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leur lettre que nous insistons , ou plutôt c'est cette partie qn'il faut mettre tout entière sous les yeux de nos lecteurs. Ils auroient de trop justes reproches à nous faire, si nous BOUS permettions d'altérer un monument si précieux • Gomme il n'a pas besoin d'être relevé par nos réflexions , contentonsnous aussi de le transcrire.
((L'autre motif de votre arrêté est le refus (jue nous a\H)ns tous fait du semnenê. Ahl Messieurs , après les maux incalculables que ce fatal serment a attirés sur la France,! de l'aveu même de ceux qui en furent si imprudemment, dans l'origine, les moteurs et les plus ardens panégyristes , pouvionsnous, croire que la non -prestation de ce serment serviroit aup)ttrd'hui de prétexte pour nous arracher subitement à nos.fonctions:, tandis que nous les avions déjà paisiblement exerC>ées depuis plus de six mois, sans la moindre réclama tion de personne ; et surtout depuis qu^une loi postérieure de l'Açs^emblée même, sans aucune distinction entre les instituteurs publics assermentés ou nourassermen tes,. ordonna généralement à tow «çûx qui (comme nous) étoient encpre en place lors du décret, de reprendre leurs leçons jusqu'à l'organisation de l'éducation nationale? .
(( Un plus grand intérêt va nous occuper auprès de vous , ^lessieurs : il est de notre devoir de rendre ici devant vous ^ devant toute la France, un témoignage authentique de notre Foi.
(( Nous vous déclarons donc unammement que le serment prescrit, contenant (comme il est manifeste) la constitution prétendue ciuiledu clergé (i), notre conscience y répugne et y répugnera toujours invinciblement.
^ Poi^rrions-npus, en effet, oublier jamais tous les liens sacrés qui nous attachent à la Foi catholique ; les vœux. que nous avon4 .&its copime chrétiens, sur les fonts du baptême ;
(i) Voyez le titre I" de la Constitution française^ et surtout le dernier article du titre VII. Il est évident que ce dernier article comprend tous les décrets de la constitution du clergé.
rengagement que nous avons contracté cOmtne prêttei etifre les mains du pontife qui nous ôrdotma; lé serment solelknel que nous ayons prêté depuis comme docteurs! jAfnus Téglise métropolitaine de Paris éf d^r Fautel des saints Martyrs, de défendre la religion (s'il le falloit) jusqu'à l'effusion de notre sang; enfin rbbligatidtt spéciale qui nous est imposée^ domme professeurs ^ de l'enséi^er aux auti^s dans toute sa pureté? •' '••
' <( D'après ces titrés dont nous nous honorei^onâ touj«iurs, comment aurions-nous pu souiller nos lèvres par le serment exigé? ; V, .
'-^ a. 'Quea l' notis' jurerions de inaintenir de toUt notre pou^ vèiftineconstitûtion évidemment HÉftËTIQUiB, puisqu'elle renverse -plusieurs dogmes fondamentaux de notre Foi ! l^els sont incontestablement Fautôrité ekyine que F Eglise a reçue de Jésus -Christ pour se gouverner ^tle -même : autorisé qu'elle a nécessairement comme société, et sans laquelle elle ne peut ni* conserver sfes pri6rogatives essentielles, ni remplir ses glorieuses destinées ; son indépendance absolue du pouvoir cif>il datis les dkâsès"^' purement spirituelles; le droit qvLettë-à'^seuté'y H:om^fàé jv^è unique et suprême de la Foif d' eh^ fixer la forfm4e deprcfèssibn, et de la prescrire à ses ministres nouvellement céiu$ :• t^ls- sont encore la pri^mauté de jurisdinfAoUque'lè'Papey vicaire de Jésus^Christ sûr la terre et'{>adlèiégr'âës^j^Meurs, a de-dràit divin dans toute t Eglise y ét'^uf se rWftirèit déèbrmais à un vain titre et à un pur fantôiiie de ptéëniînehtîe 5 la supériorité non moins certaine* de Févêqué sur les simples- prêtres que T-on Voudroit' néaîiiioîris élever jirsqu^à lui, eh leé'rëi^dant ses é^aux, et souYcnt^même ses juges ; enûn la- nécessité indis" pehsable d^une mission canonique et (f me juris diction ordi^ nàire ou déléguée ^'j^onreHAÊÊcer Hàiterhéht et^alidement les fonctions augustes dû isiaiïitt'x|Ëiliislère: Ce n'est pas ici le lieu d'exposer les preuves décfsivèîi cfvA étaMiâAiéiàt chac^life de ees vérifës^ d'après rEcritureiH^e «rt ki tradEtTC^^dé^-tous
les siècles. C'est ce qu'ont, fait, d'une manière aussi lumi^ neii«e quQ solide , le Chef dç-t Eglise dans ses différens brefs, et nos E{^éques légitimes dajiis leurs instructions pastorales.
