HOC
Mlle comme sans fortune » eHe décUroit haulbmenl qu'elle ne craignbit point la mort , en les as^sistant selon ses moyens. Les généreuses dispositions de cette excellente catholique furent d^ noncées ; on l'emprisonna; et le tribunal rivotuUonnaire la fit comparokre detant lut le 7 messidor an II ( a5 juin 1794)« Ce fbt pour la condamner desuite à périr sur l'échafaud» comme « couTaincue d'aToir dit 9 même devant hs juges» qu'elle regrettoit Tancien régime 9 et qu'ielle soutiendrait les prêtres au péril de sa ?le v . Il ne se peutoit Toir de profession de Foi plus formelle et plus courageuse en ' face des t j-^ rans. Cette femme n'ayolt pas moins de mérite que sainte Théodosie de Tyr, laquelle 9 après avoir assisté les captifs de Jésus-Christ dans leurs sOuffirances, et les aroir suppliés de l'aider auprès de INeu par leurs prières ^ quand ils au^ roient reçu la couronne du mai<^ ijTtj Tobtint efle-mèmeen 3o7( 1 ).
narie-Françoise Roch fut déca* pitée le jour de la sentence, à Tâge de 40 ans.
( t ) Confèasores per summam magnanimiiatem invisere non dubita»/it : ad eos ut uenit, ipsosprimùm qttidem vteierejuêgi^ ; tum iwd qùum ea immine* retjam horat qiià jt^dki stiUrmtur^ ^nixf admodum rogavU^ ut qu4mdQ ffptatissimd potitijam fuissent glorid, ipsam se suis apud Deunt preeibus' ad" jnyarent. ( Assemtn , pnrs II , page âo4 : Mar^rriuM Sandœ Tlteodosiœ.)
KOC 485
ROCH ( iô Père } , RéooUet.
( K Jassu. )
ROCH ( Lovis- JosBPH-T&éo- Doaa ) 9 prêtre du diocèse de Besançon 9 né à ProTenchère-en- Montagne 9 Ters 17609 et TÎcâire de la paroisse de Joufelle à l'époque de la réTolution 9 j rempîissolt les devoirs de son ministère arec un zèle et une édification qui produisoîent beaucoup de fruits de salut. Les administrateurs du département du Dcnifts» n'ayant pu obtenir de lui qull trahît sa Foi par la prestation du serment de la eonstituticn ùiviie du etergé, le forcèrent â s'éloigner de cette paroisse; et il rerfut à Provenchère 9 où, conserrant le même zèle pour les catholiques 9 il les attacha de plus en plus à l'Eglise de Jésus-Christ. Lors de la loi de déportation, craignant de compromettre leur tranquillité en restant parmi eux, il passa en Suisse 9 espérant et leur laissant espérer qu'après une absence qui le ferolt oublier des persécuteurs, il pourroit reyenir dans sa prorlnce. Il revint, en effet 9 à la fin de juillet 17959 et reprit ses travaux apostollques9de« venus bien plus difltciles. Sa tâche alors fut de ramener dané la bonne voie 9 ou de réconforter ceux que la terreur d'une part, et leur foiblesse de l'autre, a voient entraînés à' des actes que condamnoît leur Fol. Un jour qu'il avott réuni dans une malson-éloignée-dn vil*
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lagc, sans qu'ils Teussciit prévu, tous ceux qui Touloieiit s'approcher des sacremens, et avoient cru 9 chacun en .particulier, n'y trouver que le saint missionnaire, lorsqu'il eut commencé à leur adresser une prédication onctueuse, après laquelle il devoit célébrer la sainte messe ^ des gardes nationaux, envoyés par l'autorité du lieu pour les disperser, arrivèrent aux portes de la maison. Tous les assistans sont effrayés, ne voyant plus de salut que dans la fuite ; mais le courageux apôtre les rassure et les raffermit, en disant: «Qu'on ouvre les portes, et qu'ils entrent ceux qui veulent persécuter Jésus- Christ et son Eglise ; qu'ils entendent nos discours de paix, et les prières que nous faisons pour eux-mêmes : que si , après cela, refusant d'apprendre de nous comment doivent vivre des chrétiens »
ils veulent nous saisir, ils apprendront du moins comment de vrais chrétiens savent souffrir et mourir» . Après ces paroles, Ri>ch reprend son sermon : les gardes entrent ; ils Si>nt frappés d'un saint respect en l'écoutant; la piété, la douceur, la résignation des aqditeurs les désarment. Ils entendent même la messe, et se retirent édifiés , laissant les assislans dans là résolution de mourir plutôt que de manquer aux vœux de leur baptême, que le saint prêtre venoit de leur faire renouTeler. Plus
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d'une fois, en de semblables réunions, où bien des fidèles n'étoient pas Yeiius.sans crainte, il leur communiqua son héroïque courage pour les œuvres delà Foi.
