‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 77 sur 242 · PAL · texte numérisé non relu

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le serment schîsmatique 9 et fut expulsé de cette paroisse. Il Tint demeurer auprès de sa famille^ à Saint-Geniès ; et le désir de ne pas s'éloigner des catholiques de cette contrée l'emporta sur les craintes que lui inspiroit la loi de déportation. Il fut arrêté et traduit de*rant le tribunal criminel du d(!partement de VAveyran, qui, siégeant à Rodez, le condamna, le 1 1 prairial an II (3o mai 1794)9 à la peine de mort, comme « prêtre réfractaire « . Lorsqu'il eut entendu cette sentence , il leva les yeux au ciel, se mit à genoux, et offrit à Dieu le sacriGce de sa vie, en l'unissant A celui de Jésus- Christ, par les mérites de qui le tien dcToit acquérir une si grande valeur. Ce spectacle, aussi touchant qu'il étoit édifiant, excita contre le jeune vicaire toute ula rage dont étoîeot capablea^ l0S ennemis des prêtres. 11 fut accablé d'outrages par une populace effré* née. Les gendarmes mêmes qui le gardoient le frappèrent sans relâche et sans pitié , avec la crosse (le leurs fusils. Déjà renversé par terre , il auroit expiré sous leurs coups, si un juge ne fût venu leur représenter que la loi s'étoit chargée de leur vengeance. Deux heures après le jugement 9 on con?duisit Palangier à Téchafaud ; et son martyre y fut consommé, lorsqu'il avoit à peine atteint la 18* année de son âge.

PALLL1S(^... Z)<mi), prêtre,

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religieux de l'ordi-ede Saint-Bruno et procureur de la Grande Chartreuse au diocèse de Grenoble, ayant conservé, après la destruction de son ordre, l'esprit et les vertus qui l'y avoient fait distinguer, ne se souilla d'aucun des sermens impies ordonnés par la révolution. Il fut arrêté dans le courant de l'année 1 795 , et envoyé l'année suivante à Bordeaux , pour être déporté de là en des contrées sauvages et mortifères ( V. BoRDEAvx ). Qn l'embarqua pour cet effet , vers la fin de l'automne, trois mois après la chute de Roberspierre , sur la flûte le Jeanty. II ne put supporter tant de maux, et mourut vers la fin de cette même année, pendant que le navire étoit en rade au Part des Barques : circonstance de cette déportation dont on saura la cause en parcourant notre tableau de RoGBEFORT, tom.I*% page 353. (r. C. OftPBusRB, et J* F.

Paais. )

PANNETIËR ( Smov ), prêtre et religieux de l'ordre des Grands Cannes , à Bordeaux , né dans cette ville, en 1719, et dont il a déjà été parlé à l'article du grandvicaire Langoiran, avec lequel il fut sur le point d'être immolé le 1 4 juillet 1 792, avoit alors été prophétiquement assuré par lui qu'il ne périroit point dans la même circonstance : en quoi se trouvoit la prédiction indirecte que néanmoins la couronne du martyre ne

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lut manqneroit pas. Avant de dire commenl il l'obtint deux ans après, il est juste de montrer comment, pendant tout le cours de sa longue vie, il s'en ëtoit rendu digne. Dès sa plus tendre enfance, il se distingua par une affectueuse piété envers la Sainte Vierge ; et ce sentiment le détermina , quand il voulut entrer dans l'état monastique , à préférer Tordre des Carmes, qui étoit spécialement consacré au culte de la Mère de Dieu. Son amour pour lu retraite, son assiduité à la prière, son application à Tétude, lui attirèrent bientf»t l'estime et le respect de ses confrères. Il n'en étoit pas un qui ne reconnut en lui un vrai modèle des vertus monastiques, et qui ne décernât à ses lumières comme à sa sainteté , des éloges et des témoignages d'admiration. Les relations de charité que son ministère lui donnoit au dehors firent connoître bien avantageusement l'homme précieux que son cloître avoit le bonheur de posséder. Ses vertus et son savoir lui gagnèrent lacon* fiaoce des personnages les plus distingués de la ville , qui se fétichèrent de l'avoir ohpij>l pour guide de leur conscience. L'odeur de sainteté qu'il répandoit autour de lui en (aisoit le consolateur des pécheurs qui revenoient à Dieu>; et il avoit en outre la directîen des âmes les plus avancées dans les voies de la perfection. Quand la

