RAU
Ytàu tribunal révohUt09inair6 que les Thermidûriens s'étoient formé ; et leur accusateur public f Michel - Joseph Leblois , excita contre lui la fureur des )uges> en leur disant : «Raux est du nombre des fanatiques qui ont fait leurs efforts pour égarer le peuple par le prestige de la ^uperstitian , et opérer , par ce moyen 9 s'il lui eût été possible , la contre-rérolution. CVst dans cette Tue perfide que Raux 9 qui n*a Toulu se soumettre à aucun des sermens prescrits par la loi, a cherché à jeter le germe de la division parmi les citoyens de sa commune 9 en tenant chez lui des conciliabules et rassemblemens de ^rèires fanatiques et réfractaires, et en se livrant , avec les ennemis de la liberté 9 à différens exercices du culte y au mépris de la loi. On l'y a TU souvent dire des messes et célébrer des mariages;dans un de ses actes de mariage » le 1 5 novembre 179a, il a pris la qualité de prêtre avoué de Té vêque du diocèse de Chartres. Non content de maintenir le peuple dans les erreurs de Ja supersiition , par ces conciliabules/anoXiyue^, il faisoit encore tous ses efforts pour corrompre Tesprit public par la lecture de différens écrits et ouvrages aussi fanatiques que contre-révolutionnaires^ qu'il faisoit circuler et disfrlbuer, etc. etc. » D'après cet acte d'accusation , copié mot pour mot, le tribunal condamna le chanoine
RAY
Raux» « comme convaincu d'avoir pratiqué 9 dans la commune de Dun, des manœuvres contrerévolutionnaires 9 en tenant des conciliabules fanatiques et des propos tendans à favoriser la superstition; en y célébrant des messes ; en y faisant des baptêmes et mariages , dont il dressoit les actes, au mépris des lois (ce sont les propres expressions de la sentence ), signée Dobsen , président, N. J. Paris, greffier », et il fut immolé le même- jour sur la place de Grève, à l'âge de 64 ans. Ainsi donc , deux mois sept jours après la chute de Roberspierre, dans le temps même que la faction Thermidorienne faisoit vanter et vantoit sa justice, sa tolérance et sa modération, les prêtres catholiques étotent accusés et condamnés à son tribunal révolutionnaire, de la même manière qu'ils l'avoient été aux jours ^théistes d'Hébert et de Chaumet.
{V. entre autres^ P. Lepamcc,
et P. LEPORBSTIBa. )
RAYETTË aîné ( Jacques ), né a Servaville , dans le diocèse de Rouen, en 1^58, prêtre, chanoine et grand - chantre de la cathédrale de Rouen , resta dans le diocèse après la dispersion de son chapitre. Il n'avoit point prêté le serment schismatique de 1791 , et il persévéroit très- notoirement dans un édifiant attachement à l'Eglise catholique. Les autorités du département de laSeine-In/t-
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rieure, en 1795, le firent mettre en réclusion '/et, dès les premiers mois de Tannée suivante, elles l'envoyèrent à Rochefort , pour qu'il en fût jeté au-delà des mers ( V. Rochbpobt). Son frère, plus jeune que lui, partageoit sa deslinée. On le fit monter, comme lui, sur le navire les Deux-Associés ; etbientôt lesmauxauxquelsles déportés y étoient en proie fondirent sur eux. Laissons ici parler un de leurs compagnons de déportation, témoin de leur conduite en cette douloureuse circonstance. C'est M. de La Biche, dans son intéressante relation. « Les deux frères Ravetle, dit-il, donnèrent parmi nous un touchant exemple d'amour fraternel. Le plus jeune étant tombé, malade le premier, son aîné , qui étoit un de nos infirmiers , lui prodigua tous les secours qui furent en son pouvoir, avec autant de xèle qu'on dcvoit ea attendre d'un frère. Le malade commençoit à se remettre , lorsque l'infirmier fut atteint de la contagion. Son jeune frère , à son tour, s'empresse de le servir avec l'affection la plus touchante.
Mais, malgré tous ses soins, l'aîné succombe à son mal, et meurt entre ses bras. Le convalescent est si sensible à ce coup, auquel cependant tout de voit le préparer, que, consterné, il se jette sur sa couchette pour donner un libre cours à ses larmes ; et , au bout d'un quart d'heure , il n'est plus. »
RAV
Les infirmiers,disant d'eux comoie l'écrivain sacré Favoit dit de SaGi et Jonathas : AmainUê etdecari in vUâ sud, in inaru ^uoquc non sunt divisi ( II Reg. c. I, ^, a5 ), crurent devoir les enterrer dans la même fosse, en l'île Madame, Jacques Ravette avoit 36 ans lorsqu'il mourut , le !i6 août 1794.(^.1. Raoul, et J"» Ravette.) RAVETTE le jeune ( Josefb), frère du précédent, né, comme lui , à Servaville , en Normandie, maisen 17649 et chanoine aussi de la cathédrale de Rouen, étoit son émule dans le refus du serment de la constitution civile du dergé, et dans son attachement à la Foi catholique. Arrêté avec lui, en 1795, il fut conduit comme lui à Rochefort , dans les premiers mois de 1794 (f^. Roghbfobt).
