‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 17 sur 242 · M EH · texte numérisé non relu

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nouveau le peuple sous le double jougdu pouvoir et du men^cm^e».

MEHEUST (Pierre), prêtre de la paroisse de Million, près Lamballe, au diocèse de Saint- Brieuc, ayant en horreur l'hérésie de la cofistùution civile du clergé^ et obéissant à la loi de déportation, rendue le 26 août 1792, passa dans l'île de Jersey.

Croyant dans la suite , que la modération professée par le gouvernement, en 1797, étuit réelle, il revint dans sa patrie , pour y être utile aux catholiques; et il offrit les services de son ministère à la paroisse d'Hillion et aux fidèles des alentours. Occupé sans cesï« du salut des âmes , il s'y consacroit même la nuit , quand la journée n'a voit pas sulTi à son zèle.

On ne sauroit compter les courses apostoliques qu'il fit à Andel , à Planguenoal , et surtout à Morieux , où il avoit été vicaire , et à H illion , où résidoit sa mère , femme très - vénérée dans le canton. Persuadé de l'efficacité de la parole de Dieu, il étoit toujours empressé de la répandre. Rarement il disoit la messe, sans adresser quelque discours édifiant à ceux qui assistoient au saint sacrifice. Huit jours avant celui où il fut saisi par les persécuteurs, il se plaignoit aux assistans, dans une de ses prédications, de ce que, depuis quelque temps, il voyoit panni les chrétiens un certain afibiblissement de piété

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et de lèrreur. « Vous n*estimes point assez les dons et les grâces de Dieu, leur disoit-il. Que ne faitil pas pour TOUS ! Encore quelque temp-}, et tous Toudrez aToir des mioiitres du Seigneur; je suis presque le seul qui tous reste en et fi\n: et tous ne m'aurex plus » .

Oa fit peu d'attention , dans le moment, à ces paroles qui étoieot prophétiques ; du moins elles ont ptfu telles, et ont été rappelées aTec une rire émotion , après qu'elles le Turent Térifiées. £n effet, le 3 féTTier 1800 , lorsque cet ecclé«sit^iiqoe se trouToit aTec le curé ^ Morieux, M. André, chex un fi^rmier du Trofichais^ nommé HaliinriD Josset, dont la maison étoit le rt'fuge de tous les persécuté:», comme des indigens, une •Jo&oe militaire. Tenant de Saint- Briettc, répandit réprouvante dans ^ pays. Les deux ecclésiastiques »'en akirmèrent dès qu'ils en furent iof^niiés. Craignant alors pour i'ur hôte autant que pour euxotmes, si la soldatesque les surfreooit chei lui, ils sortirent à la ^; mais elle étoit déjA près de iâouison. Quelques militaires les ipCTnirent, et les poursuÎTÎrent.

^ cure André , qui avoit couru ^ersun champ, se tapit dans le Md*un fossé recouvert et presse comblé par un épais buisson <^ ronces et d'épines sur lequel *Q Midat Tint se poster > sans se Monter qu'il y fftt ; mab Pierre Ht^keiist, qui fuyoit par un che-

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min étroit, s'y TÎt bientôt saisi. On le conduisit à la maison de la VillegouTiaux, où s'étoît rendue une colonne mobile de volontaires de Lamballe. Ils firent toutes les ins« tances possibles pour que la colonne de Saint - Brieuc leur remît ce prêtre , que probablement ils auroient touIu faire éTader. Ce fut en vain ; le commandant de la colonne de Saint- Brieuc ne.TOulut point relâcher sa proie ; et, pour se débarrasser tout* à- fait des sollicitations des Tolontaires de Lamballe, il leur dit qu'il répondoit sur sa tête de celle du prêtre Meheust , protestant qu'il le conduiroit sain et sauf à Saint- Brieuc ; mais il aToîl des intentions bien différentes. Avant de sortir, et dans la cour même de la maison, il prescrivit à son prisonnier de lui confier l'argent etles objets de quelque valeur qu'il pouvoit avoir , en l'assui^ant ironiquement que rien ne seroit perdu. L'euJésiastique à qui cette demande annonçoitsa fin prochaine , obéit , et remit à l'officier sa montre et dix écus , en Iç priant de ne pas le faire périr à Morieux. A la sortie de cette paroisse, il s'agenouilla, suivant sa coutume, au pied d'une croix qu'on appelle la croix de Sourdavie, et qui est sur le tertre de Boulbouté. Ce fut le moment que le commandant choisit pour faire signe à ses soldats de fusiller cet ecclésiastique. Meheust tomba criblé de balles , à l'âge de 46 ans ; et

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la colonne continua sa route. Le bruit de cette fusillade répandit l'alarme dans les environs; les habitans accoururent, et virent avec indignation le cadavre du saint prêtre étendu dans la boue rougie de son sang. Ils s'occupèrent du soin de l'inbunDer, et toutes les paroisses du voisinage assistèrent à la cérémonie. Quelques mois après y elles vinrent faire solennellement la plantation d'une croix près de l'endroit où Meheust avoit été fusillé. Depuis plus de vingt ans qu'il a péri Martyr de son zèle et de sa Foi, on parle encore ^ dans le pays , avec autant d'édification que d'attendrissement 9 de ses vertus et de sa mort.

Il s'étoit attiré l'estime et la confiance de tous les honnêtes gens de la contrée , et sa mémoire y est en bénédiction. Une telle conduite et de tels sentimens démontrent en eux une Foi égale à celle de saint -Vigile 9 évêque de Trente 9 lorsqu'en racontant à saint Simplicien , évêque de Milan 9 la mort de trois saints Martyrs, il lui disoit: «Veuillez donc 9 avec l'amour paternel que vous avez pour moi 9 invoquer ces trois saints pour que je puisse au moins 9 quand je mourrai 9 atteindre 9 tout pécheur que je suis 9 à la frange de leurs vêtemens (1).

(1) Nuàe me immeritum m utroque con$ortem putemo amore consoiare, et etun eodem , sancto» apud ipsos exorator accède, quatenùs possim die Uiâ

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