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sacrilège révoluti(m vint détruire tous les ordres religieux , le Père Panneticr , déjù septuagénaire , gémit profondément sur les maux que préparoient à notre sainte religion les prétendues réformes dc^ cette époque ; et, en se soumettant à l'impie loi qui le chassoit de son cloître. Il ne cessa pas d'être le guide des âmes fidèles, et le modèle de tous dans la pratique des vertus chrétiennes et l'attachement à l'Eglise catholique. On a déjà vu comment il faillit à devenir l'une des victimes que les impies massacrèrent. le i4 juillet 1792 : le récit touchant qu'il en écrivit alors est oonune celui que saint Flavien avoit commencé du martyre de ses compagnons , saint Montan, saint Lucien; et qu'un antre historien fut obligé de continuer, pour raconter la mort dii premier d'entre eux, qui n'a- Vott pu achever sa narration. C'est donc à nous que le but de notre ouvrage impose l'obligation de compléter celle du Père Panneticr (1), en la prenant au point oà nous avons vu qu'il l'avoit laissée {F.

(1) Hoc omnês de carcere scripserant; ted quia necesse erat omntm actum Martyrum heatorum pleno ser^ monê complecti, quia et q)si de se per modestiam minus dixerant; et Ftat^ia^ nus quoqiu prit^atim hoc nobis nuuius infunxitf ul quidquid iiUens eorum deesset adderemus , necessariè reliqua subjunxitnus. (Ruinart : Passio Sanc tùrum JVontani , Zucii, et aliorunu Nt XII.}

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ci-deyant, tom. III , pag. 44S]- P'endant les deux anaées quli ▼écut encore après le massacre ^onti! rient. d*être question , son xéle ne put rester oisif^ malgré les dangers qui le menaçoient de toutes parts. Ne sachant point se refuser aax besoins des fidèles > il se transportoit avec empresse* ment partout où les soins de sa éharité étoient récités. Jamais il ne fut retenu par la crainte, lorsqu'il s'agissoit, code consoler des familles affligées par la perte de quelqu'un de leurs meitibres tombé sous le fer de la persécu-»

tion 9 ou de porter aux malades et aux mourans les sacremens de TEglise» des paroles de paix et d'encouragement. Les proconsuls de la Convention ajant répandu une terreur impie dans Bordeaux, Ters la fin de i7g5, le décret de mort contre les prêtres insermentés , ne tarda pas & s'y exécuter de la manière la plus affreuse; et le Père Pannetier , comme tous ceux qu'on n'aroit pu encore saisir 9 se condamna à la retraite la plus séfère. Frappé néanmoins du pressentiment qu'il n'échapperoit point anx recherches très- «ictires qu'on faisoit alors des prêtres, il ne songea plus qu'à se préparer par la prière au sacri-* fice de sa tIc. Ce pressentiment afoît même quelque chose de prophétique ; car on 1 entendit sou f ent annoncer arec confiance que la Très«Satnte Vierge lui obtieodroit

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de Dieu la fareur de mourir pour lui, pendant l'octaTC qu'on célèbre dans le cours de juillet, en l'honneur de Notre- Dame -du-Mont-* Carmel, c'est-à-dire depuis le 16 de ce mois jusqu'au 33 {F. J.

D. M. JcstAMOHi)* Souvent il répétoit avee consolation ces paroles de saint Paul à son disciple Tîmothée : « Pour moi , je suis à la Teille d'être sacrifié, et le temps de ma mort s'approche; }'ai bien combattu ; j'ai acbeyé ma course; j'ai gardé le dépôt de la Foi: il ne me reste qu'à attendre la couronne de justice qui m'est réservée , et que le Seigneur, coQlHie un juste juge , me rendra , en ce grand jour « non seutement à moi , mais encore à tous ceux qui aiment son avènement ( II, <âa( Timoth. , e. IV, f. 6). Deux révolutionnaiiiés dont l'un étoit son parent, et qn? tous deux aspiroient à jouir du peu qu'il possédoil, supposèrent qu'il étoit mort dans l'exil, et vinrent faire des perquisitions dans son domicile , sous le prétexte de s'assurer de sa succession.