Embarqués l'un et l'autre sur le navire.^ Deux Associés, Joseph y devint encore le ri?al de Jacques en belles actions chrétiennes, comme on l'a vu dans l'article qu'on vient de lire. Il survécut seulement d'un quart d'heure à son frère, et mourut aussi le !i6 août 1 794 9 n'ayantque 5o ans. {F. Jq« Ravbttb, et J.
Ratmond. )
RAYINEL (ARTOiHB-FiÀir^is), jeune ecclésiastique, né dan» le diocèse de Nanci , étoit venu faire ses études théologiques à Paris, dans le séminaire de Saint- Sulpice. Il s'y distingua sous le rapport du savoir et sous celui de
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la piété ; et déjà il ayoit été promu ser de le transporter à l'hôpital de
à Tordre du diaconat» lorsque sur- Saint-André 9 et il y mourut bien-
▼intlafatale journée du DÛB^^t tôt. Son nom a été omis sur l'ex-
(1792). Vivant alors arec ses mai- trait que nous avons reçu du
très , dans leur retraite d'Issy registre mortuaire de cet hôpital
(r. fiouBBRT), il y fut arrêté ( T. ci-devant, tom. I^pag. 385);
comme eux, et amené avec eux mais sa mort en ce lieu n'en paroit
devant le comité de la section du pas moins certaine. Voici ce que
Luxeimbaurg , qui siégeoit dans nous écrit à ce sujet un vénérable
le séminaire même de Saint-Sul- prêtre du même diocèse qui par-
pice. Ses réponses devant ce co^ tagea sa captivité, M. Richard,
mité, qui demandoit la prestation curé, desservant la paroisse de
du serment de la eanstiitUiafh Beyre, près Di jon : «Je suis aussi
eiviie du clergé , furent , comme certain que de mon existence, que
celles de ses maîtres , les réponses c'est à l'hôpital de Saint-André
d'un intrépide confesseur de la qu'est décédé M. Claude-Maurice
Foi ( V, DvLkv )• Enfermé avec Raviot, chanoine de la Sainte-
eux dans l'église des Carmes, U Chapelle de Dijon. Lorsque la
y fut massacré pour la même maladie le saisit , il habitoit, dans
cause, le a septembre suivant, le fort du Ha, la' même caserne
{V. Septemme.) que moi; on le conduisit audit
RAVIOT ( Ciavdb-Mauiicb ) , hôpital, où il mourut huit ou dix
prêtre de Dijon, chanoine de jours après y être entré.... Veuil-
l'église royale de la Saînte-Cha- lex être assuré , Monsieur , que
pelle de cette ville , y fut mis en c'est là qu'il est mort, «t que
prison y comme prêtre insermenté vous ne serez contredit par aucun
dans le courant de 1793. Se. pré- de mes compagnons de c£(ptivité,
valant contre lui de la loi de dé- en plaçant dans cet hôpital le
portation , attendu qu'il n'étoit lieu de son décès ». (^. A. Pvbch,
pas sorti de France, on le con-* et M. Ratmohi».)
damna à être déporté à la Guiane ; RAVOUX ou RAOUX (iV. . . ) 9
et , au printemps de 1 794 9 ^1 ^ut curé du bourg de Sarrians , dans
envoyé à Rordeaux, pour y être le diocèse d'Orange, non loin de
embarqué (f^. RoBOEiVx). En at- Carpentras, avoit été placé dans
tendant que l'embarquement pût cette cure par l'évêque, d'après
s'effectuer, il resta enfermé dans la demande que lui en avoient
le fort du Ha , où lesprêtres souf-. faite tous les habitans de Sarrians,
frôlent des maux si grands, qu'il pleins de vénération pour ce digne
en tomba dangereusement malade ecclésiastique. On croit qu'il étoit
en juillet. On ne put se dispen- né à Carpentras , vers 174^. Nous
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ne Tarions désigné que par sa qualité 9 à la fin de notre récit des massacres d'Avignon , en octobre 17919 n'ayant encore alors pu sa- Toir son nom ; mais nous sommes parvenus, dans nos infatigables recherches , à le découvrir, et à connoitre aussi 9 de la manière la plus authentique , les circonstances essentielles de sa mort. Elles nous sont racontées et attestées par un loyal gentilhomme qui en fut presque le malheureux témoin , et faillit Âpartager son sort, M. de Tourreau , alors entraîné prisonnier par l'armée révoiution^ naire^ dite de Yaucluse , lorsque le même jour, 19 avril 1791 , elle incendioit Sarrians, où la mère octogénaire de cet honorable prisonnier fut à dcmi-brulée dans son château. On peut voir, à ce sujet , le Mercure de France du 7 mai 1791 , partie politique, pag 55, où Mallet-Dupan , qui en étoit le rédacteur, exprimoit le regret que les autres journaux ne fissent que copier les impostures de l'infâme Courrier d'Avignon, yendu aux dévastateurs du comtat Yenaissin.
