SECONDE PARTIE
A qudles ^icfimes le titre de MaHfr doit être réservé y
et du droit qu'elles ont à ce titre.
En examinant attentivement, avec un peu de connois*sance de l'antiquité ecclésiastique , ce qui se passe de nos jours dans l'ordre de la religion , on seroit presque tenté dé croire que nous sommes rétrogrades vers ces temps d'ignorance gothique , où les coutumes et les canons de la primitive Ëglise s'étoient comme oblitérés sur tant de points, et notamment dans l'attribution du titre de Martyr.
— ■ ■ I LIII J ■ Il I I ■. Il
tur €ap0mpla. .£a? his ^f^ ifUe4Ugimu0 qwmtàm ikêeat (ksi^ derukri. v%ta Ut^ gst^rnory fuam jser isruciattts, p€r vulnera, per into(erantii^iaiH)re9 viéemuttinguiris ^fuaan cognaseimus pretio ^tigmni^ iiPm/mrari.. ( & £udber> ep^ Lugd* fiomel. cfo SS. Pctrm ^ Pmfyf.)
Cet objet seul devant nous occuper, nous ne nous arrêterons pas à demander ce qu'est devenue cette loi que FEgtise s'imposoit dans ses plus beaux siècles , de préférer, après les persécutions, les homtnes qui en avoient le plus souffert, qui avoient donné, par leurt souffrances, le gage d'une foi' inébt*anlable et d^ude constance inyariable dans la pratiqué des saintes règles , pour élever au sacerdoce ceux d'entre eux qui n'éloient pas prêtres , et placer ceux qiti Fétoient dahs les prînfcipales dignités du sanctuaire ; au Heu de préférer de jeunes lévites non éprouvés et faciles à plier àâx caprices du temps, des hommes qui, jusqti'aloi^ exempts de permutions réelles , n^auroient presque pas cessé de jouir de la graisse de la terre , en accommodant iènr morale avec leurs jouissances (i). Alors, alors, c'étoit surtout Tavis des évêques persécutés qu'on attendoit, lors même qu'ils étoient encore absens, pour légitimer les déterminations que d'autres évêques présens croyaient devoir prendre dans les grandes affaires ecclésiastique^. Et nous voyons , par le témoignage de saint Hilaire de Poitiers, que dans l'égUse de France, cdmme dant
(i) H4>e sendre et fater^ 0mf$e9n stt^vHm Dei oporM^ ttkun minaris ioci , ut majoriê fieri p&mt , si fuem gradutn êx pm^m cutùmis tolenmtia ascenelerit. ( Tertull. LIb» de fuga in v^sù^ eutione^ o. u.) — Christianutn çùthoUcum qui, pro catkaUam fide, et pipo eccUdchstica re , etchrt$tianareiigi4fnô, triéuiéti^ nem patitur , honoré omni A sacerdotHms honorandum. ( Conc. Garthag., aa 3^^ can. 4^*) — Voyez saint GypriéD) Epitt. a4» 33^ 54 et 55. -^ Au if^uYième siècle encore) on voit k pape Adrien II rappeler le même ùs^ge à-saiptlgnace^ patriarche de Constantinopfà > par une lettre qui fut lue comme une règle impres^riplible, au coii^ elle général tenu dans cette yille 9 en 869. Il s'agissoit alors des prêtres et des clercs persécutes par Photîus ; et le pontife disoît : Hos étatos et ter éeatos dixerim, et inter ChHsti eànfbssores eammemo^ Ya/ndoédecre'kietirn; ddéà Ut hahea/nt %rmgnemihea guœapud vos est ecctesia iocûi'h, etprœcipua cifià ditectiotiem tua/m fiducie perfhiahtur , ità ttt, secwiidiim mutiitudmem dolorum ipsorum , ùaMoilatîohe^ tuce animas eorum i4Btificent , more sciticeî Dei qui reddet singHiissèùùfuHim operaipsorum. Labbe : ConoiU t. yiii) p. ioi5. 2.
celle de Constantinople , avant de réconcilier les Ariens qui reven oient à TÈglise, avant de les admettre à la communion ecclésiastique , et surtout pour conserver V honneur à^ Tépiscopat aux évéques qui étoient tomb.es dans Farianisme, on avoit besoin du consentement formel de ceux dont la foi avoit triomphé des persécutions, lors même qu'ils étpient encore dafis Texil (i). Alors , alors , il étoit défendu , sous peine d'anathème , de parler du successeur d'un évéque, tant qu'il vivoit, etc. etc. (a)
En nous renfermant dans ce.qui concerne le titrer de Mcartyry nous ne pouvons nous dissimuler qu'à la faveur <lë l'indifférence ou même de l'ignorance des chrétiena en des temps paisibles , les ennemis de la Foi étoient par^ venus à le dépouiller presque entièrement de sa gloire primitive. L'on commença de servir en cela les vues de l'impiété , quand sur ses traces , et 5ous prétexte d'enrichir de faux brillans la langue nationale , on se mit à disperser le nom sacré du Martyre sur quantitéde petites |>eines mîondaines , <d'où il s'étendit bientôt sur les tourjmens des passions criminelles. Quand on vit les chré-
' (i) Gravi^vMjmi fidei pericutttm tongè unteà jyrœviéens, f^ast sanctorutn virorum exitia Pauiini, Eusehii, Ludferi^ Dianysiiy guinto aéki/nc a/ftnù, à Satumini et Vrsacii et Va- 4erUi8 covmaunione, me, chm Gailicanis ejmeâpis separari^ induita aeteris consortiéus eorum resiniscendi facuUdte : tu necpcbds ahe$9et voturUas, et prindpahnm merborum fœtida, et in corruptionefn totius o&rporis tnemibra profidentia desicarentur; H tcmienhoc ipsum éeatisswnis eonfkssarHms Christi decretum à nobis manere pUieuisset. ( Sanctus Hilar. li. III, ad Çonstawtiwm,Tk''^.)
(a) Hic fedt constitntum [Bonifacitis ÏII, anno Christi 606 ) in ecdesia éeati Pétri in qua sederunl episcopi septtmginta duo, presbytefi romani tri'ginta i/ualuarj, diaçoni et omnis çierus^ 9uh anatheirnate 9 ut nuilus, pontiflce vi vente, aut èpisoopo ci^ vitatis suœ, prœsumat tot/ut de s^céessare, aùt partes sibi fa^ cere, nisi tertio die depositionis ejus, adeunt^ 'diro et fiiiis itpdmve. ( Anastasius in vita Bonifadi UL )
(ai )
tiens eux-mêmes , entraînés , sans y songer, par l'exemple des profanes , à reconnoître des Martyrs de la faveur., des Martyrs de V ambition , des Martyrs de la vo-bipte'j etc. etc. , il ëtoit facile de prévoir que Fémînente dignité des Martyrs de la Foi perdroît beaucoup de son éclat. Eh! comment les chrétiens ne se laisse-' roient-ils pas gagner par cet usage sacrilège , quand il leur semble légitimé par l'exemple même de leurs docteurs et de leurs guides , en ces temps déplorables où finit de s'éteindre le peu qui nous reste de ces maîtres consommés dans l'étude des saintes doctrines , et « dont les lèvres , gardiennes de la vraie science , exprimoient avec précision cette scietice divine , acquise par de longues veilles dans une retraite continue (i)?» Ah! que du moins, pour la consolation de ce qui survit encore de cette cohorte savante autant que généreuse , qui a fourni un si grand nombre de confeisseurs de la Foi sur les échafauds, dans les prisons ou l'exil, elle soit rétablie et fixée de nouveau, l'antique et pure doctrine de l'Eglise , en ce qui concerne le vrai Martyre.
Benoît XIV, avant d'être pape, avoît rappelé déjà les saintes règles à ce sujet , dans son admirable traité. de la Béatification des Serviteurs de Dieu (a) ; et il leur donna une nouvelle sanction quand il^ fut monté sur la chaire de saint Pierre. Mais cet imntense ouvrage n'étoit point lu par le commun des fidèles ; et son illustre auteur n'a voit pas assez prévu cel abus particulier de nos jours, où l'on confond, sous le même titre de Martyr ^ les victimes de la politique avec celles
(i) Laéia enim sa,eerdotis custadient sdentiam , et iegûm re* fuirent ex ore ejus, quia Angeîus D&mini exerdtuum est. Vos
autem reces&istis de via, et scandalizaMis pturîmos in iege
Propter quod et ego dedi vos contemptiéites et humites omniôus popuîis, sicut non servastis vias meas, et accepistis faciem in %6. (Malach. €. n, T. 7 et 8.)
(2) De Servorum Dei Beatificatione et Ccmonizationc Sanc^ torum. {Bononiœ, lyZy ^ et Pataviij lylfi.)
de la religion. Il ne s'agit pas seulement aujourd'hui de^ montrer, en général, que ceux qui meurent pour la Foi sont des Martyrs ; n^ais , dans la spéciale circonstance dont il est question , il faut montrer aussi ^ i"*. que cenx que nous avons vu périr pour la religion de nosi p^ères sur les échafauds , sous le plomb des fusillades , au milieu d^impies émeutes populaires , dans les prisons, aux lieux sauvages des déportations, et même encore dans leur paisible domicile, par. suite de tourmens quelconques endurés pour la religion , sont de i^rais Martyrs , dans le sens même du langage de r£glise ; 2!". que Ton ne doit pas regarder comme tels ceux qui ont péri pour une cause politique, même juste et honorable , fussent-ils morts avec les plus héroïques sentimcns de piété , et comme des saints , dignes de la couronne de justice.