Quoique le saint vieillard se fût soigneusement caché daaé un réduit obscur de la raaîsoB , ils l'aperçurent ; et, après en avoir délibéré entre eux pendant deux jours, ils résolurent de l'arrêter, en disant : « C'est uu fanatique » .

Par là se vériÔ<»it déjà ce que Jésus-Chrbt avoit prédit , que le frère livreroit son frère à la mort :

Frater fratrcm traâet ad

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morùm (Math.,c. X, ^. xxi).

Dans l'après - midi du dimanche 30 juillet 9 ils envahissent brusquement la maison, forcent une ci'oi.sée pour arriver à IVndroit où ib savent que le Père Pannetier est carhé ; et, tandis que Tun d'eux l'y retient en arrêt, l'autre court annoncer leur capture au comité de surveillance , qui en- Toie de suite ce qu'il a d'hommes plus pervers , pour saisir et amener ce vénérable religieux. Dans les perquisitions qu'ils font en son domicile « li'S si^^nesde piéié qu'ils peuvent trouver sont sacrilégement outragés. Ils brisent et foulent aux pieds les crucifix , en proférant les plus affreux blasphèmes. La Sainte - Eucharistie , qu'ils découvrent, est même livrée à des profanations que la plume se refuse à décrire. Le siint prêtre , qui en est plus affligé qu'il n'est inquiet sur son sort, tâche d'expier tant d'impiétés par de ferventes prières pour la conversion des profanateurs. Vers la fin du jour, on le conduit au comité de surveillance, qui le livre de suite à la commission militaire , pour être jugé le lendemain ( f^.

BoBDEÂiTx}. Mais Dieu seul, dont il doit jouir bientôt, occupe toute sa pensée. Mi les dérisions dont il est l'objet pendant toute la nuit, ni les coups qu'on lui porte, ni les autres outragés qu'il reçoit , ne peuvMit altérer sa patience et sa résignation. Imperturbable-

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ment uni à Dieu dans le saint exercice d'une prière continuelle, il ne rép<md à tant d'insultes que par des vœux ardens en faveur des persécuteurs. Le lendemain «21 juillet (5 tbermidor an II), il est traduit devant les juges. Les propos impies dont il est assailli ne peuvent troubler le céleste recueillement dans lequel il s'est renfermé. Cependant l'obligation de confesser sa Foi devant les tyrans ne lui penpet plus de garder le silence lorsque le président, lui disant « qu'il a voit passé sa vie dans le plus détestable fanatisme», ajoute ces mots interrogatifs : « Qu'avez-vous à répondre ? 0 — « Je suis , réplique le Père Pannetier, je suis religieux, et prêtre de l'Eglise catholique, apostolique et romaine », Après cette courte, mais très-expressive réponse, qui a seule interrompu le cours de ses prières, il les reprend avec tranquillité , les continue pendant que la commission le condamne à la peine de mort, commeaconvaincu d'être un prêtre réfractaire , et de ne s'être pas conformé à la loi de déportation ».

Conduit ensuite à l'échafaud, il necessepas néanmoins de prier. Il prie encore lorsque sa tête tombe sous l'instrument du supplice.

Son Tige étoit de 76 ans. Avec lui périrent deux personnes sexagénaires dont tout le crime étoit d'avoir, au r»que de leur vie, tâché de conserver à la religion le

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saint ministre qu'elle ayoit dans le Père Pannetier : tels ces saints Martyrs d'Alexandrie 9 dont quelques uns reçurent la récompense du martyre pour avoir rendu des services aux prêtres et aux diacres avec lesqueb on les immola (1).

