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que le peuple indigné ne leur plein de }ofe : t Quelle heureuBe enlèTe leur proie , le garrottent nouTelle ! Dîeu soit béni! J'espère étroitement, et le traînent dans qu'il voudra bien recevoir mon sales prisons de la TÎile de Col- orifice». Il ne lui rèstoit plus que mar, chef-lieu du département cinq heures pour s'y préparer, du Haut'-Rhin. La cause de cet Prenant en main un crucifix qu'il ecclésiastique fut d'abord déférée ayoit conservé sous ses habits , il à l'administration départementale, ne cessoit de le contempler ; et ses pour qu'elle fixât la compétence réflexions sur. ce que le Sauveur du tribunal qui devoit le juger, du monde avoit souffert pour notre attendu qu'à cette époque , des salut, le pénétroient de la plus commissions mititoires concoU'- douce consolation, en même roient avec les tributaaux crimi- temps qu'elles animoient de plus nels , à la destruction des pré- en plus son désir de nH>urir pour très. Quelques administrateurs fu- lui. Il paroissoit être dans une sorte rent d'avis d'envojer Rochelé à d'extase , ne s'exprimant que par Rochefort , pour en être déporté des soupirs de contentement et de ÙL la Guiane ; les autres , en plus désir. Les soldats qui le gardoient grand nombre, décidèrent qu'il ne purent ^empêcher de lui en tédevoît être livré comme « prêtre moigner leur surprise : « Eh J leur réfractaire », au tribunal criminel, répondi t-il , comment ne serois-je Mais la commission tnitùairCf pas content de quitter ce misérable qui étoit plus expéditive, et se monde, où la religion de nos plaisoit à considérer comme cri- pères est proscrite , lorsque je mineilement rentré en France , vais dans celui où l'on ne vît que tout prêtre reconnu précédera- pour adorer Dieu ! Là^ je serai nient pour sujet à la déportation , exempt de toute crainte ; les scan-» afin de le condamner en qualité dales et les menaces des impies « d'émigré-rentré » , réclama cet ne pourront m'y atteindre. Je ecclésiastique comme une victime ne céderois pas mon sort à ceux qui lui étoit dévolue par la loi du qui sont obligés de rester avec 19 fructidor. Rochelé, ayant été eux] et je les plains beaucoup » . d'abord interrogé par l'adminis- Il fut permis à son firère de le tration , et même par le tribunal , voir pour recevoir ses adieux ; et le fut donceusuite par la commis* comme ce frère ne l'abordoit que aion fniiitairc qui, le qualifiant les larmes aux yeux, il lui dit en « d*émigré - rentré » , prononça l'accueillant d*un air satisfait : qu'il devoit périr du supplice de la t Ne pleurez paà sur moi; pleurex fusillade. Après avoir entendu plutôt sur vous et sur tant d'aucette sentence 9 Rochelé s'écria^ très qui restent, comme vous»
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exposés ici - bas à tant ilc dangers ( F. ci-devant, pag. 4^^ )• Si la loi du 19 fructidor ni*eût conféré quelque avantage temporel, vous n'en pleureriez pas; et parce qu'elle nie met à mêmed'obtenir aujourd'hui la palme du martyre, vous pleurez!.,. Dites, \e vous prie, ù mes juges que je leur pardonne , de bien bon cœur, le jugement qu'ils ont prononcé contre moi ; je désire que Dieu leur pardonne aussi , et je ,1e prie également poiirceux qui ont rendu la loi d'après laquelle je suis condamné *. Cette admirable résignation , cette vive et douce confiance en Dieu avoient trouvé, le matin même, un encouragement et un gage ineffable dans la sainte Eucharistie ; car le prêtre Aochelé avoit eu la facilité de dire la messe; et Taugiiste sacrifice qu'il avoit offert à Dieu le disposbit merveilleusement à lui faire celui de sa propre vie. Dès que, par le tumulte confus qui survint aux portes de la prison , il comprit qu'on vcnoit le prendre pour le conduire au supplice, il se prosterna; et, son bréviaire à la main, il se fit à lui-même la recommandation de l'âme. Il finissoit à peine , lorsque les sol dats entrèrent , pour l'emmener.