Si nous voulions nous en tenir à des preuves gêné-raies, ces deux propositions seroient bientôt démontrées par les témoignages des SS. Pères, et seulement par ceu^ de saint Jérôme et de saint Augustin. « Tousi les chrétiens qui sont enchaînés , emprisonnés , disoit le prenier, ne sont pas des captifs de Jésus-Christ ; mais ils le so^t véritablement , ceux que Ton enchaîne et que Fon empjnsonne pour le nom de Jésus-Christ et pour la conlessîion- de sa Foi : il n'y a que le sang répandu pour le nom de Jésus-Christ qui fasse un Martyr (i). » Saint Augustinr, encore plus précis sur ce point, dit positivement : « Ce nVst pas la peine qui fait le Martyre ; c'est la cause pour laquelle on IVndure : et cette cause ne peut être que celle de. Jésus-Christ (2). »
(i) Tfork omnifi aut^m qui.vinctus estj vinctus est Christi ." |e<f ^iuicunque^ pro Christi nomin^ et pro erus confessiane vin^ citur, iide verè vinctus dicitur Jesu Chnsti; et sanguis effu-r sus is tant'àtn martyr em fadt, qvi pro Christi namine fundir~ fur, ( Expositio in epiôt. ^d Pfdhn^œieni*)
(2) Martyr&m ifian pœnu facit, sed causa : pœna enim (a^^^
Mab U convient d^enlrer d«ift qoelqnie» detaab povr TappUcaiioR 4e ces maxioaté^, surtout em ce qm con-* cerne noff e première ptaropositioii, pdroe qull importe de prouyeir, t**. que la perséeutkHi en FraffiCe^dai!» les trois pba^^ différentes s^mâ le^quelleé el]^:s'est produite successivement^ a eu le cvactère des trois prîncipailes perséeutiefiçs qui donnèf ent h Jk'Eglise taat.de Martyrs dans les premiers siècles (i) ; a^* que tous ceux qm ont souffert et sont morts pom la cause die lai reiœion ^ de quelque manièare que ce soit, sous Fmie éu^raulre de ces trois pimès de la.pemécukion; fi^ançaise, .peuvent seuls arbir, aux yeux, de VËglise ^ la même gloire que lés héroïques et. sainte» victijâlies' de Tune ou dé Fantre des troift grande» persécutions! de la primiAtveJSglise. ^ ' ■ ■ • * • • .
trtmi et llÊivrtyH c&mmufviê est. (Scrw. a, iû psàlm. 24. — Epist.
(1) Qtie les bcmnieB initiés diennles ténébr^mi mystères, de ce»*
tains CoQ&eils à ces diverses époques 9 n'en prennent pa& occasion de nous taxer d^ignorance sur les inyisibles ressorts qui, souvent de loin, firent mouvoir ici les acteurs de ces tragique^ catastrophe^, dont encore là plupart de ee«x-ei n'aroient point le secre* et ne satoient pas le but politique. Ces mot&-là seuls doiTent faire oomprendns qtié nous aussi nous conneissons d'autres eàusès motx^iees qi«e eellès dont s'accusent réciproquement,, dans leur aveu^ ^aine, les di^rentes sectes par chacune * desquelles est conduit en paJrtîcuHer Tesprît <Je chacune àe9 portions de" ce vulgaire qui ne sait voir que ce qui le frappe , et comprendre qae oe qui le passionne ; de ce Tslginre qiH , d*aii^ tant plus frappé, qu'il est plus ému, sait d'autant moins voir au-delà. Ptesieurs ées sectaires ont sans doute servi d'instrument, et ter acteurs eux-mêmes en générfil ont été des moyens ; mais ils n'étoient pas toujours la force motrice première. Cependant, comme ces acteurs et -surtout les principaux d'entre eux furent réc9Mtient par fieur eonduîtef, comme par leurs systèmas dans lesquekr s'eognénôit k force excitatrice, de véritables chefs de persécution, il suffit à noire, thèse qu'ils aient été au premier rang des persécuteurs, et qu'ils aient agi en vertu d'une haine personnelle bien connue contre la religion et ses ministres.
V*. Ce ne pouToit être par rimitatîon de la première de ces persécutions, de celle des Empereurs païens contre le christianisme naissant , que la persécution moderne devoit commencer en France , où- il étoît protégé par un Roi catholique , et passoit pour être la religion de tous les Français, Les attentats du paganisme contre les enfans de TËglise ne pouTOient se renouveler qu'après que la France auroit été subjuguée par de nouveaux idolâtres, non moins furieux que les Domitien, les Dioclétien^ etc. G'étoit avec les ruses de Tarianisme, en s^efforçsmt de:corrompre la Foi, et en se ménageant, dans la résistsoice des Atfeanase , beaucoup de prétextes de persécution , que l^impiété , une fois arrivée à partager Tautorité publique, pouvoit débuter dans Texécution de son plan infernal. Et lorsqu'ensuite, après avoir fait succéder brutalement, et sans aucune réserve, à cette première persécution, la tyrannie de Tathéisme avec Tidolâtrie de la déesse Rai'^ son, et toutes les atrocités des. préfets et des bourreaux du paganisme , l'impiété verroit la nation entière , soulevée contre tant de barbarie , y prescrire un terine , elle ne pourroit que se retrancher dans les perfidies de Julien FApostat. Il n'y auroit donc rien eu de nouveau, qu'une interversion d'ordre, obligée par IMtat des choses , dans les trois phases par lesquelles la persécution en France a imité tour à tour, depuis 1790 jusqu'à l'an 1793 , celle des Ariens (i); ensuite au 20 juin de cette dernière année , et notamment le 19 novembre^ 1793, celle des Païens (2]i'; enfin, depuis le 27 juillet
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(1) Temps ie la Constitution civile du Clevgé^
(2) Le 9 juillet 1 793 $ il fut déclaré 5 dans la coayention : « que i» le peuple François ne connoîssolt pas d'autre culte que celui de ta » Uherté et de i* égalité, it Et le 10 novembre suivant, se firent des fêtes de la Raison, où d'impures idoles v/vantes furent placce$ avec pompe sur l'autel de la cathédrale de Paris. (Yoy. Monit. du ji3<w)
1794 (i)> là, cruelle atotaDtqtt^h;^{K>€rit6 tolérance de JuHen .
De pareiUes ressemblances nous dispensent de la tâche pénible de faire une description particulière de ces trois formes successives de notre persécution générale ,. pour les comparer aux trois principales tour-* mentes de TËglise dans ses premiers siècles. Ce que les SS. Pères qui furent les témoins de ceUes^i en ont ra-conté , devient la peinture exacte de ce que nous avons vu : nous n^ avons besoin que de les copier.
Et d^ abord, les :premiers ravages occasionnés dans TEglise de Dieu par suite de cette perfide loi, qu'on appeloit Constitution cisnie du Clergé^ se trouvent décrits dans les diverses lettres où saint Basile-le-Grand racontoit les persécutions des Ariens eii Orient.
« Nos persécuteurs, disoit-iil, ne nous haïssent pas mpins que les païens ne haï^soieat nos pères. Mais ; pour séduire la multitude , ils. se parent du nom de JésuS'Christ , afin que celui qui souffre leurs persécutions n^a^t pas la consolation de le faire contribuer à la gloire de ses souffrances ; afin que les simples , qui ^ont toujours en grand nombre , voyant que nos ennemis conservent le même culte extérieur que nous, ne croient point que nous souffrons pour la défense de la vérité,' et ne voient pas en nous des Martyrs dont la Foi puisse les édifier (2). Cependant la 4oclrine de nos. pères est ravagée ; et il en résume de fréquens naufrages dans les choses de la Foi. Le peuple qui veut y rester fidèle est
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(1) Autrement dit ie g thermidor, jour de la mort de Robespierre f où la persécution ne fit que changer de masque et de système.
(2) Qm v^rd non pfodierunt' persécutâtes, oderunt ipiidem nos œgue ac UU {P4ig4i/m), sed ad muUorum decepttonem, Christi ostendunt nomen^, ut ne confessioms quidem saiatium haéeant qui vexantur : muUis ac simpUeihus injuriant quidem noùis fUri fatentiims , ut in martyrii loco nobis mortem fro veritate toteratam non adscriifentiûus* ( £pbt. a57 ; ad Uo-^ naekos ah drianis vexatos. }
chassé des niaisoRS. de .prière » et rédœtà licpouVpir plus lever les mains vers le Dieu du ciel que dans la solitude: et les déserts^ (i). Lés pasteurs mêmes sont expulsés f afin que le hencail se disperse; et le prétendu crime qu^on poursuit en nous avec tant de fureur , c'est' uniquement notre soiâ à garder invidablement les traditions de nos pères. Yoila pourquoi Ton nous exile de la patxie . sans aucun égard pour la vieillesse , sans nul respect pour les plus sablimès vertus, ni pour une vie passée depuis Im jeunesse jusqu'à Tâge avancé dans la pratique de r.Evangile. Si nous demeurons , il faut nécessairement y ou que nous âousarivions aux hérésies des novateurs , ou que nous devenions la proie des sup« lilicea (2). »
Le tablciau qu'on pourroit tracer dé la seconde époquç de notre persécution ne différeroit de celui que les TertuUien, ks Cyprien, les Eusèbe^ le$ Lftcftance, les Jérôme nous ont laissé de la barbarie des pateris envers les chrétiens y que parce qué.ltes prffens eurent desplré- VèXtts moins iiïsénsés. Ils avoient encore une sorte d'excuse dans l'habitude du culte antique de leurs idoles ^ presque génératenient adorées dans le monde connu :* au lieu que celtes de nos persééitteurs modernes y impro- « ' I I I ■ I . I ■ ■
(1) Pdtrum vàstatur ttoctrina: 9iaufragia circà fidemcre^ ira : siteni piorïem ora : popuîvs y à prècatiênis ùsdihtis aéacttis, M$6 dio ad Damimitn qut in cœtis est m/O/MM oitotHt. ( Epist. 164 : odAscidiumsfipùcopuft^Theêsatafweœ)* ..
