‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 2)Chapitre 41 sur 45 · TROISIÈME PROPOSITION · texte numérisé non relu

TROISIÈME PROPOSITION

£e clprgè a été tellement persécuté , quLil n^auroit pu se dis» penser de partir, sans ^eoBfOser au hldm$ , et sans offenser Dieu.

« Que prescrit la loi de Dieu ? De remplir son devoir autant qu'il est possible de le remplir. Mais, lorsqu'une force majeure vous arrache à vos fonctions \ lorsqu'on vous contraint à quitter le lieu de vos fonctions , que dit alors la loi de Dieu , surtout à des prêtres ? Elle leur dit bien clairement qu'il ne faut pas opposer la force à la force ; qu'il faut céder et se retirer. Elle leur dit -que, si on les envoie en exil, quoique cet exil les sépare des troupeaux auxquels ils étoient

(i) C'est ce qui arriva, dans lasnite, à l'égard de ceax que lenr zèle> v approuvé de leurs supérieurs, avoit retenus en France, dans l'espoir fondé d*y être ignorés des persécuteurs. ' •

liés, il faut qu'ils partent, €t n'opposent d'autr£S armes que la résignation erla patience : s'^s restent par esprit de résistance (i)^ ils sont ][)lÂmables> ils sont més^ responsables des crimes qui pourroient en résulter. Ce ne seroient plus des prêtres de Jésus-^CkrisI ; ce seroient des aëditieux ^ des re-* belles. Voilà ce que dit la saine et vraie morale s et dès lors le clergé de France est absous.

« Pourquoi est*il parti ? Parce qu'il y a été foroé. U ne s'éloigna point tant que la persécution fnt supportable ; et Dieu sait ce que, pendant ti*ots ans., il a enduré de comtra* dictions et d'injustices, d'injurea et d'outrages '5 et la spo* Hation de ses biens, et la perte de ses places j et l'expulsion de ses- maisons, et le bannissement; et les aaaendes , et les emprisonnemens , et les menâtes les plus atroces : 'menaces qui, en plusieurs lieU¥ , ont été accompagnées dfis violences les plus sanguinaires. Enfin, il n'est parti que lorsque la mort a été sur sa tête, et lorsqu'une loi inique et barbare l'a chassé de sa patrie. Si quelques uns Tout p!ré venue, cette loi digne des Néron et des Dioclétien , c^est que le danger étoit plus pressftiit dans les lieux qu'ils habiioient ; c'est qu'ils avaient vu égorger de malbeiireûx c<m£rères ; o'a&t qu'ils étoient dans l'impossibilité de faire aucun bien, et d'empêcher aucun mal.

<{ Une pareille conduite, je le dènàande, est*elle réprékensible ? J'ose dire qu'elle mérite, non lebl&mùe, mais des éloges : >'ose dire que nous avonj» soutenu la cause de J.<-C. ; que nous avons souffert pour lui ] que c'est encore pour lui et pour son nom que nous sommes en exil. Aussi , est-^ce là l'idée qu'on a de nous dans toute l'Europe ; c'est là ce qui , partout, nous a. attiré la bienveillance et les bienfaits des âmes chi*étiennes ^ c'est là ce qui a ouvert des asiles et procuré des ressources à notre pauvreté. Nous ne sommes rien par

(i) Le motif àa petit nobiiire de teat qai ctarent dsvsw tttàmry étoit an

contraire éminemment cvangélique.

