‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 131 sur 242 · RE · texte numérisé non relu

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cum Spiritu Sancto gtoria fvuno et in futurum , in sœcuia eeteuiorum. Amen{\). Les confesseurs , après avoir lermioc leur prière, embrasseront leur bourreau, et se livreront à lui, pour qu'il les mette en possession de leur couronne. »

Revenas et Guîllabert avoient aussi tracé pour les fldclesqui coi> respeoduient avec eux en prison , des conseils sur ce qu'ils dévoient observer en ces dernières circonstances, disant, d'après l'exemple de l'antiquité ecclésiastique :

(i) «c Dieu des 'anges. Dira des archanges » grand Dieu , qui avez détruit le péché » et qui détruirez un jour la mort ; monarque soureraîa du ciel et de la terre , protecteur des justes , et de tons ceux qui marchent en votre présence, je vous bénis, mon Dieu « moi qui suis le moindre de vos serviteurs , et je vous rends ^r^ces de ce que vous m'avez jugé digne de souffrir pour vous. Quelle gloire pour moi , Seigneur , de recevoir de votre main la couronne du martyre ! Quel honneur de pouvoir approcher mes lèvres du calice où J.-C. votre fils a voulu boire ! Voilà, Seigneur, voilà mon sacrifice prèsqtt*achevé : avant que le jour finisse, je verrai raccomplisseraent de vos promesses. Soyez ndonc à jamais béni, Seigneur; que votre nom adorable soit glorifié dans tous les siècles par J.-C, pontife étemel et tout-puissant ; et que tout honneur tous soit rendu avec lui el avec le Saini-Esprit, maintenant et à Tavenir, dans les siécles des siècles ! Ainsi soit-il. >• ( £pist, Ecdes, Smjrm. N« XII. )

« Ik se feront un devoir d^asâister à ^interrogatoire « au jugement et au couronnement des Martyrs f^ afin d'apprendre à combattre et à triompher eo esprit avec eux.

Dans tout le cours de l'action»

ils prieront beaucoup pour eiij^ mômes f pour les confesseurs 9 pour toute r£glise; et, aussitôt qu'ils apprendront leur glorieuse mort, ils en remercieront Dieu et se réjouiront 9 par le chant du Te Dcumtaudamuêy — de Laudaêc DaminufninSaneiiseju89,'^ Certes, les deux conJesseurs et les fidèles, ainsi pénétrés de ces vérités de la Foi , qui leur inspiroient un si noble et si pur enthour siaame 9 ne se doutolent pas h«u« reusement de l'abus attiédissant que, vingt -cinq ans après ^ oa feroit des décret^ de la Congre*^ gation de l'Inquisition romaiue, au temps d'Urbain Ylli (^. ci* devant, tom. I*', pag. 84)f ni des téméraires autant qu'ineptes semonces d'un 8oi»disant journal religieux {F. ci-devant, pag. Ssg).

Tout ce qui , dans le plan de conduite de nos deux saints confesseurs , put être pratiqué , lé fut.

Revenas , étant amené , par des gendarmes, devant le tribunal, le 7 messidor an II (aS^uin 1794)9 montra, dans le nouvel interrogatoire qu'il j subit, le même amour pour la vérité et pour l'Eglise. Lorsque le président lui demanda s'il s'étoit conformé û la loi du 26 août 1792, qui enjoi»

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gnoit i(ux prt^trespar Içsquek aVoit été rétracté le serment de 1791 , comme à ceux qui ne l'avoient point prêté , de sortir de France, il répondit : «l'ai connu cette loi; mais je n'ai jamais été dans la disposition de m'y conformer, puisque je suis rentré en France dans le dessein d'exercer les fonctions de mon ministère, qu'aucune loi humaine 1^ peut m'interdire». Sur la question : «Pourquoi, suivant la loi des 39 et 3o vendémiaire ( V, ci-devant, tom. I*S pag. ai9 ) , il ne s'étoit pas présenté à son département, pour être déporté à la Guiane», Revenax répondit: « Je reganlois cetle loi comme une suite des précédentes, qui avoient été rendues en haine du ministère ecclésiastique; et. c'est pour cela que je ne m'y suis pas conformé» • Quand, pour envelopper d'autres victimes dans sa condamnation, le président lut demanda où il avoit résidé depuis sa rentrée en France , Revenaz dit , avec la prudence de saint Cyprien et de sainte Irène , en pareil cas : « J'ai résidé en différons départemens; mais , mon dessein ayant été de me tenir caché, je ne peux dévoiler le secret de ma résidence (r. tom, II, pag. 64, 5a6 et 5621)11. La sentence fut prononcée le lendemain , 8 messidor an II ( a6 juin 1794) ; et Revenaz éloit condamné à la peine de mort, comme « prêtre n'-

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fractaire ». Après que la lecture lui en eut été faite, il se leTa; et, les mains jointes, il dit à Toix haute : «Je vous remercie , 6 mon Dieu ! de m'aroir appelé au martyre» . On le reconduisît aux prisons de la Concier^ gerie , et il y fut mis dans un cachot où bientôt son confrère, jugé après lui , vint le rejoindre.