Nous lisons ensuite dans le cahier du 14 mai suivant, pag. 149, que «lorsque ces brigands, que leurs complices nommoîeni patriotes j firent le sac de Sarrians, ils en massacrèrent le curé , qui portoit dans ses mains le saint ciboire » .
M. de Tourreau, actuellement maire de ce bourg, sans s'expliquer sur les particularités que
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nous avons racontées ( tom. I, pag. 13a ), et qu'il ne put voir, se borne à dire «qu'étant emmené dans une voiture, par l'armée révolutionnaire d'Avignon, ilentendit un coup de fusil, tiré en avant, à quelques pas de lui, pendant que la colonne , au pouvoir de laquelle il étoit , faisoit halte ; et que, lorsqu'elle se remit à marcher en continuant de l'emmener, un coup d'œil sur sa gauche lui fit apercevoir le curé Ravoux , mort depuis quelques secondes, étendu sur le bord du chemin ^ et à qui déjà l'on avoit enlevé ses souliers '.
Un respectable jurisconsulte de Sérignan nous atteste en outre, comme le tenant de son fils aîné, témoin oculaire , et faisant partie des milices comtadines envoyées à la défense de Carpentras, contre l'armée révolutionfiaire , que « les brigands, après avoir immolé ce curé , portèrent la férocité jusqu'à lui arracher le foie , à le faire frire et à s'en repaître >» . La rage de ces monstres provenoit uniquement , suivant le rapport de M. de Tourreau , de ce que le curé Ravoux « justifioit , par sa conduite, un propos hono* rable qu'il lui avoit tenu à lui* même deux ou trois jours auparavant. Il étoit question entr'eux du serment de la comiitution civiie du eiergé; et Ravoux lui disoit avec une sainte énergie :
On Uiparera ma tête de mon eorpBp fdutôt que de me faire
RAY KAY t^iy
eomefUir à 4e prêtùt. Toute sa elles le firent d'abord enfermer en
Ttepastorale fut une constante apo« 1 793 ; et , dans les premiers mois
logie de la démarche qu*ayoient de Tannée suivante , elles l'en-
faite les habitans, quand Us tou- Toyèrent avec quatre-TÎngts au*
lurent Tavolr pour pasteur* Aussi très à R(Mïhefort, pour qu'il cou-
l'ont-ilsbienamèrementregretté». rût les chances mortelles 'd'une
Sa mort n'est constatée qu'en ces déportation maritime ( V. Roghs-
terroes sur le registre de l'église voit ). On l'embarqua sur le na-
de Sarrians : c L'an mil sept cent Tire ie$ Deux Jssociés; et les
quatre - vingt * onte , et le Tingt souffrances qu'on endurcit dans
avril, j'ai inhumé dans le cime- l'entrepont de ce bâtiment eurent
tière* le curé de Sarrians 9 assas- bientôt surpassé ses forces. Il
sine par l'armée, dite de Fau^ mourut, le a8 juillet 17949a l'âge
ùUuê, et âgé d'environ quarante- de 59 ans. Son corps fut inhumé
six ans : ngné Chauyet , prêtre » • dans l'île à^Aix. {V. J. Ratmord,
A la marge, est écrit: « M. Ra- et A. RéHORB.} TOUX , curé de Sarrians» . Il paroît RAYMOND (Mathieu), prêtre,
qu'alors, conmie à présent, on religieux Cordelier du diocèse de.
n'y connoissoit pas ses noms de Razas , étoit né dans la Tille de
baptême; peut-être même son Monségur,enRaxadois,Tersi7a5.