nous-mêmes^ et nous ne pouvons inspirer qu'une pitié vague ; mais la miséricorde de Dieu no.uç a choisis pour être ies défenseurs et les confesseurs de la Foi ^ et c'est un rôle qui nous relève et nous honore : c'est à ce beau titre que nous devons tant de protecteurs, dans les pays oii nous nous^ sommes réfugiés. Ce titre est si parlcoity que, d^n? les pay^ même où l'on ne professe point la Foi catholique, nous avons été accueillis et secourus avec ui|e s^ffecition, touchante, avec la plus noble générosité. VAnglfterr^ e^ Ift Hollande^ ' marchant sur les traces des gouvernemens catholiques, mal» gré la différence 4^' religions , nous ont pi'odigué et les hommages çt lea coiisoUtions* Tout ceU a été réglé par la Providencç^ Aus^i n'en .ca(icevons-nous pas de l'oi^ueil, mais de la ^'«connpissançe ; et cette opinion générale que l'on a sur notre cpi^ipte, devroit noi^s dispense^; d^ toute apologie.

« Je suppoae maintenant que nous eussions tenu une conduite directement oppose à celle que nous avons tenue; que , lorsqu'on ilon^^ â ordoji^pé de partir, npu^ fussions tous xe$t4^ j que oe cri de résistance eût été universel pmrmi nous ; qu'il c^ût été commun h to\\s les diocèses de la France : je dis que nous eus3ioQS offensé Pieu , que nous eussions' attaqué directement les vues de sa providence ; je dis que nous eussions été la cause directe des crimes que se fussent permis des hommes effrénés, ^t du sang qu'^s eussent yers^. Je dis que , mouTA.nt alors victimes d'un eptêtemeut inexcusable , nous eussions é^é priyési des grâces que Dieu accord^ à ceux qui se sacri&eut pour lui.

« Cal^mlons encore ce qui en seroit résulté ; etsuiypns cette hypothèse jusqu'au bout. U eu serçit résulté que la totalité ou la presque totalité des ^vêques et des prêtres eût péri; et ensuite, si Dieu « par son infinie bonté, eût résolu de rendre ' à la France sa religion, de rappeler la Fpi dans ce pays, d'où elle est presque entièrement exilée, que seroit une religion sans ministres ? Qu'on ne m'accuse pas de douter de la

toute-puissance de Dieu. Il a mille moyens > dans sa sagesse , de rendre au christianisme tout son éclat , sans nous ^ nous sommes ses instrumens ; mais nous ne sommes point des ins^ trumens nécessaires. Celui qui peut changer les pierres en des enfans d'Abraham^ peut bien faire lui seul de parfaits chrétiens; mais enfin ce n'est point là la marche ordinaire et naturelle de la Providence ; elle ne multiplie point les mi* racles sans nécessité. N'est-il pas plus simple de penser que^ si la régénération de l'Eglise de France entre dans ses adorables décrets , c'est par ses ministres qu'il la fera revivre , cette Foi éteinte^ et que nous avons été conservés pour replanter dans notre patrie l'arbre de la croix , pour y faire refleurir cette religion grande et sainte , dont l'oubli et le mépris ont été la cause de tous les maux qui ont écrasé et qui écrasent encore ce malheureux empire* Il est plus simple de penser que ^quarante ou cinquante mille prêtres , bien imbus des principes de l'Evangile , épurés par les souffrances, instruits par les terribles leçons que Dieu nous a données dans cette révolution , seront les ouvriers destinés à travailler à la vigne du Seigneur , à cette vigne si ravagée, si déshonorée, que d'imaginer, ou que la Foi sera rétablie sans être préchée , ou que Dieu fera un miracle ppur créer sur-lechamp une troupe de ministres nouveaux , qui publieront' ses louanges, et annonceront ses oracles.

tt Oui, nous sommes persuadés que nous reverrons la France; que nous y rentrerons comme ministres de J.-C; que nous sommes destinés à y réparer une partie des ravages que l'irréligion y a faits. Nous le croyons; et en cela, nous ne craignons pas d'offenser Dieu, qui nous entend. C'est pour les intérêts de sa gloire que nous espérons travailler; c'est pour que son saint nom soit de nouveau sanctifié par ceux qui l'ont méconnu et blasphémé. Cette espérance est en nous , elle échauffe et nourrit nos coeurs ; et nous mourrons contents, si elle se réalise.

