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yeau et Tarrose de ses larmes $ tn s*écriant : « Mon fils ! ah mon
fils! » Il ne peut continuer de
parler. Les assassins arrachent de 6es bras le jeune prêtre 9 en lui disant : « Le serment ou la mort » .
— a Je préfère mourir». Sur cette réponse 9 il est haché de mille coups, et succombe. Les autres particularités de son martyre se trouvent à l'article Bratakd. {F.
Nàdjli., et Pbàdon.)
NOYEL (Ma&c-Antoihe de), prêtre y chanoine du chapitre noble d*Aina y , dans la ville de Lyon , sembla n'avoir été que plus affermi dans sa Foi et les vertus de son état , par la privation de' son bénéfice, et les violences avec lesquelles on cherchoity depuis 1791 9 à établir le schisme constitutionnel. Ses habitudes paisibles et son âge avancé le rendirent étranger aux troubles qui, en 1793, agitèrent Lyon 9 sa ville natale , où il étoit resté. Conservant m^me encore son domicile dans le cloître de son chapitre , il ne pouvoit être à Tabri des ardens inquisiteurs de la commission révolutwnnairt , établie après le siège pour immoler les Lyonnais , et surtout leurs prêtres ( V, Lyon ). Arrêté des premiers , lors de l'établissement de ce tribunal sanguinaire , il comparut devant lui le 29 frimaire an II ( 19 décembre 1795 ). Les juges ne purent lui arracher le serment 9 ni les autres actes impies qu'ils exigeoient des prêtres y
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et le chanoine de Noyel 9 âgé de 65 ans , fut condamné à périr sur l'échafaud, comme «prêtre réfractaire à la loi et contre-révolutionnaire » . ( ^. MoviiER 9 d'Arçon ; et £. OuviEE.)
NOYELLE (Hbnm-Frahçoïs), prêtre et religieux de Tordre de Saint-Benoît, vivoit paisiblement à Loches en Touraine , dans le diocèse de Tours ,* depuis l'abolition des ordres monastiques.
Exemplaire en tout, il se refusa au scandale de la prestation du serment schismatique, et ne se crut point obligé de sortir de France après la loi de déportation.
Il parvint, pendant 1795, à se soustraire à la fureur de la persécution; mais elle l'atteignit vers ^e milieu de l'année suivante. Il fut traîné dans les prisons de Tours; et le tribunal criminel du département à* Indre-et-Loire ^ qui siégeoit en cette ville, le condamna à la peine de mort,Qomnie « prêtre réfractaire », le 23 thermidor an II (9 août 1794)? c'està-dire treize jours après la chute de Roberspierre, et presque à la porte de Part», où régnoient ses vainqueurs. Dom Noyelle fut décapité \t lendemain du jour de la sentence.
NUIRATtE ( Louis-Thomas ) , prêlre et religieux de Tordre des Minimes, à Marseille, où îl étoit né le ai décembre 1724, avoit fait son noviciat dans leur maison d'Aix en Provence, et y avoit
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proooocé 969 vœux le 6 jnnricr i;4i' I<es taleos qu'il développa dans ses études le firent charger ensuite; par ses supérieurs , de Imstruction ecclésiastique des jeune» religieux. Etant professeur de rhétorique au collège des Mî- Biniesde La Ciotat^ il fit l'oraison faiièbredeM. de Belzunce, érêque lie Marseille 9 laquelle fut imprimée en 17569 in-4% ainsi que des* cantiques spirituels de sa compo- )<tioa, coflime 00 le voit dans la fronct liuéraire de 1^58. Appelé à Rome^ il y devint bientôt le chef de la maison française des Minimes, dite (Utia Trinità de* iwnti, qu'illustroient nos conipatriotes, les Pères François Jac- <{itier et Thomas Leseur , si teièbres dans les sciences et les lettres. Après trois ans de séjour •iiins la capitale du monde chré- ^y il fut reyendiqué par son c^Qfeot de Marseille, où bien- •'ît ses confrères le nommèrent pniTîncial, quoiqu'il n'eût que j^aos. Dans son administration cft cette qualité , il se gagna l'esse et l'aifection de tous» par sa ^^^^ aiosi que par sa douceur.
