MES
naires de Lamballe, par qui elle fut ensuite appelée, avec une atroce vanité, Vexpédition de Saint- Aubin. Précédemment, en 1791, lors de la suppression des ordres monastiques, les religieux de cette abbaye, se voyant près d'en être expulsés, etdésirantcontinuerà vivre en communauté , avoient propose à l'administration du district de tenir à loyer leur propre maison ^ afin de continuer à l'habiter. On y a voit consenti jusqu'à ce qu'il se présentât un acquéreur qui voulût l'avoir en propriété. Comme aucun ne s'étoit offert, ces religieux y vivoient encore en 1796 , de la même manière qu'au temps où leur sainte règle y étoit paisi— blement observée avec le plus de ferveur. Ils rendoient même beaucoup de services spirituels aux habitans de la forêt ; et la vie frugale qu'ils menoient, leur permettoit de pouvoir leur distribuer aussi des aumônes. Ib restoient oubliés par tous ceux qui ne fréquentoicnt pas la forêt, lorsque des corps de troupes Chouannes {V. VEWDâB), s'y étant réfu* giés, attirèrent sur eux l'attention des révolutionnaires de Lamballe.
Ceux-ci, voulant alors se donner un air de bravoure , s'armèrent y se réunirent, comme s'ils alloient faire la guerre aux Chouans de la forêt. Mais leur plan de guerre ne consiâtoit qu'à fond/e sur les pai^ sibles cénobites de Saint-Aubin. A peine arrivent-ils, le 3 mars 1 796^