(c En un mot , nous croyons que notre conservation est

un des moyens de régénération que Jésus-Christ a préparés à cette Eglise , dans le sein de laquelle nous sommes nés ; et ^ue nous eussions contrarié ses vues , en cherchant tous mal à propos un faux honneur de courage et de vertu ^ en affrontant simultanément la mort lorsqu'il falloit s'y soustraire , et en privant l'Eglise de travaux qui pourront encore être utiles, et servir à féconder le champ du père de famille. Les ouvriers seront en bien petit nombre pour l'étendue des travaux, et pour l'immensité de la moisson; mais celui qui plante n'est rien ; celui qui arrose n'est rien : c'est Dieu qui donne l'accroissement; et sa bonté est si grande,' qu'il peut récompenser de petits et foibles travaux par de grands et d'éclatans succès, n

QUATRIÈME PKOPOSITION.

En partant y le clergé de France a obéi au précepte de Jésus-' Christ^ et' a suivi t exemple de ce Dieu^Homme.

ft II n'est pas possible de douter que le Dieu-Homme , fondateur de l'Eglise qui devoit s'accroître et s'agrandir au milieu des persécutions , n'ait laissé aux apôtres des préceptes et des exemples, les plus propres à les soutenir et à les diriger dans les circonstances délicates où les tyrans déployoient toutes leurs fareurs contre les chrétiens. Aussi, en ouvrant l'Evangile , nous voyons, dans le chapitre X de saint Mathieu , quels sages conseils Jésus-Christ donne aux apôtres, avant de les envoyer. Il les avertit des dangers qu'ils auront à courir, de la haine générale qui les poursuivra, de la trahison de leurs plus proches parcns ; et, en même temps il leur recommande d'allier la simplicité de la colombe aveo la prudence du serpent. «'Lorsqu'on vous persécutera dans une ville, fuyez, dit-il, dans une autre». Il ne leur dit pas d'affronter les dangers, de les braver, lui qui pouvoit, pour leur défense, faire descendre dû Ciel des légions

d'Anges. Bien moîn^ encore les invite-t-il à opposer la force à la violence : il veut qu'ils s'échappent^ lorsqu'ils le peuvent » et qu'ils passent d'une ville oii l'on persécute, à une ville plus tranquille. Ce moyen, accommodé à la foibl esse humaine, frappe moins l'imaginlttion que l'espèce d'héroïsme que Ton trouve à se présenter avec intrépidité aux persécuteurs et aux bourreaux ^ mais, tout simple qu'il est, et par sa siinplicîté même , il n'en est que plus digne d'une religion qui ne vise qu'à la vertu , et qui fuit ce qui est éclatant. Le mait^e a p^rlé : voilà la règle : a Fuyec lorsqu'on vous persécute d. Et cette règle , que Jésus-Christ a prescrite , il Fa suivie luimême , dans les fréquentes occasions d'une vie agitée et destinée aux souffrances.

« Première occasion , exposée par saint Luc (chapitre lY) : Jésus étoit à Nazareth, lieu où il avoit été élevé. Il instruisoit le peuple, un jour de sabbat, dans la synagogue. Ses concitoyens s'ameutent contre lui , le chassent de leur ville , et le conduisant jusqu'au sommet d'upe montagne, pour l'en précipiter. Que fait^il ? Il passe au milieu d'eux , et se retire. Ipse nxiiem transiens^ per médium illorum ihaU

m Seconde occasion, racontée pur saint Jean (ohap. VIII) : Jésus parle avec liberté dans le temple ; il fait aux Juifs des reproches amers qui les indignent ; et leur colère va si loin qu'ils prennent des pierres pour le lapider. Jésus ne les brave point; il sort du temple, et se caeh)0. Jésus. absoondit se, et exilait de templo. *