^ deux vertus» jointes à une piété sincère et à des lumières peu communes dans les voies ^ Dieu y lui attirèrent en outre ^ confiance d'une infinité de P^oDoes de toutes les classes, ^xir y correspondre entière- BKot, soit dans le tribunal de la péaiience, soit dans ses réponses
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aux consultations qui lu! étoient envoyées par écrit'} comme encore pour préparer les sermons qu'il prêchoit avec autant de fruit que d'éclat, il étoit obligé de disputer au sommeil les heures de la nuit.
Parmi tant de saintes occupations, il-conservoit un tel amour pour les lettres et les sciences , qu'afin d'en propager le goût parmi ses confrères, il augmenta la bibliothèque de son couvent, consacrant à cet accroissement une pension que sa mère persistoit à lui payer, et que ses supérieurs lui avoient permis de recevoir, malgré son vœu de pauvreté. Son exemple excita , chez quelques riches habitans de Marseille , une louable émulation pour concourir avec lui à rendre cette bibliothèque l'une des plus belles et des plus riches en bons livres. Il étoit pour la troisième fois supérieur de son couvent, à l'époque où la révolution abolit les ordres monastiques, et chassa les religieux de leurs cloîtres. Lorsqu'à cette époque déplorable elle exigea le serment de la constitution civile du clergé» non seulement le Père Nuiratte le repoussa ; non seulement il fit que, de vingtdeux profès dont sa communauté étoit composée, aucun n'adhérât au iichisme ; mais encore il contribua , par ses discours et ses lettres , à ■ ce qu'un très - grand nombre de curés et de simples prêtres qui l'avoient consulté à ce
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sujet , refusassent le serment du étoit pas effrayé ; et il continuoil schisme. La correspondance qu^il ses pieux exercices 9 sans pouvoir QToit avec eux fut interceptée par en être détourné par les conseiLn le/ novateurs ; et ils jurèrent sa et presque les menaces de sou perle. Depuis que la résolution ancien ami 5 Jean-Raymond Mouavoit envahi les maisons de son raille, devenu l'un des plus ardens ordre , il s*étoit réfugié 9 avec un partisans de la révolution 9 et maire de ses derniers élèves 9 le Père de Marseille 9 comme lui membre Tassy ( V. ce nom) 9 chez une de Tacadémie de cette ville. Lorstante âgée qui demeuroit dans que Mouraille croyoit le mieux la même ville 9 à Tendroit qu*on réussir à Tamenerpar la crainte à appelle la plaine Saint^Michti , prêter le serment, le P. Nuiratte non loin du couvent des Minimes, lui protestoit que, « si Ton atten- Là, tous deux pratiquoient en- toit à ses jours pour cette cause, semble la règle de leur ordre; et, il pardonneroit bien volontiers à en même temps, se prêtant aux ceux qui Timmoleroiènt ; qu'il les besoins spirituels des catholiques, embrasseroit même de bon cœur, ils alloient au dehors administrer et en rendroit grâces à Dieu » . Les les malades, et admettoient dans dangers qu'il couroit allèrent en leur retraite les âmes pieuses qui croissant jusqu'au mois de juillet vouloient y entendre la messe et 179a, où ils devinrent tels que le participer aux sacremens. Ce père Nuiratte ne poiKoit presque n'étoitque lorsqu'il sortoit, qu'à plus leur échapper^. Ses parens, raison du décret qui , depuisle 6 ses amis le conjuroient de chercher avril 1792 , avoit proscrit les cos- à sortir de France ; mais déjà les tûmes ecclésiastiques, il en pre- périls inondoient toutes les routesnoit un de laïc : dans l'intérieur il ne le pouvoit plus, ni par mer, de la maison , il portoit toujours ni par terre ; et il se résignoit l'habit de son ordre. Les violens avec calme à tout ce que la Bro* révolutionnaires de Marseille écu- vidence pcrmettroit à son égard, moient de rage contre lui; et, « Je sais bien, disoît-il au Père croyant que 9 si le Père Nuiratte, Tassy, et à d'autres confrères qui qu'ils regardoient avec rabon venolent le voir clandestinement» comme le modèle des prêtres in- je sais bien qu'il me faudra payer sermentés , pouvoit être forcé , par de ma tête ; mais j'ai la confiance la crainte de la mort, à prêter ce que Dieu nous soutiendra». Le sennent, sa défection cntraînerôît samedi 21 juillet, où l'Eglise de celle de tous les autres , ils déli- Marseille avoit toujours célébré béroient déjà de le mettre à cette la fête de son illustre Martyr saint terrible épreuve. Lui seul n'en Victor, il partit pour dire U messe
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en un yillagey dans lequel on avoit une dévotion toute particulière à ce saint Alartjr ; et le Père Tassj se rendit , pour le même but, dans une autre campagne.