t(. Quoi! n(»jas jurerions à la fiace à&% autels de maintenir de tout notrft pouvoir une constitution manifestement ÇCHISMATIQUE qui bouleverse les titrer» les territoires^ tous les degrés ,et pouvoirs de I^^hiérarchie^ qui^ d'après une autorité purement séculière , et conséquemment incompé-^ tente,, ôte la^mi^^ÎQU. et jiirisdictîon aux vrais pasteurs de rËgli^e» ppui^la çotii^i^r à d'autrps que r£gUs^ 9e oonnoit pas^ qui élève ainsi autel contre autel; rompt cette chatne prépieufie çt) vépéraI4^ qui- nous unissoî;! %^^: ajDk^treS;^. et sépare avec violence les fidèlfesde le.ur9. p^t^ùrs: légitimes , . et toute^ If Eglise gallicane, du O^s^tr^idelb cf^tholicité? . , «, Nous jurwons eftfiga» e;a.pi*ésjB.pfi^^flfcjJés,us- Christ mémç j de maînteuit det t^^QQt^e poi(v<>ir une constitution VISIBI^EiVIJENT OPPOS^ÉEç A. t:jESPR][TrDII CHftJSTIA^
NISME; dans U prosc^riptioA'df^^z vœusc^ili^Qastiques, si Gonforuies au;^, coi^jçîlç. 4^: l'J^ydaigile , JlPPli^urs si honorés dans rEgJisÊ, et; que J'QnvV^ildrait n^f^nio^i^s 12lo^s faire regarder comme, co/2^(C(«Vvêi;^a 4vpit(fi/itiCtisJiP *^n^. cpnstitutioa quiy.so^^ prétexte d^mq^s^^f^l^er à l'a^ci«nne discipline par.un^ r^forme.sa][ii;t9^i|^, i^'intrûduit que le désordre et des innoï:aUons déplo^4Jî4^?}\^P!P.)epn#fJtj^tipft qui, sans aucuii égÀrdlpQur les fc^iii44|ièQns;ilf^'P^$sr|e3pe€tables par leur objj^t m/éD(i^. d'utilité >;};Çf$i|^primje toutes arbitraire^ ment, 8iM,i](i^riç 4^s forpi^Ssl(ff^npf|iques?;^U^n^ uue.constitutipXK q^i» é^blfss^nt po.ur^, Içs^éJections xip.>^o4frrnpuyeau et tout-^T^it^ ippui;, les copliçi ipdifféreînn^eftli^.tquf les citoye^f, fidèles ,^ hégçtjqj^^, ; juijfs. ou ^if^pJ^J^s^^ sans la moindrp,.iftflHmÇeu4^-c^Çr^/ï^^<^^^ <^^^ l'expçiple de tous les <sièçie^,cferéUç?^s>;^A ^^P&if^^ Ma ns^qn^ policées ou b^rbaMre^.? rYM'^Wiis^WaiftiV^.ffiîÎTpffti^^fïiJw^ la
rejigîçjB^,aïi2^ i»PjPHvisî4^ , :,: ,, ..
qui nous ont fait repousser le serinent loin de nous avec hor^* reur. Oui j il n'eût été à nos yeux qu'un affreux parjure, et une véritable apostasie.
(( (Test dans ces principes qu'e nous nous glorifions d^avoir eu part; edmme Docteurs ^ à la délibération unanime de la Faculté de théologie du mois d'avril dernier. Monument précieux et authentique de son attachement invrolable à la chaire de Saint-Pierre, ainsi qu'aux pasteurs légitimes de l'Eglise de France : délibération d'autaiat moins suspecte y qu'on n'accusa jamais la Faculté d'avoir exagéré les droits du Saint-Siège , ou ceux de l'épiscopat.