En se livrant à eux, il fait ses adieux aux autres prisonniers , en leur demandant de prier pour lui, et remercie même le geôlier de quelques égards qu'il lui avoit té-
moignés. Voyant une charrette sur laquelle on veut qu'il monte, pour lui épargner la peine démarcher en allant au supplice, il dit qu'il n'en a pas besoin, qu'il lui reste assez de force , pour faire la route à pied : « Non, ajouta-t-il, je ne dois pas aller si commodément à la mort , puisque Jésus- Christ a gravi pour moi le Calvaire , pieds nus , et chargé d'une énorme croix » . Son désir fut respecté; et il marcha d'un pas assuré, baisant, à plusieurs reprises, le crucifix qu'il avoit dans les mains. Mais son application à le contempler est tout à coup interrompue par les cris féroces d'une multitude impie , vomissant contre lui d'infâmes imprécations.
Ne pouvant s'empêcher de la regarder, il lui dit avec calme :
« Ames égarées, apprenez de mon exemple, comment vous devez souffrir et mourir pour Jésus-* Christ, et sa religion sainte. 9 Arrivé sur la place où il doit être fusillé, il met tranquillement son crucifix dans la poche de son habit, s'en dépouille ensuite , et le présente à un assistant j en le priant de le porter à un prisonnier qu'il a laissé dans un dénûment extrême, et auquel il a promis ce vêtement.
Il entreprend ensuite d'adresser au peuple quelques paroles d'édification ; mais les cris de la populace couvrent sa voix, et il ne peut faire entendre que ces mots : « Je meurs pour ma religion » . Commr
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il ne lui reste plus rien à faire que de subir sa sentence , il s'agenouille devant ceux qui vont lui donner la mort, et tombe sous les coups de fusils qui Taccablent A Tinstant. Son sang inonde la terre , sa tête fracassée a volé en éclats ; raais \ës fidèles accourent pour recueillir ces yénérableS restes du Martyr. Des protestant mêmes du pays sont dans Fadmi^ ration du saint héroïsme de sa mort 9 et ne parlent de lui qu'avec vénération. Qu*eût-ce donc été , s'H eût pn adresser au peu-* pie , sur le lieu du sappllçe , le discours qu'il rouloit lui tenir ^ et qa*on a trouvé écrit de sa main, dans ses vétemens ? Il doit rester iconsigné dans les fastes de l'Eglise ; et notre devoir est d'en présenter.ici la fidèle copie. Le mé* rite d'effet qu'il n'a pu obtenir^ puisqu'on empêcha Roehelé de parler, ne diminue en rien le mé« rite d'intention et de sentiment de son auteur. Nous croyons réellement l'entendre, lorsque, sur le point de mourir, cédant aux pkis pressans besoins de sa cha«vfté, et commençant par implo-> rer la bonté divine, en faveur de ceux auxquels il destine sel derniers avis, il s^éorie : « Jetex , 6 mon divin Sauveur, jetet des regards de misériconle sur notre laalheureuse patrie ! Ayez pitié de cette précieuse portion de votre Eglise. ENe est^ depuis lent de siècles, rotre héritage;
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ne l'abandonnez pas. Ne permettez point que tant d'âmes qui vous sont chères , pérbseiit pour toujours. Soutenez , par votre sainte grâce, vos fidèles serviteurs, dans la cruelle persécution qu'ils endurent. Accordez- leur la consolati*Tii de voir votre sainte religion rétablie et florissante; parmi eux. Qu'ils aient , eux et leurs énfans, le bonheur de là professer ; que tous vous adorent^ vous glorifient, et se reiident di^ gnes de la récompense que vous leur avez acquise au prix de Totrô iâAg« Recevez, ô mon Sauveur, le s«icrifice que )e viens youà fair6 de ma personne , en union avec celui que vous avez bien voulu offrir pour me racheter. Je vous l'offre, é mon Sauveur, pour moi et pour mes eoncitoyens.
Pardonnes à ceux qui vont m'ôter la vie, comme tous avez pardonné vous - même à ceux qui vous ont fait expirer sur b croix.