(2^ AbigurUur pastores ut grèges dispergcmtur ; et» qfwdgrc^ visstmum est 9 nec qui vexantur , mata in martyrii fiduda f&rferuffk, neffue pie6s iii Martyrwm iùca athiet<ts colit, quia ùhris€i(moru/m nomine persequutùres omati sunt, Vfvum cri* men, quod nunc vehementer jmtdtur, weutàta cuseoéia portemarum tradUùmwm. Ea^ a& causam expettantur jm , etin désertas regiones transforumur. rfmv^eanittes apudjudieesini* quitatis reverentiam haéet; non eoœrcitatio jneêatis; nen vitek seaundàm Evangeliwm àjuven^ute ad seneetam usqué tra/ns-"
œta necesse eniin est aut imaginent ad^M^are, aut wav(B
flammœ tradi. ( Ëpist. 24^ * ^ Episeopos itaios et geMas,)
visées en quelque sorta par âe^ ci-devaat chrétiens; étoient encore plus ridicules que lesidolesdeTantiquité. Leurs déesses éphémères deJa Liberté ^l àeia liaison , à qui Von a fait tant de sacrifices humains, étoient certes Ûen plus absurdes que le Jupiter^ le Merc|ire , le Mars et la Vénus du paganisme.
Notre esprit contemple avec «ncore phis d^orrcur les mines dont ces nouvelles déesses oat été le prétexte,' que les anciens éorrrainfi ecclésiastiques ufe eonsidéroienC les maux dont on aceabloit les chrétiens t pour Tintérét des dieux du paganisme, aux temps des I)èce, des Domitien , des Sévère , des Dioctétien , des Galère , des Gotfaâ et des Vandales. Qu'il nous suffise de. peindre DOS temps par les leurs, avec les piarafes mêmes dé Lactance.^ de saint Basile et de saint Jépên»e;
« Il avoit été , comme un préliminaire avantageux au projet de subjuguer toutes les proTÎnces pak- la terreur, dit Lactatioe, ce morcellement piar lequel* on avoit précédemment triplé les divisions du territoire. Quand un proconsul altoit subjuguer chacune d'cllesy il se trouvoit secondé dans chaque ville pardes adjioints mul-« lipliés tout à coup à Tinlini, et l'on n^y Yoyoit plus que des condamnations à la peine capitale ^ et d^s proscriptions non moins crawle», sans aucune formalité judiciaire. Combien périrent à cause de leuvs possessions et de leurs richesses ! c'est; la suite ordinaire de la politique dès pervers. Dès ^'ils remarquoiènt un< champ mieux cukivé ou une belle maison , le propriétaire étoit aussitôt e^ri butte à des calomnies qui deviiient le con<^ duire à Téchafaud, cômm^ si Ton ne pourvoit ravir en ^eté le> bien d'autrai sans^voir- tout so» sang ( t). »
(i) lit Ut amma terrotù conf'pUrôntur , provtndœ ifuoquc in frusta cfme^œ, muUipnB^ddes et piura officia singtUisrù^ giotiiéus, ac peni jam dvitatiéits incuha^r.e. Item rationaies muiti, et nutgistrif, et vicarii prœfectorum, auiéus omniéus dvHes aetw^ admodum vaH^ seît condeninatunies tantùm, et
« Ddns une telle cîrconstaiice en effet ^ dît saint' Basile , la detneure de chaque chrétien étoît dévastée ; on pilloit les propriétés des gens de bien ; les mains des bourreaux déchiroient les corps des fidèles et des nobles ; les mères de famille étoient traînées par les rues et les carrefours ; la jeunesse n'obtenoit aucune commisération, et la vieillesse aucun respect : l'innocence subissoit les supplices destinés aux malfaiteurs les plus nuisibles à la société. Les prisons se remplissoient outre mesure , et les vastes palais , les maisons le mieux habitées devenoient vides. Ceux qui avoient pu fuir peuploient abondamment les forêts et les » déserts ; et le tort unique de tous ces persécutés étoit d'adorer Jésus-Christ; C'est pour cela que le fils dénonçoit son père , que le père accusoit son fils ; que le frère s'emportoit contre. son frère, et le serviteur s'élevoit contre son maîtriS. La frénésie des esprits agités par de diaboliques artifices étoit e:$altée au point que les hommes agissoient les uns contré les autres , comme « dans les ténèbres , et sans se reconnoître aucunement. En même temps le temple du Seigneur étoit ravagé par des mains profanés ;Jes saints autels étoient renversés; aucune offrande ne pouvoit Ûre faite à Dieu ; aucun encens ne pouvoit être brûlé en son honneur. Il ne reatoit plus aucun lieu où il fût permis aux chrétiens de sacrifier. En quelqu'endroit que Ton portât ses pas , on voyoit une profonde tristesse se répandre comme de sombres ténèbres. Le collège des prêtres étoit mis en. fuite; toute réunion sacrée , dans le lieu même le plus secret ^ avoit à craindre un carnage inopiné , et les démons trépîgnoient de joie en. rendant infectes le$ villes ^t}fi^
froscriptiones fréquentes, etc. etc.. JatniUudprœtereOj quàm muifi perierint possessionutn atque apum gratià : hoc enim usitatum et ferè iicitutn consuetttdinefnàîarurn.... Uincungu^cuitiorem agrum viderai , aut Smatitts cBdificium , jam parrata domino caiuninia et pœncu capitaîis , qtLosi non posset ra^ père aliéna mie satiguine. ( De mortHms persecutotum , n". 7.* }
Campagnes par le sang des victimes humaines qu^ils y massacroîent(i). »
Saint Jérôme peignoit des mêmes traits les persécutions des Goths , des Huns y des Vandales contre les chrétiens de ^on temps» « Depuis Constantinople jusr qu^aux Alpes Juliennes , disoit-il , partout ils dévastent leurs habitations, ravissent leurs biens , et livrent leurs personnes à la mort. Combien de femmes patriciennes, combien de vierges de Dieu , et d^autres personnages respectables ont servi de jouet à ces bêtes léroces ! Les évêques ont été pris, les prêtres et les clercs de divers ordres ont été massacrés. Les églises sont vouées aux profanations de toute espèce , les autels de Jésus-Christ servent de crèche aux chevaux , les ossemens des Martyrs sont arrachés de leurs sépulcres : de toutes parts ce n'est que deuil; de toutes parts on n'entend que gémissemens , partout se multiplie Timage de la mort ; Tempire s'écroule... et cependant notre tête, toujours élevée vers le ciel , ne sauroit fléchir (2). »
{i) .Christianorum domus singuiœ vastabantur : innocent tium facuitates diripiebarUur : fidelifim et ingenuorutn corfora camificufn manHus discerpeiantur : maires famUia4 per vicos traheéantur. NtUia juvenum cofnmiseratio , nuiia senum reverewtia erat : insonte^ noxiis ae mateficis digna pa-^ tieéantur, Compieéa/ntur supra modu^n carceres, domtis insignes et opuientœ vacuaéantur. Pieni èaltiLs, piena perfugis (oca déserta : ob unutn tantùm critnen , quàd Christutn c&terent. Prodeéat patretn ûlius; pater fiHtmi aceusaéat; frater adverses fratrem insamebat; servus domino insuUabat, Adeà diaAoiiMs drtihvs homi/n^tn anvmi affecti teneiantur, ut veitit in teneiyris agentes , sese miniml cognoscerent. Praster hœc autem, domus ora$ionis profanorum ma/nibtis vastabatur , arm sanctissifnœeverteéantur, neceratobiatio uUa, necth^ftniamu, neque 4oeus sa>crificandi ampti'às erat retictus. Cuncta mœror ingens, vetuti diffusa caHgo, occupabat, Sacerdotum cotiegia fugabantur; sa^er omfvis cotiventus ciadem insotitam expo- ^escebat ; dîasmorhes verô tripudiabant , et nidorejac sanguins vietvmarum infesta cuncta dabant. (Homil. 19 > in Sanctum Gordium, 1. 1.)