nom de &mille étoit-U plus Téri« Son grand âge n'inspira aucun
tablement Raoux, suivant qu'il respect aux persécuteurs qui, ne
est écrit dans une autre relation TOjant en lui qu'un prêtre iné-
que nous aTons reçue. branlable dans sa Foi, et une prc-
RAYMOND (Amtoikb), prêtre, dication TiTante de la religion ,
ex-jésuite , s'étoK retiré depuis par la seule présence de sa per-
plusieurs années À Ëymoutiers, sonne , résolurent de s'en défaire,
sa Tille natale, dans le diocèse Traîné, en 1793, dans celle des
de Limoges; et là, sans aucune prisons de Rordeaux, qu'on appe-
charge publique , il exerçoit son loit la Prison du PataU^ en at-
ministère pour la satisfaction de tendant qu'on le déportât à la
sa piété et l'utilité des fidèles qui Guiane ( ^. Roedbaux) , il trouTa
recouroient à lui. Il ne fit point le dans les souffrances de cette capti-
serment de la conHUulion ci- TÎté, un supplice capable d'abréger
viU du cUrgi; et il se distin- son martyre. Ses forces défaillantes
guoit par un attachement sincère obligèrent de le transporter àl'h/)-
à l'Eglise catholique. Le spectacle pital de Saint* André ; et il y rendit
de ses Tertus effaroucha les auto* son dernier souffle, à l'âge de 69
rites réTolutionnaires du dépar- ans, le 5o décembre 1793. (K C*
tement de la HauU- Vienne: M. Ratiot, etC. Rbraldt.)
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Symbole 9 pour s*exciter à peraévérer dans son attachement aux yérités du salut ; et il ne se lîvroit pour quelques heures au sommeil, qu'après en avoir passé plusieurs au pied de la croix , en gémissant sur les calamités de !*£glise. L'emprisonnement de son éyêque vint augmenter encore ses peines (i); et la chute de quelques uns des prêt»» du diocèse qui adhérèrent, par le fatal serment ^ à la constitution dvite du ciergéj sana qu'il eût pu les en préser-
hone^ne me derelùiqims , quia te patrem haheo in ccelis. Tu aadi et exaudi me : glon^co te , benedico te ; ne praficias me à Jade tua,,,... Da mihi spùritnm loquendi , tacendi et respon" dendi, ut ego os aperiam , et tu udimpleas. Conforta me secundùm cor tuum.
(i) Le» circonstances de cet emprisonnement sont racontées dans le cahier de décembre 179I) da Journal JScclésiastique de Tabbé Barruel. La captivité fie ce prélat et la cause honorable qu'elle avoit eue , méritèrent les éloges du S. P. Pie VI, dans son bref du 19 mars 1791» aux évéques de France.
II j disoit, en lui adressant la parole : jiUi dênique carceris eiiam squalorem âustinentes , quod prœscrtùn de tefac^ lum fuisse ex tuis litteris intelleximus , venetxdfilisjrater, Episcope Saniiiensis » dignus proptereà qui potiari îaude cumtderis, L'évéque de S«>'nez ne sortit de priaon que pour venir rsobir ThumiUatipn d'un jugement .^e«Ju3|t le tribunal de la ville de Castellane^ dans son propre diocèse. « Tant que ma langue et mon bras seront libres , ditril aux juges , Tune sera pour évan-
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ver, le plongeoit dans un abîme de douleur. Tous les soins de l'épiscopat retomboient sur lui, avec leurs dangers. Les efforts qu'il faisoit pour lutter contre l'impiété ^ pour soutenir les foibles, et surtout la nature de sa charge le mettant plus en vue que tous les autres 9 se vojant plus menacé , il se détermina, dans les premiers jours de juin 1792, ù sortir de cette France déjà couverte des ruines du christianisme , disant avec le
vertueux Mathathias, quand, na-
géliser mon peuple , et Tautre pour le bénir. » Une sentence d'exil fut prononcée contre lui ; et il se rendit 9i Nice , d'où , un an après , l'approche des armées françaises le força de péné* trer plus avant dans l* Italie. Resté à Viterbe non loin de Rome, après i8i4> il étoit désigné par la voix publique, en 181 7, pour occuper le siège métropoli' tain d'Arles; et nul, mieux que cet ancien-captif de J.*C., lï'étoit digne d*y remplacer l'illuatre et saint archevêque qui t par sa .conataote opposition à ia constitution civile du clergé, mérita la gloire du martyre ( ^. Du- Lir) ; mais le gouvernement parut l'oublier , préférant un ancien évéqne constitationnel , dont on peut voir la résistance comine la soumis^ . sion à la page 34 du tome X , ao septembre 1816, de Vjimi de laBefighn et du Roi. Le vénérable évéque da Séncz avoit pour frère , ce très-recommandable abbé de Bonneval , chanoine de l'égliae métropolitaine de Paris, mort chanoine de celle de Vienne en Autriche , et dont nous avons parlé aux pages XiO et 371 de notre second volume.
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Tré des profanations dont il Toyoit s'inonder la Ville Sainte j il se retira avec sa famille sur la montagne de Modin : « Où fuirons - nous pour ne pas voir cette sacrilège dérostation (i)"?»
