‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 142 sur 242 · ROCH · texte numérisé non relu

ROCH

ROBERT ( JOSETB •- PiBBRE } ,

vicaire de* €omon , ou Glenac 9 dans le diocèse de Vannes, et né dans le lieu même où il étoit vicaire, n'en fut pas moins ferme dans le refus du serment schis^ matique de 1791. Il resta dans 00 pay^s , dé|à nommé le département du M^réihain , et s^y vit arrêté en haine de la religion et des prêtres, dans le courant de t^gS. Au cornroenoement de Tannée suivante , il fut envoyé A Rochefort , pour y subir la peine mortelle d'une déportatlon-maritime {F. Rocn* vo«t)« On rembarqua sur le navire les Deux A$sorii$\ et^ après arvoir siïpporté quelques mois les maux de celte déportation , il succomba. Sa mort arriva Id

ROB 479

s. septembre 1794* Il avoit alors 48 ans : on l'enterra dans llle àiAix. ( F. J. Ripooo , et A

RODDIXl.)

ROBERT (BAvraéLBin), prêtro du diocèse de Saint ~Malo, né à Tredias, près Broons, en 1760 9 étoit, en 1791, vicaire en la paroisse de Guitry, au même diocèse. La fermeté de sa Poi l'em-* pécha de prêter le serment de la eongtituUen eiuHe du ctergé^ et son zèle pour ses paroissiens ne lut permit pas de les abandonner lors de la loi de déportation. Il exerpa asses librement son ministère en ee lieu, Jusqu'au aS septembre 17949 où une de ces hordes de soldats qu'on appeloit cQtonnes moéUes , le surprit, avec deux autres prêtres, chei une charitable hôtesse qui demeuroit dans les environs {F.

GoxTAis , et M. M. Lbsovx )• Traîné, de village en village, jusqu'à Rennes, Robert souffrit encore plus des blasphèmes de la troupe que des horribles trattemens qu'elle lui faisoit éprouver.

Arrivé à Rennes, et livré au tribunal criminel du département à*IiU - et - FiUaine, qui y siégeoit, il fut condamné, avec ses deux confrères, à la peine de mort , comme « prêtre réfrac*taire», le 16 vendémiaire an III {7 octobre 1794)9 deux mois , dix \ jours après la chute de Robers* pierre. U périt le. même jour, à l'âge de 54 ans.

/|8o HOIft EOB

ROBILLARD (iV...)» chauoine dans cet horrible sépulcre d'hom-

de la cathédrale de Nevers, n'é- mes viransy à l'âge de 63 ans»

tant pas fonctionnaire public 9 ne le même |our que le chanoine

dcToit point être persécuté pour BorÀu> ( V, ce nom)» c'est-à-dire

n'avoir pas prêté le serment de la le 17 mars i794« ( ^« Povu-

constitution civile du dergéi «vain, d'Angers; et Eoussbao^

mais ses vertus et l'inTariabilité chanoine. )

de sa Foi, en de telles circons- ROBIN, curé. {V. HkBin,)

tances, étoient connues. On fit ROBIN (Louis), homme plein

peser sur lui la barbare loi du de Foi et de religion, exerçant la

36 août 1796; et, comme il a voit profession de marchand à Troyes

61 ans, il fut jeté dans la maison en Champagne, où il étoit né en

de réclusion de Nevers , où il 1720, fut d'abord vivement affligé

souffrit beaucoup de vexations de des maux de l'Eglise , lors de i'ia*

la part du geôlier (F. Nbviks). troduction du schisme en 1791. Sa

Partageant le sort de même que douleur devint bien plus grande y

les sentimens des prêtres reclus quand il rit les prêtres cathdiqnes

avec lui , il se vit enlevé brutale* expulsés de France par la loi de

ment comme eux, le 14 février la déportation. Les atrocités ton-

1 794 , pour être conduit à Nantes, jours croissantes de la révolution ,

où Carrier noyoit les prêtres sexa- qui en venoit jusqu^à établir le

génaires et les infirmes. Inde- règne de l'athéisme 9 portèrent au

pendammentdes souffrances de ce plus haut point la douleur et l'ia-

voyage, communes à tous les au- dignation de ce pieux vieillard.