Les dangers ne l'effrayoient point :
et si cette intrépidité étoit le fruit de son zèle, elle ne l'était guère moins de sa profonde humilité. Il ne se regardoit pas comme digne de mourir pour Jésus-Christ ; et cette pensée le.portoit à croire qu'il ne seroit jamais arrêté. La vertu de pénitence , qui accompagne presque toujours celle de l'humilité , étoit dans son cœur » ainsi que toutes les autres. On a su, depuis, qu'il portoit sur la chair un cilice de fer, et qu'il pratiquoit des jeûnes très-sévères , malgré ce qu'avoient de pénible ses courses aposr toliques multipliées» dans un pays de montagnes,pendânt les rigueurs, de l'hiver. La prière et. la médita-:
tion remplissoient tous les instans que lui laissoit l'exercice du saint ministère ; et , ne s'inquiétant jamais de sa nourriture, il se contenta souvent d'un pain grossier, le seul que la charité des paysans pût lui fournir. Apprenant un jour qu'une rercnensedame âgée»
à qui bien antérieurement il avoit promis de l'assister à sa dernière heure, en étoit proche»
il accourt, apprend, avant d'entrer, qu'elle est entourée de plusieurs ennemis de la religion»
parmi lesquels est son fils , mais qu'elk ne peut tarder à rendre son
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dernier soupir. I/e péril ne le à^ concerte pas; son kèle brave tout :
ii pénèfre sans cfainte , dit au fils 9 avec le ton d'un Ap6Cre : « Je me ikiets en votre pouvoirf afin de rcndiie Ie9 derniers services démon ministère à Totre mère. Loirefuseriez- voas une consolation qu'elle a désirée ? Lïiisset-moi une demi -heore avec elle ; et rons disposerez ensàite de moi comme* il vous plaira «. €e dévonemetH sublime ) que le Ciel peut seul inspirer, surprend ettoliche le fils de lamaMe. Il embrasse le généreux prêtre t consent à ce qu'il demande « en rassurant qu'ensuite Il exposera lai-«iême sa vie 9 si cela est néctséaire, po«r le fiiire àlhr en sûreté dans l'endroit où il aura le dessein de se vendre en ]^ quittant. Il y aroildéfà huit moi»
que , depuis^ sa rentrée en France , le vicaire Aoch exercoit son ministère d'une manière aussi heureuse que pénible, forsqne, s'é« tmit rendu, le 16 ttvriî 17949 mercredi de la'Semaine«Sainte, dans le village de Passeux , pour administrer un malade, la maison où il étoit fut tout à coup inrestie, dans la nuit, par des gardes nationaux, qui y pénétrèrent dès que le jour commença à piurottre.
Les hôtes de Roeh avoient exigé de lui qu'il se retirât sous une trappe^ pour échapper aux recherches de ces satellites de la persécution. Ils ne le découvrent point ; mais, sachant qu'il y est ,
ils imaginent de lui ovdomièr, à voix haute , au nom de 4a iôi:^ de sortir de cet asUe introuvable ; et le stratagème réussit. ' Le mot iûi est sacré pour • la- docîNté' du saint prêtre : il se montre ; on l'arrôté. Il semble 'Kavi de ce que l'heure du martyre est arrivée pour lui-, embrasse celui qui le saisit, et lui donne sa montre en SfgVio de' reeonnoissance.- On. le oohduitdevant la municipalité du Iteû , qui l'avoit fait arrêter; les gardes, voyant sa^ sérénité, sa doaoeiir, se repentolentde l'avoir l^rivé de sa liberté, et lui laiasoient toute celle qu'il leur étoit alora permis de lui accorder. Il «n pro»
fila pour écrira à un ami la lettre suivante : « Offices à Dieu <, «me voici au comble de mef souhaits.