(a) Horret animw temporum nostrarum ruinas persequù.**
Qui poarroît enfin ne pas reconrtoître les temps qui ont suivi notre fameux Neuf Ther/àidor^ dans ce qute saint Grégoire de Nazianze nous retrâte d« la perfide et philosophique tolérance de Julien ? « Ce n'est plus , disoit-il, avec Tatjdate franche et presque courageuse des précédens perséfcuteurs ; ce n'est plus en professant ouvertement l'impiété dans les lois , que maintenant l'on nous persécute. On le fait avec une sorte de pudeur traîtresse , qui nVst au fond que de la honte et de là lâcheté. C'est sous une fausse apparence* d'humanité qu'on nous tourmente , lorsqu^ett nous accordant cette liberté de culte que nous réclamions , on y met des conditions qui , tout en paroissant innocentes et légitimes au vulgaire , n'en renferment pas moins le venin de l'impiété. Il en résulte que ceux d'entre nous qui les acceptent, passent pour n'être entraînés que parla persuasion, et que ceux qui, ne cédant pas, sont ensuite torturés pour la foi de Jésus-Christ, ne semblent plus que des rebelles et des coupables qu'on punit justement. En nous faisant ainsi violence , sans avoir l'air d'en exercer aucune, on parvient, dans les supplices qu'on nous inflige , à nous priver de cet honneur qui désespéroit les impies , celui 'que les chrétiens doivent aut athlètes qui souffrent pour le nom de Jésus-Christ (i). »
inter CanàMntMiapaiim et Jipes Juiias, quotidiè Mûfnanus sanguU effunditur.,.. Gothas, HtMMi, Wandaii vàstant, tror hunt, rapiunt. Quoi tnatranœ» quoi virgines Dei, et ingenua \n0éi4iaqtte eorpora his éeUids fu&re iudiériol Capti epiecopi, inUrfecti preshyteri, et diversarum officia ciericorum>. SuAversœ tccéesia^ , ad attaria Christi $tahuiat% equi , Mattyrum effoêiœ retiquiœ. Vhiqv^ iuctua, uéique gémitus , *et jdurifMk tnortis imago. Rofnafmê orhis mit : e€ tùmen cervix noêtra evécta non flectitur, (Ëpist. 35 : ad Heiiodorutn, aliàs 5; aono 396. )
( I ) Née verù strenuo ac generoso ahinto , ut aiiis petsecutori^ eus moris erat , impietatem edicto ptofiteéatur; née , si non in v peratoriè, tyrannicè saltem omnino de noéis conHHum inA^ at insigne atque honorificuni ipsius scelus sit noins papudo vitn intuiisse^ doetrinamqnc ûmmiiu doetrinie supcriorem tyran-^
Chk rerit alor» ce qui avoit suivi les épouvantables {tireurs de Diodétien , au rapport d'Ëusèbe ^ lorsque « les juges, ne sachant plus qu^ ajouter à leurs cruautés, las tde carhage , et rassasiés de sang jusqu'au dégoût , semblèrent tout à coup devenus humains et démens , et parurent ne vouloir plus désormais être cruels en-^ vers nous. Jugeant qu^il ne leur convenoit plus d'ensanglanter les villes , ces tyrans inventèrentla déportation aux mines , où , par une merveilleuse disposition de la Providence, les^ confesseurs de la Foi ont encore montré sur euX'^mémes les signes évidens de la puissance inexplicable do notre Sauveur^ par le courage admirable que produisoit leur confiance en lui (i). >»
nide oppressisse : veràtn tttfrpiter admodunn et i^navè pietateni vexât, animique fraudes et versutias petsecuttotii fuani adversus nos excitahat, indtucit. |(Oratio I in JuUanum, n** 61. ) — Ferùm hunumiteHs aétentu persecutianem eetans....,^ prifnutn iUius mrtificiu/tn hoc fuit, tu qui Christi catua patieha/n^ tur, tanquam santés et fadnorosi cruoiatu a/ficerentur; aite* rum qudd huia rei, non tyrasinidis, sed versuasionis nofnefi itnpanehat : qudd scUicet major eorum infamia quàrri jfericmtum esset , qui sponte ad impietatem se confereùant, (Oratio in ùtUdem Cassariê fratris, n* ç.) — Eum quoque quo martyres affici soient» hofiorem athietis invidebat, ac proindè id moH* tur, ut ipse quidem vim afferat, et vnterim afferre non videchtur; nos contra, et suvpiicta perferamus , eteo intérim honore qui pro Christi nomtne pattentiéus haheri'sotet, careamus. Oratio I. in JuUanum, n*" 58.)
(.1) J.udices tôt osnemnis quidquam adjieere passe desperan* tes , jàmque ceediius fessi, càm ipsos sanguinis satietas ac tas^ dium cepisset, ad speciosam iilam, ut quidam putahant, denientiaim aique hunhonitatevn se eonverterunt, ut in pasterunt nuUa adversum nos uti sasvitia viderentur. Neque enim fas est, aieiant, ut urhes quidem civium, sanguine contamina^
rentttr Posteà ad ceris metaHa qu4» in pravinda eara/nt , mm.
twm. aperit fadendi, quàm veœaiianis causa eondemnaham^ *ur,... et cunctos spectatares admiratiane fartitudinis suœ me* i^percuJkfrunt, etdivinœprarsàs atque vnexpiieaiiUs Seirva^ taris nastri poêmtiœ evid^ntissima in semeHpsis eœhiimeruM indieim. (Kr L. YUI, Hist. Ecctes., editia Vaiefiana.)
On sait déjà que tous ceux qui , dans Tune' ou l'autre de ces trois anciennes persécutions, souffrirent pour la Foi , furent aussitôt déclarés Martyrs , et honorés comme tels dans TEglise ; que même ceux qui survécurent à des. tourmens endurés constamment pour la même cause , eurent ce titre , ainsi qu'on le voit dans les signatures des conciles tenus par saint Cyprien , où plusieurs évéques signèrent avec la «qualification de Martyrs ^ tandis que d'autres, ne prenoient que celle de confesseurs (i). Si donc la persécution des fidèles, en ces derniers temps , a ressemblé , dans ces trois différentes phases, aux trois différentes persécutions des premiers siècles ; si elle a été dirigée , comme les précédentes , par la haine de la religion ; si elle a mis en œuvre , comme on ne peut le nier, leurs pièges , leurs stratagèmes, leurs supplices divers, bien que modifiés suivant Fesprit du siècle , celles d'entre ses victimes qui ont péri pour leur foi, sans la démentir jusqu'à la fin , ont pareillement un droit incontestable au même titre de Martyr. Or, il ne sera pas un lecteur qui^, de lui* même , ne les retrouve placés dans quelqu'un des cas divers où tant de chrétiens de différent sexe , tant de prêtres , de clercs et de moines , aux premiers siècles de l'Eglise, méritèrent d'être aussitôt honorés par elle comme Martyrs , et placés à l'instant dans le calendrier de ceux dont elle a voit à célébrer la fête.
IP. Dans les premiers rangs se trouvèrent, et ceux qui avoient confessé leur foi devant les juges par les-
(i) Voyez Conc. Carthag. ajmd Cypr. — Saint Thomas, a. 9. Quasst. 124» art, ^9 ad qiuirtuin; mais une courte captivité ne suf&soit pas pour légitimer, ce titre. Praxéas qui l'ayoît pris , à raison de ce qu'il ayoit souffert l'eonui de quelques jours de prison , étolt ' vivement blâmé par Tertullien. (Libr. adversûs jRraxaxifn , ci.) -^ L 'Histoire Ecclésiastique d'Ëusèbe nous dit que saiiit Apollonius s'indignoit de ce qu'un certain Témison, qui n'étoit sorti de la prison où il ayoit été mis pour sa foi, qu'en donnant de l'argent à ses garde», étçit appelé Martyr pat les Jttoatanistes dont il adoptoit Ie3 erreurs.
quels ils sâvoient bien que , pour cela même , ils alloient être livrés à la mort ; et ceux qui , déjà sous le fer des bourreaux , pouvant encore racheter leur vie par quelque acte d'apostasie, ou suspect seulement d'une apostasie très-indirecte , ne fût-ce que le plus léger mensonge (i), préférèrent néanmoins de mourir plutôt que de trsdiir leur conscience (;2). Eh ! peut-on nier que ces héroïques exemples n'aient été donnés également de nos jours ^ par une très-grande partie de ceux que nous inscrivons dans nos diptyques ?
Nous nous conformerons pareillement aux usages et à la doctrine de la primitive Eglise, en déférant un honneur du même genre à divers autres dont la foi n'éclata pas d'une manière aussi brillante à leur mort. L'immolation de chacun d'eux se rapporte à quelqu'un des divers exemples que nous fournit l'antiquité ecclésiastique.
i*'. Nous y retrouvons d'abord, honorés et invoqués comme Martyrs, ceuxquivenoient d'être misàmort pour avoir été , par esprit de religion , ce qu'en ces derniers temps nos persécuteurs ont appelé des receleurs ou des recàeuses de prêtres réfractaires. Ainsi saint Alban, immolé en Angleterre vers 287 , parce qu'il avoit donné asile à un clerc qui fuyoit la persécution, fut aussitôt
(1) Saint Thomas dît (it. 2. Quœst. id4* art. a, ad primum) : Vt Çhristiaams patitur, non soiém quipatitur pro fidei can-^ ftsdane quoR fit per verba, sed etiam quicunque patitur pro ffWKunqvs 6ono opère faciendo, vei pro quocunqtie peccato vitando, pr opter Christum, quia hoc totum pertinet ad fdei protestatumem. Et, a</ 2" : Dice^idutn ^itàd veritas atia- ^m sdentiarutn non pertmet ad cuitu/m divinUatis; et ideà non dicitur esse veritas secundûm pietatem^ undè nec ejus con* fesdo potest esse directe martyrii causa. Sed quia otixne menrd(iciumpeccatufnest,utsupràhatitumest{QuKst, ioo> art. 5.); vitatio mendacii, contra quatncunque veritatem sit, in quan- ^m mendacium est peccatum divinœ iegi contrarium « potest tsse martyrii causa.