très déportés, le chanoine Robil- Révolté de voir qu'au ai janvier

lard en essuya de particulières. Il 1794* la Convention et ses comi-

fut maltraité avec une barbarie j»pé- tés révohuionnaires avoient

ciale , par les soldats du soixante* poussé leur audacieuse autant

dix-huitième régiment, précé' qu'impie tyrannie au point de

demment Pcnthièvre, qui es* foire célébrer, par une Cite d'allé^

cortèrent ces vénérables captifs gresse, l'anniversaire du jour où

depuis Angers jusqu'à Nantes, elle avoit décapité sur un éclia*

Arrivé au port de cette ville ^ faud le justi Govioaai, il eut le

Robillard se vit jeté, avec eux, courage de placarder» x^ntre le

dans l'infect et bourbeux fond de mur de l'église de Saint-Jean p

cale de la galiote hollandaise qui une alBche dans laquelle, ex|K>-

devoit les fiiire périr, d'une ma-p sant en peu de mots l'horraur

nière ou de l'antre. Manquant de de ces monstrueux soandales, il

pain comme, eux, accablé de invitoit le peuple à ne pas se

maux , et sans secours , il expira labser détourner par eux de la

aoi

croyance et de la pratique de l'ËTangile. Il fut surpris dana cette action courageuse, et digue d'un Apôtre : on l'arrêta sur-kchamp ; et on l'envoya au tri-banal révolutionnaire de Paris, qui ne tarda pas à lui en faire subir la peine 9 ou plutôt à lui en procurer la récompense. Le i5 ▼entose an II ( 5 mars 1794 )» qui| cette année-là , étoit le mercredi des Cendresy le respectable Robin fut amené devant les juges. Ils le condamnèrent de suite à la peine de mort, qu'il subit le même jour, à l'âge de ^^-tLOS. Par une très-remarquable disposition de la ProTÎdence, leiir sentence portoit leur propre condamnation et celle de tous les persécuteurs,' plutôt que celle d'un catholique aussi xélé. On y lit qu'il étoit « con- Taincu d'être l'auteur de ce pla-' card, ainsi conçu : A ta dernière d^cade^ oh a eéiééré ia mort de Louis X VI; et^ àia première décade, on eéiéérera ia nais^ aance de cent mUie tyrans, en criant: FiveiaBépuMiguel»

Venoit ensuite une imprécation bien licite C4>ntre ces sociétés impures et sacrilèges , appelées clubs, que le démon réclamoit comme sa proie autant que son ourrage ; et l'afliche se terminoit par l'exhortation suivante : « Peuple, n^aéandanno jasnais iaioide Dieu, etc. » Cette prédication publique et courageuse, très-per* mise à un simple laie dans le»

ROC 48 1

cifvôastances oA tout fidèle est appelé à combattre pour Jésus-' Christ, étoit à l'abri, du blôme dont le concile d'£] vire , en 3oô , avoit frappé ceux qui britoientles idoles. (Canon LX] ; elleafvoit même plus de mérite que celle du chrétien' magnanime dont parlent les Mar^ tyrologes d'Adon, d'Usuard , etc. , au 7 septembre, ainsi qu'Eosèbe, dans son Histoire Ecd^ siastique (L.YII1), lequel mérita la couronne du martyre , pour avoir arraché un éditde Dioclétien contre les églises , adiché dans Ift ville de Nicomédie. Comme lui encore, notre généreux vieillard marcha au supplice avec calme, en se félicitant de ce que cette action , fiiite en vue de Dieu et pour sa gloire , alloit lui proeurer, avec la mort temporelle, une vie bienheureuse qui ne finiroit jamais : Lœtitiam ae tranquiU * litatem animai usque ad ultimunh spiriium consorvavit.

