‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 156 sur 242 · HOC · texte numérisé non relu

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(3o juillet 1794); et, le lendemain , la sentence fut exécutée.

ROUGANË (Clavdb), ancien curé d'une paroisse dfi la Tille de Clermont-Perrand, né à EsôuroUes, près Gannat, dans le diocèse de Clermont, en 1734 pétant d'un âge fort avancé quand îl vit éclater la révolution , et , prévoyant les pièges qu'elle alloit tendre aux pasteurs des âmes, se démit de sa cure, et vint demeurer parmi les ermites du mont Valérien, près Paris. Le sèle de la maison de Dieu n'enflamma que plus vivement son cœur dans cette retraite presque céleste, d'où l'on auroit pu croire que la Providence vouloit qu'îHâchât de conjurer les orages qui s'élevoient sur l'Eglise de France. Delà, il lança dans le ]fublic'ua grand nombre d'écrits contre les innovations anti-religieuses de l'Assemblée consti^ tuante et de celles qui la suivirent; mais il en fut cependant quelques unes avec lesquelles il finit par transiger avec foiblesse. La pétulance de son esprit l'avoit auparavant emporté jusqu'à contester sur quelques points sévères des Brefs de Pie YI, en ce qui concemoit la em%stUution dviie du eiergé; et ses divers écarts nous avoient d'abord fait hésiter à l'admettre parmi nos Martyrs : ce n'est même qu'après nous y être cru autorisés par saint Cyprien et saint Augustin, que nous avons inscrit son nofn dans nos dipty-

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ques. « Lorsque le sarmeiU qui porte du fruit a quelque chose de viicieux à réformer , et qu'il est frappéparla glorieuse faulxdu martyre, dit révêque de Carthage, il se trouve purifié y non parce qu'on est tué pour le nom de Jésus- Christ, mais parce qu'on meurt dans le sein de l'unité pour le nom de Jésus- Christ ; et telle est la force de l'unité , qu'elle peut , dans ce cas, effacer les péchés , de même que sa yiolation ne (ait que les confirmer ( i ) » • Malgré ses écarts , le curé Rougane resta dans l'unité. L'éditeur de la Cùiùûetion des Brefs (Paris, 1798) le comparoit, dans son supplément, page 633, i on homme de l'antiquité chrétienne , « justement hlâmé par saint Irénée (2) , et qui, célèbre dans son pays par l'austérité de ses mœurs et la fer-

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yeur de sa dévotion , mais ne sachant pas se renfermer dans cette sobriété que demande saint Paul , faisoit profession de dire la vérité, sans égard, sans bienséance; de résister aux évêques et aux prêtres, ne consultant qud les impressions d'un zèle qui n'étoil pas toujours selon la science, ni^elon la charité ; capable, au reste , d'être Martyr de la Foi; asses heureux pour être exaucé dans le vœu qu'il en formoit » . Ceci étoît dit à propos d'une ieitre écrite par le curé Rougane au Sauvù^ rain-Pontife , le a4 avril 1799, dans laquelle, au sujet du Bref du 19 mars , il s'étoit permis quelques assertions téméraires et injustes. L'abbé Rarruel, dans son Journal EceiésiasUqw^ »

réfuta cet écrit : il en avoil précé* demment cité quelques autres ^

(i) Quoniam fructuosum sarmen" tum , si alùfuid hahehat adhuc pur" gandum , glàriosd Miutpru falce puT' gatum est : non tfuiapro ChrisU nomine ocdsus est y sed quia pro Christi no^ mine in gremio unitatis ocdsus est, JYan ipse ( Cjrprianus , Ub. de unitate JScelesiœ ) scripsit etjidentisàmè asserit eos qui extra unitatem , ettamù pro iiiat nomÛM moriantur, œdii posse , non passe coronari. Tantùm uéUet , sitfe md deUnda, àve ad confimumda peccalaf vel custodita, wei uiolata contas unitatis / ( S. Augtut. De saneto Cypriano^ Epiit. 108, ad Macrobium, N« IX. )

(a) L'éditeur Tappeloit Audina; mail noua n'avoua pu trouver ce nom

parmi lea hommes dont parle saint Irénée; et nous croyons reconnottre celui dont il s'agit dans ce Blastiis»

prêtre de TEglise romaine » que le Pape déposa , et à qui le saint docteur écrivit sa lettre de Schismate , parce que , dit Tertullien ( De Prœscript, G. Ltll ) » « il introduisoit le judaïsMe , en célébrant la Pâque à l'époque et au jour oà Moïse l'avoit fixée, c'est-ènlire U quAtoruème jour de U lune » ; nsafps conservé pai les églises d'Asie , et quelque» unes d'Occident, que S. Irénée blâma le pape Victor de vouloir retrancher de sa communion ; mais nous ne voyons pas que Blastus ait été Martyr ; et U lettre qne le snnt doctetyr lui écrivit est perdue.

