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THOMAS (François-Thomas) , prêtre, né à Cuiseau, dans la Bresse Châlonnaise, au diocèse de Suint-Claude 9 en 1751» fut d^abord curé d'une pavoisse de ce diocèse , près de Ferney où résidoit Voltaire. Sa charge pastorale le mit dans Tobligation de faire une ou deux YÎsites à ce chef des philosophes du dix-huitième siècle f qui se piquoit de bienfaisance envers les infortunés; et Tnccueil d*estime , que celui - ci ne put s*empêcher de lui faire j Tautorisoît à venir le voir assez fréquemment. Dans la bonne foi de son zèle 9 il espéroit réconcilier, avec la religion , ce patriarche de l'incrédulité. Un jour qu'il venoit de lire, en 1776, dans VJnnée Littéraire de Fréron , une belle ode à la gloire de J.-C, que l'on attribuoit à Voltaire, embrassant avec transport une opinion aussi consolante pour sa charité, il accourut chez ce philosophe pour l'en féliciter, en pleurant de joie; mais son contentement se changea tout à coup en une douleur amère , quand il entendit Voltaire lui répliquer avec autant d'humeur que d'irréligion : « Elle n'est pas de moi ; je n'ai }amai« rien fait de bon pour cet homme-là • . Quand ce coryphée de la faction impie fut mort deux ans après, en 1778, toutes les espérances que le curé
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Thomas avoit eues de le ramènera Dieu «'étant évanouies, il se reprocha ses précédentes démarche^ , comme fondées sur de futiles espérances , quoique sa place les eAt autorisées; et, dans son découragement, il résolut de se démettre de la charge pastorale, pour se restreindre à l'office divin dans une église où il se faboit avec régularité. Il s'aggrégea donc, en qualité de chanoine d'honneur , et sans honoraires , au petit chapitre de Meximieux , en Bresse, sur le diocèse de Lyon. Son Age étoit déjà de 5o ans, lorsque la révolution éclata; il en repoussa les erreurs anti-oatholiqiies et les systèmes impies , sans que les persécuteurs sanguinaires de 1 795 et 1 794 pussent le surprendre pour lui arracher la vie. Se croyant affranchi de tout péril dans les années suivantes, où la persécution paroissoit avoir cessé, il se remit à exercer les fonctions sacerdotales dans la ville de Saint- Claude. La catastrophe du 18 fructidor survint ( 4 septenobre 1 797 ) ; et les asens du Directoire dans le département du Jura , ne voulurent pas que le bon chanoine Thomas, qui précédemment avoil échappé au glaive, pût se soustraire à In déportation prononcé» )>ar la loi du 19 fructidor (5 septembre 1 797) contre les prêtres non-assermentés. Il fut emprisonné, et conduit à Rocbeforf, d'où ildevoitêtre transporté à la Guianc(F'. GuiAin).
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On rembarqua en cflet j\e \^ mtir$ de Gompicgne à &od origine ; car
1 7989 sur la irrgate (a CÀaren^^/ c*étoit dans cet autre couvent
et on Je fit passer, le 25 du mois qu*après avoir été admise comme
suivant, sur la frégate ta Dicades postulante , le 1 8 mars 1 ^36 , elle
qui alla le déposer dans le port de avoit pris l'habit de S** Thérèse
Cajénne , le 8 juin. Il s'en vit aus* le 27 juillet suivant , sous le nom
sitôt repoussé vers un canton par- de S(0ur de la Réfurrtetian ,
ticulier, où le climat n'éioit guère et fait ses vœux solennels le 19
moins homicide pour un Euro* août 1740* Par la ferveur qui dis-
péen^ que celui de Cayenne et 4c tinguoit la communauté de Corn-
Synnamari. Les vapeurs pestilen- piègue , on peut juger des exem-
tielles qui s'éle voient de la terre» pies qu'y a voit donnés, dès lea
et qu'il étoit forcé de respirer, comniencemens , c^tte ancienne
portèrent dans, ses viscères des religieuse. £lle étoit trop atta-
principes de consomption , et ai* chée à sa règle et à ses compa-
térèrent bientôt en lui les organes gnes qui vouloient continuer à
de la vie. Le soleil , dardant per- l'observer , -après la suppression
pendiculairement sur sa tête des des cloîtres, en 1791 , pour refu-
feux qui la brûloient, ajoutoit à ser de persévérer avec elles dans
ses maux l'affligeante incommo* cette sainte observance. Mais ses