Ils convinrent, en se séparant 9 de revenir le soir en leur cornmun domicile 9 afin d'y célébrer le dimanche et lu fête de sainte Madeleine qui arri voient ensemble le lendemain, 2a juillet. Lorsqu'il y revint , le samedi au soir, il vit la maison déjà environnée d'un bataillon de la gai'de nationale , qu'y avoit envoyé le maire. Le Père Nuiratle ayant trouvé ^ns leur commune retraite le Père Tassy, qui étoit rentré avant lui , ils s«> rassurèrent ensemble par la conûance qu'ils mettoient dans le Seigneur , et se couchèrent enfin, comme s'ils n'avoient rien à craindre. Vers minuit , des cris effrayans , proférés û leur porte par des assassins qui menaçoient de l'enfoncer si on ne la leur ouvroit pas, réveillèrent les deux religieux. Les domestiques , avant de l'ouvrir, se hâtèrent de mener le Pèi*e Nuiratte dans un grenier , et de l'y cacher sous des fagots. .Mais il y est bientôt découvert par les furieux qui le cherchoient avec avidité : le Père Tassy qui tachott de s'évader, est arn^té dans sa fuite ; tous les deux 5ont amenés devant le maire, qui prononce durement cette sentence : « II faut que ces prêtres
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fassent le serment , ou qu'ils soient renfermés». Les deux saints religieux refusent le serment, et l'ordre est donné de les cdbduu'c dans les prisons de la municipalité. Le matin du lundi, a3 juillet, on les en tire pour les amener k l'hôtel -de -ville, où siégeoient les municipaux , qui avoient fait venir près d'eux l'évêque intrus des Bouches^u^Rhô^ n^^avec ses principaux ecclésiastiques ( ^. B. Roux, aux douteux).
Ils espéroient que cet évêque schismatique vaincroit, par les eophismes de son esprit, la résistance de nos deux confesseurs de la Foi. L'évêque l'entreprit; mais la justice nous oblige à dire qu'il songeoit plus à les sauver qu'à les convaincre. Il étoit lui - même pénétré d'une profonde vénératipn pour le Père Nuiratte. En lui proposant, ainsi qu'au Père Tassy, de prêter le serment, puisque, s'ils ne le prêtoient pas, ils couroient le risque d'être massacrés, il poussa ses instances jusqu'à leur conseiller d'y mettre toutes les restrictions mentales qu'ils pourroient imaginer. Une populace Airieuse, ameutée à la* porte de la municipalité, le faisoit trembler pour eux. « Je vous en conjure , leur disoit*- il, prononcez ce serment ; et , non seulement je vous sauverai des fureurs qui vous menacent, mais encore je vous faciliterai les moyens de partir aujour*^ 'd'hui mêoïc pour Rome , où vou6
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pourrez tous faire absoudre de des lettres de Rome, approuvant
cette prestation. Donnez - moi une formule particulière «de ser-
donc t donnez-moi les moyens de ment , qui leur fut offerte. On
TOUS délivrer». A ces mots, le les assura même que des prêtres
Père Nuiratte s'écrie avec viva- éclairés et vertueux de la capitale
cité : « Medéiivrerez->vous de la l'avoient prononcée. Cet expé*
colère de Dieu qui me défend ce dient et ces exemples, à la réalité
que vous me conseillez»? Mais, desquels ils ne pou voient croire,