Je vous donne avis quc-j* sois ari^té, afin que vous preniei part à ma {oie.... Je pars pour ia ville de Salnt^lfippolyt«, et delà pour k guillotine. Vous 'sentes le besoin que j'ai de vos prières; j'y compte : et si le Seigneur daigne me faira miséricorde , comme je l'èspèra , malgré mes iniquités , je vous promets de ne pas vous oublier auprès de lui » . Quand il Mtut partir pourSaint-Hippolyte le 18 avril, qui étoit le Vendrodi- Saint, ses gardes attendris ne vouloient pas l'enchstner, quoiqu'ils en eussent reçu Tordre; il les conjura de l'exécuter^ pour que leur humanité ne leur attirât pas des réprimandes; et il leur disoit
comme s^îot Paul : « Je suis destiné aux «cliaincs et aux tribulatioûé , iDaitf je n*en ai nulle crainte : Fincula et triéuiatiatiës mt fMkiWêU y sed nihii horutn i;ereor ( Act. C. XX, ^f^. 23 ) ».
Conduit devant l'administration particulière du district de Saint»
Hippolyte, il déclara franchement « qu'après être sorti de:
France 9 en septembre 1 79a 9 il y étoit rentré le a5 juillet i^^gS,.
pour consoler len fidèles et les faire participer aux sacreraens de F£gJise, dont ils étoient privés depuis onze muis » . L'ordre étant donné de le fouiller, on lui enleva des lÎTrea de prières, un chapelet ^ son bréviaire, et un morceau de la vraie croix du Sauveur. Il W^clama ea vain ces objets, et surtout les deux derniers ; mais 9 présumluit avec leMOfi qu'il trour Teroit des conaolatlons eOicaces daiia son bréviaire, en le lui refusa : tout ce qu'il put obtenir, après les instances les pkis sup-> pliantes, c'e»t que la relique de la vraie croix lui fût rendue. On le jeta dans la prison de Saint- Hippolyle^ en attendant q«e dea gendarmes pussent le traîner à Besançon > pour être jugé par le tribunal criminel du département du DauifS. On l'y mène bientôt; et^ arrivé à Besançon, il est plongé- dans un cachot, où, pendant les douze jours qu'il j reste, il n'a que du pain et de l'eaii pour toute nourriture. Ce fut de là
qu'il envoya « à tous les fidèles auxquels il avoit prêché la Foi en Jésus^hrist », une espèee d'encyclique qu'il est important de conserver, comme une nouvelle preuve de ses dispositionaau martyre. 11 leur disoit : « Vous, pour qui je souffre avec joie; que la paix de Dieu soii av^c vous. Le Seigneur enfin m'a accordé la grâce , après laquelle j'ai tant soupiré , celle de souffrir pour son nom , à cause du témoignage que j'ai rendu de lui devant vous. Votre tendresse vous a peut-être fait verser des pleurs^ sur mon sort.
Ah! si vous m'aimes, cessez de pleurer, ou' du moins que tos.
larmes soient des larmes de jcae.
et de félicitation. Jamais je n'ai été si riche, si grand, si honoré.
Lès sceptres dm monde ne me semblent que cendre et poussière « en oomparaisen des fers dont mes éras et mes piedê sont liés (1).
Je n'ai pins qu'une crainte : o'est de n'être pas condamné à répan*^ dre mon sang pour Jésus-Christ.
Je n'ai plus qu'un désir ; c'est de mourir pour lui. Deux chofteé ce-; pendant me causent quelque afiliction : la première est d^avolr vu mon père baigné de larmes, loi»« qu'on me fit sortir des prisons de
(1) Cétoit 1t sablime pensée de ces deux verp de rhymae de notre bré^ viaire pour le (été de «aint Pierre-èsliens :
Regitm cortmis , amrtis mùmUhmt , i'ns sûtrm fUm artfiimmmits niumia.