(2) Voyez ci-après, au nom Poitàdieu^ «t autre»^ passi^in.
vénéré comme Martyr, et devint même le plus célèbre de tous ceux de la Grande-Bretagne; tellement que , lorsque saint Germain d^Auxerre et saint Loup deTroyes s'y transportèrent en 429 , l'un des premiers soins de leur piété fut d'aller prier à son tombeau (i). Sozomène , dans ce qu'il a raconté des persécutions exercées contre saint Athanase , et de Fasile que des âmes chrétiennes et courageuses lui donnoient, se trouve avoir décrit ce qui s'est renouvelé de nos jours, en disant que les protecteurs et les fauteurs de l'hérésie arienne traitoient , comme de grands criminels, ceux qui recevoient ou cachoient cet intrépide défenseur de la Foi (2).
2**. Us étoient aussi vénérés comme Martyrs ces confesseurs qui moururent dans les prisons, persévérant dans leur foi , et résignés aux supplices qui les menaçoient. Tels ont été ceux de nos prêtres qui ont péri dans les cachots ou dans Tentrepont des vaisseaux de déportation , où ils avoient été jetés en haine de leur foi et de leur saint ministère. ( Voyez Nantes, Rochefort, GuiANE.) Saint Cyprien, qui regardoit de tels confesseurs comme ayant passé immédiatement de la prison dans la glorieuse immortalité, vouloit qu'ils fussent vénérés comme des Martyrs consommés, « Ils n'ont pas moins de vertu ou d'honneur que les autres , disoit-il ; et ils doivent être mis parmi ceux-ci , parce qu'ib ont souffert , autant qu'il étoit en eux , ce qu'ils étoient prêts et disposés à souffrir effectivement. Celui qui s'est offert aux tourmens et à la mort, sous les yeux de Dieu , a souffert d'avance tout ce qu'il a voulu souffrir. Ce n'est pas lui qui a manqué au dernier supplice, c'est ce supplice qui lui a manqué. Puisque le terme de sa vie est arrivé tandis que , dans les chaînes
(1) Pleury, .ffwt. Ecciés. , !îr. viii, n* ig, et lit. xxt, n* 17.
(a) Nam catUrariœ hisresis ptopuffnatares non eadgui crimini9 reos fadthant quicunqvie vei exciperen^, vei occuitarent Athanasium. {Si^t» EeoU^-, Kb. iT>oap. 10.)
et ]a prison , il confessoit Jésus-Christ avec la volonté de mourir pour lui, rien n^a manqué à la gloire de son martyre (i). *>
3*. Elle n'éloit pas moins complète délie du même genre , que l'Eglise reconnoissoit dans la mort de ces confesseurs de la Foi qui , exilés pour elle en des lieui arides et sauvages , y perdoient la vie , comme l'ont perdue la plupart de ceux de nos prêtres qui ont péri dans les déserts de la Guiane. Ne ful-il pas regardé comme Martyr, ce saint Lucius , évêque d'Andrinople ,
(i) In carcôreéeatifrcartsnostriiul immartaUtatem gloriosw nuyrtistranseufU.,.:. Corporiéus etiamommum qui, etsi torti nom sunt , in carcere tamen gtorioso exitu excedunt, impertia^ tur et vigiiantia et cura propensior, Ncque enim virtus eoruin aut honor nUnarest, miomin'às ipH 4/uoque inter heatos Martyre* aggregentur; qiîod in iUis taieraverunt quidquid tolerare U prompti fuerunU Qui se tarmentis et morti suh ocutis Dei obtulit , passus est quidquid pati volait. Non enim ipse tormen- ' lis, sed tormenta ipsi defuerunt. Ciim voiuntaii et confessioni nominis in oareere et in vincuiis a4>cedit et nwriendt terminus, eansummata Martyris gloriaest. (Epist. 57^ ad Cierum,) —Voyez encore Fleury : Mœurs des Chrétietis, n*" a3.
Parmi ceux qui 9 morU en prison » sont honorés et inyoqués par TEgUse comme Martyrs y outre les papes mentionnés ci-dessus » on compte saint Gabin, 19 février; saints Victor et Victorin, 6 mars; saint Alexandre évêque 9 7 mars; saint Gérunce 9 évêque » 29 août; saint Dieudonné, abbé du Hont-Gassin, 6 novembre; saint Félix 9 le même jour, etc. etc. etc.
Il y auroit tout au plus une exception de sin^ple prudence à faire à l'égard de ceux dont la mort auroit été accompagnée des mêmes circonstances que celle de ce jeune Victor qui, partageant le martyre de saint Théodote d'Ancyre, demanda, au milieu des tourmens, qu'oa lui laissât quelque trêve pour délibérer. Il l'obtint , et mourut pendant ce délai. Quoique sa mort fût la suite de ses premières souffrances , saint Nil qui en avoit été témoin oculaire , dit <(ue , ne sachant pas si Victor avoit expiré dans la confession de sa foi, on n'osoit le compter au rang des Martyrs : Ipse verd ex pia^gis martuus est in carcere, dutfium, relinquens confessionis suœ eodtum; undè usquein hodiemum dienn, memoria ejus in ambiguë manet, (Acta sincera et selecta^ etc. Passio saneti Theodtfti, ptç, n^'9*)
qui y exilé par Teffet de la persécution des Ariens , après que le concile de Sardique les eut condamnés, mourut dans son exil en 347» quoiqu'il fût soupçonné d'avoir avancé sa fin (i)? Dans Tépitre synodale de ce concile au pape Jules , ces Pères disoient qu'on ne pouvoit douter que les clercs qui avoient péri dans les lieux de déportation , où les Ariens les avoient traînés pour leur foi comme des captifs , n'eussent eu la glorieuse mort tiesMartyrs (2) . Ainsi furent honorés et invoqués comme tels , parmi les souverains pontifes , et le pape Pontien , banni par Maximin dans Tîle de Sardaigne , où il périt de misère en 235; et le pape Marcel , banni par Maxence , «t mort en exil en 3 10; et le pape Jean P', emprisonné par Théodoric à Ravenne, où, consumé de faim et de misères, il succomba sous le poids de ses souffrances en 526; et le pape Sylvère^ qui , dans l'île Palmaria, où il fut relégué par Vigile, à qui Bélisaire l'avoit livré, y mourut d'inanition en 538; et le pape Martin, qui périt aussi de misère, en 655, dans l'île de la Chersonèse Taurique, où il avoit été déporté (3).
Ici l'on demande si les évêques et les prêtres qui , dépouillés de tout , ayant été poussés hors de France , à la fin d'août 1 7 92 , par la première loi de déportation , ou , quelque temps avant , par la seule crainte de l'accrois-
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(1) Sozomène : Hist Ecdes. L. YI, c. u Fciy. ci-après, Tarticle
SoVKlkC,
{2) Ex ip^U {cUricisab Arianis ineadtium cUducUs) ouidam vincti in eadem injusta defecer^rU pcena: (fuorum améigi non fottst rnartyrio gloriosarn mortem exstitisse. (Epist. Synod. conc. Sardic. ad sanctum JuUum; et in epist. ad eccteHam AUxa/f^ driœ^
{5) On peut ajouter saint Florence, évêque de Vienne, que TEgUse honore et invoque comme Martjrr, 3 jauTÎer; saint Yolutien, évêque de Tours, 18 janvier ; saint Théophile , évêque de Nicomédie , 7 mars ; et un grand nombre d'autres. — Voyez Gallonius : De cvudatihtis MoTtyrum {ptusim); et Charles Guyet : Heono(ogia, Hvc de f&His propriu. L. II, c. tii> Quaest. 10.)
sèment de la persécution , sont morts dans Télranger; Y ont acquis le titre de Martyrs ? Baronius autoriseroit a le croire, même pour ceux qui, abandonnant leurs biens et leurs familles , s'exilèrent volontairement, afin de ne pas rester exposés à trahir leur foi (i) : et sans doute il se conformoit à Topinion de saint Jérôme , qui ne voyoit pas un martyre aussi glorieux dans cette dernière circonstance (2). Mais les cas divers que ces deux sortes d'expatriation ont offerts de notrfe temps, semblent avoir été prévus par saint Cyprîen. « S'il arrive , dit-il, que celui qui, pour l'une ou l'autre des deux raisons dont il vient d'être parlé, fuyant dans la solitude ou par les montagnes, y succombe sous le fer d'un voleur, ou qu'une bête sauvage le dévore ; et même s'il y périt , soit de froid, soit de faim, soit de soif; ou bien si, après s'être embarqué sur les mers pour rendre sa fuite plus prompte , il est submergé dans une tempête ', ce soldat de Jésus-Christ le retrouve partout prêt à le récompenser de combattre pour lui ; et la cause de la persécution qui lui a fait courir de tels périls pour Thonneur du nom de Jésus-Christ, lui procure la récompense promise, celle de renaître aussitôt pour la vie inunortellè. La gloire du martyre ne consiste point à périr en public , au milieu d'un grand nombre de témoins ; elle consiste à périr pour Jésus-Christ : et il suffit ,
(1) Si quis timoré eorreptus, ne fidem proJUat, sua suosqut niinquens, eocHio spontaneo , proctUà patria, vitatn degeret, hic ajypeUahatur cœtorris : cujtis non erat despidenda conditio , num et numéro Martyrum recensendus erat, sieade cau$a mar-^ tem appetiisset. ( In notis ad a januar. )
(2) In Martyre voiuntas, ex qtia ipsa mors naseitur, coro^ natur, Meum est opponere qenttliwm furori, et Dominum non negarey'jam, in iUorunh arnitrio est, aut deçoiiare, aut urere, aut reciudere in carcerem , OMt varia adhihere gênera pdsnarum, Quod si fugero, et in solitudine ohiero, non erit eadem corona morientis, quia non eadem cattsa mortis est Christus% (L II ^ adversùs Jovinianum. )
pour attester qu'il y a eu martyre, que la mort, en pareille circonstance , ait eu pour témoin celui qui éprouve et couronne les Martyrs (i). » Saint Thomas en a déduit cette règle, « qu'il y a martyre proprement dit , lorsque la mort est l'effet de l'exil ou de la spoliation, ainsi que de l'emprisonnement, pour la cause de la Foi (2). »
Malgré cela, pour ne point être taxés d'une excessive indulgence , nous exclurons de notre Martyrologe ceux qui^ ayant fui sans danger, et ayant vécu dans un exil paisible , y ont fini tranquillementieurs jours ; mais nous mettrons hardiment parmi nos Martyrs ceux qui ont péri dans le fait même de leur expulsion , ou dans l'acte de leur fuite , comme ceux qui sont morts pendant leur détention pour la cause de Jésus-Christ.