en faisant cette réplique accompa- ne séduisirent point les deux reli-
gnée de raisonnemens analogues gifeux : ils persii^tèrent dans leur
et concluans , il eut l'attention de refus. Le maire les fit conduire
parler en latin, pour épargner à sur le perron de Thôtel-de- ville,
rintrus la confusion et le mépris où il les présenta à la populace,
des gens de bien , déjà scandalisés comme autrefois Pilate montra
du conseil qu'il lui donnoit. Ce Jésus-Christ aux Juifs qui de-
fut ainsi que Théroîque Minime mandoient sa mort; et, çonfes-
repoussa toutes ses insinuations sant que ces deux prêtres n'étoient
avec le plus grand courage. L'é- point coupables , il ajouta que ,
vêque intrus, confondu par les «pour avoir refusé le serment, ils
réponses du Père Nuiratte, s'a- n'en étoient pas moins sous la
dresse au Père Tassj, à peine âgé protection de la loi». Mais, en
de 32 à a3 ans , et qui paroissoit les ramenant dans la salle , et en
ébranlé ; mais son maître lui prend ayant- l'air d'ordonner qu'ils fus-
la main et la serre , en lui disant : sent reconduits en prison , il porta
« Timothée n'abandonna pas la main à son cou, l'y promena
saint Paul... Courage, mon cher horizontalement: ce qui parut
disciple ; ne me donnez - pas du être le signal de les pendre ( F*,
chagrin au dernier moment de M. Olive). «C'est fait de hous»,
ma vie». Le Père Tassy, ranimé dit alors le Père Nuiratte à son
avec enthousiasme par ce dis- compagnon. A peine sont-ils avan-
cours, promet à son maître fidé- ces de quelques pas dans la rue,
lité et obéissance; il refuse cons- que, malgré la garde qui formoît
tamment la prestation qui lui est deux haies entre lesquelles ils
demandée. On le sépare du Père marc^hoîent , des assassins , bran-
Nuiratte , dans l'espoir que, privé dissant des sabres nus, fondent sur
de son maître, il deviendra plus le Père Tassy, qui alloit le pre-
flexible; mais sa fermeté ne se mier. Il reçoit un coup meur-
démentoit plus: il fut ramené près triera l'épaule, et tombe, mais
de lui. Alors on imagina de suppo- vivant encore. Le P. Nuiratte lui
fier qu'il étoit venu ù leur adresse crie : a Mon fils , la couronne est
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suspendue sur yotue tfitet » et la sienne est à TinsUnt frappée d'un coup de sabre qui l'abat sans le tuer. On étoit proche d'un réyerbère porté par deux potences élevées aux angles opposés de la rue de la prison et de celle de ta Tautisse; on les y traîne, pour les pendre. Le Père Nuiratle embrasse celui qui lui met la corde au cou 9 jette un regard paternel sur le Père Tassy qui va subir un pareil sort h la potence qui est en face , et lève les mains au ciel. Déjà l'un et l'autre sont hissés 9 lorsque l'évêque schismatîque accourt 9 mais trop tard, pour s'efforcer encore de les déli* Trer. Les deux Martyrs expirent :
ne pouvant s'empêcher de les considérer comme tels, et de les invoquer, il s'écrie en tombant à genoux : « Ce sont des saints !
ce sont des saints ! » Cette in- ▼ocation, qui lui est irrésistiblement commandée par son admiration et par sa Fui , recevra du Ciel sa récompense, comme on le verra dans sa conversion.
