ dum terrena frdgilitas fortiiudine solidatur, loricafidei, gladius spiritâs, et certa indefît ckristianœ miliiiœ armatura , pouns adi^ersiis aereas potestates , et lapis colore solutus in aes t^ertitur, quia corda lapidea , Sancto Spirùu tifflata yfavore dum ardent y incenduntur , etjîunt prœdicatione sonoroyprœcinentia laudes Oiristi, ( EpisU adJUegem fi'oncorum : Laterani, 18 iCal. maii, Pontificatàs an, f^-^ i4 ayril i!i3i.)

(q) En 1263.

<3) Fondé en i3oi|i

(4) Afundatione domûs Sorbonicœ toto orbe ehristiario ccêeèem'mœ ( Du Boula/ ; Hisioria Cfniyersiiatis t tom. III, pag. 2a5.)

lors du graQd schisme d'Avignon^ en 1879^ ae trouYa dans cette école (i) : c'est à ses décisions que le pape Clément VU reconnut devoir la proclamation générale de la légitimité de son élection (a) ».

Lors de ces quea1;^ons délicates autant que difficiles^ où le pouvoir des rois , se trouvant en conflit avec le pouvoir des Clefs, alloit faire passer dans l'Eglise le trouble des Etats ^ comme dans les diiférens de Pl\ilippe4e-Bel avec Boniface YIII9 qui sut, dans la confusion où l'ignoirance avoit laissé tomber les esprits ^ qui sut débrouiller le chaos des difficultés y et mettre en évidence les vi'tties limites de l'un et de l'autre pouvoir? Qui put faire comprendre à toute la terre que , dans les choses temporelles , les rois ne connoissoient d'autre supérieur que Dieu même? Ce fut la Sorbonne sous le nom de l'Université de Paris (3).

L'autorité de ses docteurs étoit si prédominante dans l'opinion du clergé comme des peuples, que les papes euxmêmes, malgré la rigueur de la décision précédente, ne' pouvoient s'abstenir de les consulter encore > et qu'ils dc-^ cemoient à leurs jugemens les plus "honorables suiFrages. L'immortel Benoît XIV étoit si flatté de ceux qu'il eu avoit obtenus pour son grand traité de Sen^orum Dei beatificaùone et canonizatione , qu'il voulut en orner toutes les éditions de cet important ouvrage.

Il étoit reconnu partout que leur doctrine , ennemie des nouveautés, restoit inflexiblement conforme a celle des temps apostoliques^ et voilà pourquoi, suivant Tun des rapports du clergé de France asseàibié en 1682, «la doctrine des docteurs de l'Université de Paris fut celle de toute

(1) Discours XII, sur les Libertés de V£^ise gallicane, iv*. z.

(a) Fleary : Hist. ecclêsiast. , 1. LXXXXVII, n* 61.

(3) i/rui^ersitas in eam rem consulta 9 quibus limitihus.se arctare deberet pon-^ tifida autoritas , respondit fortiter , pro moresuo , Begenf intemporalibus non agnoscere supmiorem nisi Deurn* ( Pu Bonlay : Hist, Uhwenitatis , ton. IV» pag. 935. ) ^

l'Eglise dans les conciles de Constance et de Basle (i4i4 ^^ 1424) »• On sait avec quelle vigueur et quel savoir Jean GersoUy Benoit Gentien, même le plus souvent le cardinal d'Ailly, dans le premier; et Guillaume Erard avec Pierre Maugier, dans le second, défendirent les antiques maximes* Qui peut ignorer qu'au concile de Trente les douze docteurs députés de l'Université de Paris, les Nicolas Maillard, les Jean Pelletier, les Simo!n Vigor, les Claude de Saintes, etc. eurent ,. après les théologiens du pape, le premier rang entre toi^ ceux des autres nations? Avec quelle force de raison et de science n'y développèrent-ils pas les points de la Foi^ et n'y discutèrent-ils pa3 les règles de l'antique discipline (i ) ?

Le sage et savant RoUin n'exprimoit que l'opinion de tons les hommes instruits du siècle des lumières par excellence , lor -que, dans une de ses éloquentes hatangues où, comme Recteur du corps entier de l'Université , il déployoit sur elle en entier la gloire immense de la seule Faculté de théologie, ri en parloit en ces termes : « Elle a été instituée principalement pour être, non simplement au milieu de la France, mais encore au sein de toute l'Eglise, une citadelle où la Foi seroit invincible; un port où la vérité auroit toujours un asile inviolable; et comme un arsenal richement pourvu , dans lequel on trouveroit saos Qesse des armes qijil , fabriquées sur l'enclume même dé la i*eligion , * proté^eroient efficacement les libertés du royaume, c'est-à-dîre la discipline des anciens canons ; vaincraient les hérésies , en n\£^intenant.le dogme dans sa beauté primitive; mettroient en fuite les vices, en leur opposant la morale dans sa pureté divine; extermineroîent les superstitions, en conservant à la religion son augustis majesté que, dans leur ignorance,

