‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 2)Chapitre 40 sur 45 · PREMIÈRE PROPOSITION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PROPOSITION

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Ze clergé de:Fnance à été tèllem^it persécutS^'<iU*il a pu pïas:titsam'^eîx^o$tr'aum,mHdrebHmey.*' •

a Tant que la penécntion s'est «bornée à des^tf suites y à des. menaces , à des aiooûàîes , à des inpiresv à dtkétkitiÊ ftù'ienx

dans lesquels on invitait le peuple à égorger les évéques et les prêtres , les uns et les autres sont restés à leur poste , bien persuadés qu'il faut savoir souffrir des affronts pOur le nonx de J.-C. y et que le disciple n'est point au-dessus dti maître.

« Lorsque les choses ont été plus loin ; lorsqu'on a eu soi»levé tous les fidèles contre leurs pasteurs ; lorsqu'on a spolié le clexgé. 4e tous. ses. biens j, lorsqu'on a exigé durement et militairiement un serment inique ^ dont le.refus entratnoit la p^rte des places , les évéques et les prêtres ont refusé le sermep.t,,et ^s sont encore restés à leur poste.

« Lorsque , poussant les choses à la dernière impiété, l'as-t semblée eut levé l'étendard du schisme , eut substitué des intrus aux évéques. et aux curés innocens et inamovibles, ceux qui purent rester à leur poste , y restèrent. Ils abandon-» nèrent leurs maisons à leur^ usurpateurs ^ mais , tant qu'il fut possible , ils ne quittèrent ni leur diocèse , ni leur paroisse ; ou ils s'en tinrent à une petite distance , pour entretenir encore une correspondance habituelle avec leurs ouailles ^ pour pouvoir aller en cachette visiter les malades , exhorter les mourans , et nourrir la piété des bons catholiques. Ils savoient bien que ce rôle les ejqposoit à des poursuites judiciaires, à des emprisonnemens , à des amendes : beaucoup néanmoins s'y exposèrent, et oublièrent le danger pour sauver des âmes.

(( Mais lorsque les remplacemens eurent été faits avec violence; ^.lorsqu'il ne fut plus possible aux pasteurs de demeurer au milieu de leu^ troupeau, ou â la proximité de leur troupeau 'j lorsqu'il leur fut impossible de rendre aucun service à Içurs paroissiens, devenus leurs ennemis et leurs persécuteurs, alors cessa le devoir de rester. Alors il fallut que les prêtres s'éloignassent et se cachassent. Encore les poursui voiton dans les asiles , même éloignés , qu'ils s'étoient choisis. On leur suscitoit tous les genres de tracasseries et ^e désagxémens. Souvent même on les chassoit; et il y a beaucoup d'exemples de pasteurs, qui^ ayant passé d'un département

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dans un autre , en ont été bannis par des arrêtés vexatoires , et quî, allant successivement dans trois ou quatre départemens , toujours poursuivis , toujours chassés , n'avôient plus d'autre ressource que de fuir loin d'une terre quî ne leur offroit plus ni feu ni lieu , et où ils ne pouvûient plus reposer leur tête.

« Qui osera les blàiiier d'avoir pris enfin nli parti ^ auquel la nécessité les contraignoit 9 et d'avoir secoué la poussière de leurs pieds, en quittant une terre de proscription? Ils étoient pasteurs , à là vérité; mais ils n'en ]p61ivoient remplir aucune fonction ; mais y même eh bravant les dàngevs y la plupart nepouvoient faire dans leurs pàliàisse9 aucun bien, absolument aucun. Les liens qui le^ aitàchoiènt à leur troupeau étoient donc, sinon rompus, dti moins déliés, jusqu'à ce que les circonstances permissent de lés renouer. Les plus austères iqasuistes ne peuvent pas en jug^r autrement. J'ai des devoir* à ïréttiplîr, je fais «e qui ^stète ihoî pôttr les'rémplir ; mais on tti'oppose des obstacles multipliés et itisurmbntables : alors ce devoir n'existe plus., 611 n'est plus 'obligatoire. Certes, lés càïiOns lés plus «év^ères, qui obligent à la résidence les pàstéUrs dés ftmes > liront plus d'application , lorsque la résidence est devenue totaléiheiit imposisible. Si dûnc^ à cette époque , tous les prêtres -eussent pris le parti de la fuite, on ne pourroit pas leur faire l'ombre d'un reproche. Mais la plupart n'ont pas voulu user d'un droit si naturel , si légitiiiie. Us passoieiit d'un diocèse dans un autre ; et si, moins tionilU^ , ils 'j étôiènt nroiùs perséôutës , ils faisoient encoirè dé^ bonnes œuvres ; et , consultant bien plus leur zèle que leur sûteté, ils s'occupoîent du salut de leurs frères. Comme dé dignes ministres de J:-G. , ils étoient tôntetis dans leur détresse ; datis leur état de meiidîcîtè, lorsqu'ils avoient pu artâdher 'quièlquè proie à TEnfer, ou fortifier les vrais fidèles dans l'âmbur de la religion.

: «Et remarquez bien que lésé vêques furentautbrisés à partir lisant les prêtres , parce qu^étant plus connus', et par là plus

exposés , c'eût été de leur part une hauK imprudence de braVer la férocité d'hommes arméft et san^frein^ qui fouloient aux pieds les lois sacrées de la religion^ qui méconnoissoient même la voix de l'kuma^itë. »

SECONDE PROÎ?0S!TION.