Une telle invocation , au surplus , dut paroître bien courageuse au milieu de la fureur des meurtriers, qui avoit plongé dans la stupeur tout ce qu'il y avoit d'honnête parmi les témoins de cette horrible scène, arrivée en plein jour, entre dix et onze heures du .matin, le a5 juillet
>79^9 ^^ ^^^^^ ^ <^^^1® stupeur, bien autant qu'à la prifatlon
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d'ordre pour empêcher un tel forfait, qu'il faut attribuer llnaction de la garde nationale dans cette circonstance. Elle vit encore , sans pouvoir s'y opposer , les scélérats descendre les corps des deux saints religieux , les fouler aux pieds , et les rouler sur le pavé. L'âge de riunocence, perverti dans les lenfans en ces temps exécrables, participa même à ces affreuses scènes : on les vit eux - mêmes traîner les cadavres par la ville, et jusqu'au cimetière des Mini* mes 9 où ils furent inhumés. Cet abominable convoi étoit néanmoins suivi par des âmes pieuses, tandis que d'autres s'arrêtoient à recueillir avec des mouchoirs, le sang de ces Martyrs, soit à l'endroit où ils avoient été frappés, s it au pied des potences, où il en avoit découlé sur le pavé ; car on revoyoit ce qui s'étoit passé, en ao7« à Samosate, au martyre des saints Hipparque , Philothée , etc. (1). D'autre part, le» catholiques se divisèrent avec une sainte ardeur les vêtemens des deux Martyrs. Ceux qui n'avoient
( I ) NohUes ataem matronœ quorum meinoriam honorare par est , ad locum
uhi Martyres pendcbanl venére et
ohlinuére ut ticeret spongiis et linteis, fjuœ secum tuhuUrant , pendentium, Afartjrnun vuitus tergere, vt proflueniem è laceratis artubus cruorem excipère. (Asseman, Pars II, p^g. i45 :
Acta Septem Martyrum Hipparchi , . PhUothû, eu.)
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pu en obtenir quelque fragment dans ce partage 9 Tenoient en demander à leurs pnrens 9 chez qui pouvoieot rester quelques unes de leurs hardes. La famille du Fëre Nuiratte retint avec le même respect 9 et comme un gage de la protection du Ciel, le manteau de ce saint prêtre, ainsi que des lambeaux de la robe monastique dont il étoit revêtu (e jour de son martyre 9 et un livre de prières dont il avoit fait grand usage. La dévotion publique fit graver une représentation de la mort de ces deux athlètes de ta Foi. On y voyoit Tévêque intrus les conjurant en vain de seconder 9 par une obséquieuse prestation du serment 9 le désir qu*il avoit de les sauver. Au bas se lisoit un cantique en Thonneur de ces deux saintes victimes. Il nVtoit pas un catholique qui ne voulût avoir cette gravure. L'histoire de leur martyre fut écrite par ie Père Gleise 9 religieux du même ordre 9 et réfugié depuis lors à Rome 9 où il la fit lire à des prêtres français qui nous en ont raconté le contenu. Cette histoire, et d'autres particularités qu'il y ajoutoit de vive voix, furent religieusement recueillies par le Père Brouchier, assistant du Père général de Tordre des Minimes, à Rome. IjC Père Nuiratte avoit 69 ans lorsqu'il perdit ainsi la vie pour la cause de la Foi. L» ville de Marseille lui doit, non seule-
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ment la religieuse vénération ft laquelle a droit un Martyr, mais encore une très-grande reconnoissance civile , puisque la bibliothèque publique qu'elle possède est essentiellement celle des Minimes que ce religieux avoit rendu si riche et si précieuse. La littérature sacrée doit aussi le mettre dans ses fastes , pour plusieurs ouvrages, dont les plus mémorables sont cette Oraison funèbre de M^'^ de Beizunce, évéqtie de MarseiUe , et ces Cantiques spirituels dont nous avons parlé ; avec une Vie du bienheureux Ga^spard Ban , religieux de l'ardre des Mi-nimes,
N U SSE ( Jeah - FxANçois ) , prêtre , né ù Fave , dans le diocèse de Soissons, en 1751 , étoit, à l'époque de la révolution, curé de la paroisse de Cha?igaon , au même diocèse. Séduit par les réformes qu'introduisoit en 1791 la constitution civile du clergé, il en prêta le serment , et même il en devint un ardent zélateur, fut chef de schisme au second rang, en se faisant vicaire -général de l'évêque constitutionnel de Loir-et-Cher. Les progrès de Timpiété sous les auspices de cette espère de religion , en 1 79a et 1793; le débordement de l'a^ théismequi,à]afindei795eti794y travailloit si efficacement k la des* truction des prêtres constitutionnels comme des prêtres catholi-