elles rapetissent et déshonorent (a)^ Qui de vous peut avoir

(i) d'évier : Histoire de V Université de Paris , 1. xi , toni. VI , pag. i.Jg. (a) Jdeà autem illa ( Parisiensis UniUersiias ) pnscipuè itistituta est, ut esset in medion on Gaià'œ iolùm , sedtotius EccUsiee srnu , arx invietce Fidti ^ porta r

oublié que souvent et très-souvent la Sorbonne a été consultée, non. seulement par les papes, parles évéques, par les princes, mais même par des conciles généraux? Ne fut-ce pas l'autorité de ses docteurs qui décida le souverain Pontife Jean XXII à l'abjuration de ses erreurs sur la béatitude des saints? Ce que, dans les temps funestes de Luther, ne ppuvoit faire la bulle de Léon X (en 1 5a i ) , pour calmer et fixer les esprits ébranlés dans tout le monde catholique, nos docteurs l6 firent par leurs vingt-cinq articles qui affermirent d'abord la Foi dans les Gaules, et devinrent ensuite comme la base des. décrets dogmatiques du concile de Trente. C'étoient donc les docteurs de Paris qui , Lorsque cette hérésie entratnoit,bou]eversoit les villes, les provinces , et des royaumes entiers , lui avoient opposé la première digue insurmontable. Le premier rayon d'espoii^ que la France avoit eu de conserver la Foi lui étoit venu de la Sorbonne (i) ». ^

et asjrlurft ferkatis , munitissùnum velut armametoarium lindè parata semper et in ipsùis inciuU reUgiioms Jhbfiçata arma promerentur ^d tuendas regrti Uber^ tates , hoc est veterum C4.nohvm disciplivam , ad debelùmdas hcereses y ad

fuganda pàia , ad exterminandam superstitionem Non sala hœresis religio-

nem impugnat, Bèlàtm ipsi indicunt aUi prœtereà kostes , ed metuendi magis , quà minus metuuntur , uitia , ignor€mîia', superstitio'. Scilicet ^ càm tjusmodi sk homo , ut carere omninà non possit religione , pro ferd et germanâ ^ citjus aus" tara sanctitas ipsum angit et sollicitai, awide arripit simulacrum illius et adwn'^ hratam imaginem , quœ , eutteriof^is modo qualiscumque cuUûs , non incommodum uectigalpersoUfensDeo^suisinéerim votupiatihus non adt/ersatur. Quàd si prœtereà qccedant blandi^ntes magistri , qui taxas dent humanoe cupiditati habenasy vix credibile e^ quàmjaciiè et celeriter religionù imitatrix superstitio , fitiorumque mater et nutrix ignoraràia , animis irrepant. JSxemplo sunt aliquot vidnœ gentes , apud quas viffetui ôiùn dœtrinœ pariter'- piètatisque lotis non aUatn ob causât» videtur nunc ita loiigu^ns et penè intermortua ( /^. ci-apr«8 , tom. Il, pag. 3a ) ^quàm quèd enen^atis otio et no%Hirum opinionum contagione corruptis earum wù'uefsàatibus et scholis , omnisfirè ilàc reUgio in puériles et scBpè rtdiados cceremoniarum nlus euanuit, (Oratio habita die'19 decemb. 1719, super grutmtajwfentutCt ir»titutiqnefundata à Jtege Ludoxnco XV : PaiB P. )

(i) Nemo i^estînklLignQraLcQnsuitQsi sœpiàs de, reUgiPne majores nostros à

principibm » à prce^uà'bug,, 4 romanis pontificibus , ab ips^ generalibus cqndiù's,