Il partit le 4 de ce mois , accompa'gné de deux chanoines , ses confrères Laugier et Michel. Lorsque, dans la route^il falloît s'arrêterpour laisser reposer les chevaux » il se rétiroit à part , etinyoquoitàgenoux le Dieu de force et de yertu. Quand il étoit remonté à cheval, il se mettoit à réciter le rosaire , et sembloit soupirer après le moment de son sacrifice, dont il avoit un secret pressentiment. Il ▼enoit de terminer, avec ses compagnons , Tofllce divin ; et il les invitoît à s*unir à lui dans ses dispositions au martyre, lorsqu'ils furent investis par des hommes qui alloient être leurs bourreaux* Ils se trouvoient alors dans le bourg de Sausses, diocèse de Glandèves, à une lieue de la frontière du comté de Nice , par laquelle ils dévoient sortir de France; et dé)à les gardes nationales de Sausses étoient venues pou ries arrêter, par ordre de la municipalité de ce lieu. On leurdemande leurs passeports , qu*on ne peut s'empêcher
de recomioitre conformes à ce
■■■ ■ Il - ■ ■
(i) £t eccf tancia noêtra, et ful" chrùudo nottru , et clarUaa nottra de^ Molata esi , et comquimwenint eam gentes ! Que ergd nobis adhuc vù^ere ? (I Maicc«b.,c. a, f, la).
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que la loi prescrivoit; et néanmoins on les accable d'injures et de menaces : on les fait même rester plus de deux heures au milieu du grand chemin, exposés aux dameurs, aux outrages de la populace,et auxardeurs du soleil. Excédés de fatigue, ils demandent un verre dVau ; et le verre d'eau leur est refusé. Les barbares, convaincus par là de leur accablement, les traînent à Entre vaux', comme des coupables, A leur arrivée dans cette ville , ses gardes nationaux et les soldats du bataillon des Bouches du Rhâne (Marseille) qui y étoient en garnison, viennent les entourer en grand nombre, poussant des hurlemens de cannibales. Ils vomissent les plus horribles imprécations, et déchargent sur eux des coups de bâton et de plat de sabre. Au milieu de ces indignes et cruels traitemens , les trois prêtres ne font entendre aucune plainte; mais seulement le vénérable archidiacre Rayaard, prenant et serrant affectueusement la main d'un municipal de Sausses qui les avoit conduits à Entrevaux, lui dit avec douceur : « Mon ami, vous regretteres quelque jour de m'avoir fait éprouver ces mauvais traitemens «. Alors les assassins ne voient plus que lui ; et les coups se réunissent , ea
redoublant de force, sur sa tête
et sur son corps* Sa patience , sa résignation et son silence irri-
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tent de plus en plus ses bourreaux.
Déjà il est sur le point d*expirer ; les monstres s'en aperçoivent ; et ils le précipitent dans le Yar, qui est très-profond en cet endroit.
Mais 9 coaune s'ils se repentoient de ne Tavoir pas assez fait souffrir, ou comme s'ils craignoient qu'il ne fût sauvé par les flots 9 ils descendent dans la rivière j et vont à la recherche de son corps, qu'ils trouvent encore vivant. Ils l'a*mènent sur le rivage. Le saint vieilr lard y couvert de plaies 9 avoit une |ambe rompue , et tous ses membres étoientdisloqués(i). Il ne put leur dire que ces mots : « Je vous pardonne tout le mal que vous me faites » ; ce furent ses dernières paroles : ensuite il se frappa trois fois la poitrine. Pour toute réponse 5 les misérables se mirent à le charger encore de coups de bâton et de plat de sabre , jusqu'à ce qu'il eût expiré. Il rendit les derniers soupirs en fixant le ciel , le 4 juin 179a, vers les sept heures du soir, à l'âge de 77 ans. Sott corps ensanglanté fut porté sur la place publique, et de là dans une chapelle, où il resta vingt*
(1) Jatcèus in mÙiUnmum ioeum adduetus f tndè prmeqntatus ett. ConfracUs arurihus , jacêru umMuuM , mamu Undebat ad cœium , Deumqut pro iUonun saluu precabatur hù verUs :
*« fgnosee iis. Domine»* Qud in oratione, Juste grannier pereusso capiu ,^ animam Déo reddidiê, ( Breviariam Parisiense, de emndm Jacobo, }
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quatre heures , absolument dépouillé 9 et livré à tout(;s sortes d'outrages. Les meurtriers poussèrent l'infamie jusqu'^ lui mettre à la bouche une pipe 9 en disant :
a Fume 9 fume donc en faveur de la constitution » . Quand ils se sentirent lasderoutrager9 ils permirent qu'on l'enterrât. Mais il faut dire aussi que la majeure partie d'entr'eux étoient des étrangers9odieux au pays d'£ntrevaux. On avoit trouvé dans ses poches, quand il fut retiré du Yar, un crucifix 9 le Nouveau Testament, l'Imitation de Jésus- Christ, et les Oraisons avant et après la messe.