4". Loin de refuser le glorieux titre de Martyr à ceux qui mouroient dans de$ circonstances semblables, l'Ange de l'Ecole le regardoit aussi comme mérité par ceux qui, échappés à des peines de cette nature , mouroient quelque temps après des atteintes mortelles que ces peines avoient portées à leur complexion (3). Telle
(i) Si fugientem, in ioUtudifu ae numtiétis iatro oppresserit , f£ra invaserit^ famés aut sitis aut frigus afflixerit , vei per maria prcecipiti navigations propcranUm tefmpestas ac procéda suhmerserit, exspectat mihtem suum Christus uhique pugnantem , et persectUiams causa pro sui novninis honore nwrienti prasmium reddit , quod daturum se in resurrectione promittit. Née minor est martyrii gtoria-, non puMicè et inter muitos periissey cùm pereundi causa sit pr opter Christunt périr e. Suffidt ad testimonium martyrii sui testis iiie qui proéat Marty-res et coronat. (Epist. 56 ad Thibaritanos, de exhortatione martyrii,^— Voyez au Martyrologe Romain les Sept-Dormans, 27 juillet ; saint Valérien, évêque , i5 décembre.
(2) ffec tnarîyrium propriè didtur pro soia toîerantia car ceris^ vei exiiii, vei ra/pinœ divitiarum, nisi forte secundûm quddexhisseauiturmors. (2. 2. Qusest. 124 9 art. /^^ad quartum»)
(5) Contigtt tamen qucmdoque quod aiiquis post mortaiia vuinera pro Christo suscepta, vei quascunque alias trituiationes continuatas usque ad mortetn, quas à persecutorihus
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(39) âvoit été la croyance de saint CyprieQ qui disoît à ce sujet : <^ Quand la mort du martyre est différée pour certains confesseurs de Jésus-Christ, le mérite de leur confession n^est pas din^inue par ce délai qui sert à manifester la grandeur de la protection divine (i). » Et voilà pourquoi le pape saint Melchiade , Ëusèbe d^ Verceil, sainte Thècle, et beaucoup d^ autres qui moururent ainsi , ont été mis par TEglise au rang de ses Martyrs (2).
Mais ce que paroissent ignorer ou ne plus. se rappeler certains rigoristes de nos jours, qui, trop fiers peut-être de n'être pas tombés dans le schisme constitution-', nely ou d'avoir toujours eu des mœurs à l'abri du reproche, confondent dans le même anathème, et des schismatiques , et des scandaleux auxquels nos persécuteurs ont fait subir, par la même haine de l'Evangile , le même supplice qu'aux hommes inébranlables dans leur croyance , et aux catholiques dont la vie fut exemplaire ; ce qu'ils paroissent ignorer, c'est que l'Eglise, dans l'antique pureté de sa doctrine , ne les auroit pas toujours cru privés de la gloire céleste du martyre.
5°. Quant à ceux dont la foi avoit failli, il n'y a pas de difficulté, si, dans les prisons ou sur l'échafaud , au moment de mourir, ou dans les tourmens, ils ont rétracté solennellement leurs erreurs ; car, à la seconde époque de notre persécution , il arriva aux prêtres schismatiques ce qui étoit arrivé aux Donatistes après quel- — ■ i I II ■ ■ ■ ■ I ■■....■ — ■" ■ ^
patitur pro flde, dià vivat : in qtu> statu actus martyrii meritoritts est, etiam ipso tempore quo hujusmodi afflictiones patitur (Quaest. 1249 ^rt. 4? ^^ 4« dise, /ig, ad tertiumei quartum. ' — Qu8Bst. 5, art. 3, Quaîstiuncul. 2, in 4*™ sentent.)
{i\ In confessoribus Christi dilata martyrta non tnerituni confessionis minuunt, sed magnatia divinœ protectianis osten^ dwnU (Ëpist. h^, nd Lucium,)
(2) Voyez Guyet^ Heortoiogia, L. II, c. th. Quaest. 8; et les deux panégyriques de saint Eusèbe^ évêque de Verceîl, dansVappen-^ dice des œuvres de saint Amhroise.
ques jours de triomphe. « La législation qui les favorisoit , se tourna contre eux également , par un effet de la miséricorde de Dieu , dit saint Augustin ; et plusieurs d'entre eux se convertirent (i). » Leur rétractation, à la vue du supplice , fut bien , certes , une reconnoissance authentique de la fausseté de la doctrine qu'ils professoient dans le schisme , et par conséquent de la vérité de la Foi qu'ils avoient offensée. Saint Cyprien , excitant les apostats à revenir à l'Eglise , au milieu des persécutions , leur montroit la mort pour la Foi , comme un moyen non seulement de réparer leur chute , mais encore de partager la gloire des confesseurs et des Martyrs (2).
Rien n'est plus admirable et plus concluant , que le discours de saint Denis d'Alexandrie, à des hommes trop rigides, par lesquels étoient exclus de la gloire du martyre certains schismatiques qui, convertis dans les prisons par des prêtres catholiques , avoient ensuite subi la mort comme eux. «Ceux-ci, disoit-il, qui, en qualité de divins Martyrs , sont maintenant les assesseurs du Christ, et doivent avec lui nous juger, ont, lorsqu'ils étoient encore ici-bas , relevé quelques uns de nos frères tombés ; et , à la vue de leur conversion , de leur pénitence , jugeant qu'elles étoient capables de plaire à celui qui aime mieux la pénitence du pécheur que sa mort , ils ont admis ces pénitens , les ont recueillis et
(1) Hoc enim ccntigit Donatistis, quod aceuscUorihuê sancti Danieiis (Dan., c. vi, 7^. 24.). Sicut enim inidios^ ieones; sic in istos conversas sunt ieges , quiifiùs innocenteni oppHmere voittôrunt ; nisi quod, propter misericordiam Christi , magis pro eis istœ sunt ieges, quœ iUis videntur adversw: quoniamntuiti per ilicLS correcti sunt, et quotidie corriguntur ; et se esse conrversos, atque ai iiia furiosa pemicie iiheratos , gratias aguut, (Epist. iS5, ad Bonifacium comitem, n"* 7.)
(3) A des adhuc geritur , et agon quotidie ceieératur. Si cornnnssi verè et firmiter pœnitet, qui differri non pot est , potest coronari, (Epist. 5a.)
reçus dans leur société ; ils ont communiqué avec eux dans les prières et dans la sainte Eucharistie. Que vous en semble maintenant ? Comment nous conduirons-nous à cet égard ? Accéderons-nous à cette indulgence ? soutiendrons-nous le jugement qu'eux-mêmes ont rendu , ou plutôt la grâce qu'ils ont accordée ; et agirons-nous comme eux , envers ceux qu'ils ont comblés de témoignages d'intérêt ? ou bien , au contraire , prétendronsnous annuler leur jugement , et nous constitueronsnous , de nous-mêmes , examinateurs et juges de leur sentence? Ce seroit accabler de douleur la clémence, renverser l'ordre Jixé^ et provoquer l'indignation de Dieu même ( i ). »
Mais ceux de qui l'on n^a connu aucune rétractation ^ ou l'on n'en connoît qu'une confidentielle , et qui ont été de niéme immolés en haine de la religion, eussentils donc alors été pareillement réputés Martyrs ? Ecoutons saint Irénée , qui ne les distingue pas des autres : « Comme ces hérétiques ontporté le même opprobre dont on accabloit le nom de chrétien, et que pour cela ils ont été traînés avec les chrétiens au supplice , la miséricorde de Dieu a suppléé , en quelque sorte , à ce qui leur manquoit ; et ils ont obtenu la même gloire que les autres (2). »
(1) Hi divim Martyres qui nunc assessores aejudicii participes, unà cwm Christo judicaturi , dàm hic apud nos essent, ijuosdam è fratrUms iapsos... suseeperunt, et ccnversionem titorutn ad pœnitentiam cémentes , cùm judieassent eam p(acere passe iiii qui peceatoris poBnitentiatn mavutt quàm morttm , eos admiserunt et coitegerunt, atque in cœtum suum recepenmt; et in orationihus ac ciho cumiisdetn communicârunt. Quid ergd noéis, fratres, de his suadetis? Quid nos agere deéemus? Vtrûm sententiœ Martyrumaccedemus, etremab itiis judicatants seu potiits gratiam concessant tueéimur; et cum, iis quos iiii miseratione prosecuH sunt , éenignè agemus ? An, contra, judiduni iiiorum, irritum faciemus, nosque ipsi sententiœ iilorunt discuter es acjudices constituemus ; ciementiam doiore affidemus : ordlnem constitutum evertemus : Dei ipsius indignatipnemprovocà6imus?{Eushhe^Hist. Eccies, L.VI, c. xxxxn.)