Omitto nostrorwn prœsenim.homiffum operd , industriâ , en^ditione, studio , et

cçwocata et ad fel^emjjerducta. exitum Concilia Constanliense et Basileense ,

Il seroit trop long de rapporter les nombreux jugemens par lesquels elle combattit, désarma et détruisit successive-» ment les erreurs diverses , sous la forme desquelles Tesprit de ténèbres revenoit sans cesse agiter TEglise y et même troubler les Etats par d'astucieuses innovations de doctrine qui tendoient à ce bouleversement général dont nous avons été les témoins. La collection que le savant évéque de Tulle ; Charles Duplessis d' Argentré , a publiée de ces jugemens de la Sorbonne, est immense, quoiqu'elle n'aille pas au-delà de J735 (i). Mais il en est un de 1680, qui, bien important pour ceux que rend inquiets leur douloureuse expérience du résultat de nos troubles civils (/^. ci-devant, page 274)^ mérite une mention particulière. Il l'exige même, comme étant la base d'un autre jugement ^ rendu cent sept ans plus tard, à la veille de notre révolution, et sans téquel , probablement, tant de nos prêtres bannis par elle , n'aurbient pas obtenu ce généreux et solennel- accueil qu'ils trouvèrent en Angleterre. Ne faut-il pas qu'enfin leur reconnoissance apprenne l'obligation qu'ils en eurent à la Sorbonne , par qui , jusqu'à trois fois, avoient été dissipées les préventions ombrageuses du gouvernement anglais contre les prêtres catholiques , depuis les constitutions de Pie V, Grégoire XIII , et Sixte V? {F", ci-devant, page 61 , note 2.)

fimtissima iUa duâ Fidei christianœ H libertatum nostrarum propugnacula, Omitto denùjue coactum auctoritaJU Panstensàtm Theologorum ejurare errores fuos de anùnarum beatitudine Bomanum pontificem , Jotmnem XXII, — Pw nestis Zutheri temporibus , cùm UUus pestiferœ hœreseos contagio per Europam impunk grtusareUir, undè primùm Galliœ nostreé spes qffitlsit ? Gratias Deo immorudfiê , qui in tanto reUgionis discrimine , ad^trsùs hiinc torrentem , quo yn^es , prcHfincicB , régna intégra trakebantur , Parisiensis Theoiogiof doctores , seu firmissimum murum opposuiu Emissa h Leone X BuUafluctuantium ant" moriim œstus compescere non potuerat : conscripti à Parisiensibus theologis ifiginti quinque articidif iique totius Unùfersitatis unanimi consensu conjir^ moaiy ^Fidfim in GalUâ sanxerunt; et ilii, quam gèneratis deinceps Synodus prœscripsitf credendi normœ ac regulœ viam et auctoritatem prœstruxenmt. (RoUin : i^iVfem.) ( t) Colltctio judidorum de notas erroribus : 3 voL in-fol. lyaS , 1733 et 1736.

D'abord) en 1680, lorsque les factieux se servoient de plus eu plus de la diversité des religions pour augmenter les embarras de Charles II remonté sur son trône ^ les catholiques d'Angleterre y jaloux de tranquilliser le gouvemement sur leurs dispositions à son égard, consultèrent solennellement la Sorbonne, r^elativement au serment di allégeance qu'il exigeoit d^eux ; et la Sorbonne , dans une assemblée de soixante docteurs ^ dont un seul fut d'un avis différent ^ calma l'inquiétude de ce gouvernement , en éclairant la conscience des fidèles par sa décision doctrinale du 9 aoùt^ dans laquelle elle déclaroitque ce germent pouvoit et devoit être prêté par les catholiques anglais.

Sa décision , trop abrégée dans V Histoire ecclésiastique JC jùtgleterre y par Dodwel (i)^ veut être exposée en entier.

« On demande , disoient les théologiens de la Faoulté de Paris y si les catholiques peuvent en sûreté de conscience, et sans offenser la Foi , prêter ^un serment de fidélité, conçu en ces termes : Je, Nj reconnais en toute mérité et sincérité, je professe , f atteste et je déclare en ma conscience , devant £Heu et des^ant les hommes , que notre maître suprême , Charles , est le "vrai et légitime roi de ce royaume, ainsi que de tous les autres domaines et terres de Sa Majesté; et que le Pape na , par lui-même , ni par aucune autorité de t Eglise ou du Saint-Siège , ni par aucuns autres moyens quelconques dont il puisse im/estir qui que ce soit , aucune puissance ou autorité pour déposer le Roi, ou disposer de quelques uns des royaumes ou domaines de Sa Majesté , ni pour concéder à quelque prince étranger le droit de lui porter préjudice , ou Senvahir son territoire y m de délier aucun dé ses sujets de la soumission et de l* obéissance qu'ils lui doivent y ni de donner a aucuns d'eux la licence ou la faculté de porter les armes contre lui, d'exciter des tumultes, de commettre des violences y d'occasionner des dommages à la personne y à,

(i)Tqdi. in,pag.387.

F Etat ou augoui^emement de Sa Majesté royale , ou de causer des dommages à quelques uns de ses sujets y dans l'étendue de ses domaines.