Saint -Hippolyto (M^ur me con<* duireà Besançon. Si les gendarmes et le peuple 9 qui m'eotouroient^ me l'eBSsentpenniSyj'aurois pjris la liberté de dire à mon père qu'il étoit imygne de lui de pleurer .un fils qu'il Toyoit chargé de ohaines $ insulté pour la Foi 9 et conduit à réchafaud pour Jésus-Ghfwt) le jourda¥endffedi-Saiat(i). La se* conde chese fui m'attriste » c'est ' d'aroir été si peu insnkédans mon Toyage de Saînt-Hippolyte à Be** sançon : ce qui me feroit ûraîndse de n'aiToir pas été digne de éouffirir darantage pom Jésus-Christ Mais je reWena à TooBf mes trés'iehers frênes et 8»urs ; tous- êtes toujours présens à ma pensée» Vos malheurs m'etDraieàt ; ka dangers auzqneb je tous laisse ei|M>sés m'affligent sensiblement. H e ces* sei pas d'y penser, je tous en^oon* jure par tout €e que tous aTeidé plus dber; ptféeântîoBnefe- Ttes 4Sontre ces dangers par la prière »
le reooelUemeatf la peatiqnedei bonnes CBUTres^le détaahrawBt du monde et de se» biens péfisaabkf4 Ffiei pottT moi : ^>U8 aentei le
■ I I •■ ■ ■ ni
(i) C'oai le langage, comme le bon-
hear , du saint Martyr Sîméon Bar-
Sftboé : Cupio atyentura âœadà pttt*-
ïKèent tut Dwmiànlm dià fiàBêÊ^ùOÊg^
feetUM ;rHtl^îf h parmiàâiuiJUd 4ù€aHf
fiâÙMe » «C ûi euMuUm , quo Dtus suusj moJum, die 4juartodecimo,feridsextd, /iuste immotatum, ( Asseman : Méxr^ tyrium SS. Sùiuonù BanSahoê et aikPmm, } -
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besoin que j'en ai. Si le Seigneur daigne me faire miséricorde »
comme je l'espére» inalgré la multitude de mes péchés , je tous promets que je ne tous oublierai point auprès de lui* En attendant»
sèches bieq que c'est pour Tous que je Tiiis offrir mon sacrifice a •
Enfin» le 4 mai 17^4 ( i5 So-f réâl aa II ) , œ saint ininistre du Seigneur fut amené derant les )ugeSf et condamné par eux à la peine de mort 9 comme « prêtre réfractaire. a Le même, jour 9 on le conduisit à Téchafioid; et sa délbarche » assurée autant que mor deste 9 prouTa que .ke ccp^solation^ et les espérances de la Foi transrportoient déjà son âme- dan^ le séjour de la DiTiniiéy j^ù bientôt il Ait întroduity quand le 1er de la guillotine sépara sa iâjte de sua corps. Il n'étoit âgé que d'environ 34 ans. ( r. CL i^ fiMUTy et U. A. A. BoGB. )
BOCH ( MoDiMiu* AmioisB* AiKHiSTi»)» prêtre du diocèse de Beseuçon, et cousin du précé^ dent, étoit néf commeluf, à Pro- Tenchère -* en - Montagne ,' vers 4jr&i. Yieaire en la.peroisse.de Ifanilresse» près Bouiae-lès-Dames» il lut de même expulsé df son église, pour sToir. refusé le serment de b oang^iiutiùn dr t^ eu .çùargi* l^ iisrsécution lyuî, dès lors» B*att|ioha sqr ie»
tmoes 9 le força.de se.retirer dans .an hameau 9 situé à l'extrémité -du diocèse, où il resta caohèaprè^
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la loi de di&portation. Il j servoit Dieu , dans le silence «t l'obscurité , n'osant pas exercer, hors de sa retraite, les fonctions sacerdotales. La pusillanimité de laquelle naissoit tant de circonspection, paroissoit invincible, quand Téyénement qui , suivant la disposition ordinaire du cœur bumain , dcToit la porter à son comble , Ten délivra tout à coup, d'une manière Surnaturelle : ce fut lorsqu'il apprit que son cousin, après avoir héroïquement combattu pour la Foi; venoit d'être ar* rêté, et aHolt recevoir, sur Técbafand, la glorieuse récompense de son'tèle. A cette nouvelle, il se sentit tout à coup animé de la sainte ardeur et de la divine force de son parent , sortit de sa retraite, pour le remplacer dans sa périlleuse mission, et vint en demaI^* é^T l'autorisation au vicaire-général , par qui le diocèse de Besançon étôit alf>rs gouverné. Cette Tocatiôti spéciale, en une telle circonstance, venoit trop visiblement d'en haut, pour que le grand- vicaire n'y souscrivit pas; et, pendant que 'la Providence, tout en privant les fidèles qu'enbrassoit, ' dans- " sa charilé , oe Louis - Joseph - Théodore Rock qui venoit d'être immolé^ enfai* soit leur protecteur dans le Ciel , elle le remplaçoit,- auprès d'eux , par un autr^ apôtre, du même nom, de la même famille, et qui, dans tout , égaloit eelui qu'ils ve-
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noient de perdre. On se rappelle encore, dans les lieux de son apostolat, avec quelle promptitude il se portoit, par des chemins dillGciles, à travers mille périls, partout où les secours de son ministère étoient réclamés.