<c Troisième occasion , rapportée par le même évangéliste (chapitre XI), à la siiîte de la résurreetion de Laa^are. Les prêtres et les Pharisiens » pleins de jalousie , se rassemblent. « Que faisons-nous? s'écrient-ils. Cet homme opère beaucoup de miracles , et va se faire un grand parti. Il serott utile qu'un seul homme périt pour la nation > et que la nation ne périt point ». Us s'occupèrent donc de lui donner la mort. Jésus, instruit du complot, se retire près d'un désert, et ne fe moutreplus en public. jAiit in regionem , juxiàdesertum^

<i .Ce qui a. été écrit est écrit pou» notre instrucUon : or, Jé&us qui , d'uB SQuffle , pouvoit fais e tomber tous 6€s ennemis y s'éloigne et fie cache lorsqu'on le poursuit* U étoit le maître de la foudre^ et il semble craindra et trembler lors* qu'il voit le danger : jusqu'à ce que son heure soit venue, il prend toutes les précautions possibles pour ne point tomber entre les mains de &%% ennemis*

. <^ Qu^ diront maintenant, ceux qui prétendent qu^il faut to^^urs rester à son poste, et qu'on ne peut le quitta: sans lâcb.eté > lors n^me qu'on a la certitude àiy périr ? Notre répoiiae est décisive. Les conseils de la sagesse éternelle , les exemples 4n Saiat des Sainte, sdnt au-dessus de$ vaines opinions des hommes. Le disciple ne s'égarera jamais, en suivant ui^tel maître* »

ClNQUiÈME PROPOSITION.

Le defgé de France , en partatit, m agi comme agissaient ^ et les apéiresy es ks premiers éi^èquesy et les présures , dans le temps de persécuiian.

ce Les apôtres ont éié persécutés , x^omme Jésus - Christ la voit été kii-*méme. Ils ont été exposés a la haine publique, traduits devimi les tribunaux : les périls de tout genre les environnoienti Qu'o&t«-ils fait? Ce que Jésus ««Christ leur avoit enseigné par 3es discours et par ses actions : ils ont fut la persécution*

ce Je citerai l3& plus persécuté de tous , et en même temps le plus intrépide , smnA Paul, lui qui nous fait un tableau si effrayan^t et si subUttue de tout oe qu'il a enduré pour la Foi. SaÎAt Paul , i peine coni^erti, prêche k Damas. Il oon* fondott les Juifs ^ en leur prouvant que Jésus-^Christ étoit le Christ. Les Juifs., qui l'avoi^it vu perséÈUleur , ne pouvoient lui pardonner ce changement. Ils formèrent le dessein de le faire mourir s à cot effet, ils gardoient les pmrtes delà ville.

nuit et jour 9 poar qu'il ne pût s'échapper. Cest lui<méme qui nous apprend qu'on le descendit^ le long d'un mur , par une fenêtre, dans une coi'beille. Lui a*t*on jamais reproché cette fuite ^ comme un acte de foiblesse ? Il ae rend à Jérusalem ; il y dispute avec les Gentils et lés Grecs. On veut encore derechef l'assassiner; il prend le paiti de la retraite, et va à Césarée; de Césarée à Tarse. On le persécute i Icéne; il s'enfuit à Lystres; on Vj lapide : il se totive par miracle , et se rend à Derbes, Il prêche à Thessalonique ^ on y soulève contre lui la populace et les magistrats : ses amis le ftynt partir pour Bérée, Ses ennemis l'y poursuivent 5 alors il s'embarque , et vient à Athènes. On peut bien dire qu'une partie d*tine si belle vie a été employée à fuir les dangers qui s'élevoient.