« Je jure aussi, de tout mon cœur y que, nonobstant toute déclaration ou sentence , soit d^ excommunication , soit de prii^ation de son royaume , faite ou accordée , à faire ou à accorder par le Pape ou ses successeurs , ou par une autorité quelconque, dérii^ée ou prétendue dériuée de lui, ou de son siège, contre ledit Roi , ses héritiers ou successeurs; nonobstant toute sentence qui délieroit ses sujets du dex^oir de lui obéir, je serai toujours fidèle et obéissant à Sa Majesté, à ses héritiers ou successeurs; et je le défendrai , lui et eux, de toutes mes forces , contre toutes les conspirations, tous les attentats quelconques qu^exciteroient , soit contre sa personne ou la leur, soit contre leur couronne et leur dignifé , de telles sentences ou déclarations, et lors même qu'elles n^en ser oient que le prétexte. Je le défendrai tout aussi bien que si ces attentats résultoient d'une autre cause : et ^'i7 vient à ma connoissance des trahisons et conspirations contre sa personne ou quelqu'un d'eux, je ne négligerai rien pour quHls en soient informés ,

tt Je jure en outre que f abhorre de tout mon cœur, que je déteste et repousse comme impie et hérétique la doctrine contenue dans cette abominable proposition: Les princes excommunies ou déposés par le Pape peuvent être déposés et même tués par leurs sujets, ou tous autres quelconques (i).

« Finalement, je crois et je jure en ma conscience que ni le

pape, ni aucune autre personne na lepoui^oir de ni absoudre

de ce serment en tout ou en partie y reconnoissant moi-même

que ce serment m'a été légitimement demandé a^ec une auto-

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(i) C'est la seconde de celles que la Sorbonne avoit condamnées le 4 ayril 1626 , dans le livre de Santarelli , aux chap. xxx et xxxi , où elle étoit en ces termes : « Les princes excommuniés ou déposés par le Pape , peuvent être déposés/ et même tués par leurs sujets ou par d'autres ». (F, ci-devant pag. 85^ note a. )

rite juste et parfaite, et renonçant à toutes dispenses etindul-gences qui lui seraient contraires. Je reconnais et jure toutes ces choses sans ambiguité et très^-sincèrement y conformément aux paroles que fai prononcées > et selon le sens naturel et commun , dans lequel on les entend généralement , sans aucune équivoque ou évasion mentale, ni secrète résers^e quelconque; et je fais cette reconnaissance en détail volon^ tairementf auec sincérité et de tout mon cœur, avec la véri" table Foi d^un chrétien : qu ainsi Dieu me soit en aide .».

c( Nous, soussignés 9 théologiens de la sacrée Faculté de Paris 9 jugeons que ce serinent, tel qu^il est exprimé cidessus y peut être prêté , sans offenser la Foi et en sûreté de conscience, par les catholiques anglais ^ et, quant à la proposition de \si déposition et du meurtre des princes, laquelle y est réprouvée comme hérétique , en comprenant tout à la fois la déposition et le meurtre , nous disons qu'elle Test même en les séparant, mais seulement matériellement, lorsqu'il ne s'agit que de la déposition des princes : ce qui est contraire à la parole de Dieu j mais elle le devient formellement par l'addition qu'on peut les tuer en vertu de cette déposition^. Délibéré et donné le i6 août, l'an du Seigneur i68o. Signé, Alex. Vaillant, curé de Saint-Christophe, avec cinquantehuit autres docteurs ; et confirmé l'année suivante , 9 août 168 1 , par Cocquelin , chancelier de l'Eglise et Académie de Paris (0 **•

(1) Quaràur an sahâ-Fide et tutâ consdeniid à cathoKcis prœstari possii furumentum fideUtaUs (subsequêns) : « JSgo ^ Jf,,, perè et sincère agnosco , ffrofiteor, test^teoTy et dedaro in consdentid meâ » eoram Deo et mundo^ qubd êupremus dominus noster Carobis est legitimus et venu hujus regni rex , et omnium et alionun majestatis suœ dominiorum et terrarum ; et qudd Papa » nêc per se ipsum , nec per ullam auctoritalem Ecclesiœ vel sedis Jiomanœ , aut per uUa atia média cum qutbuseumfue aUis , aKquam potestatem uei atuuwiuuem habeat regem deponendi , ifel de aUquAus mafestatis sum' regnis aut dominas disponendi , yel aUcui prinmpi extraneo ad ipsum damnificandum aut terras suas invadendum auctoràatem concedendi , vel uiiot suppositomm suorum ab eorum suœ majestati subjeetione et çbedientid exonerandi^ aut uilis eorum lt->

