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Quoiqu^on l« TÎt déraillant, on n'eut pas assez d^humanitépour permettre de le transporter ;\ Tbôpital ; et il expira dans le supplice du souterrain, le 8 vendémiaire an III ( 29 septembre 1 794 ) 9 à l'âge de yy ans. {Fi L. ¥. Pei.lignea€,- et C. E. Petheret. )
FÉKOCHB( Chailks-Jeav)»
prêtre du diocèse de La Rochelle , vicaire en la paroisse de Manze 9 au pays d'Aunis , ne sortit pas de France après la lui de déportation, quoiqu'il n'eût point voulu prêter le serment schismatique. Son :^èle le retint en cette contrée, qui se signala par une Foi si courageuse ( K. Veiïdép)., Les agens delà persécution s'emparèrent enfin de sa personne; etilfutconduitdansles prisons de Niort. Le tribunal criminel du département des Deux- Sèvres qui siégeoit en cette ville, le condamna, le 28 ventôse an II (18 mars 1794)9 à la peine de mart,comme« prêtre réfractaire »,; et le lendemain il fut décapité.
PEROL (Melchiob), vicaire à Eymoutiers, diocèse de Limoges^ étoit resté dans cette paroisse pour l'utilité des habitans; et son zèle ne lui 9V0^ pas permis d'obtempérer à la loi die déportation rendue le 26 aoû.t 179a contre les prêtres non- assermentés, du nombre desquels il ayoit le bonheur d'être. Il fut eufio surpris dans l'exercice de ses fonctions sacerdotales, et traîné dans les prisons de Limoges.
Le tribunal criminel du départe-
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ment do la Haute- Vienne , siégeant en cette ville, l'envoya à réchafaud comme «prêtre réfractaire», le r'pluvioseanll(2ojan* vier 1794). {V- C. Nantiat, et J. Reymond. )
PEROTIÈRE ( Jeaii-Baptiste HuGUBT DE la), curé de la paroisse de Notre-Dame-de-Joué , sur le diocèse de Poitiers. ( F, J. B. Muguet. )
PERREAULT (iV... ) , curé de Saint-Hilaire-du-Mesnil-Seilleur^ près Carouges , sur le diocèse de Séez, refusa le serment de la constitution civile du cUrgé» Quelles que fussent les persécutions auxquelles ce refus l'exposoit, il resta près de se s paroissiens. Se trouvant, par cela même, sous la tyrannie des autorités du département de VOme, il fut arrêté par leur ordre en 1793 ; et, dans les premiers mois de l'année suivante, elles le firent conduire à Rochefort pour en être déporté audelà des mers ( F. Rogbefobt).
On l'y embarqua sur le navire ie Pf^ashington , où les souffrances de cette déportation se prolongèrent pour lui jusqu'au milieu de novembre suivant, il mourut dans la nuit du 1 5 au 16 de ce mois, ^ 17949 À l'âge de 69 aos. Son corps fut enterré sur les rives de la Charente, près du fort Faseusc, ( F, J. PÉEiNCT, et R^ Pbtiniaud. )
PERRIER ( Antoine ), prêtre , né à Lyon , j laisoit sa résidence en 1793. La eonstittui&n civiie
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du clergé n*ajant pu le séduire ,il n'ena?oitpaspronoocé le serment.
On a lieu de croira que ce furent des motifs de sèle , et la considération de Tutilité dont il pou voit être aux catholiques de sa patrie y qui le détournèrent de sortir de France , lors de la loi de déportation du 26 août 1792. Lorsque 9 après le siège de Lyon , la commission révoitUionnaire, établie par les proconsuls de la Convention ^ se montrait si avide du sang des prêtres(^-LTO!ï),Perrîer futarrêté dci premiers pour lui servir de pâture.