(( Si donc, déserteurs tout à la fois , et delà doctrine pure que nous'à vous puisée dans son sein, et de notre propre enseignement dans sts écoles , nous avions eu la coupable foiblesse dé prêter le serment, c'est dans sts annales, et jusque dans nbs leçons même, que nous aurions pu lire Farrét flétrissant de notre condamnation.
(( Une si lâche défection pe nous eût-elle pas rendus indignes , et Aes fonctions honorables que nous exerçons en ' son nom, et de votre propre estime?
(( Enfin, quel scandale n'eût pas été notre chute honteuse, pour ces jeunes lévites confiés à nos soins, et d'autant plus chers à nos cçeurs , qu'ils sont la plus douce espérance de l'Eglise ! Non ^ nous pouvons le dire comme Eléazar , non , il n était pas digne de nous de dissimuler nés sehtimens; et nous déifions à leur jeunesse cet exemple de noire fermeté dans la Foi.
<c Notre devoir est rempli auprès de vous. Messieurs : quelle que soit, au reste , votre décision sur l'objet de notre demande , nous ne cesserons d'adresser au Ciel les yçsus les plus ardens pour la paix de l'Eglise , et pour la prospérité de l'empire.— iS^/je^, Paillard, professeur royal de controverse, à Navarre 5 Saint-Martin , professeur royal de controverse, en Sorbonne 5 pe la Uogue , professeur d'Ecriture-Sainte , en Sorbonne \ DiÈGHS , professeur de morale, en Sorbonne ;
( 5op )
Briquet, professeur royal de controverse, à Navarre ^ Dtj- DEMAINE, professeur royal de théologie, en Sorbonne; TiN- THOIN, professeur d'EcritUre-Sainte, en Sorbonne^ Flood, professeur royal de morale , à Navarre ; Matignon , profes* seur royal des'Sainèes- Ecritures, à Navarre^ HlïG0£S, professeur d'hébreu , en Sprbonne (i) ».
Cette lettre mérita des félicitations directes ila Fa^culté, de la pari .du Souverain-Pontife (2)^
Les écoles de théologie restèrent donc fermées à Navarre et enSorbonne^ mais leurs pifofess^rs respectifs continuoient d'y habiter; et, non contens des lun^ières qu'ils répandaient au dehors, par leurs écrits et leurs conseils , ils j ajoutoient, surtout en Sorbonne, tout ce qu^ils pouvoient prélever sur les revenus modiques de cette maisqn, et même sur leurs propres besoins , pot^r sub verdir .à ceux des prétires du. dehors, qu'on avoit privés de ressources, en les chassant de leurs églises pour n'avoir pas voulu p;Fétçr le coupable serment. Dans leur franchise , que rien jtiç ppuvçit déconcerter, ces docteurs ne craignoicint pas d'inscrire ces dépenses généreuses sur le registre d'une comptabilité, qu'où prévoyoil devoir être soumise à l'administration du /directoire du dis^ trict de Paris (i).
(1) Il aYOÎt vécemiaeBft iticoédé dans cette chaire au docte et pieaK Asseline, qui y devenu , en. 1769» évéque de BpuJogn^-eur-JMEer, ne ces^a^ipar aea écrita et ses conseils^ d'ôtre comme Totiicle et le guide des autres prél^ta de l'Eglise gallicane, pendant toiite la persécutioii.