Les catholiques d'Irlande 9 en 1775, non moins jaloux de prouver au gouvernement anglais qu'il pouvoit compter sur leur fidélité^ et que les plus célèbres écoles de théologie ^ auxquelles ils se faisoient un devoir d'adhérer ^ proscri voient

eenùam uelfacultatem dandi, ut arma contra ipsum gérant ^ tumultus excitent , aut aJiquam i^iolentieun aut damnum majestau's suœ regùe personœ , stattii uel regùnini aut tdiquihus mn^'estatis suœ suhdiiis intra sua dominia affènant,

a IteiUfjuro ex cotde , quody nonobstante uUd declaratione uel sentenltiâ ex* communicationù uel pnfationîs /actd uel concessd, aut/aciendd uel concedendd per Papam uel successores y uel per quamcunque auctoritatem deriuatam aut deriuari prœtensam ab UlOy seu à sud sede, contra dictum regem, hœredes aut successores suos , uel quàcunifue absolutione dictorum st^ditorum ab eorum obedientid ,Jidelitatem et ueram obedi^ntiam suœ majestati , hœredibus et suc-* cessonbus suis praestabo y ipsumque et ipsos totis meù uiribus contra omnes conspirationes et attentata quœcunque quœ contra personam ilàus , uel illorum , eorumqaecoronamet dignkaUm ratione uel colore alicujus ejusmodi sententim uel declaratioms f uel aUàs facta fuerùu » defkndam y omnemque operam impendam ut majestati suœ , hœredibus et successoribus rêt^elem , et manifestas Jaeiam omnes proditiones et proditorias conspirationes , quœ contra illam aut aliquos illorum attentari cognoscam y uel audiam,

«t Prœtereà juro y quàd ex corde abhorreo , detestor et àbjuro tanquam impiam et hœreticam hanc doctrinam et damnabilem propositionem , quàd Princif es» per Papam excommunicati veldepositi, possunt» per suos subditos yel alios quoscumque» deponi aut occidi.

«( Et uheriùs , credo , et in consdentid medjuro quàd nec Papa y nec ulla aUa persona quœcunque potestatem hsîbeaî me ab hoc Juramento , oui aUquâ tjus parte absoluendi. Quod j'uramentum agnosco rectd et plend auctoritate esse là" gitimè mihi ministratum , et omnibus indulgentiis ac dispensationihus in con" trarium renuntio, Hœcque omnia plane et sincère agnosco et juro yjuxta hœc CTcpressa uerba à me prolata^ etjuxta planum et communem sensum , et intel-^ lectum eorum uerborum absque uHd œquiuocatione axa mentali euasione , aut secretd reseruatione qudcunque y hancque recognitionem et agnitionem fado cordiaUltTy uohtntariè et uerè ; uerd Fide christiani uiri: sic me Deus adjuuet ».

<c Nos infràscriptisacnsfacuitatis Parisiensis Theologi oensemus jusjurandumy ut ùi obuersd pagind conceptum est y salud Fide y et tutd consdentid à catholids yingUs jurari posse : si modà in propositione quœ est de depositione et caede principum ut quœ damnatuf ut hœretica deponi et occidi conjunctim accipiantur; imà etsi diuisïm. , ita ut tamenpropositio hœretica matmiaÛter y idest uerbo Dd contraria Jimatur , quatmiks depooi principes effèrt ; formfditer uerà etiam quatenàs occidi posse superaddit, DeUberatum datumque die t6 augusti anno Domini i6do ; etc, , etc, » ( Duplessis d'Argentré : Collectio judidorum de nouis erroribus , à la pag. iSg de la I'* part, da 3* ToL )

l'opinion que a les princes excommuniés ponvoient être déposés »^ voulurent avoir à lui présenter également une condamnation de cette perverse doctrine par la Faculté de Paris. Ils la consultèrent, et, dans une assemblée de soixante docteurs, elle leur répondit qu'ils pouvoient, sans offenser la Foi, et en sûreté de conscience, jurer que Dieu n'a donné au souverain Pontife aucune espèce de droit temporel sur aucun royaume, et par conséquent sur celui d'Irlande »•