« Ce ne sont pas là des faits imaginés à plaisir ; tout cela est rapporté mot à mot dans les Actes des Apôtres : et tout cela prouve jusqu'à l'évidence qu "il est permis de se soustraire à la persécution ; car remarquez bien que cet apôtre fut ins-* pire de Dieu dans toutes %^s démarches , et qu'il a voit puisé la doctrine à sa source. Sa conduite fut une exécution litté* raie de cet ordre du Seigneur : a Lorsqu'on vous poursuivra dans une ville ^ fuyez dans une autre )>•

<c Cet exemple y fût- il unique, suffiroit pour nous justifier. Jamais homme ne connut plu» '«es devoirs que saint Paul ; jamais homme ne les remplit avec un zèle plus ardent, plus indomptable; et, parmi ses devoirs, il compta celui de fuir lorsque la persécution étoit déclarée*

« Je ne parle pas des autres apôtres : cela seroit inutile , puisqu'ils ont tous donné le même exemple, étant tous animés du même esprit. Je paiue aux évêques de la primitive Eglise. Eux aussi, ils ont connu la persécution ; ils Font connue bien autant que nous ; et ils ont résisté jusqu'au sang. Mais ils n'ont souffert la mort que lorsqu'elle étoit inévitable , lorsque la fuite eût blessé le devoir et compromis la conscience.

d Si nous prenions en main la Fie des Saints et YIBstoire

( S'xS >

de PEgtise , il nous seroît facile de fdiire un volume de cita^ lions pour appuyer notre cause. En remontant aux premières persécutions^ qui sont nées avec le christianisme lui-même , à ces t<^iup3 qu'on ne peut accuser de vel&diement > nous trouverions une foul^ de grands hommes <{ue TEglise a canonisés, et auxqueli elle rend un culte solennel $ qui tous ^nt suivi cette règle de prudence de fuir le danger lorsqu'ils ne prévoyoient pas pouvoir lui échapper , de le fuir même sans qu'il y eût (fédit porté pour les «bannir et les exiler. . « Choisissons ^tre ces milliers de héros les noms les plus propres i impoaei^ et à faire taire la prévention. Je m'attache à saint Gyprien.^ à saint Athanase/à saint Hilaire de Poi«> tiers, i s^nt Jeun •* Ghrysost6me. En prenant de pareils modèles 9. on n'a pOiut à imigir de les .avoir imités.

« i"*. Saint CyprienidOiit les écrits annoncent l'ftme la plus vigonreusie , dont toute l'antiquité a leahté le courage ^ lui qiH^ p«r ^8 écrits y exhortoit les fidèles an marbre ^ qui, Martyr lui-même , a aujourd'hui des autels^ Cyprien a fui les^persécateurt. Vers l'an a5o , commence la persécution de Déçius. Saint Cyprien entend les cris du peuple infidèle qui demamde sa mort: il se retire. Il déclare ,' à la vérité, que «( c'étoit moins pour sa sûreté particulière que pour le repos pu)>lic de son Eglise » ; mais enfin il se retire., et ne revient qil^ 49ns des te^ps plus tranquilles. Quelques années après, s'élève la persécution deValérien* Saint Cyprien ccmfessa le nom de Jésus-Chri^t , et fut envoyé en ex«l« Il subit son exil , et n'en revint que par la permission. de» Ijem'pereur. Gela n'empêche point qu'il ne soit compté parmi ceux qui ont Je plus illustré l'Eglise ^;jet s'il ai ^^lvu très-rgracnd, surtout :an moment de sa mort, son exil et sa fuite n'ont point effacé sa grandeur.

. . « 2"".: Saint Athanase est exilé par Constantin'en.336. Faifr-

il di^çul^é de partir ? Non : il obéit , : va à Trèyes , et ne

.reparoit à, Alexandrie que lorsque Constantin, le jeunie le

re^ifoie. daus $on &gli<e j deux ans après, c'est*4-dire en iiâ6.