(a) foa quoque anùnum nostrum consolatione affidstis..,. ^VniuersàaUun et Sàrbonœ jjr^sertim prtfissorés , v^rtitfe prasêtaMes , ef de Teiigione in hoc potissùnùm rerum dùcrùnine optùnè mefiti, ( Brey. doctrin. ad S. /f. £• tardir noies f architpùcopôs , episcoposrègrii OfUtiarum , i0 mars 1792. )
(3) Nous sommes redeyabies de plusieurs de ces détails A M. l'abbé DIECHE, chanoine de BJiodès, yice-gérent de Tofficialité de Paris, yicaiîre-général de Châlons'Sur-Mame, delà Maison de Sorbonne, où il fut d'abord^professeurde i droit canonique^ ensuite de morale , et doyen de toute la Faculté de théologie. Ce
' sayant et modeste docteur^ qui combattit en divers écrits les erreurs de l'église
' constitutionnelle , et dont le lêle égaloit la sagesse et les lumières , ayant eu
j la part la plus active aux 4«nutfche9 de son corps^ et à la rédiiction de cts
( Soi )
Ce qui prouve de plus en plus combien la Sorbonne imposoît aux chefs mêmes des factieux, c'est que, malgré le rapport quavoît fait, le 5 janvier 179a, pour obtenir sa destruction, Tun des membres de l'Assemblée Législative, <juî avoît appartenu au clergé ,1a Sorbonne subsistoit encore après le renversement du trône, au 10 août. L'Assemblée, subjuguée par une involontaire vénération pour elle , n'avoît pas osé porter la sentence de sa destruction. Toutes les fois qu*on Ten avoit pressée, elle n*avoit su qu'ajourner indéfiniment cette question. Qui ne croirqit que la Sorbonne ni^ pouvoit être détruite tantquele trône subsistcroit? Il n'exîstoit déjà plus, que Ton paroissoit craindre encore de la disperser. On se perdoit en vagues rédactions d'un décret de suppression générale de toutes les congrégations sécu** lières > parmi lesqueU es elle se trouverpit comprise. Ce ne fut que le 18 août qu'on en prononça l'abolition , en déguisant toutefois dé cette manièj'e la'mainqui lafrapppil, dans une suppression confuse de toutes ces congrégations, dont plusieurs n'avoient pu se maintenir jusqu'alors (i).
Cette involontaire circonspection de la perversité sembloît se communiquer jusqu'à un certain point aux plus effrénés de ses agens. Admirable impression de respect et d'égards, que produisoit la Sorbonne! Dieu veilloit. sur ceux desesdocteivs, qui, tout connus qu'ils étoient pour insermentés et pour contraires aux systèmes nouveaux, habitaient encore paisiblement cette maison , lorsque déjà l'on arrachoit avec fureur de toutes les autres les prêti*es fidèles qui s'y trouvoient, pour les parquer en des lieux de carnage. En vain les hommes farouches de la section des Thermes y dans l'arrondissement de laquelle
pièces si dignes des annales de la Sorbonne et de FEglise gallicane, fut à peine arrivé à Rome qu'il s'empressa' de les faire insérer dans les Jl/émofres dont noQS avons paHé ci -devant, page i5. Il est mort en 18 19, à Rhodes^ sa patrie.
(i) Le décret rendu sur cet objet astucieusement compliqué , ne forme pas moins de â3 pages in-4**
est la Sorbonne , veulent ^obtenir du ^^omité dont ils dépendent l'autorisation d'aller enlever de même nos docteurs. Le comité^ dirige par un homme habile autant qu'humain (i), la fait refuser. Leur saint asîle n'est point violé ; et aucun d'eux n'est traîné dans des lieux de détention^ pour mêler son sang avec celui des autres victimes qu'on y doit bientôt égorger. Mais aucun d'eux ne pourra plus rester dans cette vénérable demeure, huit jours après la publication du décret de déportation, rendu le 26 août précédent (/^. ci-devant, pag. i38). Quoiqu'une connoissance plus exacte des faits, tels que nous venons de les rapporter, ne nous permette pas de dire d'une manière absolue,, comme l'auteur ^e la Notice sur la Sorhonne (Paris, 1818), que « la dissolution de la société dé.Sorbonne s'est opérée par la seule force des circonstances,'et. que sts droits furent respectés par les administrateui^^jiesplus animés de l'esprit révolutionnaire», nous souscrivoiis.de bien grand cœur à ses réflexions , lorsqu'il ajoute : « C'est un phénomène bien frappant dans toute la révolution, qu'une société religieuse, assurément très-remarquable , ait été épargnée dans des jours où l'on recherchoit avec tant de fureur tout ce qu'il y ayoit de prêtres dans' la capitajie pour les massacrer. Si l'attention n'étoit saisie d'effroi, en rappelant ces fatales journées , ce seroit un spectacle fort touchant, de se représenter des vieillards, entendant les cris de leurs confrères égorgés^ et, tranquillement assis sur les marches de l'autel , attendre la mort avec ce calme qu'inspire une vie sans reproche ».