Gomme si, dans les années subséquentes, la sécurité du gouvernement se fût affoiblîe ; ou comme si , à l'approcbe de notre i*évolution , prévoyant , pour ainsi dire , qu'elle pros» criroit nos prêtres catholiques , et que plusieurs iroient chercher un asile sur ses bords, il eût besoin d'être rassuré sur les sentimens qu'ils y porteroient , les catholiques anglais, d'accord avec lui , voulurent avoir à lui présenter, pour leur concilier sa faveur, un nouveau monument de la persévérance inébranlable du clergé de France dans la même doctrine. De là ces trois nouvelles questions , adressées de Londres à la Sorbonne , vers la fin de l'année 1 788 i et, par surabondance de précautions, aux Universités de Louvain, de Douai, d'Alcala , de Salamanque et de Valladolid , pour montrer que la doctrine sur ce point étoit uniforme en d'autres pays catholiques : « i®. Le souverain Pontife, ouïe collège des cardinaux , ou quelque autre assemblée d'hommes émi* nens en. dignités ecclésiastiques , ou un personnage quelconque de l'Eglise romaine (tel qu'un légat), auroitil quelque autorité, quelque puissance, quelque juridiction civiles, ou une prééminence civile quelconque sur le royaume d'Angleterre, à raison ou en vertu de quelqu'autorité, puissance ou prééminence du Pape ou de l'Eglise romaine , soit que ces facultés lui fusse^t inhérentes , soit qu'elles lui eussent été concédées , soit qu'elles lui appartinssent de toute autre manière quelconque ? a**. Le souverain Pontife ou les cardinaux, ou quelque assemblée, ou quelque personnage de l'Eglise romaine, peuvent-ils absoudre ou dispenser du ser-

ment de fidélité les sujets du roi d'Angleterre? 3*. Y a-t-il dans les articles de la Foi catholique, quelque principe duquel on puisse inférer que les catholiques sont dispensés de tenir la Foi promise aux hérétiques , ou à tous autres qui ne seroient pas d'accord avec eux dans Jes choses de la religion (i)? »

A ces questions dont la troisième semhloit indiquer les engagemens privés que nos prêtres auroientà prendre , trois ans plus tard, avec leurs hôtes, quand ils seroient reçus en Angleterre, la Sorbonne répondit par des sentences contradictoires avec les mêmes termes, dans une congrégation générale, tenue le 19 février 1789. Les réponses des autres Universités étrangères ne différèrlipt point de la sienne ; et le gouvernement britannique , délivré par là de toutes ses «larmes , ne craignit plus d'ouvrir ses portes à nos prêtres quand ils furent exilés. \

(( Du haut des navires qui les apportoient, dit l'un de ceux qu'on y accueillit si généreusement et en si grand nombre , M. l'abbé Barruel(2), ils i*egardoient les rives de l'Angleterre avec cette habitude d'anxiété que leur àvoient fait conîlFacter trois ans de persécutions toujours croissantes dans leur patrie; mais, en s approchant, ils ne virent pas sans attendrissement ces Anglais qui , les attendant sur le rivage , n'avoient d'autre émotion que celle du désir de les rece-

(i) 1*. Habetne Summus JPontifox, oui eminentissimi cardinales , ma àUquis cœtus hominum , aut aliqua alia persona Ecclesiœ romanœ , uUant cwilein autoritatem , civUem potestatem , àyiUm jurisdictionem , aut àuilem prœemineruiam ^uamcuiti/ue in regno jingliœ, ratione aut uùtute alicujus auctorùatis, potes" tatis , jurisdictionis , aut prœenùnentiœ Papçe , vel Ecclesiœ romanœ inhœrentiSf concessœ aut alio quovismodo pertinentis? — a>. Potestne Summus Pontifex , omU eminentissùni cardinales , mtt aliquis ccetus hominum , aut aliqua aUa persona Ecclesiœ romanœ absolt/ere aut dispensare suhditos régis Angliœ à juramento fidelitatis? — 3". Estne aliquod principium in artieuUs Fidei cathoUcœ per quod patholid excusantur in non sewandâ fide cum hœreUcis , aut aliia qui ah qfsis dissentiunt in opinionibus religionis ?

(a) Histoire du clergé de Frai^ce pendant la révolution.

voir et de les soulager. Rassurés sur tout ce qui les entoure à leur débarquement (parce que tout ce qui les entoure est rassuré sur leur doctrine), ils se dirent > dans l'admiration , et je disois avec eux : Il est donc un lieu sur la terre où l'homme y déposant toute crainte de son semblable, ne voit plus dans lui qu'un frère , exempt de soupçons et plein de bienveillance ». Nous n'offenserons aucun peuple en disant ^ ce qui est si notoire, qu'il n'en est pas qui ait aussi magnifiquement que cette nation protestante, rivalisé le chef de TEglise (atholique, l'auguste Pie YI, dans son paternel accueil de nos prêtres exilés (i) ».