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ques» ramenèreot yen ceux-ci le curé Nusse. Eclairé par la vérité et pressé par les remords , il rentra dans le sein de la yéritable Eglise, au moyen d'une rétractation sincère qu'il rendit très* soleonelle en 1796. Comme il aroit ajouté au tort de l'adhé* slon au schisme, celui d'avoir publié des écrit» apologétiques de la constitution civiie du clergé, il crut deroir publier aussi deux lettres à l'évêque de Loir^et^ Cher, dans lesquelles, afin d'édi' fier les fidèles autant qu'il ayoitpu les scandaliser, et de procurer à ce témoignage de repentir les effets les plus heureux pour l'Eglise, non seulement il manifestoit son retour à l'unité catholique, mais encore il tâchoit d'y ramener cet évêque , dont il ayonoit ayoir été «le complice en fuit de schisme ». La première de ces lettres fut datée de «.Yaussaillon , le 14 septembre 1796 ». Elle annonçoît, chei le curé. Nusse, lin cœur droit, une Foi sincère, une âme courageuse, ayec des talens et un sayoir qui rendoient sa défection inexplicable. Dans la seconde lettre, sans date, qui suîyit d'assez près la première , il disoit au même personnage : « En abandonnant yos drapeaux, je n'ai pas abandonné yotre salut ; et je ne sentirai toute la douceur de ma conrersion , que quand je pourrai jouir de la yôtre ». La publicité #iu 'eurent ces deux lettres le fit si*
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gnaler aux ennemis de la Foi, sans qu'on ait aucunement lieu de présumer qu'ils y fussent excités par celui qu'il ayoit attaqué peut-être trop viyement ; et, quand les ty** rans de la France eurent jeté leur masque de modération au 16 fructidor (4 septembre 1797); quand ils se furent armés de la loi du lendemain, par l'effet de laquelle tons les prêtres soi-disant réfrai^-^ taires deyoient être déportés à la Guiane, le curé Nusse, qui résidoit alors à Soissons, y fut arrêté {F. Gvuhb). On le fit conduire à Rochefort, pour être embarqué; et il le fut, le 121 mars 1798, sur la frégate (a Charente, d'où, le aS du mois suiyant, il passa sur la frégate (a Décade. Celle-ci le déposa dans le port de Gayenne, yers le milieu de juin. On l'en relégua de suite dans le canton d'Approuague, non moins pestilentiel que les autres. Il y trouya bien un asile chez un colon nommé Dole ; mais il n'y pouyoit pas mieux échapper aux meurtrières influences du climat. Nusse y mourut au commencement de septembre de la même année 1798, à l'âge de 47 ^ns. Un de ses compagnons de déportation dit, en parlant de sa mort : « Les sciences, les hommes sensibles et les pauyres ont fait une perte notable dans ce digne prêtre, chéri de tous ses confrères ».
{F. L. No VAILLES, et F. A. Ou'*^
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OBllENANT (Piebbe), curé de Magny-Guerville, près Mantes , au diocèse de Chartres 9 et né ù Compiègne 9 en 1 759 9 se soumit d'abord 9 comme insermenté 9 à la barbare loi de déportation ; mais bientôt, ramené en France par des motifs louiibles, il ne tarda pas à y être arrêté. On l'envoya dans les prisons de Paris pour être jugé par le grand tribunal révolutionnaire. Ce tribunal , l'ayant fait comparoître devant lui avec l'intention de l'immoler comme prêtre 9 le condamna de suite à la peine de mort, sous un de ces prétextes qui lui étoient si familiers. La sentence rendue contre lui 9 le 5 thermidor an II (23 juillet i79i:|)9 porte» qu'il étoit « convaincu de s'être déclaré l'ennemi du peuple, en tenant des propos contre-révolutionnaires. »
Ce jugement ne suffisant point pour nous éclairer sur le vrai motif de sa mort 9 nous avons profité de la facilité de consulter les actes d'accusation ; et nous avons trouvé dans celui qui concerne Obrenant9 les inculpations qu'on va lire. Fouquier-Th inville l'accusoit en ces termes : « En parlant du serment des prêtres 9 Obrenant s'est récrié contre ceux qui l'avoient prêté, disant que»
pour lui 9 il ne le prêteroit pas; et
que ceux qui l'avoient prêté étoient des prêtres d'une conduite méprisable. Il cita même à cette occasion le vicaire d'£preville9 qu'il traita de... et qui a voit prêté ce serment. Enfin 9 Obrenant n'a cessé d'avilir les autorités constituées et la représentation nationale 9 par les propos les plus injurieux. » La réputation de la Convention étant faite 9 on comprend tout ce qu'il y avoit de louable dans la conduite et les propos de ce curé , dont la tête fut abattue peu d'heures après le jugement.