Nous adhérerons encore au même auteur, lorsque, demandant Je rétablissement de la Société et Maison de Sor-
(i) Jean-François. Behoiirs , qui , président de rassemblée primaire de la section des T^iermes , sembla pres<]iie n'étrç partis^ de la révolution qu*afin de sauver de ses fureurs les nobles et les prôtreâ. Nous savons par nous-mdmes combien ensuite il fut utile à ceux d'entre eux qui étoient revenus de la déportation ou de Texil , après le neuf thermidor , pendant qu'il occupoit la nouvelle place de commissaire national dans la mémo section.
bonne, il en expose les avantages' incomparables, et même Tindispiéiisable i!iréce8Sité dans tes circonstances actuelles* Pour en bien juger, il faut se rappdier qu'indépendamment de ces assemblées générales de la Faculté de tbéologie de Fàrisv où'Fon fixoitd^une maniék*e. si imposante des points importans de Fpi et de discipline , tels que ceux dbnt nous avons^parlé ; chaque semaine , comih^ nous Tavons aussi in^ diqué > les docteûrs^^qui , résidans à la Sorbonne , au nombre de trente^sêpt , étoient proprement de la maison et société de SorbotmOy socii ^rbohici (i) , tenoient des conseils par« ticfulierspour lès divers cas de conscience envoyés et soumis» de toute ia France > et méMe de, tout l'univers eatbolique^ à leur déôisibAi Ainsi- donc > nous ponvoils dire avec l'auteur de la N(ftiûe , qui lui^méine fut socius Sùrbonicus (à) : « Cette société , '4;èUe qu'elle etistoit , pourroit 'seule convenir aux besoins religieux de la France actuelle ; et il seroit urgent d^ rétablir cet admir)Bâ>le institut , uniquement cOn<sacré à l'étude du dogme , de la morale et des traditions apostoliques ; cette sorte d'aréopage, dont les nations chrétiennes téclamoientave^ tant d'empressement, attendoient avec tant d'impatiencelesfugemens; auquel les puissances elles-mêmes recouroi^nt dan« le conflit de leurs intérêts et de leurs droits , en des causes qui intéressoient la religion , sans que le tri * bunal spirituel qui les jugeoit fût jamais séduit par aucun genre de gloire et d'ambition, sans que jamais il portât le moindre ombrage à Tautori té rojflle, dout au contraire il fut toujours le plus solide appui, et le plus ardent protecteur.
. (i ) Ils form(»9|it iine «grégalioi^ distincte et peu nombreuse , qui n'sdmettoit que des prêtres séculiers^ et ne les recevoit même qu'après leur avoir fait subir des épreuves spéciales. En y entrant , ils étoient obligés de jurer que jamais ils ne passeroient dans aucune autre association. Un religieux, uii membre d'une autre société ou .congrégation quelconque^ pouvoit bien étare docteur de Sorbotine ; mais il ne pouvoit jamais é\xt de la ^société de Sorbonne, ^
(2) M. Joseph De Foucauld, maintenant cba^o^e du second ordre ^ daiis 1* église royale de Saint-Denis.
(So4)
^( Suivre fidèlement y et san^ rien innover , une tradition qui , par un enseignement auceessif et uniforme, ^e lie i des temps oà nos rapports avec la Divinité . étoient claîremont énoncés ; telle a été la maxime constante de VEglise .: Nihil innàuetuTy nisi quod iraditum est. Ehlquipourroitorappeletr cette ancienne tradition dans toute sa pureté , siu^out depuis le remplacement forcé et la transmutation amccessi vè des pasteurs légitimes, si ce n'est cette sociçté , i|u- un. usage ancien et une consécration toute particulière avoient , :dai consen-^ tement tacite de toute l'Eglise , établie la gardienne , et en quelque sorte la dépositaire delà doctrine? Si YWin achevez d'anéantir une autorité respectée, source «de lum^es que mille canaux répandent dans la société , vou^ ^tombiez dans le vague indéfini de toutes les erreurs que l'orgueil et l'ima** gination peuvent produire, sans qu'il vous reste aucun guide qui puisse VO.HS ramener* . .