Ses instructions , ses simples entretiens, pleins d'onction, par lesquels tant de justes sesentoient alifermis, et les pécheurs étoient si efficacement ramenés à Dieu, sont encore gravés dana le souvenir des pieux habitans de ce pays. Mais les heureux effets de son zèle devenoient trop visibles pour que les persécuteurs n'employassent pas tous les stratagèmes possibles pour découvrir et détmire un ministre du Seigneur, aussi contraire à leurs vues infernales. Ihi de leurs suppôts, -soupçonnant qu'il étoH dan» le hameau de Vil* Urohy, faisant partie de la paroisse de Mondeviller,. s'introduit ches une bonne femme de oe hameau , otytient s» confiance en se disant on prêtre déporté qui rentre dandestinement en France pbor le service deaildèlea , lui de»
tnande si, dans sa contrée, fon a de vrais ministres de l'Eglise 9 exprime un vif désir de leur com* miUKÎqiier des avis impoi^Afi?^ relativement à leur minisièfe , et se fiiit révéler la maison où Roch est caché. En sortant de chea cette fcmroeS 1^ monstre court avertir la gendarmerie du bpurg de Pierre-Fontaines. Elle vicAt, la
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nuit suiyaDle» «scoiapai^ée de gardea notûonain , iD?e»rîtla mai* son, y entre mêcoe avant le |our; et Je vicaire Roch est sain dana son iitt le 97 juillet i7g4< On le garrotte avec des cordes 5 0l on en fait autant à sea vertueux hôtes, «qui étoient un vieillard de 81 «nS).aoaiiné Lanchjy et son fils «la femme lie celui-ci et lejutra deujK filles 9. ne soni pas liéea^tnaiâ elles .sont emmenées avec les trois antres, eke» :1e maire de Yillerchy. Pendant qu'on s'y occupe daqs une chambre voisine 9 à rédiger un procèsr?erl}al , l'épouse de liaochy coupe les iieos^du mî*nistse d^ Seigqe^rquî s'échappe; mW9 en. fuyaqt. aq basaird» il m Uouve sMas la fenêtre 4f^ h cbamr bre où se ,jrédigeoit le procé»verbal^el ne peut emp|(cher qu'on r^perçoif e. Aussitôt il est saisi par un des grefliefs^ et dea.gea* dermes le oondiiisea^ .étroltemeol en<)baiQé avec, toute la famille hospitalière 9 jusqu'à Besançon».
Ces sijt captUs de^ Jésns-Cbrist y arri^reat'ei fuient éeroués, le 3r)uiliel.t.7^, pour être jligéa par.le trij^onul erîminel du déparlemeQtdu D&uéSf siégeant en cette ville. Déjà les juges savoient que ftoberspierre avoit été ren* veirsé le 37 ; et , coname s'ils creigttiSMnt que cet événement «1'»-.
menât desdispositions légales qui* contrarieroient leur féroce im-f piété» ils se butèrent de prononcer sur k sort du vicaire
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Bochy^en le condanmant h la peine de mort « comme prêtre réfractaire », le 14 thermidor an II ( I*' août 1794)* Avant que la procédure fût commencée devant le tribunal 9 Roch avoit été interrogé en particulier par un des juges : c'étoit pendant cet interrogatoire que , prévoyant sa mort 9 il avoit éori^ une jf^ttre commwae poor son père y ses parens et ses amis 9 de laquelle il importe de citer quelques fragmens.