Son Age étoit de 55 ans.
OGEARD ( Michel-Jean-Ma* BiB ) 9 curé de Nuirlieu 9 près Bressuire , dans le diocèse de La Rochelle 9 avoit constamment refusé le serment de la constitution ci» vite du clergé; et il étoit resté parmi ses paroissiens, malgré les efforts que l'administration du district de Bressuire avoit faits pour leur donner un curé schismatique. Celui que l'évêque intrus avoit destiné à cette cure, étoit retenu par le respect qu'inspi* roient les vertus du pasteur légitime, et le laissoit jouir pleinement de la confiance de ses ouailles.
Ogeard n'auroit pas voulu s'éloigner d'elles 9 même après la lot de déportation, à la fin d'août 1 79a ; et ce motif le faisoit tarder à s'y sou-
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mettra. Mais enfin, au commcnceoient de 1793 , menacé et recherché par les administrateurs , il prit le parti de s'exiler. Il s'acheminoit vers la frontière, avec deux autres curés du m Ame diocèse (f^. Ch. GoBifUAVLT, et Ghr.
VioLLEAV ), lorsqu'ils furent arrêtés. Le tribunal criminel du dé-^ partement de la Charente^Inférieurt, se prévalant de ce que le délai pour sortir de France étoit expiré ( V, Okpo&tation), condamna Ogeard, comme ses deux confrères , à être déporté à la Guiane. Après quelque temps de séjour dans les prisons de La Rochelle pour y. attendre l'époque de rembarquement , il en fut tiré brusquement avec eux , le a 1 mars 1793, pour être conduit au port, où il fut ma'ssacré comme eux d'une manière cruelle. Les circonstances de son martyre sont amplement racontées à l'article de Ch.
Comuauh , dans lequel on trouve la lettre pastorale de leur évêque, qui, lui-même, les déclara Trais Martyrs. Nous avons écrit le nom de celui-ci, comme il l'est dans cette lettre épiscopale; quoique , dans le registre mortuaire de VéUU civil de La Rochelle, il soit écrit Augeard. ( F. A Ybegb. )
OGER ( BAETHéLBm ) , prêtre et religieux Récollet du diocèse de Rennes, retiré, depuis la destruction des cloîtres , dans la paroisse de La Ghapelle-Erbrée, près Vitré , y menoit la vie d'un solitaire.
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Quoique insermenté j il ne devoit pas craindre les effets de la bar-^ bare loi de déportation, qui ne pouvoit lui être appliquée avec aucune apparence de justice. L'obscurité de son existence , et la modestie de sa conduite le firent échapper assez long -temps aux recherches des persécuteurs ; mais enfin iU le découvrirent, et le traînèrent dans les prisons de Rennes. Le tribunal criminel du département à^lilt et FUtainCf siégeant en cette ville , n'en condamna pas moins à la peine de mort le P. Oger, comme «prêtre réfractaire » ; et cette sentence fut rendue le 17 messidor an II (4 août 1794] , huit jours après la chute de Roherspierre. Le lendemain 5 août , la tête de ce religieux tomba sous le fer de la guillotine.
OLIVE ( Mâtbibv) , curé de la paroisse de Saint-Ferréol ^à Marseille , né dans cette ville en 1709, avoit commencé l'exercice de son sacerdoce par les fonctions de vicaire dans cette même paroisse.