dite des vertiges. Décomposé len- vertus ne la rendirent pas plus
tement , il prolongea sa mou- respectable que son grand âge au
rante existence jusqu'au jour an- comité revoÂi^wnnaire de G om-
niversaire de son débarquement piègne. Il l'arrêta comme les au-
à Cayenne. Ce fut précisément le très religieuses , pour l'envoyer
8 juin 1799, qu'il rendit son der- afec elles au tribunal rivohuian'
nier soupir , à l'âge de 69 ans. naire de Paris. Quoique cette vé-
( V. P. P. SoucHOii, et N. A. nérnble octogénaire fût d'ailleurs
ToEBL. ) accablée d'infirmités et très-souf-
THORAMB. ( V. Pazbit. ) frante, on la fit voyager sur la
THOURET ( Mabib ) , l'une même charrette. Lorsque la cruelle
des seize religieuses Carmélites voiture arriva à la porte de la Con-
de Compiègne qui furent immo- dergeriCg la Sttur Marie Thou-
lées, pour leur Foi, sur l'écha- ret ne pou voit en descendre ; et
faud révolutionnaire de Paris, le ses compagnes, encore garrottées,
17 juillet 1794 (^* Bbabd), Il voit n'a voient pas la facilité de l'aider,
vu le jour, à Meaux, en septembre De farouches satellites , montant
171 5. Elle étoitl'uue des religieuses alors sur la charrette, prennent
qui vinrent d'un autre monastère brutalement cette vertueuse fille,
pour former la nouvelle maison et la jettent par terre ^ comme un
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lourd et méprisable fardeau. La patience et la résignation de la sainte religieuse étoient si parfaites, qu'elle les remercia presque aussitôt de ne Tavoir pas tuée.
Le motif de ces remerciemens, vraiment sincères , étoit que ces barbares, en ne la tuant pas, lui avoient laissé la faculté de partager avec ses sœurs toute la gloire du martyre. Elle en jouit avec elles, à Tâge de 79 ans. {F.
CeOIST, et LlDOIRE. )
THOUVENIN(Sicisbebt), pr(^lre, religieux de l'ordre des Prémontrés , né à Saint-Nicolasdu-Port , dans le diocèse de Toul 9 étant chassé de son cloître par les reformes philosophiques de 1791, montra dans le monde une Foi généreuse 9 soutenue par une émlnente piété. Comme il repoussoît énergiquement les erreurs schismatiques de cette époque 9 on le traita de prêtre non-assermenté; et il se vit forcé , comme tel , de sortir de France, après la loi de déportation. Mais son zèle pour l'Eglise le ramena en Lorraine , après le trompeur iVcu/^tAermidor (2 7. juillet 1794)9 lorsque la Convention publioit que^Roberspierre étant abattu, la persécution avoit cessé. Elle se ranima cependant bientôt, plus dangereuse, en ce qu'elle n'avoit pas Tnir d'en vouloir directement à la religion ; et la catastrophe du Dix-huit fructiitor ( 4 septembre 1797 ) vint donner une nou-
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velle activité aux persécuteurs.
Thouvenin fut arrêté, et conduit dans les prisons de N.inci. Le tribunal criminel du département de la Meurthe , siégeant en cette ville, ne pouvant, suivant le système d'alors, condamner ce religieux qu'en qualité « d'émigrérentré'», ses amis le pressoient de nier qu'il fût sorti de France.
Semblables à nos conseillers des fallacieux sermens de liéerté-éga^ au, de haine à ia royauté 9 ils prétendoient, ainsi que les profanes amis de saint Gordius :
« que Thouvenin pouvoit dire de bouche une chose , tandis qu'il en retiendroit une autre dans son cœur, et que Dieu regardoit non les paroles, mais l'intention de celui qui parloit (1) ». Thouvenin 9 à l'exemple de Gordius 9 étoit d'une constance que les sophismes ne pouvoient pas plus ébranler que les menaces. Le digne Prémontré déclara qu'il étoit sorti de France, par suite de la loi de déportation; et, le 20 germinal an VI ( 10 avril 1798 ), les juges le condamnèrent à périr sur l'échafaud. Le lendemain sa tête
(1) Christum tantlun corde, ticuperet, retinere; onc autem negare suadehant ; non enim Detim verha , sed A>^
iiuentû animum inspicer\^...jéi iUe
lÊuiid ui, nuUoque veiiforum împuLu
quassatus inexorobiUs permansû
nec preces nUœ aut minœ , constantiam ejus in Fidem Christi ei*erUre pottie^ nuit. ( 8. Basil. Magn. De Sancio Goidio Martyre,)