(a) Si unus aut duo [ex hœretids) aiiquando per omne tem--
£h ! qui seroit assez téméraire pour soutenir que ceux dont la rétractation ne fut pas connue , n^en aient fait aucune dont la divine clémence ait été satisfaite , (pourvu toutefois qu'ils n'aient pas été chefs de schisme : car alors ils eussent été obligés à des réparations égales à l'éclat de leurs scandales ) ? « En supposant nuÉme , dit saint Jérôme , que cette apologie d'Origène où l'on professe ses erreurs , soit réellement de Pamphile , prêtre de Césarée, mis à mort comme chtétien , sous le règne de Dioclétien , je ne l'en reconnoîtrai pas moins pour un vrai Martyr de l'Eglise* Si vous me demandez comment il a pu être digne de cette gloire , je vous répondrai que , par son martyre , il a effacé son erreur» et qu'il a purgé sa faute par l'effusion de son sang (i). »
jms ex quù Dominus apparmt in terris , cum Martyriims nos-tris quasi et ipse misericordiam consecutus, opproértunt simui hajuiavit nominis , et cum eis duchis est , velut adjectio qua^ da/m donata est eis. {Adverses hœreses. L. IV, ch. xxxiii.)
(i) Sed concedimus ex super fluo , ut PamphUi sit (Jpotogia Origenis) sed necdûm Martyris. Jntè enim scripsit quàm mar" tyrtum perpetraretur. Et fuamodd, inquies, martyrio dianus fuit ? sctiicet ut martyrio deteret err&rêm^ : ut unwm cuipam sanguinis sui effusione purgarei. (Epist. 4^ Pamnia^ctiM «t Oceaafio , fratritus preshyteris, )
Si c'étoit d^aprè^ cette maxime qu'on dût décider ce qu'il y a dfii-» déterminé dans une particularité de l'histoire du martyre de saint Pierre Abselman à Césarée, en Sog, écrite par un contemporain , et rapportée par Asseman, il faudroit aussi regarder comme Mart3rry un évêque dont il y est fait mention» et qui, ayant auparayant altéré sa foi en adhérant à l'hérésie des Marcionites , ne se fit pas moins condamner , et voulut être livré aux mêmes flammes que les saints Martyrs de Dieu : Eodem igné quidam , qui et Mardams hasresi conta mitmverat fidei inte^ritatem , et sese episcopum ventitaéat, cum prœuantissimo vtronostro {Petro) damnatus est. Is verd, irua>nquam à veritatis semita aherraret, incerto tamen aetus^ustitiœ studio, iisdem sese flammis consumendum unà cum sancils Martyrihus dédit. {Jeta SS. Martyrum orientatium et ocddentaiium qiuBc Bibiiotihecaapostoiica Faticanaprodeunt, édita à Stéphane Evodio Assemano^ in- foi. Romœ , 1 74^9 parte II, pag. 209.} Il nous paroît plus sage d'imiter la circonspection de l'bis-
« Qui pourroit croire , dit encore saint Ambroise , qae Dieu , en montrant de si près la couronne à celui qui est tombé , n'ajoute pas à cette grâce , celle du retour à la Foi , qui est aussi un don de Dieu ? Ët'^ sHl lui a donné la Foi par laquelle seule on obtient le salut, pourquoi youdrions-nous priver de la couronne du martyre celui à qui le Seigneur Jésus ne Ta pas refusée (i) ? »
Lors du procès de la béatification du missionnaire Jean de Britto , mis à mort dans les Indes par haine de la religion , plusieurs élevant à Rome , au sujet du titre de Martyr qu'on lui décemoit, des objections fondées sur ce que ce missionnaire avoit pratiqué les lits idolâtres des Chinois, condamnés par le Saint-Siège , Benoît XIV dissipa toutes ces difficultés, en faisant principalement observer que « Si Britto étoit formellement coupable de cette espèce d'apostasie, elle se trouvoit abjurée par une rétractation qui valoit mieux encore que si elle eût été faite avec de l'encre ordinaire, puisqu'il l'avoit, en quelque sorte , écrite avec son sang , et que tout péché quelconque est effacé par le martyre qui l'a suivi (2). »
torien , qui s'est abstenu de donner formellement le titre de Martyr à cet évêque suspect de Marcionîsme. Ainsi donc 9 quelque édifiantes que puissent être les notices qu'on nous a transmises sur la mort de quelques évêqoes constitutionnels, tels que Lamourette, Roux, etc. immolés également en haine de la religion, par les mains de l'athéisme , nous ne saurions les mettre avec assurance dans notre Martyrologe , parce qu'à l'égard de ceux qui furent, comme eux, chefs de schisme et d'hérésie ^ on a droit d'exiger de» actes plus éclatans de retour à l'Eglise catholique. Nous les reuyerrons au chapitre des Douteux.
(1) Nonpossunvus his Martyrutn consortia negare, quibu$ Dofninus Jésus non negavit. . . Sicut ergd post Icupsum pierisque , si patiuntur, coron^ redd/Uur; itatU, si credant, et fiées reHditur.,,. numquid is, qui Dei donum hatct, potest non haéere induigentiam ? Non una ÀHfutem , sed dupUçs gnuia est ^ ut oninis qui crédit et patiatur pro Domino Jesu. Habet igitur qui crédit suant gratiam , havet autem altérant , si fides ejus pas-sionibus coronetur. (L. I, de pœnitentia , c» xi.)
(2) Quia quicunque reatus deietus censcndus eratpcr subse-»
&*. Par là. nous remontons à cette croyance des premiers siècles, si favorable à la mémoire 4es personnes de notre âge , qui, vouées à la mort en haine de leur foi , n'avoient pas vécu jusque-là d'une manière digne d'elle» Le sacrifice qu'elles ont fait de leur vie pour la cause de la religion a compensé , par l'effusion de leur sang ^ tout ce qu'il leur auroit fallu faire sans cela pour obtenir le pardon : car « Tous les péchés sont remis par le martyre, dit Tertullien (i). » « Oh! combien, dans tout l'univers, s'écrie saint Jérôme, combien sont justement honorés , invoqués comme de vrais Martyrs, qui étoient esclaves de divers péchés avant d'être immolés ! Quantité de ceux qui ont obtenu cette gloire n'avoientils pas été précédemment des pécheurs (2) ? » Ainsi les saints Lucien etMarcien d'Afrique et d'Espagne, que l'Eglise honore comme Martyrs, le 26 octobre, lui parurent avoir un droit incontestable à cette gloire , lorsqu'en 25o ils eurent sacrifié leur vie pour le nom de Jésus - Christ , quoiqu'ils eussent été précédemment ennemis de sa loi, et vendus au démon de l'impureté (3). Ainsi des femmes publiques d'Augsbourg, vers 3o4 , Afre , Eunomie , Eutropie et Digne , qui , n'ayant pas voulu accueillir des Sarrasins parce qu'ils étoient païens, furent trs^nées devant les juges, y confessèrent courageusement la foi de Jésus-Ghrist , et furent pour cela vouées successivement à la mort, ont été mises
fuens martyrium, ususque prohUdttis reiraetaius per retractatienetn non atramento sed sanguine scriptam, etc. etc. (D^ Servorum Dei Beatificatione , etc. L. III, c. xv , n** 18.)
(1) Omnem venia/m né eo compensationefn sangumiê sui ex^ pedit : omnia enim htnc operi deticta dona/ntur. {Jpoioget. , c- 1.)
{p^ Quanti in loto orbe Martyres, antequàm paterentur, suéjacuere peccatis / . . . . Qui postea Martyres , prius peceatores fuerunt. (Ëpist. f^iyod Pammachiutn et Oceanum.)
(3) Acta vrimorum Martyrutn sincera et seteeta, opéra et studio D. Tneodorici Ruinart , in-^'^^Parisiis, 1699 > p* i5o.
par TEgfise dans dés Martyrologes (i). Ainsi passa de même 7 d^un lieu de prostitution à la gloire du martyre, cette Thëodote de Philipolis, qui, ayant refusé, en 3i8, d^obëir à Fédit de Licinius, par lequel tous étoient obligés de sacrifier à Apollon , fut condamnée au damier supplice , pour la profession du christianisme qu^elIe fit alors (2). Ainsi, en 3o3, ce païen Boniface qui , envoyé k Tharse par une dame, romaine avec laquelle, depuis long -temps, il entretenoit un commerce criminel , et s'y trouvant ému par la constance des Martyrs quHl y voyoit tourmenter, mérita le même sort en déclarant subitement qu^il devenoit chrétien ; ainsi fut-il de suite honoré , invoqué comme Martyr : et ses reliques^ rapportées à Rome, y furent vénérées solennellement dans un oratoire magnifique , érigé près de cette ville (3),
Benoît XIV, en citant Texemple de sainte Afre parmi le^ règles qu'il a tracées, en ce cas particulier, pour la béatification des Martyrs d'une classe ordinaire , n'a pu s'empêcher d'en conclure, d'après les principes établis par les saints Docteurs, que, « Lorsqu'il est certain qu'un pécheur étoit animé de sentimens de pénitence , en souffrant la mort pour Jésus-Christ , il devoit être réputé Martyr; et que, si, pour terminer heureusement la procédure de la béatification des Martyrs , il étoit avantageux de trouver que leur vie eût été chrétienne, il n' étoit pas nécessaire qu'ils eussent eu des mœurs irréprochables; car, poursuivoit-il, on peut
(1) Ruinart^ iéid. p. 5oo. — Saint Fortunat, auYI* siècle : FiCif iancti Martini , L. iV. — Sanctus Petrus Damianus : Opuscui, 471 cap. ultim.— Fleury, Hist. Ecdés. L. YIII, n* 48. — La fête de sainte Afre est marquée au 5 août , dans les plus anciens Martyrologes.