«Espérons, disoit son évêque, dans la lettre que nous avons citée 9 espérons que son sang parlera enfin à nos frères égarés, et qu'il fera triompher encore par eux la Foi, retenue si longtemps captive : et per titam
defunctus adhue ioquUur
Puissent nos prières et nos gémissemens9 bien moins profiter
à ROTEB MABm Q17I h'BN ▲ PAS
BBSoiif, qu'ànou8-même99 et faire descendre les miséricordes divines sur tous ceux qui nous persécutent ! Puisqu'il est vrai, que la cause et non la mort, fait le Martyr 9 je l'ihvoqob aujourd'hui comme mon ange tntélaire, et je regarde sa mort comme aussi sainte devant Dieu que glorieuse devant les hommes. » {V, cidevant tom. lY, page Sag ).
L'histoire de ce Martyr fut en-
Tojée du Pug^t de Rostang dans le comté de Nice , près d'Ealre-* Taux» à Rome^ pour le pape Pie YI 9 le a^ août 179a, par M. de Richery^chaDoine de Téglise métropolitaine d'Aix» et vicaire-^ général de Sénez, nommé» ea 1817, àréTftché de Fféjus (1).
R£BOUL (Le P^. Sseaphih), religieux Capucin.de la maison de Nismes» ayoit reçu le jour en cette Tille, yers Tan 176a. U étoit profîès et prêtre depuis peu d'années , lorsqu'éclata , dans Nismes, le 14 juin 1790, cette terrible insurrection où les cal-
Si) £He fut traduite et imprimée en ien à Viterhe, d'où elle se répan^ dit dans toute Vlt^lie , et vint jusqu'à nous. Ce récit y fait dans letemps, et pour révéque même de Sénez, déjà si glorieux conleaaeur de la lot , rendoit au moinf superllues les relaticw quVnt écrites , vingt - cinq ans plus tard , ceux qui n a voient pas été les témoins de l'événemept. Celles-ci pouvoient en outre avoir IHnconvénient d*affoiblir la déférence et là confiance qu'on doit aiuL témoignages des supérieurs ecclésiaatiquef de c^tte époqu^.
Nous avons dit ailleurs que le cUanoine Laugier périt des sfiites des mauvais ' traitemens qu*il reçut dans celte occasion , pour être resté ferme dans le refus du sennent ( F*. La«- AixE ) ; et la vérité bislvriqtte eiige de nous Taveu , que le chanoine Michel , qui étoit en même iemps supérieur du séminaire, ne montra pas le môme courage ; maïs s'il se délivra des assassins en prêtant ce aerment , il alla bien vite le rétsacier entre les mains de son évâque.
TÎnistés massacrèrent tant de catholiques ( F. Nismes ). L'irruption violente qu'ils firent dans Féglise et le cloître de .ces religieux ( K. Bbvoît), futégalemer\t meurti^ière po^r le P. Séraphin. > Les religtopnaires Tatleignirent dans le dortoir f et Vj Uièr rent à coups de fqui^bes et de baïonnettes, en haine de la Foi catholique et de l'.>ppui que Iqi prêtoit Tordre exeo^ptaire et zélé de Saint -François. ( V. Chkt, f inçLu/ Simon et CUs.)
REC& (Ji4iv-liOjnifr^EiBBRic), prêtre de Strasbourg, né dans cette ville» en 1 7Ô6 , étoit attaché , à l'église cathédrale en qualité de vidiire de la paroisse dp chapiti^, dont le tkre étciit ceiui d'une chapelle de 3aint Laurent, dans cette église-Iâ même. Jeune encore par ■sonâge , mais vieillard , en quelque
•jorte , par st$ lumiéoes et ses vertvs, lorsque parut la eanui^ Itaïkpn îiviû du€têrgé» il jomIssoit d'une leUe considération dans k tMIe» que les administrateurs
^érolutîoanaires du Bi^ - Riiin, «ppdifdiend«Qt i'e&t de sonei^e^ple« s'il itfusoit le ferment de oelteesui^re de sohi^m^ et d'héné^îe , emploj^èisenl U>^^es les sédiibtjons |lo0sihie9 pour le déter- «liQc^A lepi^r. Leud instances»
leur» proNMSSes , Iwn offres ,
. n'eupwt wcun aiiocés ; ef^ non seulemeni Reek fut inébranlable dai»s le re^us du s^mept, il préserva encoK quantité de catho-
liques des pièges que tendoit à leur Foi cette insidieuse et funeste i*econstitution de l'Eglise. Les résultats heureux de l'influence qu'avoient redoutée les administrateurs excitèrent en eux , contre Testimable Ticaire , une haine particulière 9 proportionnée aux procédés de bienTeîllance par lesquels ils avoient prétendu le séduire. Les vexations qu'il éprouva ne se bornèrent pas à le forcer d'abandonner son église ; il fut même obligé de quitter la ville : et^ déjà proscrit, il alla porter son ministère dans les campagnes , où il continuoit de l'exercer après la loi de déportation. L'armée autrichienne ayant pris, en octobre 1792, la ville d'Haguenau, dans laquelle il se trouvoit , il s'y voua spécialement au service spirituel de l'hôpital Inilitaire. Il étoit secondé par un autre prêtre de Strasbourg ( V, B. Saguo ); mais il fat atteint, comme lui, de la maladie contagieuse qui répa'ndoit la mort en ce lieu de souffrances. Yerslafin de décembre , il succombolt luimême t sa dernière heure loi paroissant prochaine, il se fit administrer le- saint viatique et Textrême-ooction. Il n'attendoit phis que le moment de rendre son âme à Dieu, lorsque les Autrichiens furent obligés- d'abandonner inopinément la place. Les amis et parens de Reck, voyant les républicains français approcher avec fureur 5 se mirent en deroir de le