FANNIER ( Luc - Amtoihe- Josvfb), curé de la paroisse de Saint« Yaast-Tiassauty faubourg ^e Ya<lencieonesy diocèse de Cambrai, et né en 1758, à Armentières, sur celui de Tourna j 9 ne voulut point trabir sa Foi en prêtant le serment de la constitution cirvite du clergé. Expulsé de sa cure par les réformateurs d'alors, il fut exposé à la persécution toujours croissante contre les minbtres fidèles à la doctrine catbo« tique ; et la loi de déportation , rendue le a6 août 17929 le força de s'exiler. Les besoins spirituels de ses ouailles ne dévoient pas manquer de le faire revenir quand il croiroit le pouvoir avec quelque sûreté ; et cette sûreté , H crut I*avoir après que les Autrichiens eurent soustrait Yalenciennes à la tyrannie de la Convention, le 1*' août i7g5. Ses paroissiens le revirent; et son zèle fit refleurir parmi enz tous les sentimens de la piété.

Mais ce fut là un tort irrémissible aux jeux des persécuteurs, quand

(1) JSx quibut alii , in perseciuione féUeriani, /9fartjrresjacti,alu Âfart^" ribus sennerUea mercedtm Martyrum recepermnt. ( Martyrologe Romain , 4 octob»)

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Valenciennes fut retombée sous la puissance de la Convention , le 1" septembre ' 1 794 ( ^. ValewciEViiBs). Ses proconsuls le firent jeter dans les cachots; et, le 26 vendémiaire an III ( 17 octobre 1794), il fut traduit devant leur commission militaire. Suivant le système hypocrite de la faction alors régnante, les persécuteurs tâchoient de cacher leur haine de' la religion , en ayant Tair de n'agir que contre des émigrés -rentrés.

C'étoit comme tel qu'alloit être jugé le curé de Saint -Vaast- Lassaut , avec deux autres prêtres et cinq religieuses ( V, L. P. Cà- G|fOT, C. M. J. YiEHiiE, L. Yavot, J. R. Pein, h. Buelà, g. Du* CREz, M. M. Dejaeain). La conscience droite et pure de ces huit victimes étoit incapable de racheter leur vie par une dissimulation voisine du mensonge. Le curé Pannier déclare, comme les autres, qu'il est sorti de France ; et on le condamne , comme eux , à la peine »

de mort. Ceci se . passoit deux mois et vingt- deux jours après que la faction Thermidorienne eut abattu Roberspierre. Le curé de Saint - Yaast - Lassant marcha au supplice avec le courage d'un généreux confesseur de la Foi ( V, AucHi5 , et H. BvELA ) ; et, réservé pour la dernière de ces huit victimes, ce fut une vraie consolation pour son zèle apostolique, de voir que les sept qui l'avoient précédé sous l'instru-

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ment de mort s'étoient montrés dignes de la couronne du martyre , qu'enfin il reçut lui-même» à Tâge de 56 ans. ( K M. C. 5^* Paillot, et H. Pavot. )

PANOUZE ( Gabeiel), prêtre.

( V, G. Làpanouze. )

PAPEL ( iV... ) , curé de Merveys en Langogne 9 près le Vîgan, dans le diocèse d'AIais» ecclésiaslique des plus recommandables par ses vertus et ses lumières 9 fut dépouillé de sa cure par les administrateurs révolutionnaires du département du (?ar(/ 9 attendu qu'il ne vouloit point prononcer le serment schismatîqfue de 1791.

Persécuté dans sa paroisse , il s'en éloigna 9 et se fixa dans un lieu voisin qui se trduvoit sur le territoire du département de VAveyron. II seroit difficile de raconter les horribles vexations qu'il y éprouva pour sa Fot> sa piété et ses vertus : elles le con* duisirent au tombe«iu ; mais ce qu'on peut dire 9 c'est qu'il les supporta avec un ôourage héroïque et une patience véritablement céleste 9 s'estimant heureux de souffrir et de mourir pour la religion de Jésus - Christ. ( V. ci-devant, tom. II 9 pag. 407- )

PAPIAU ( Le Père Maxîmi- Hen)^ natif d'Angcrs9 prêtre et religieux de l'ordre des RécolTets 9 dans leur maison de Saomur9 depuis environ 40 ans 9 à l'époque de la révolution, a voit mérité par son édifiante conduite 9 par son exactitude

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à remplir les devoirs de son état 9 et par ses lumières comme par ses vertus 9 que le chapitre des Récollets de la province ^ qui s'étoit tenu à Nantes en 17689 l'élevâtàla charge de provincial. Un de ses confrères9 actuellement curé d'Outretot dans les environs de Rouen , le P. Faverean , nous atteste que (t le P. Rlaximilien Papiau a toujours édifié les religieux de son ordre 9 et que le jour où la main impie des réformateurs politiques f arracha de son cloître 9 en 1791 9 fut un jour terrible pour lui e . I!