Une conversion éclatante qui se fit alors dans les prisons où il étoit, semble annoncer qu'il y eut une bonne part. Nous en parlerons tout à l'heure. Traduit devant la sanguinaire commission, le i5 frimaire an II (5 décembre 1 796) 9 il s'y montra ferme danssa Foi et dans les devoirs de son sacerdoce. On le condamna , pour cette raison 9 à la peine de mort, comme «prêtre réfractaire à la loi » . Il avoit alors 58 ans. Trois jours après , on vit condamner , par les mêmes juges, comme « contre - révolutionnaire , ayant porté les armes pendant le siège » , un laïc, homme du monde, précédemment partisan des systèmes de l'impie philosophie , et nommé Jacques- Miirie Punctis de Boën , âgé de 55 ans, lequel venoit de se donner à Dieu de la manière h plus éclataote. Ne croyant pas que le prêtre Perrîer ait été étf an- ^«;r à cette conversion , nous met-*
trons ici la preuve touchante par laquelle cet illustre pénitent la manifesta dans la lettre que, la veille de sa mort , il écrivit à sa pieuse sœur qui , depuis longtemps , prioit sans cesse pour obtenir son retour à Dieu. Si cette pièce ne peut pas être comptée parmi les actes des Martyrs , elle doit l'être au moins parmi les actes des héros de la Foi. En voici le texte :
« Depuis dix jours , ma bonne, sœurj lui écrivoit-il, la mort plane sur ma tête ; et, loin de murmurer devant Dieu de la longueur de mes souffrances, et de l'attente presque certaine d'une mort violente , je le bénis et le remercie de me disposer , par ces moyens , à paroître devant lui. Que je crains la justice de ses jugemens ! trentecinq ans d'offenses : un mois à à peine de repentir ! quel compte inégal à rendre , si celui qui est infini ne pouvoit d'un seul mot , et par une seule de ses grâces »
rapprocher tous ces intervalles , et faire disparoître toutes ces différences ! — Chère sœur, quand tu receVtas cette lettre, ton frère aura rendu ce compte terrible dont la
perspective le remplit d'effroi
Ma sœur ! Qui me dira si je suis digne d'amour ou de haine? Ah!
celui qui m'assureroit que je suis digue d'amour , me combleroit de la joie la plus douce 1 Quoi ! demain, dans deux jours au plus tard , je verrai mon Dieu ! je joui*
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rai de ce bonheur inestimable tonte une éternité ! je deviendrai 9 dans ce ten^ps d*apostasie, l'intercesseur des miens ! Mon amie , quelle belle de^tinée ! — Que n'ai-je pu te Voir dans ces derniers momens !
avec quel plaisir j'auroisparlé avec toi de cette religion qui a fait tes délices depuis ton enfance ! Cette faveur m'a été refusée ; mais celui qui a méprisé la religion pendant si long-temps ,. devoit-il espérer d'en goûter toutes les douceurs ?
Au reste 9 ce seroit l'ingratitude d'un réprouvé 9 de ne pas proclamer hautement les grâces que Dieu m'a faites depuis ma détention.
Ces grâces sont sans nombre ; et c'est au point, qu'en suivant le fil de ce qui m'est arrivé 9 je dois regarder comme la plus grande de toutes , et comme celle qui couronnera toutes les autres , la mort qu'il va me faire subir. Dans le nombre de ses grûces, je dois, ma bonne amie, compter essentiellement la lettre que j'ai reçue de toi aujourd'hui. Jeté supprime le récit des horreurs qui m'ont appris que je touchois à ma fin. Il te suffit de savoir que l'ange de la mort vient d'appeler soixante victimes. Lisons vite , ai-je dit , lisons vite la lettre ^ ma sœur ; recueillons ce dernier témoignage de son amitié.