« La trompette de la bienfaisance, reprend M. Barruel , a déjà retenti dans Londres et les provinces. Déjà le clergé anglican, les lords, les commerrans, les citoyens de toutes les classes, ont fourni les moyens de loger, nourrir, vêtir ces colonies sacrées. Le roi lui-même a cédé son ancien palais de Winschester, pour servir d'habitation à six cents d'entre ces vénérables proscrits. Le gouvernement ordonne de nouvelles quêtes en faveur du clergé français. On compte en Angleterre jusqu a huit mille prêtres expulsés de leur patrie a cause de leur Foi catholique ; et il n'en est pas un seul qui

(i) La reconnoissance et radmiration que cet illustre Pontife en éprouToit, se trouTent exprimées dans le beau discours de M. Marotti, dont nous parlerons ci-apres , tom. II , pag. 35. Il y disoit , plein d'enthousiasme , aux prêtres exilés : <r Oh ! combien les conseib divins sont merveilleux ! Peuvent-elles être plus grandes , la générosité, la miséricorde j la munificence des Anglais A votre égard? Leur monarque lui-même a tellement admiré votre vertu, qoe, non seulement il vous a fourni des secours pécuniaires , des vétemens , la nourriture ; mais de plus il a voulu , par des lettres patentes , rendre notoire à tous que, s'il étoit porté par son humanité à vous soulager dans le malheur, il l'étoit plus efficacement encoi'e et plus abondamment par votre courage et votre sainteté » i Quœ jénglorum etiam ( S admiranda Dei consilia ! ) largitas in vos , misencordia , Vheralhas ! Quorum etiam humanissimus rex ita uiriutem pestram admùratus est , ut non soUan uoBis ehmum , vestem , alimenta suppeditat>erày tmim etàun ilhid Htteris datis palàm omnibus faetum uobterit : sb « quœ humimitéite sud lAenter in leuandd vtstrâ fortuné faceret , éa muilè fibentms atque uheriùsfocere ohforlitudinem vestram, vestramque sanctitatetn, » (Marotti : De Ostentis divinœ Potentiœ , efc. )

manque de ce. que peuvent réclamer ses besoins^ soit en santé y soit en maladie )),

En réfléchissant qu'ils y jouirent de tant de secours pendant vingt ans au moins; et tout en admirant la frànclie dilatation de la magnanimité anglaise dans <;ette circonstance , nous sommes autorisés à dire qu elle eût été comprimée , que ces prêtres n'en auroient point ressenti les effets , si le gouvernement ne les eût point accueillis , et qu'il ne les auroit vraisemblablement pas accueillis si bien et en si grand nombre, sans les rassurantes déclarations de la Sorbonne (i).

Voilà donc ce que nos prêtres bannis ont sans doute gagné à l'invariabilité comme à la pureté de sa lumineuse doctrine. « Ses théologiens, disoit encore Bollin en 1719^ ne se laissent pas pousser çà et là par )es vents des opinions et de la faveur, ni par de commodes allégations de la prétendue nécessité des circonstances. Stable^.dans la Foi> ils pèsent toutes choses dans la balance de l'Ecriture-Sainte et de la tradition. Laissant de côté les profanes nouveautés systématiques, imaginées pour de variables conjonctures, ils restent appuyés sur l'autorité de la vénérable antiquité sacrée comme sur une ancr« ; et leurs définitions relatives à la religion , demeurant immobiles et inébranlables parmi les tempêtes frémissantes des passions et des opinions humaines , dissiperont encore, quand il le faudra, par la lumière victorieuse de la vérité^ les nuages de l'erreur et du mensonge (^) ».

Mais que pourront ces docteurs à l'époque de la révolution,

(i) C'est une ycrité de fait que nous attestèrent en 1800 ceux-là même de nos éyéques réfugiés en Angleterre , qui nous firent parvenir les dernières décisions de la Sorbonne pour être insérées dans notre PoUiique chrétienne de cette époque ^ où elles furent rendues notoires dans la livraison d'octobre , pag. 280 du !•' tom. de 1800.

(a) Ita semper erày auditores. Quomam theologi nostri non sinunt circfunferri se omni uento doctrinœ ; sed in Fide stabiUs , omnia Scripturœ Sacrai et traditionis trutinâ pondérant ; nec profanas pocum not^ates inducunt , sed sacré perendm antiquitatis auetoritate ueba anchorâ rùtuntur ;Jrementihus nequictftiam cupi-' dàtuum et opimonum hwnanarum procelUs , stahunt immotœ et inconcussm

quand Fautorité royale qu'ils ont jusqu'alors si puissamment défendue 9 cédant chaque jour aux factieux quelque portion de sacouronne, et leur livrant successivement ses meilleurs soutiens , semblera n'avoir conservé de pouvoir que ce qu'il en faut pour sanctionner l'hérésie , et pour autoriser la persécution ? Dans cette situation incohérente et fausse , où quelques défections augmentent encore la perplexité des meilleurs esprits, la Faculté de théologie, si grave dans ses formes de procéder, n'a pas encore eu le temps de s'expliquer doctrinalement sur la constitution civile du clergé ^ que déjà l'archevêque légitime de Paris est remplacé de vive force par un intrus. Alors , alors elle ne connott plus de délais ; et l'archevêque reçoit aussitôt la déclaration suivante :