Différens troublts d'éUbt encore éltréà, saint Athanase, aans aucun ordre de l'eiupereur, et seulement pour céder à Forage ^ pour dérober sa tète à l'iutti^nb qu'on lui «^M)tt slibs^ titué, prit le parti de la retraite. Tantôt il alla à Rome pour se justifier; et le-Fapereconout hâutemebt son innocence : tantôt il courut au ' Aésevt vfrre au milieu des moines y et goûter les douce«irè ide la^ «olitude ; C(t ùë6 absences ne furent pas de peu de duvée. U en etit ijitee^ qiii 'dura près de sept ans, depuis Tannée JâG^ftisqu'à l'iintféé i6^i Athana^'pai^it à cause des vrolenees dfe Fintrus Gedi^^ ^f ^âé revint qu'après la mort de cet intrus : sur un épi«èopAt de pltts de l(jtiara*nte ans» il n'en résida pas Vingt au milieu de^oii troupeau.

« 3"** Saint Hilaire die Poitiers avoii cotnlyatia les principaux Ariens, Safamsn^ Ursace 'et'Tdens. lU ke yengèrént en le faisant exiler en. Phrygte. Ijs Saint àè' r^îsta point : il subit son exil ; et n'«a est jpas moins tHtnrïré par TEglise gallicane dont ii fut l'oriiêment, étptft' l'Eglise eiitière ^ul honeve puUIquemtent lamiêmofre. '' '

.a 4"** &^^t Jèanu^Cfarysostôine , d^t le noift répjiélle l'éloquenctt et ]a';v«rtu, cet illustre évéque de Gônîrlàiitinople , à été exilé: deux ibis; et il à obéi. On' l'âtoft ^éjik^sé iU^alement; r H s^Iôigna pour long-fetoips ; -c'est même' en exil qu'il m^ourut; «t tetéril oÀ il manifesta tant de patience, est regardé comme un des plus beaux traits de sa vie, cdnime un de ses plus bealts titres à la gloilfe : depuis quatorze siècles, on ne l'en a pas moins vanté eôf&me un homme intrépide qu'aucune fsr^ faumbine n'a {)iSf£|ire plier, comme l'honneur de TEglifie grecque, tomme u^^tirnd objet ^*adn&iration pour tout l'univers catholii]^e.

a Ajoutons encore le siiint prêtre Félii de N^Ie que , dans la persécution de Décius, on rechercha comme chef du -troupeau. Onle:pnt, dn l'enchaîna. Délivré parmiracle en que^ue sorte , il se i^hferma dans sa demeUre*, où il se 'tint «adié jusqu'à la fin de la persécution: Lorsqû'ensutteTempereux Vaiérîen donna son édif contre les chrétiens, Félix

s'évada encore. Il alla se réfugier dans une Tieflle citerne : il y resta six mois ; la Providence l'y nourrit j et il n'alla reprendre son poste que lorsque la paix fut rendue à l^glise.

« Quoi que l'on en dise , voilàlés exemples que nous avons suivis : voilà hos guides. €é qu'ils ont fiait tst notre apologie : avec de pareilles autorités, nous ùe craignons point les censeurs. Les évèques les plus illustres du monde catholique^ ceux dont la sainteté est la plus avérée , la plus généralement wconnue , ont fui la persécution dans deux occasions. La première^lorsqu'il y avoitpbul^euxUn danger iuimiiient^ lorsque leur présence pouvOit oci^adonner du trouble et Teffusion du sang; là seconde^ lorsqu'un ordre 4es condamnoît à TeTil. C'est ce que nolis avons fait nous-mêmes. Ces deux raisons/ dont ùnte seule eût suffi pour légitimer notre élôignement » se sont réunies en notre faveur. Nous avons été environnés de dangers ) ces dangers ont été réels, ont ëtépressans, mul« tipliés : ils ont duré plus de deux ans; et enfin k ces dangers s'est joint un ordre d'exil, ou un décret de bannissetaafent> 56«è 1^ tfom de dépo)rtatiôii. Il falloit Céder; et nous avons cédé. Nous avons donc templi notre devoir: nous condamner^ seroit condamner les Gyprien , les Athanase , les Chrysostô^e, ^tc. Prenez bien garde, que nous ne nous <caiiipari>ns poiïit à ces hommes admirables. Nous ne nous plaeofts paà sur la métaaie ligne qu'ëUt ; bous connoissons et nous trv^uons TiÈimense distance qui nous en sépare ; mais nous nous sommes dirigés d'après leur cozrdulte et leurs principes. Cette parité de cause nous honore et nous justifie; et, après tout,'ïnalgré notre indignité, hous sommes les enfans des Saints, et nous attendons cette vie heureus^e à laquelle ils sont parvenus , et que le Dieu juste et bon accordera à ceux qui n'auront pas varié dans leur FoK