£tle oommençoit ainsi : « Salut en notre Seigneui? Jésus^Cbrist » ; et AiHih disoit ensuite: «Me voici arrivé, au terme auquel j« n'aurois Jamais osé aspirer, é cause de mes péebés< Vous ne pouvez imaginer quelle traaquiUilé^ règne dans mon âme. Je suis lié^ je porte des chaînes ; mais la paix et la joie so9t dans mon. cttur.... Je n'au^ loû; jamais cru qu'on pût mareh^r à la mort avec autant^ de fiçrmeté l.f.Le monde et aes biens ne sont pour moi. que des objet»
de dégoût ;.et je trouve dans ma jeunesse un motif de plus d'offrir avee joie mon sacrifice au Seigneur, .r. Aemereiei&-le des grâces abondantes dont il ipe comble; priea-le pour moi ; mais gardezvous de verser des larmes sur mon sort.. Prenea plutôt part à ma joie 9 je vais bientôt être dé" Uwé des misères auxquelles je vous laisse exposés. Je vous fo répète : je vois avec tranquillité et satisfaction que je suis au terpae
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de ma carrière ; et il tous reste bien des combats à soutenir. Ab I sou venez-y ous 9 à chaque instant de TOtre yie , que vous êtes chrétiens. Rappeles-Tous les leçons 9 les instructions que vous arez reçues depuis votre enfance , a6n que nous sojions tous réunis dans ce royaume du Ciel pour lequel nous combattons. Il vaut bien tout ce que nous faisons pour le gagiier.
Si la peine nous effraie 9 que la récompense nous anime. Offrons arec générosité 9 au Seigneur9 le sacrifice qu'il exige. Nous ne serons pas séparés pour long-temps ; et ne fatloit-tl pas toujours se ^parer9 puisquenotre demeure n'est point ici bas : lious sommes les en fans de l'élernité.... Je finis eo vous assurant que si le bon Dieu^ me fait miséricorde) comme je î^espère 9 malgré toute mon indi* gnlté9 je m'emploierai de tout mon pouvoir auprès de lui en votre faveur... Ma lettre est bien peu lisible ; c'est que je vous écris en répondant 'au juge, et j'ai les bras liés ». Rochfot conduit à l'échafaud 9 le lendemain de la sentence. Il mourat à l'ége de 33 ans 9 dans les sentimens qu*on vient de voir elprimés par lai y d'une manière si édlflfante. Les juges n'osèrent pas se souiller du sang de la famille bospitalièrtf de peur de l'indignation publique.
Cependant ils vouloient la perte de ces cinq vertueuses personnes ; et, pour que leurs souhaité cruels
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fussent comblés 9 sans qu'ils en eussent l'odieux, ils les envoyèrent au tribunal révoitUiannaire de Paris, les transformant en conspirateurs. Ce tribunal, renouvelé suivant les vues hypocrites des Thertnidorùm f n'osa pas non plus condamner les cinq villageois. Us furent renvoyés chea eux9 où 9 de toute cette famille. Il n'existe plus que les deux petites filles de Toctogénaire Lanchy.
( V. L. Jh Th^ RooH 9 et Cl. I.
Tovawisx. )
ROCHE (Miai»-AiiirB),femme.
{F. M- A* Best. )
ROCHEFOUCAULIVBATERS (PnRBB-Lovis im La)> évêque dé Saintes 9 depuis le 6 janvier l'T'Sa 9 étoft né dans Je dincèse de
PérigntuX9 le i5 oetobre 1744* La profondeur dcsélades de sa jeunesse, son-aptitude aux grandes aflîiires, et ses rertus ecclésiastiques 9 beaucoup plus que son nom, le firent ehoisir pour i'un des deux agens généraux du clergé de France, en 177s. «Défenseur, en cette qilalilé, de ses privilèges él de sa jttii4iction9 11 ne vit pas sans amertume les'attein* tes multipliées qu'on leur foboit subir; et oe qui rendolt le» coups plus sensibles à son âme^ c^ qu'il» étoient presque toufoun applaudis, et quelquefois même portés, par les coura de mugistrature dont rincèrêi peut* être»
comme le devoir, auroit été du lea repousser. Quand il parvint à
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répiscopat, il ne se disaiimiloit paâ les terribles orages que préaageoieot k TEglise cette vive commotion des esprits > et cette inquiétude sombre qui marcboient de pair avec les progrès de Tin* crédulité 9 et qui fireot leur première explosion dans les assemblées baillîagères » pour la nomination des députés aux EtaU- Généraux, le 16 mars 1789.
L'évêque de Saintes , choisi d*a* bord pour présider la chambre ecclésiastique de son bailliage 9 Ivt vojoit a*agiter presqu'autant que celle du tiers-élai, contre la noblesse et ks che& du clergé ; mais »
aux écarts de la passion» il sut opposer le langage de la sagesse y et réussit presque entâèrenent à éteindre les préjugés qui tendoient lo plus à des vues anti^»-* Boniqnes. Ceux qui ont connu par* ticulièrement ce prélat ( 1 ), et qui »
(1) Tous ces détails coDt entrait»
d'un Mémoire sur téglùe de Saintes g depuis 1789 jusqu'à la fin de 1796 :
époque où il fat écrit par le pins in* time et le plus anoieu Tioaire«général d« cet érêqa^t qai le û% présenter aa f • S. P. le pape Pie VI en 1797.