Quand il en fut devenu curé ^ il consacra scrupuleusement tout le revenu de sa cure, qui étoit de 1 5,000 fr. , au soulagement des pauvres ; et sa manière de vivre étoit si frugale, son vêtement, son ameublement étoient si simples, que ses paroissiens ne crai«gnirentpasde l'accuser d'être trop rigide pour lui-même. Quoiqu'il eût cinq vicaires et quatre desservans, sur lesquels il pouvoit se
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reposer avec confia nce d'une partie des pénibles soins de sa charge pastorale 9 il tâchoit de Yaquer à tous; et il n'y avoit pas un instant de la journée qu'il ne fût occupé du salut de ses paroissiens et des intérêts des pauvres. Pendant les longues années qu'il fut le père des uns et des autres y il jouit d'une estime générale. Le concours des fiJèles qui avoient recours à sa direction étoit innombrable ; et il s'accrut encore à Tépoque fatale de la révolution, où la religion commença d'être menacée de la persécution sous laquelle ensuite elle a failli succomber parmi nous. Les dangers y les menaces, loin de ralentir le zèle vraiment apostolique du curé de Saint- Ferréol, sembloient le ranimer davantage. Les hommes de la révolution en conçurent contre l|ii une haine proportionnée à ses inconcevables travaux pour la conservation dé la Foi dans la ville de Marseille. Après qu'il eut refusé le serment de la cofistitulion civile du clergé, il fut chassé de son église et de son presbytère. Son refus passoit pour avoir entraîné celui de tous les prêtres de son église, à l'exception d'un seul que même il décida à se rétracter. L'effet de ses bons exemples 9 et surtout la confiance de ses paroissiens qu'il ne pouvoit perdre, irritèrent si fort les novateurs contre lui, que, voyant sa vie menacée, et craignant de leur
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faciliter l'occasion d'un grand crime, celui de l'assassiner, il prit le parti de se réfugiera Nice.
Il y resta jusqu'aux premiers jours d'octobre 1792, où l'armée des Français révolutionnaires envahit ce pays. Alors Olive passa à Turin : son âge avancé, et une infirmité qui gênoit îa démarche, le détournoient de pénétrer plus avant dans l'Italie. D'autre part, il étoit sollicité par les lettres de quelques personnes de Marseille , plus dévotes, que prudentes, d'y revenir pour reprendre la direction de leur conscience. Trop confiantes dans la promesse que le maire , nommé Mouraitle , leur avoit faite de favoriser son retour ( V. N viRATTE ) , elles écrivirent à leur curé qu'il aurait l'appui de ce magistrat , lequel , au fond , ne cherchoit qu'à fournir une impor*tante victime aux ennemis de la religion et des prêtres. Le vénérable Olive, incapable de soupçonner cette perfidie, céda aux instances des âmes pieuses qui le rappeluient avec tant d'instances »
et s'acliemina de Turin à Marseille, sans leur faire savoir le jour où il pourroit y arriver, sans même donner à sa famille aucun avis de son retour dont elle l'auroit certainement détourné. Il n'eut pas plus tôt mis le pied sur le territoire des environs de ceKe ville, qu'il y fut arrêté par des révolutionnaires qui y avoient été mis en vedette pour l'attendre*
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On assure qu'ils TaToient été par Mouraiile 9 qui ^ abusant de la confiance qu'on lui aroit témoi* çnée, se seroit fait indiquer l'époque de son retour 9 et auroit donné l'ordre de le lui amener secrètement, sans en informer qui que ce fût. Les choses se passèrent effectirement de cette manière. La municipalité s'assembla subitement quand les forcenés, qui ayoient arrêté le curé de Saint- Ferréol, le lui conduisirent. I^e maire lui promit hypocritement sûreté et protection, s'il vouloit prêter de suite le serment de iùéerté-égatitéf et souscrire au régicide du ai janvier déjà consommé. OliTe , indigné , repoussa ces deux propositions» en disant hautement : « Je ne consentirai jamais ni à l'une ni à l'autre. »
Uouraille alors, soit par hasard, soit pour faire à dessein un signe convenu, promena horizontalement sa main droite sur son propre cou ( y. NviEATTB ) : à l'instant les furieux entraînèrent le vénérable Olive, et le conduisirent au milieu de la promenade dite ie Cours, près du poteau d'une lanterne, où , après lui avoir passé une corde au cou , ils le pendirent. Ainsi pérît ce respectable pasteur , à l'âge de 84 ans , vers le commencement de février 1793, à onze heures du matin , sans que personne eût pu venir à son secours, attendu le secret recommandé par Monraille. La prome-