soustraire à leur rage, en le plaçant sur une charrette, pour le conduire à la hfite au - delà du Rhin. Elle n'étoit encore que dans la forêt d'Haguenau le a5 décembre , lorsqu'elle fut rencontrée par quelques uns de leurs chasseurs à cheval. A leur approche , les conducteurs de la charrette s'enfuient effrayés ; et Reck mourant est abandonné aux soldats , qui s'emparent de lui , et le ramènent à Haguenau. Ce jour- là même, il en est envoyé à Strasbourg, pour y être jugé parle tribunal criminel du département, siégeant en cette ville. Arrivé , le soir, dans les prisons de ce tribunal , il prévit que les j uges , le sachant à l'extrémité , et craignant qu'une mort naturelle ne les privât de l'occasion d'immoler un prêtre de J.-G. , l'enverroient dès le lendemain k l'échafaud. Ne voulant pas y aller sans être nourri du pain des forts , il pria, dans la nuit, le geôlier, qui méritoit sa confiance, de lui procurer un prêtre qui lui apportât cette divine nourriture ( V.
DoNABiEo] ; et, s'il ne le pou voit, de faire venir promptement son père, qui, demeurant dans la ville, pourroit peut-être plus aisémenttroaver le moyen de satisfaire son ardeur pour la sainte Eucharistie. Telle avoit été , aux beaux temps de saint Cyprien, la consolation que désiroient le plus , dans les prisons, les saints confesseurs de la Foi, et que les prêtres et lei^
REG
diacres s'empressoient de leur fournir : tU saerorum myêttr" riarum ernnmunione consoiarerUur ( Baronius : Annal, ad ann, 2i53 st 269]. Mais, quelques démarches que fît le père de Eecky il lui fut impossible , dans un aussi court espace de temps »
et surtout au plus fort de la percution 9 de trouyer un prêtre , ou d'obtenir une hostie consacrée ^ pour satisfaire Tardente piété de son fils. Dans la ferreur d*une Foi qui leur étoit commune 9 il ne lui restoit d'autre expédient que d*ap« porter à ce digne ministre de Jésus- Christ, le pain et le vin néces-»
saires à la consécration, dans la célébration de l'auguste sacrifice.
Il 7 joignit un ordinaire de la messe, en latin. Le temps prèssoit, l'heure de la condamnation approchoit ; Reck , moribond , pouToit même expirer ayant Texé* eotîoB de la sentence. Dans ce besoin urgent qu'il ressentoit de plus en plus de la nourriture angélique, n'ayant point 4'autel, et gisant sur son lit d'agonie, se regardant dans le même cas que saint Lucien, et autorisé par son exemple en une semblable circonstance , il fit , autant qu'il lui étoit possible , les prières et les cérémonies d'usage; et, apfès avoir consacré le pain et le vin sur sa poitrine, il communia sous les deux espèces (1), ayant, pour ■■■ '■ - ■ ■ ■ ■ ■ ■ I II I ■ ij (1) En ncontant ce fiât dans Ip
assîstans, son père et un ou deux pieux témoins d'une aussi sainte
compilation , intitulée les Confess€urs de la Foi, Ton pencboit à croire qae Faction de Reck fut répréhensiÛe, après ^tre conyenn cependant , 1^. qu'on né doit pas juger d'après les règles communes la consécratioa fûte par Reck dans la situation extraordinaire où il se trouToit ; a«. que la primitive Eglise offlroit des exemples qui jitstifieroient an besoin cette action. «Il sufBroit, ajontoit-on, de citer ici le prêtre saint Lucins » ; en quoi d'abord l'on commettoit une erreur de nom, car le saint dont on Touloit parler étoit saint Lncianus , ou Lucien y prêtre d'Antîocbe, mort vers 3i I (f^. ci««pris« J^ L. RevAno). Mais, sans exposer autrement cet exemple, le seul qu'il indique avec insuffisance , l'auteur déclare aussitôt « qu'il n'a point.l'intention de proposer le bon prêtre qui va m^||^ comme modèle dans l'acte qu'il Mpermet » : ce qui parott inettre un peu le rédacteur en opposition , non seulement avec luimême^ mais encore avec l'esprit de rEglise, pnisqu'eUe a consigné avec honneur dans aeë fiistes l'action de saint Lucianus» à laquelle celle du prêtre Reck est exactement conforme, comme on s'en convaincra tout à l'heure. L'auteur en cela se laîssoit dominer par les nombreux raisonnemensauxquelsil selivroit ensuite pour nous disposer à l'indulgence sur cette consécration qu'il sembloit regarder comme une faute grave, puisqu'il espèroit qu'elle anroit été la vée^dans le sang du consécreteur.