« La Faculté de théologie de Paris s'étant assemblée le I" avril en Sorbonne, lieu ordinaire de ses séances , a arrêté unanimement qu'elle envcrroit cette lettre à M. l'archevêque de Paris :

« Réi^érendissime Père en Jésus ~ Christ ^

a Toujours sincère et constante dans son attachement

iUonun de religione defimtiones , errorisque et mendacii nebuku uictrida tandem aîiquandà verUatis luce dispellent, ( Rollin , ut suprà. )

Si la Faculté de théologie de Paris eut ses nuages au temps de la Ligue , ils furent bien passagers ; et la cause en venoit du dehors , comme on peut s'en convaincre dans le tom, VI de V Histoire de ri^nit^ersité d^arCrévier), où 1m instigateurs du condamnable décret de l'assemblée secrète du i6 décembre 1S87 sont mis à découvert ( pag. i53, i65^ 167 « 290, 336« 34o et 4>o ) ; où l'on voit que les anciens docteurs , tels que Faber, syndic ; Camus , doyen ; Chabot ; jFabeTj curé de Saint-Paul ; Chopognac, et quelques autres , courageusement fidèles aux anciennes maximes , furent vaincus en cela par la faction des jeunes ; que ceux-ci affirmèrent frauduleusement , dans le décret, qu'il aysit paâaé à l'unanimité des voix (pag. 4^9 et 4^^) » 9^® ^^ cardinal Cajétan, légat, apporta en janvier 1890 , un bref de fëlicitation de Sixte-Quint pour ce décret (pag. 409) ; qu'un autre décret analogue, obtenu de la môme manière , le 7 mai iSgo , valut à l'Unirersité un bref très-flatteur de Grégoire XIV ( pag. 4^1 ) ; mais qu'enfin , lorsque les anciens docteurs purent prévaloir sur les jeunes , restés sans appuis après l'entrée d'Henri IV, l'Université reparut avec ses pettchans naturels comme avec son ancienne doctrine ( pag. 44^ )*

aux éiféque% de FEglise gallicane , aux successeurs de

saint Denis envoyés par le siége^ apostolique , la Faculté

de théologie h!a pu néanmoins se défendre de senlimens

plus yifs et plus ajffecpieux pour les prélat^ gabelle a

éleyés ^t fioufris dans son sein. Quelle joie n*a-^trelle pas

éprouyée, lorsque vous fûtes appelé par le Seigneur au gou^

yernement du diocèse de Paris/ Témoin de vos travaux ,

pleine d'admiration pour vas vjertus, avec quel empressement

n'a-'t'idUe pas applai^di à votre élévation! A présent que la

tristesse a succédé à la joie; à présent que des revers

lamentables vous ont éloigné de nous, elle se hâte de vous

offrir, dans P excès de votive accablement , unefoible conso'»

lation. Pénétrée da< votre douleur , elle vous fait part de ta

sienne. : gardienne de. la Foi antique , liée à la chaire de

Pierre, ferme dans la tradition des Pères, la Faculté

de théologie ne. reconnoit et ne reconnoitra que voui pour son

légitime pasteur. — Fait dans l'assemblée génét^ale tenue

en Sorbonnç , ce i" avril 1791- «S^we. Gayet de Sansale,

syndic. ».

Déjà^ dans un bref du 23 du même mois^ le Saint-Père PieVI cite cette lettre mémorable, comme une iriréfragable autorité, à l'arçhevâque d'A-vignon^ aui^évéques de Carpentras^4^ Gayaillon, de Yaison , aux chapitres , aux prêtres et aux peuples de ces divers diocèses, bi^n qu'ils se regardeiit spécialement cpmme: sujets politiques du Pontife* « Spuven^z-vouSj disoit-il-à-ces prêtres, à ces fidèles, que , sans un jugement ca^nonique de TEglise, vou$ ne devez être dét^pl^ç^, par aucune espèce dé violence des évéques et des pasteurs auxquels voi^ êtçs liés ^ ainsi que Qçla, yîent d'être reconnu et déclaré par la célèbre, Sorbonne d,9ij^^ son assem-^ blée extraordinaire du i*' avril (j) »,

(i) Memeniote , sine canonico £cclmœ jiuUdo non passe uos , per speciem piotentiœ etiam , et necessàatis , ab eo ohedientiœ t/inculo subduci^aul solui^ tjuo ergà archiepiscopum y uestrasqtie' parochos deuùicti tenemini , ueliai die 1* mensis aprUis , per cetehrem Sorbonœ Uniuenitatem , in conventum extraor-

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