O Jésus , mon Sauveur, tous que j'invoque , vous êtes ma confiance et tnon amour»! Il deTOit conti-* nuer dans les termes suivans , en «'adressant aux témoins avides de ces impies exécutions : « Pour voua, mes frères égarés, puisse mon eaempic toucher tos âmes 1 Qu'il vous iqyprenne à tcnit sacriicr afin de ¥ous maintenir dans la Mligion sainte de Jésus^^Christl Le péril qui la menace eat grand :
combattes donc généreusement avec les armes de la Foi, pour
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conserver cette Foi qui est ce que Yousarez de plus précieux. Fuyez les impies ; rejetez arec horreur leurs écrits empoisonnés; attachez-vous fortement à l*EgIise romaine , qui est la seule Eglise de Jésus-Christ I Que la paix et Tunion soient entre vous ; qu'une vie pure et innocente 9 telle qu'elle vous est prescrite par notre religion, en fasse connoltre la sainteté à ceux qui sont hors de son sein, et qu'elle les engage A y rentrer I Et vous encore , mes frères éganés, vous que la séduction de lu nouveauté a entraîné»
dans le schisme et l'héréaie...^ notre mère commune, l'Eglise romaine, vous tend les bras. Vous refuseriez-vous à son affectueuse sollicitude ? Recourez aux prêtres restés ûdèles à cette Eglise.
II0 ne peuvent être vos ennemis.
Les impies les . ont calomniés, dépouillés, mis en fuite; mais, quelque part qu'ils soient, ils prient pour votre saiut> pour votre conversion-, pour votre félicité. Dieu de bonté , . père des miséricordes^ exauce^ les prières que l'Eglise ne cesse de tous adresser en faveur de ses eDfans égarés ;. et faites, ô divin pasieur de .nos âmes, que, réunis enfin avec nous dans le même berdail , ils aient) avec nous, le bonheur de vous louer, d'une commune voix, dans la bienheureuse éternité ». Le vicaire Rochelé futcon»
damné et fusillé, à l'Age de 38
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ans , le 6 thermidor an VI ( mardi a4 juillet 1798 ), quatre années, moins trois jours, après le renversement de Roberspierre.
ROCHIER (MÀaiv-AnHE-MAB- GUEftiTs), étoit religieuse, sous le nom de Sœur des Anges , dans le couvent des Ursulines de Roulène, près le Pont' Saint -Es^ prit. Après l'abolition des cloîtres, elle crut devoir , malgré son amour pour la vie monastique, venir rendre des soins à son père, très-âgé , et qui , par l'excellence de ses vertus chrétiennes, ne pouvait que ranimer les saintes dispositions de sa fille. On en eut une preuve bien frappante lorsqu'en 1794 9 Ja persécution , devenant plus violente et plus générale, fit craindre à la sœur Rochier d'être enlevée elle-même par les agens des persécuteurs , et d'être mise hors d'état de continuer ses services auprès de ce père octogénaire. C'étoit là le principal motif de ses inquiétudes ; et elle les lui confia, en lui demandant si elle ne de voit pas se procurer un asile secret pour se mettre en sûreté. «Ma.fiUe, lui répondit ce généreux vieillarl, il vous seroit facile de vous cacher ; mais , auparavant, examinez bien , devant Dieu, si, par là, vous ne vous écarteriez pas des desseins adorable», qu'il peut avoir sur vous , dans le cas où il vous auroit de&tinée à être une des victimes qui doivent apaiser sa colère. Je