Quand celui-ci y entra, tous les deux s'embrassèrent tendrement; et, «comme je pleurois, dit un des témoins de cette scène attendrissnnte,^Revenai me reprocha, mes larmes, prétendant que je m'affligeois de leur bofoheur ; et ajoutant qu'il s'estimoit le plus heureux des mortels de pouvoir ▼erser son sang pour J.-C (i.) »• Quelques momens après, ils ont récité* leurs Vêpres ensemble.

Bientôt les bourreaux ont paru ; Bevenaz, ne voulant pas permettre que ce fussent eux qui lui coupassent les cheveux, se les

(i) Trait sublime que saint Basilele-Grand ne se lassoit pas d'admirer dans le saitot Martyr Gordius , en ces termes ; Ulud Domùù uerhum fleniihus aà : NoUte fleré super me, sedfleie super Dei inùnicos, quia in christianos continué grassantur, Ipsos, inquam ,flete qui ignem nobis parant , sibimet gehenna incendia , iramque in die irœ thesaurixantes. Desiràte flere €t' qffUgere cor meum. Ego ènim non temel tantiun mori paratus sum propUr nomen Domini , sed etiam miilies, si fieriposset, ( Homil. XIX. Desimcto ^Gordio, Martyre.)

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coupa lui-même, et les coupa ensuite à son confrère. Ils sortirent de la prison, les mains liées derrière le dos , et marchèrent escortés par des gendarmes. I>eux fols Revenaz essaya de parler au peuple ; mais, pour couvrir sa voix, les gardes faisoient battre aussitôt le tambour. Dans les intervalles, on l'entiendit adresser ù son confrère ces paroles : « Courage 1 mon ami ; nous mourons pour Jésus-Christ » . Ce fut lui qui monta le premier sur Téchafaud ; et il y monta avec la dignité et la jubilation sacerdotales qu'il pouvoit avoir eues en approchant de l'autel, un jour de grande solennité. On pou voit lui appliquer ce que saint Prudence avoit dit de saint Vincent en pareilk circonstance , que « déjà certain de la couronne , il alloit se placer sur le tribunal suprême (i) »• Désirant encore parier au peuple, il commençoit par ces mots : « Je rends à J.-C. vie pour vie, amour pour amour»; mais le roulement du tambour recommença ; et l'on ne put plus entendre que ces paroles :

« Vive Jésus, pour qui je meurs !

vive son Eglise !» Sa tête tomba presqu'à l'instant. Son confrère fut immolé immédiatement après

( I ) If une spoiUè conscendà ro^um Fir sanctus ore interrito :

Ceuium cQronœ conscius Cetsum tribunal scanderet.

( Aurel. Prudent, de sancti f''iu^ centii marijrrio, V. aai.)

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hii. Leurs corps furent enterrés dans le cimetière de Saint-Louis 9 à hait pieds l'un de Tautre, au fond de ce cimetière, en face de.

rentrée , et au couchant , fort près d'un ruisseau > à trois ou quatre toises du grand mur de.

clôture à la droite, du côté di^ nord* Les fidèles de Grenoble, allèrent recueillir, à la place de la guillotine, la terre imbibée do sang de ces deux Martyrs; et, jaloux d'ayoir leur linge et leurs habits pour se les partager^ ils les achetèrent du boUrfeau au poids de l'or (1), La continuation de ces hoaimages de v^énéiation étoit encore i^pprouyée par les supérieurs ecclésiastiques: du diocèsa de Grenoble, en 1800, comme on' le Toil par ce que nous en 0rons raconté A Tartioèe du prâti^

GollLAJIBn. (F, MoâAHD, pt VBaHAB. )

&£Y (Mun), prêtre du dio-f cèle de Beilej , vicaire en la paroisse de Gressin , en Bugey 9 n'ayant p<Hnt touIu prêter le serment scbism^tique de 1791,: fut

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