'C'en seroit une sans donte dans les drconstances ordinaires oik le droit commun conserve toute sa force; inaisquel homme éclairé décidera que
action : en quoi s*observoit encore ce qu'aToit dît Tertullien : Si non
ce fut une faute dans la conjoncture toute particulière où Reck se trouvoit, parmi les horreurs d'une persécution extraordinaire y qui égaloit, si elle ne la surpassoit pas, la plus violente de "^celles que l'Eglise eut ^ souffrir dans sea premiers siècles ? Considération importante qu*il ne faut jamais perdre de vue , si l'on veut raisonner juste sur les actions des fidèles à cette époque ; et voilà pourquoi nous n'avons rien omis dans notre Discours préliminaire , afin de rendre cette ressemblance aussi frappante qu'elle doit l'être pour les gens instruits.
Elle l'étoit si bien aux yeux.de nos évoques , et même du SouveraiD-Pott« tifc Pie VI, que , d'un commun accord, ils approuvèrent ces autres célébra-' lions des saints mystères , et cette administration des sacremens, qui déjà se faisoient ^||^ lesforâts, les antres et môme leTïhambres à coucher , partout en un mot oti elles pouvoient avoir lieu à Tinsu des persécuteurs , comme aux temps de saint Denys d'Alexandrie y suivant ce que luinoérae en racontoit. « .Lorsque noua étions mis en fuite et< opprimés de toutes parts , disoit-il , nous n'en c^ lébrions pas moins les fêtes du Sei-* gneur : tout lien quelconque dans lequel chacun de nous pouroii ac réunir aux autres, avec ses personiielles et diverses angoisses, un champ, le désert, un^ navire, une étaUe, la prison même, deyenoit peur nous comme un temple , ok nous dirions k Dieu la céleste. victime. Cùnufue ah omnibuM JugareÊUir^ aUfue epprime' jcemur^ nihUomùms timc quotfuefistoê egùnuM dûs : quU4s heus , in quo va," rùu ttrumnas singiUaiùn pertuiimus.
potes discUrrere per singuios , sit tiéi et in triétis Ecciesia-
ager, inquam, solàucUf, naifis, stabu~ lum, earcer, instar templi ad sacros eonventus peragendos fitit. ( S- Dionys., Alex. , in £useb., ffistor, eccle^ siast, , L. VII, c. XXII.)
Si l'on objectoit que du moins cescélébrations insolites finissoient par être approuvées formellefnent par nos évéques, tandis qu'ils ne disoient rien qui autorisât celle-ci ; nous ferions observer qu'ils ne s'étoient pas mieux expliqués sur les messes célébrées dans les prisons , ou sur le transport que de pieux laïcs y faisoient de la sainte Eucharistie, et que néanmoins, quand fis en ont été informés , ils en ont ressenti une joie indicible , et y ont trouvé leur plus douce consolation^ Tous les ca^ n'avpient pu être prévus par eux ; et ils ont reconi^u d'ailleurs ensuite, avec satisfaction, qu'ils n*avoient pas eu besoin d'éclairer, de guider leura prêtres , si bien conduits par l'antiquité ecclésiastique , dont les exemples variés et nombreux pourvoyoient â tout. Ils se sont applaudis de ce que d'eux-mêmes leurs coopérateurs s'étoient conduits d'après ces paroles de saint Cyprien : n Si nous Qe munissions pas de la protection du corps et dn sang 'de notre divin Sauveur ceux que nous. excitons, que nous encourageons au combat , nous aurions la barbarie de les y envoyer nus et désarmés. Puisque l'Eucharistie a été donnée à l'Eglise pour qu'eVe pùtétre l'armure de ceux qui ia reçoivent; armons donc de cette force diyine ceux que noqs voulons voir invincibles dans leurs combats contre 1 ennemi de la Foi. Nous serions aussi trop cruellement inconséquens de les exhorter à répandre leur