« Je ne crois pas m'àveugler dans ce moment; mais il me semble qtie la conduite du clergé de France, dans la persécution, offre un grand et intéressant spectacle. Il a joué un rôle difficile mais beau : on l'a tourmenté, calomnié, ruiné;

et il a tout souffert avec une patience évangélique. On Ta dépossédé, il n'a point résisté. j mais, comptant le revenu pour rien, et les âmes pour tout, il a gardé son poste jusqu'à ce qu'on Tait chassé par force : et, quoique cl\ass^, il faisoit de continuels efforts pour sauver les âmes qu'on lui avoit ajrrachées. Sans cesse menacé, il nétoit point ébranlé; et il n'a pris le parti de s'éloigner, que lorsqu'une loi barbare l'a exilé et proscrit; et, jusque dans sqn exil, il s'occupe des fidèles qui lui furent confiés. U entretient avec eux toutes les relations qu'il peut entretenir : il. console: les affligées; il fortifie les foibles; il donne tous les secours qu'il peut, donner; il aide de ses conseils ceux qu'il ne peut plus aider de sa fortune. Il montre encore la route qu'il faut suivre pour ne pas s'égarer ; et toutes les peines qu'il endure ^ sont enpore une instruction utile pour les peuples; et la dignité .qu'il conserve dans son malheur est un bel hpmmage qu'il rend à l'Evangile. Aussi, lorsque les écrivains transniettront à la postérité l'histoire de cette persécution , ils pourront assurer que l'Eglise, toute ancienuje qu'elle étoit, n'étoit^pint dans sa décadence; qu'elle enfantait encore des vertus, ^t ollroit plus d'un 9»cte d'héroïsme digne du temps des p|:.einière8 persécutions s et si ces premières persécutions , qui assiégèrent le berceau de l'Eglise, ont honoré le christianisme ^ propagé ses conquêtes, la persécution du XYIII* siècle honorera aussi la religion , en montrant que le bras de Dieu n'est pas raccourci, qu'il a su enfanter encore et des confesseurs et des Martyrs ; et cette persécution sera citée comme une |[rande époque propre, à réveiller la Foi, et comme upe terrible leçon, qui doit dégoûter à jamais de la philosophie, de ses perfides conseib , et de ses maximes empoisonnées»

« Que Ton avoue donc que nous avons pu et dû partir; que nous avons été forcés de partir; qu'en résistait, nous eussions provoqué de grands maux ; qu'il nous eût été impossible de ne pas partir, sans attirer des reproches mérités ; que nous avons suivi l'exemple > qui nous a été

donné par J.-C. lui-même ^ et par ses plus fidèles imita-* teurs, les apôtres et les évéques des premiers siècles. Nous avons pour nous le témoignage de notre conscience ; nous avons les préceptes de nos maîtres dans la Foi; nous avons l'approbation du chef de l'Eglise , le souverain Pontife ; nous avons surtout l'exemple et les préceptes du Fils de Dieu , éternel et infaillible oracle des chrétiens. En voilà bien au* tant y et plus qu'il n'en faut, pour nous élever au-dessus de tous les jugemens humains »•

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