« La religion , que l'on ^'est |>lu à travestir sous des règles arbitraires, au mépris d'.u^ges.con£tans, et des lois les plus saintes, demande, le rappel d'un corps enseignant dont tous les membres, par une. destination ioute. particulière, ne pourroient avoir d'autre intérêt que celui du rétablissement de i'Qtdre, et le dévèloppeovent des principes snx: lesquels il doit ](eposer ; une société enfin qui ait conservé l'ancienne doctrine, et; ôi^ l'on pui$se être assuré delà retrouver.
c( Malgré tout le zèle de ces nouv;eaux ^vangélistes, qui vont même pprter à des peuples inconnus une Foi que nous désertons d'une manière aussi ingrate > après qu'elle a fait le bonheur de nos pères , il faut avouer néanmoins qu'il manque une cho/e essentielle à ce louable apostolat. La plupart de ces jeunes missionnaires, qui, dans une éducation précipitée, n'ont pu s'instruire à fond d'une doctrine que la vîe de l'homme ne suffit pas pour méditer, trouvent bien plus facile d'émouvoir les cceurs par des peintures vives et tou« chantes , que de convaincre les esprits par des raisonnemens et des autorités qu'Hs n'ont pas eu le temps 4'^pprofandir.
IXorÈL il résiste que d'ancienne» obsenraiiceB', qui «ont de devoir rigoureux , se trouvent «ouvent remplacées par dei pratiques , qui plaisent par leur nouveauté , et dont le succès flatte toujours l'amour «-propre de feelui qui les propage : ce qui est souvent un prétexte aux ennemis de la religion ^ pour diviser ses ministres^. et l'attaquer avec plus d'avantage.
a D'autre part, cet esprit d'innovation qui s'est introduit jusque dans le sanctuaire , et dont nous déplorons tous les jours les funestes progrès^ ne peut rien supporter de ce qui a le sceau de l'antiquité. 11 veut que tout paroisse sous des formçs nouvelles 5 et ces formes , presque toujours, changent le fond des choses : il n'y a plus aucun principe qui reste certain 3 les questions les plus simples sont devenues des problèmes ; le bien et le mal , le sacré et le profane , tout est dans une horrible confusion : nulle autorité pour lesrecon. noitre.; et chs^cun déplore ce vague indéfini où s'agite une nation qui a congédié tous ses guidas. Il est donc urgent encore de rétablir , pour les consciences inquiètes et troublées, ce conseil qui, ayant un grand usage des délibérations , avec toutes les notions d'équité et de bonne foi qu'il prit à leur véritable source , avoit l'avantage de délivrer la conscience de celui qui recouroit à ses lumières , d'un doute pénible , et quelquefois d'un remords qui pouvoit le conduire au désespoir : ce conseil seroit encore le refuge du malheureux que des circonstances ont entraîné dans le crime, et qui, dans l'excès de sa douleur, a besoin de consolation, :d'encouragement et d'appui ».
. Mais, hélas! des vœux aussi patriotiques qu'ils sont religieux p n'ont point été exaucés 5 et l'on né sauroit se dissimuler que l'obstacle est moins venu de la difficulté de trouver assez d'anciens docteurs encore vivans pour recomposer cette utile et vénérable institution, que des causes indiquées par nous-mêmes en commençant à parler de la Sorbonne (j).
. (i) Voyez encore ce qui a été (tit ci-deyant par Hollin, pa'g. 4^1 et 4^3.
Il ne nous reste plus , ramenés quenous mmmes au fond de notre ouvrage.par Thistoire même de cet aréopage sacré'^ il ne nous reste plus' qu'à fair« observer que surplus de dix-buit cents docteurs die lafftculté de Paris ^-dispersés dans to^ute la France , il n'y en «ut que trente au plus qui déslioiiorérent les principes de cette école si pure et' di- lumineuse^ par une coupable adhésion aux: erreurs du temps-, et qu'un nombre infiniment plus grand parmi ceux qui restèrent dignes dé son 2intique réputation, eurent la gloire de sceller de leur -saiig la sainte doctrine qu'elle professorit avec toute l'Eglise catholique. La ville des Vans, au diocèse d'Uzès, avoit ^éjà vu tomber, victime ^e xette cause divine , Un de nos docteurs , le i4 juillet 1792 (p^. C^ÉMENCEAtj), quand périrent pour elle , les a et 3 septembre , i Paris , plusieurs d'entre eux , et notamment ce digne ëvéque de Beauvàis , qui étoitl'un des trois prélats , choisis , selon l'antique usage , pour être les con^ sen/aieurs des frinUges apastoUquesàe l'Université de Paris ,
(/^. F. J'' DE LA RoCHEFOUCAtrLD. )