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dû même auteur, avec éloge (i) ; mai» lorsque > après le lo août 17999 l'Assemblée nationale eut ordonné de prêter ce serment de idéerti-^gadiU , dont nous a?ons parlé aux pages 5o de notre I*' volume, 107 du IIP, 218 du IV* (F, M* Saoe), Rougane non seulement le prêta, mais encore éorifit pour porter les autres à rimîter, en l'expUqaant toute^ fois obliquement , à la manière de ceux qui s'en iaisoient les apologistes. Ce que la Providence per* mit de trèft*remarquable à cet égard , c'est que ce fut l'accusateur public du tribunal révolu-' tiofmaire, Fouquier-Thînvilie , qui les réfuta le plus péremptoirement, lorsque le curé Rougane, après avoir été arrêté, fut traduit devant ce tribunal, le a8 ftoréal an II (17 mai 1794)* Nous renvoyons plus loin ce que cet accusateur commença par alléguer contre lui, dans le sens de l'impiété 9, peur en venir à cette réfutation inattendue. Après avoir exposé ce que Aoiignne avoit écrit centre les principes sacrilèges de la révolution, Fouquier, venant é aes actions de la fin de 17999 diaoit : « S'il a prêté le serment à la Uéwté et à VégaUUf s'il paroil' avoir voulu vivre sons le goa«

(i) Ceux qu'on a indiquéa dans V^mi de la AeUgion eg du Mai, do i3 décembre 1800» K« 66a, sont antérienrt aa 10 août I7^>

vernement républicain , il n'en a pas moins compté sur une contreré?olution. Dans un écrit, intitulé : RèffU de conduite sur le serment répuMicain, Kougane s'exprime ainsi : Mais enfin la république est étaéiie; la résistance, au moins dans les lieux oà cette répuidique domine, est inutile. On peut , on doit donc s* y soumettre, au moins provisoirement. ( Et cependant , par ce serment, on promettoit de de 1a maintenir, et même de mourir pour sa défense.) Ledroit des gsns , reçu surtout en Eu-rope, poursuivoit Aoogane, outorise les sujets à se soumettre à un conquérant, même aux usurpateurs, à leur préur serment de fidélité. On cède à ta force... Le plan défectueux est préféraéie à Vanairchie. Tels sont les principes que répandoit Rougane.... Enfin, il se fait une dernière objection en ces termes :

H faudra donc aussi approurver toutes les horreurs, toutes les aiominations qui se sont commises, qui se commettent, tous les décrets rendus et à rendre contre la religion j et notamment ceux qui autorisent l'usure , le mariage des prêtres, des évéques, 4e divorce , et jurer de les maintenir ? On , répond-il^ il faudraies approuver, comme Danieletlesautres captifs de Baéytone approuvoientlesiois impies de Naéu-

chodofwsor (i), auquel d'aiileurs ils étaient si attachés, qu'ils recommandaient de prier pour sa canservàtiany pour celle de san fils, afin de m^ener une vie tra/nquiiU saus san empire. On , continuoit-il , camm^ les apôtres Pierre et Paul vauiaient gu'on approuvât les persécutions de Néron (a), et, en générai, tous Us souverains, à qui d'ailleurs ils vouloienl qu'on fût également sournois, de quelque manière qu'ils montassent sur le trône , par meurtre ou poison (3). Oui^ comme les catholiques du temps de Constantin , de Justinien, et de plusieurs de nos Rois, ont approuvé les lois de ces princes en faveur du divorce et de l'usure (4) : f obéis, etjepromets d'obéir à tout ce quelegauver-

(i) On ne voit rien de semblable dans rEcriture-Sainte » mais bien le contraire ; car Daniel et wb trois com* pagnons refusèrent de se souiller en mangeant des viandes de la table du roi , parce qu'elles avoient été offertes aux idoles; et ces trois deroiers ne furent jetés dans la fournaise que pour n'avoir pas voulu adorer les «lieux de ce prince.

(3) Les souffrir à la bonne heure ; mais non les approuver. Auroient-ils voulu qu'on approuvât le plus grand des crimes?

(3) Voyez ci -devant» tom. 11^ pAgr ^^ et 390, k la note.

(4) L'auteur faisoit encore ici de bien étranges méprises, ou de trop Iraudaleuz paralogismes.

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nement a droit d'exiger de moi, comme autorité souveraine et politique; car, dans tout Etat, il doit y avoir un gouvernement. Je lui obéis donc , sans m^ embarrasser des lois injustes ou impies qu'il peut faire, jusqu'à ce qu'il me presse de les observer (1). Ainsi , conclut assez judicieusement Fouquier-Thinville, le terme où il faudra exécuter les lois sera celui de la sou* mission , et le commencement de la révolte; et voilà ce que Rou-»

^ane, qui ne s'épuise en ralsonnemens que pour avilir et calomnier les autorités par les plus odieux rapp rochemens^appeile Mmoé^" sance, » Telles étoient les incon-»

séquences monstrueuses dans les-^ quelles entraînoient les apologies du serment de liberté-'égaiité f et Dieu voulut qu'elles fussent confondues par les impies eux-»

mêmes 9 au pouvoir desquels on ayoit fait semblant d'adhérer^ Cette faute énorme de Aougane»

dont ils lui a voient tant donné Heu de se repentir, s'ezpiant dans la pénitence quMl en faisoit, laissoit alors revivre ses anciens mérites , surtout ceux que lui a voit repro-»

chés l'accusateur public » et qui foumissoient le premier titre de sa condamnation ; car Fouquiier-»

Thinville avoit commencé en ces

(1) Mais, dans le cas dont il s'agit, >on s'engageott par serment à les observer pour maintenir la république.

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