Le clergé de JPrance a Mé ËeîUm^ht pet^éàuté , iju^il a dû,

partir, et qu'il a étéfàlfeé h partir.

« Si le dergé a été autorisé à paHit*> notre cause est gagnée^ caàis cela ne nous suffit pasJN'ou^ TOidoiis/pdtir tiotre pleine justification , q;uè l'on sache ^ue nous avons dft partir; qu'en pàrt&ât, nous atons, non seulement usé* d'un droit y mais rempli un devoir ; que si , par zèle y nous eussions tou^ vbnlu'srèster, ee sële cmftiiimt eût^té indiscret.

a Je suppose ^oe le clergé de France > dans la position où il se trouvoit > -dût consulté toutes les Eglises catholiques , ' que ces Eglises > réunies en conciles nfttionàiix^ lui eusseht tracé un plan de conduite analogue aux ci^constancfes , je .soutiens cpst toùtéS' lui eussent coùsdllé de faire te qu'il a lait, de cédera l'orage" et de s'éloigiier. Sa présence, ne pouvant qu'aigrir les esprits ; et Afduter aux rigueurs de la peîv sécution, ëtoi t non seulement inutite, mais mâme dangereuse. Là fermeté a des bornes au-*delà desquelles elle devient opiniâtreté. La fureur kllbît toujours croissant; et eût multiplié les crimes. Déjà on àvoit em|^l5onné une foùle de f^r^ttes, dans tous les dépai^temens ; déjà on en àvoif assassiné plusieurs à Bordeaux', à Nismes, à Meaùx > à Lyon. Onavoit fait tine boucherie de prêtres et d'évéqùes à Paris, lorsque le grand noiùbre s'est décidé à quitter le royaume. Ce n'^étoît ^ pliis lâcheté , c^étôît prudence : c'étoit agir conformément au véritable esprit delà reKgion. <•;/•.

(( Pour mieux jnger cette conduite; cjue l'ouToie ce (ftiî est arrivé aux prêtées restés en France , pour raison de vieillesse ,

d'infirmités^ ou par un zèle suruaturel. Tous ceux d'entre les premiers qui étoient employés dans le gouvernement des paroisses , curés ou vicaires , sont enfermés dans des maisons communes. Ils y sont prisonniers , et pi» là, réduits à la plus

frande inutilité. Quel bien leur présence fait - elle à la rance ? Aucun : ils sont tous les jours exposés à la fureur populaire 5 et qui sait si la rage des factieux ne se portera pas jusqu'à les extei^iner (i).? C'est là une des inquiétudes qui nous dévorent dans notre exil. No.us les plaignons^ ces amis, ces frères : nous tremblons pour eux. Nous avons de vifs regrets qu'ils n'aient p^s pu nous suivpiek>in.de noti^ patrie, et partager la sûreté dont nous jouissons* Qe qui nous tourmente le plus , c'est que , pi^rmi eux , plusiçîurs sont exposés à la cruelle tentatiou d'acheter leur repos par des sermens coupables*.

<( Quant à ceux qui ne. sont > pas foncUoniiaires publics , comme les chanoines^ les curés qiiiîs'-étoieat démis de leurs cures, .les religieux, les bénéficiées simples , ils jouissent, à la vérité , de leur liberté. 9 mais de quelle libe|*té ! S'its sortent, on les épie, 94 les espionjie, on les.^eilU; On qraint surtout qu'ils n'approchent des tmalad^s. et des maurans. Ce B'est qu'avec d'ipcroyables précautions qu'iLsp^vfvent échap* per à ces ennemis acharnés qui, sembl^l^^ au lion rugis^ sant, sont tQuJQj^r^ en ^^EAbuscaderrpdur dévora* leur proie, letpardonn^roiept: bien, plutôt à.juiu prêtre >dfayoir assassiné son semblable, que d^ayoir sauvé une 4me*

ce Lorsque* les choses en soi^t parve^ueç.à un tel point, il est certaii^dueut .permi^i li^ chercher un autre asile, et de 4érober satêteau fer des scélérats altéras 4u saf^g sacerdotal, çt pour qui le meurtrp, et les sacrilèges ^oipt des joÀi^ançes. Il y a plus : quand même les prêtres aproie;t^t; vpi^lu rester ; quand ils auroient été déterminés à braver tpus les dangers, à essuyer toutes |,e8 fureurs de la persée^ltjx)!! ,,. cela leur eût

(1) 11 ^ fant pas t>uhlier que rauteiirécrivoit au cpnpencement de t.793«

été impossible. Pourquoi? C'est qu'il y a eu un décret général d'exil ou de déportation contare tous les prêtres qui, aissujétis à la loi du serment, ne l'avoient point prêté ; c'est que ce décret a été exécuté par la force ; c'est qu'il eût été inutile et illicite d'y opposer d« la résistance ; c'est que tous les hommes armés du royaume ( et il n'y a pas un méchant qui ne soit armé), tous ces hoi^mes passionnés , qui sont les exécuteurs ardens des décrets de l'Assemblée Nationale , et qui , en les exécutant, n'ont jamais connu les mesures ni la mode-* ration , eussent déployé , contre les prêtres qui n'avoient pas fui , toute la violence dont ils étoient capables ^ et alors le sang eût coulé de toutes parts (|).

<i II est donc vrai de dire que les prêtres en g'énéral ont dû partir 3 qu'ils ne pouvoient s'en dispenser. Je dirai même qu'ils eussent fait un tri^*- grand mal en restant, et je le prouve. »

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