(a) Voyez Martyrium sanetœ Theodctœ, tneretrieU, dans les Aeta Sanctonifn Martyrum anenuMutn et oecidenUtiiufn, publiés par £. £. Asseman^ parte II « pag. 210 ^ asit.
(5) Fleury, Hi^t. Eçciiê. L, IX, n* 16.
voir arriver le cas où un homme , engagé dans de grancls crimes , auroit droit d^étre inscrit sur le catalogue des Martyrs , s^il avoit subi la mort pour la foi de Jésus- Christ (i). »
7**. Cette doctrine , universellementreçuedansVEglise, suppose à la vérité que ] a victime a été condamnée àla mort pourcette cause , et qu'elle apersévéré jusqu'à son dernier soupir dans la volonté de mourir plutôt que d'abandonner la Foi. « L'on ne doit pas douter de cette persévérance, disent lea théologiens, quand la victime n'a donné aucun signe du contraire (2). » «Mais, continuent-iJs , s'il faut absolument , pour qu'elle soit réputée Martyre y que le tyran qui lui a infligé la mort , ou en a procuré une cause nécessaire, ait agi avec des intentions haineuses contre la Foi , ou contre quelque objet appartenant à la Foi (3) ; il n'est pas absolument indispensable que ses intentions aient été formellement énoncées par
{i) Si constet peccatoretn pœnitentem in sufferenda morte , Martyrem censcri dtheu {De Serv. Dei Béatifie. L. III, c. xv, n* i3.) Dictum -est autetn eœpedire ad feiicem eadtutn catisœ Martyrutn , sed non est dictum necessartutn, ut morutn et virtutum ratio haéeatur. In aiiquo siquidem rei eventu cotUin^ fferepotest, ut aîiquis magnis sceterihus obstrictus, si pro fidc Chrtsti mortem suheat, Martyrum cataiogo adscrihi possit. {lind, L. III,c. xT,iiM8.)
(a) Vt quis ergo Martyrutn cataiogo adscriiatur, satis non est, si votuntariè mortem accipiat pro Christo , etiatnsi q» mors ex odio eraà Christwtn et eius fidem inferatur; sed etiam^ oportet ut invtctè et patienter %n eadem voiuntate perseveret usquc ad oifitum,, attfue in ipso ointu. [Ilnd. L. III, c. xyiii, n" 12.) . Putant nonnutii, de constantia Martyris m^mendi pro Christo, et ejus fide usque ad obitum, et in ipso ohitu , ideoque de finaii ferseverantia Martyris non esse duhitandum , si signum, contrarium non appareat. {lAid. ihid. , n** i3.)
(5) Ad verum martyrium constituendum , duo in persecutorc requiruntur : i*". ut re ipsa m4}rtem> inférât, aut saitem, panai causam, necessariam mortis naturalisa 2**. ut id faeiat ex odio in fidem^ vei in aliquam rem qtuB ad fidem speçtet- {lind* itid. c. xii.)
( 47 ) lui; car il auroit pu vouloir priver sa victime de la gloire du martyre ^ en employant contre elle des accusations étrangères à la Foi. » £h! combien qui, parmi nous, condamnés comme rebelles y coknme conspirateurs 9 ainsi que le furent jadis comme ennemis des empereurs , tant d^anciens confesseurs de Jésus-Christ, parce qulls refusoient de .prier pour eux , ou d^adorer leurs idoles ; combien auroient eu droit à la faveur qu^obtint le vieillard Ustazades, dont parle Sozomène (i) ! On les auroit vu précédés, comme lui, dans leur marche au supplice , par un héraut publiant à haute voix que , malgré le prétexte politique de leur condamnation , ils mouroient véritablement pour n'avoir pas voulu trahii^ la cause de Dieu,
« Po»rprooverqu'il y a martyre, conclut Benoît XIV, il suffit que le persécuteur soit mû notoirement p^u* la haine contre la Foi, quoiqu^l prétende infliger la mort pour une cause tont-à-fait différente. Il sufBroit même qu'en croyant procéder avec justice contre un crime civil, il ne prononçât que d'après une fausse accusation dont la calomnie proviendroit , soit directement , soit obliquement, de la haine de la Foi (2). »
8**. Disons plus encore : une sentence n'est pas toujours nécessaire. C'est assez que le coup de la mort soit
{i\ HUt. Ecctes. L. II, c. yin, et seq.
(a) Ad martyrium suff,ùil tyrannum ad inferendam martem moveri ex odio adversits fidem Christi, quamvis occasiontm mortis desumat ex aiia re qtue ad ipsam Ôhristi fidem aut nihU pertùieat, aut non nÎM ex a^cciderUc pertineat : càm actus non ah occasiane, vel à cawa im,puisiva, sed à causa finaii veram, sui spedem desumat. {DeServ. Dei Beatif. L. III, c. xiu, n** la.) — Satis esse admartyriitm, si reverà persécuter, seu tyrannus, ab odio in fidem moveatur , iicèt aiiam causam ommno disparatam prœ se ferai, propter qua/m se raortem» inflixisse dicat. {I6id. L. III, c. xiii, n* 7.) — Jd martyrium sufficere sijudex putet se iustè procedere, dumm^odo crim>»n foÂsd appositum prodeat ab aceusatore qui caium^niam strua»rit ex odio in fidem directe vet ohiiqui. ( liid, ibid,)
porté par des hommes qu'auroient excités , ne fut-ce quHndirectement , les discours de quelques puissants ennemis des vrais serviteurs de Dieu , comme en 1 135, dans l'assassinat de ce bienheureux Thomas, prieur de Saint- Victor de Paris , dont parie saint Bernard (i), et que Benoît XIV, à son exemple , n'hésite pas à regarder comme Martyr (2). L'auteur primitif de l'homicide prétendoit s'en disculper, en disant que ce n'étoit pas lui qui l'avoit commis 9 et qu'il ne l'avoit ni ordonné, ni même conseillé. « Ce n'est pas toi sans doute qui l'as exécuté , lui répliquoit vivement saint Bernard ; mais ne 6ont-ce pas les tiens , et ne l' ont-ils pas fait à cause de toi ? Que Dieu voie et juge si tu es excusable , toi dont la langue fut un glaive aigu, dont lesparoles étoientautanldefiècKies meurtrières ! Eh ! de ce que les Scribes et les Pharisiens, en excitant, par leurs discours, la populace à faire mourir Jésus -Christ, s'abstinrent cauteleusement de porter eux-mêmes les mains sur sa personne , s'ensuivroit-il qu'ils furent innocens de sa mort (3) ? »
Ainsi donc , lorsque , par esprit d'impiété , les premiers auteurs de la révolution et les premiers héritiers de leurs conquêtes excilèrent la populace ignorante et brutale contre les prêtres, en les lui désignant comme des ennemis de son bonheur ; lorsqu'ils la poussèrent à des insurrections violentes contre ces timidesiigneaux, qu'ils aban-
(1) Epist. 169, ad papam InnoceiU. II, — Voy, Fleury : Hist. Ecd, Liv. LXVIII , n» a3.
(2) DeServor, Dei Beatif, etc. Lib. III, c. xin, n* 11. — Saint Bernard dit : Credimus et nostri Maatyris spiritum , quem novi^ , simè dieimsistis tua crudtiitas morti dédit, cum cœteris anUfnaétts interfectorum voce valida sué aitari ciamare, et flagi-' tare vindictam, edtfue instantiàs quà recentiùs ipsius sanguiê effusus est super terrant. ÇEpist. iSg. )
(5) Sed numquid ego, tnquit, occidi eutn? Non utique tu; sed tui , et pr opter te. An et per te ? Videat Deus etjudicet si excusaiiUs tu es, cujus dentés arma et sOroittcB, cujus iingua giadius acutus: proindi tiec Judad Christt de morte cuipaiuli suntj, fjuippè et tpsi manus continuera cauti ? ( Epist. 1 ^9. )
(49) donnoient en même-temps à ses fureurs , et lorsqu'elle les égorgeoit tumultuairement par une espèce de droit de guerre, jure belliy suivant l'expression d'Eusèbe en racontant de semblables irruptions contre les chrétiens de son temps ; les prêtres et les catholiques , tués en de telles occasions, furent aussi de vrais Martyrs. c< Peu importe , disoit saint Cyprien , en un cas pareil , peu importe de la main qui livre ou de celle qui frappe , lorsque Dieu permet que ceux qu'il a résolu de couronner soient voués à la mort (i). »
Après avoir parcouru les différentes manières dont tant de prêtres et de fidèles sont morts pour la foi de nos pères , dans les derniers troubles politiques de la France, il est démontré que ceux qui ont péri pour cette cause , tant dans des émeutes populaires que sous le couteau de la guillotine ou le plomb des fusillades, tant dans les cachots qu'en de sauvages lieux de déportation, comme encore par suite de tourmens endurés pour la religion , sont de vrais Martyrs dans le sens du langage de rSglise.
Il nous reste à prouver qu'on ne doit pas regarder comme tels , ceux qui oiit péri pour une cause politique , même juste et honorable , fussent-ils morts en saints , vraiment dignes de la couronne de justice.