(^'auteur, apr^s ayoir exposé la vertueuse conduite du prélat , ajoutoit ; « Je proteste que je n'ai rien dit dans ce récit qui ne soit conforme à U vérité. Quoique Ml' de k Roche-' Ibucauld ait été mon Condisciple »
mon bienfaiteur ; quoique j*aie vécu loiig-tcnps avec lui et chez lui ; quoiqu'une liaison intime ait régné entre nous près de aS ans, j'ai laissé de cOlé et l'amitié «t la recomioisaance ,
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en d*autres difficultés moins gra*.
ves 9 Tavoient trouvé quelquefois indécis par VeSet d*une modeste défiance de ses lumières , s'éton** nèrent avec admiration de ce qu*il avott acquis 9 pour ces critiques circonstances , une noble fermeté qui, le rendant supérieur aux premiers orages 9 le préparoit à l'être dans la suite à de grands périk.
Il fut nommé Tun des deux dé-^ pûtes ecclésiastiques du bailliage de Saintes aux Etats-Généraux.
Dhs qu'il y eut vu le tiers-état , chez lequel dominoit Tesprit d*ir-, religion, opprimer le clergé et le regarder comme sa proie 9 il comprit que c'en étoit fait de Tépiscopat ; que les évêques , et même les prêtres seroient réduits à la désolante impossibilité de produire aucun bien 9 ni même d'empêcher aucun mal. Nous n'avons pas besoin de dire qu'il fat du
comme si j'avms pailé d'un ctranger; Moi, qui jamais ne le flattai durant sa yic, aaroi»*ja osé de flatterie à son égard après sa mort, et après une
telle mort ! Je ne le plains point;
j'envie même son sort ; je regrette de ne l'avoir pas obiena »... Ah ! nous ne pouvons nous empêcher d'interroiA-> pre celte dfeation pour remarquer que c'est ici le langage même de S. Pontius , diacre de S. Cyprien , après le martyre de son illnslre évêque : Çuid hoe êoeot fadam? Jntergaudium passiotUê et tt-^ fnanendidohf^m in pariés ditUus atU»
mus, et mngmUim nùms pedus ajjmtuà dufMtêê onerant. J^oUbù qudd nom cornes fuerim ^Sediiiûu t4etùrîa trium^ phanda est. De vietorid triumpkabof
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grand nombre de ceux qui j dans la mémorable séance du 4 i^n- Tier 1791 , refusèrent le serment de la constitution civile du clergé. Voulant aussi préserTer son troupeau du poison qu*il avoit repoussé lui-même, il écrivît à ses prêtres 9 pour les détourner de prêter un serment dont les impies réformateurs se promettoient d'horribles succès. Il fît répandre parmi ses ouailles des
Sed doleo quod com^ non sim, Ferùm vobù tamen et simpliciter confitendum est, quodetifos scûù ,in hdc méfiasse sentenud, Multùm ac nimis multùm de glorid ejus exuUo; plus tamen doleo quàd remansi. (PontiuB : Fka et Passio S. Corn. Cjrpnani, etc ) «Depuis mon exil (en Espagne) , reprend le vénéble grand-vicaire, Tévôque de Saintes a la seconde part k mes regrets : il auroit la première, si les aatels de Jésus-Christ n'eussent pas été profanés et renversés dans ma coupable et malheureuse patrie ». — £n notre particuher , nous penvons attester la véracité de caractère de celui qui écrivoit ainsi , ayant encore le bonheur de le voir et de le consulter.
Cest un de nos plus, honorables et plus nvans docteuss de la maison de INavarre et de la Sedété de Sorbonne (y. à-devant» tom. I, pag. Sog, et ciaprès M« SkBM )« On comprend qu*en l7g6,ilétoit loin de penser qu'en i8ai la Foi auroit à gémir des obscurcissemens dont nous avons parlé ci-devant, tom. !•% pag. 83, et qu'ils auroient pour apologiste un pamphlet périodique qui s'intitule : l'^mi de la J?e- Itgion et du Boi, ( F. ses cahiers, M«* 675 , 677, 680 , 683, 699 , 696, ^ i8ai.)