abhorrott trop les principes hétérodoxes de la c-cnstitution dviie du cierge fouT n'en pas repousser le serment schismatique. Lorsque le décret du a6août 179a fut venu bannir de France tous les prêtres non-assermentés 9 n'exceptant de cet exil que les sexagénaires, à la condition toutefois barbare qu'ils scroient tenus en réclusion 9le vénérable P. Maximilien fat traîné à Angers; et on l'y mit en captivité avec beaucoup d'autres confesseurs de J.-C. Il ne fut point , comme l'ont cru quelques Angevins 9 du nombre de ceux que l'on enleva barbarement les derniers jours de novembre 9 ou a» commencement de décembre 1795, pour les envoyer à Nantes r où le proconsul Carrier venoit de faire noyer quatre-vingtdix prêtres qui lui avoienl été adressés sous le prétexte d'un embarqueipent pour la déportation (F. Nawtbs); ni par consé-

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qucnt du nombre des soixantefeize que ce proconsul livra aux flots de ta Loire dans la nuit du 9 au lo décembre 1793 {V. Mo- MBAr, da Pé el Pa?ilubr« de Saint- Michel ). Le p. Fapiau devoit moarir d^une manière un peu différente f sans être moins cruelle.

Nou» savons d'une manière certaine qu'il étolt encore détenu à Angers, quand s'y arrétèrett, le 2 mars 1794» les soixante et un prêtres du département de la Nièvre , conduits à Nantes ; que lorsqu'ils partirent d'Angers pour celte destination , le i3 du même mois^Ie comité rivotution^ noire de cette ville , impatient de se débarrasser de ce qui lui restoît des siens, leur en adjoignit quinze, du nombre desquels était îc Père Papiair. Il partagea donc les souffi'ahces de tous les Nivernais , dans le trajet, et ensuite dans la galiote hollandoise du port de Nantes , qui leur servit de prison ou de tombeau ( F. Nevebs et NAirrcs ). Il supporta ses maux avec tout le courage d'un généreux Martyr de la Fo?; mais* les maux étoient si affreux que ses forces et son âge ne pou voient y résister. Il mourut dans la galiote^ vers le commencement d'avril 1^94, ainsi que treiie autres prêtres Angevins.

[F. Lepebt&e, d'Angers; et PasgorBR. )

FAPIN(HARiK),jeunepaysanne de 17 ans, des environs du bourg de Saint - Germain près Couhé

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en Poitou , diocèse de Poitiers, portoit,eD 1794 9 quelques vivres à deux blessés de l'armée cathoii" fue-royate^Q^icht^ dans un bois.

Rencontrée par une colonne de soldats de l'impie Convention , qui lai demandent brutalement où elle va et ce qu'elle porte, elle se trouble sans douté; mais,. dans son trouble, elle unit à un inviolable respect pour la vérité , cette discrétion magnanime que la charité souvent exige. « Elledéclare qu'elle porte â manger à de braves gens qui en ont besoin. »Mais, lui dîton , comprenant bien que c'est & de malheureux Vendéens cachés:

« Où sont ces brigands ?» — £lle répond avec fermeté : « Vous ne le saures pas. » — « Tu vas être fusillée. » — « J'aime mieux périr que de trahir ces infortunés^ « — « Nous te faisons gr ftcé ; mais conduis-nous où sont ces scélérats. »

— « Non, ce sont des infortunés que je ne trahirai jamais. » Les barbares alors se livrent à tous les outrage» dont une soldatesque impie et forcenée peut être capable â l'égard d'une jeune fille : ensuite ils la lient à un arbre, et la frappent de leurs sabres. A chaque coup qu'ils lui portent, ils réitèrent fa promesse de la délivrer si elle veut trahir les deux Vendéens. Les yeux fixés vers le ciel , elle récite tout haut sa prière qui ne fait qu'irriter davantage ces monstres. Elle meurt enfin coupée en morceaux ; et «elle emporte au Ciel son secret, dit

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