( £useb. , iéid. ) .

ROCARD ( MAaiB-AfrAStfAS» ), religieuse Ursuline, et supérieure du couvent de cet ordre dans la Ja ville de Boulène , près le Pont* Saint-Esprit, avoit, pour nom de religion, celui de Sœur Saint* Germain. Après la suppresMonî des cloîtres, en 1791, elle réunit toutes ses compagnes en une noU"»

velle société , pour continuer de pratiquer en commun leurs saiilteS' observances. Quoiqu'elle n'eût alors que 4^ ^^^9 ^^'^ avoit eh-

48a ROC

tenu par sa piété éclairée , et par la sagesse de son gouTernement monastique 5 la confiance et Tamour de ses religieuses. Elle fut des premières à condescendre au désir que d'autres saintes filles , consacrées à Dieu sous d'autres règles 9 el en d'autres lieux » témoignoient de Tenir partager, avec les Ursulînes de Boulène » les avantages de la y ie commune dans la pratique des Tertus de leur profession. Ce n'étoit pas elle que lea agens des persécuteurs pouyoient épargner, lorsqu'au printemps de 1794 ils Tinrent enyahir la maî^ son qui rassembloit tant de modèles de saintetés La supérieure Rocard fut donc aussi traînée dans les prisons d'Orange , pour y être sacrifiée par l'impie commission pûpuiaire qui s'établissoit dans cette Tille ( F. Oaangi ). Peo-* dant sa captivité, elle continua de donner les plus beaux exemples à ses compagnes, au mi<«lieu des exercices pieux par lesquels toutes se disposoient à répandre leur sang pour la cause de la religiûn ( V. AtiAnàDc )• Déjà plusieurs de ces saintes filles aToient été sacrifiées par les )uge^, lorsqu^evfiii la supérieure Rocard fut appelée -à comparoftre devant eux. Dku permit qu'elle y Tint ayec autant de dignité que si elle alknt remplir une des plus imporv tantaa fonctions de sa ebarge ; car elle coBi|>arut, assistée de trois autres religieuses et de deux sœurs

ROC

cônTerses, qui deToient être jugées et condamnées aTec elle ( V.

£1. VeECHIBU, a. MtlRJTTB, H.

Faveib, m. a. Lambebt et M. A.

Petbb ). La supérieure ne pou- Toit surpasser néanmoins ce& Tertueuses filles en constance dans la Foi et en ayersion pour ie serment de iiéerU-égaliiéy qui leur étoit demandé ( V. M* Sage) ; mais elle les égala glorieusement, et fut condamnée à la peine.de mort , comme « réfractaire » , comme « fatuUi" ^ue»f et, suiTant la formule usitée en pareille circonstance , comme « contre-réToluttonnaire », le u5 messidor an II (i5 juillet 1794)' En marchant à la mort, à 45 ans»

elle se montra capable de donner >usqu'à la fin, aux personnes de son état, des leçons TiTantes d'hé* roisme , pour tout ce qui concerne les intérêts de la religion. ( F. J.

RoMILLOir. )

ROCH ( M ABU -FBAicpoiSE ) « femme «pieuse de la plus indigente elasse dii peuple, née à Paris en 1750, et a'j ayant d'autre ré»*source, pour gagner sa Tie, que celle d'aller chaque four serTir à l'heure dans plusieurs ménagea qui n'étoient pas assea fortunés pour ayoir un tlomcsiique à demeure , fut éclairée-par sa Foi sur l'étendue des malheurs que la ré- Tolulion attiroit sur la France.

Montrant un iotérêt tout particulier et très -généreux pour les prêtres catholiques , poursuiyis de toutes port», et rcstans sans

Page 1