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ouvrages qui dévoiloient ces complots ; et il leur enyoya 9 comme Fadoptant pour lui même 9 la sage instruction du Tévêque de Boulogne (J. R. Asseli ne ) , sur ia distinction des deux puissances ^ ainsi que VExpast^ tion des principes des évéques, ÙL laquelle il avoit coopéréy et qu'il avoit signée. Il leur notifia les brefs du Pape 9 qui dévoiloient tous les pièges de la constitution civile du clergé.
Ce fut avec un langage parfaitement èpiscopal que 9 par une instruction spéciale 9 il tâcha de détourner les éle<;teur8 de son diocèse 9 de nommer 9 à sa place 9 un évêque schismatique. L'iniquité s'étant néanmoins consommée 9 malgré ses avis et ses défenses»
il éleva la voix 9 sur le ton d'un Athanase , dans une ordonnance contre l'intrus qui envahissoit ton siège 9 et contre ceux de ses prê* très qui feroientle serment schismatique. Cette ordonnance excita la colère des magistrats révolutionnaires du département de la Charente - Inférieure ; et le maire de Pons alla même 9 dans ses fureurs, jusqu'à la brûler sur la place publique 9 un jour de dimanche 9 en présence d'un peuple enivré d'impiété. Quand l'As* semblée Nationale termina ses séances, en septembre 1791 9 révêque ' de Saintes ne désiroit rien tant que d'aller visiter, consoler, encourager les catholiques
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de son diocèse , et ramener ceux qui s'étoient égarés. Cette démar« che cpîscopale deveuoît impossible : lu,. comme ailleurs, les novateurs a voient disposé les esprits et les choses de façon que le prélat n*4uroit pu y paroître , nous ne dirons pas sans exposer sa vie 9 ce qui ne l'effrayoit point, mais sans compromettre celle de ses prêtres ûdèles, et même de ses plus respectables diocésains. La prudence vpulut qu'il restât à Paris, dans un quartier fort retiré , d'où il pouvoit soutenir leur Foi par sa correspondance. Il y étoit d'ailleurs à portée , mieux que de tout autre endroit, de rendre des services essentiels à la religion en généra] , dans les assemblées secrètes d'évêques, qui se tenoient chez le vénérable archeyêque de Aouen , le cardinal de La Rochefoucauld, où l'on traitoit, non, comme la calomnie s'est plu méchamment à le faire croire , des pertes temporelle» du clergé , mais de celles de la religion ; non des moyens de ramener des richesses dans le sanctuaire, ndais des moyens de relever l'autel renversé ; non de projets d'ambition et de Tengeance , mais du dessein de sauver du naufrage, et la Foi, et les âmes rachetées par le sang de Jésus- Christ. L'accroissement progressif et monstrueux de la persécution ne pouvoit détourner le saint évêque de ces occupations apos-
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toliques* Les catastrophes des %o juin 1793 et 10 août suivant ne le décidèrent pas encore à s'éloigner davantage de son diocèse, en sortant de France; et même, trois jours après qu'il eut été informé que le saint archevêque d'Arles a voit été enlevé de sa demeure, et enfermé dans l'église des Carmes ( f^. Sbptembbb, et J. M. Ddlah) , l'évêque de Saintes ne quittoit point l'appartement où il s'étoit réuni avec son . digne frère r l'évêque de Beauvais ( K. F. J.
RocHBFOVGAVLD ). Les féroces pourvoyeurs des perséeuteurs y pénètrent : le premier des deux frères qu'ils rencontrent est l'évêque de Beauvais. Ravis de leur capture , et ne sachant peut-être pas que celui de Saintes demeuroit avec lui, ils se disposent à l'emmener, sans faire d'autres perquisitions. Mais une étroite et tendre affection unissoit les deux frères depuis plus de quarante ans, ayant été dans les mêmes écoles, au même séminaire , ne s'étant presque jamais séparés;, tous deux pleins de Foi, également Tertueux , ayant même été l'un et l'autre membres de l'A^ semblée Constituante. L'évêque de Saintes accourt Ters'soû frère que les satellites entraînent } « Non , leur dit-il , vous ne l'emmènerez pas seul ; je lui ai toujours été uni par la plus affectueuse amitié ; je le suis encore par i|a égal attachement à la m^me sainte