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TOUS dirai) comme Mardochée le qifil avoit prévu la destinée à disoit à Esther : Ce n*est pas pour laquelle elle se Yoyoit réservée ; TOUS' que vous êtes sur le trône 9 et elle se disposoît à mourir en mais pour le salut du peuple » • partageant avec ferveur les pieux Cette réponse dissipa toutes les exercices de ses compagnes ( y. craintes de la sœur Rochier 9 et ÀLBARkoB ). Dieu la conibloit de donna la plus grande force à grâces particulières dans sa capson courage. Elle continua de tiyité. Certaine qu'elle mourroit fréquenter les oratoires où elle pour la Foi 9 elle désiroit ardemaToit coutume de sej^ondre pour ment la palme du martyre; et, Remplir ses devoirs religieux, dans Tcspoir de l'obtenir , lors- Bientôt dénoncée, poursuivie, elle qu'elle eii faisoil part à ses comfut arrêtée chez son père (1), et pagnes, elle s'écrioit tout à coup , de là conduite dans Us prisons dans un saint transport : « Oh ! d'Orange , où elle retrouva ses c'est trop beau pour moi ; peutcompagnes Ursulînes, et toutes être cette espérance ne se réali^ les autres religieuses amenées sera-t-elle pas ! » Mais 00 a lieu de aussi pour subir le même sort ( F, croire que la connoissapce du four Obahge). Ce fut lÂ, pour elle, où elle périroit lui fut alors même un grand adoucissement à la vive révélée par le Ciel, car, la veille douleur d'être arrachée aux be^ de celui où elle devoit x;tre appe-^ soins du yénérable auteur de ses lée devant les juges, saos qu'elle jours. Elle se consoloit en pensant en eût été prévenue, elle dit à
' d'autres religieuses, d'une ma-
(.) Ilfut pla3 magnammc que celui ^.^^ uès-affirmative : « Ce Sera
de la Martyre -sainte Perpétue dA- , . ., . ■ t 1
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frique , lequel cou jtiroit sa fille de se «^»** •" h"** j «"•«■ •»* «««««.m»
tenir à Tabri des persécutions , en ne <*'^^r« condamnée ; je me recommanifestant pas son penchant an> mande à VOS prières, et je vous christianisme, suivant qu'elle-même prie de me pardonner les mauvais la raconté. La sœur Rochier n eut exemples que vous avex quelquepas besoin de répondre au sien comme f^j^ ^^us de moi, par ma tiédeur cette sainte :« Puis-ie me montrer et ^ 'ri. ^ « . « me dire autre que ce que je suis, «t «« négligence ». Conduite dec*est4-dire chrétienne?» Mais aussi ▼«»* Vîakfia tribunal, elle b'j fit sainte Perpétue n'ent pas la mérite gloire de sa Foi, comme encore de du sacrifice que fit la «Soeur des Ang€s son refus du serment de iiherié^ lorsqu'on U sépara de son père octo- égalité IV. M* Sacb). Les juges génaire puisque celui de cette an- j^ condamnèrent aussilôt à perdre cienne Martyre ctoit mort lorsqu elle , . , ,, '^ , devint la proie des persécuteurs, la Vie ; et, quand elle eut entendu ( Roinart : Pasiio tanctamm Perpe- l««r sentence, elle les en remercia tuœ €t FeUcUaUs» ) comme d'un bienfait» « parce que.
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disoit^elle^ îlsalloicnt lui procurer l*ine«timable bonheur de se réu* niraux saints Anges, dont elleportoit le nom, et dont la fête ctoit le lendemain du jour de la sentence » ; car elle étoit condamnée le 19 messidor (7 juillet 1794)9 ^ elle fut immolée le 8, à l'âge de 5o ans, ayec la sœur Guilbebmibb.
(V. ce nom f et M. A. Rochd).
RODIER (Pibbbb), prêtre communaliste de Charmensac»
près de Massiac, diocèse de Clermont ou Saint- Flour, département du Cantai, étoit né à Charmensac même. Quoiqu'il n'eût pas fait le serment prescrit par les novateurs 9 en 1791 9 et malgré leur loi de proscription rendue le 36 août 17939 le curé Rodier^ attaché par un double lien à cette paroisse 9 y étoit resté pour les besoins spirituels des catholiques.
On Ty arrêta en 1 793 9 et on le fit conduire a fiordeaux9 où deroit se faire une déportation de prêtres à la Guiane (F. Bobdbavx). De cette Tille, il fut envoyé à Blaye, pour 4e plus prochain embarquement, lequel ne put avoir lieu que vers la fin de l'automne 17949 trois mois après le renversement de Roberspîerre. Cette époque n'étoit pas encore arrivée , que Ro-> dier enfermé depuis son arrivée dans le souterrain du fort de l'ile du PAté-de-Blaye9 suocomboit déjà sous le poids des maux inoufs qu'onyendorolt. On le transporta enfin & llidpital de Blaye; et là.