Je l'ouvre ; et c'est toi qui m'exhorte à mourir, qui m'en inspire le désir en me faisant sentir mon bonheur! Dieu a conduit ta main»
et De l'a pas fait semer dans un
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champ stérile. Ton frère est résigné «malgré sa profonde douleur de quitter, sur une mer soulevée, une femme et des enfans bien aimés , des sœurs et un frère tendrement chéris. Mon sacrifice en sera plus agréable à Dieu. Abraham n'eut sûrement pas plus de peine à sacrifier son fils , que JQ n'en ai à quitter meS bons, mes tendres parens. — Adieu, ma bien aimée sœur. Autrefois (lorsque dans son incrédulité . il alloit jusqu'à nier l'immortalité de l'âme) je t'aurois dit adieu pour toujours ; mais l'homme chrétien , l'homme que la Foi éclaire, sait que tous les élus se réuniront un jour dans le sein de l'Eternel ; et la confiance que j'ai en la miséricorde de Dieu, me donne., pour toi et pour moi , l'espoir que nous nous retrouverons dans le Ciel , notre véritable patrie. » 11 ne s'exprimoit pas mieux en 4^ 1 5 ce bienheureux Jacob de la ville de Lepta en Perse, qui , après avoir abjuré la Foi chrétienne pour plaire au Roi dans la cour duquel il étoit , fut ramené à sa première croyance par sa femme et sa mère , et disoit en présence du supplice .: « Peu attaché aux choses divines» avant de descendre dans l'arène, je n'étois occupé que des choses séculières; maintenant, abjurant le siècle» et dégagé de ses affaires » ne voyant plus que l'éternité qui s'ouvre devant moi, je marche vers elle avec courage » et de toute l'application
de mon esprit : c^est pour cela que je suis plein de joie j heureux même du supplice que je vais subir ; c'est pour cela que ma voix, sans aucune altération , au milieu des tourmens 9 chante les louanges de celui qui m*a rendu digne de les souffrir (i) ». Jacob fut mis au rang des Martyrs 9 parce qu'il souffrit directement pour sa Foi ; tandis que Punctis de Boën n'a été condamné que pour une cause . politique 9 soutenue par des motifs temporels I et non essentiellement par principe de religion.
PERRIER ( Charles ) , prêtre du diocèse de Saint-Malo 9 ne sortit point de France , après la loi de déportation 9 quoiqu^il n'eût pas prêté le serment schismatique.
Resté à Miniac - sous - Bécherel, dans le même diocèse » il rendit son ministère utile aux catholiques du canton 9 pendant toute l'année 1793. Après avoir échappé plusieurs fois aux recherches des persécuteurs 9 il
(i) AnUaquam in arenam descenrdmtm f in divinis rébus minus adcuraiè atque reiigiosè varsahar, homo nempè seeu/aribuê in^UaOus, etc. etc. Àhdicato secuio , ejusque ne^otiis plané expeditits , ad altenun secuium , ante ocuios meos positum , totd animi contenu tione furogredior; proptertk icttus ae beatus toto supplicii hujus tempore, poce inter pasnas minitnè titubante , imtdis hymnes sum modutatus iUi qui me dignumjèdt ut hos crudatus per^ Jhrem, (Aueman : jicta Mçrtyr. Purs I%paS*a5a.j
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tomba enfin dans leurs mains ; et ils le livrèrent au tribunal criminel du département à^liU^uViU laine , dans l'arrondissement duquel se trouYoit Minitfc. Ce tribunal 9 siégeant à Rennes 9 porta contre ce prêtre une sentence de mort, le 28 messidor an II (16 juillet 1794) ; et cette sentence se fondoit sur ce qu'il étoit « prêtre réfractaîre ». Elle fut exécutée dans les yingt-quatre heures*
PERRIN ( Joseph - EuBAm ) 9 diacre du diocèse d'Apt, et reli* gieux de l'ordre de Saint-Benoît 9 avoit été empêché d'avancer dans le sanctuaire par les innoyations schismatiques et anti- catholiques de 1 791. Par cela seul qu'il n'avoit pas Toulu recevoir l'ordre de la prêtrisç des mains d'un évêque intrus de la constitution civile du clergé, il attestoit la pureté et la fermeté de sa Foi. Les impies s'en vengèrent quand le proconsul Maignet eut établi son atroce commission populaire d'Orange ( V. Oeamge). Le diacre Perrin fut arrêté et traîné à cette commission 9 qui lui demanda le serment de liAerté- égalité. Il le refusa d'une manière imperturbable ; et cette commission le condamna, le 19 messidor an II (7 juillet 1794)9 à la peine de mort 9 comme « rebelle à la loi, et contre - révolutionnaire » 9 avec trois religieuses ( ^. S. Gail-
LAEO9 M. M. GuiLHEElUfiR» et
M. A. M. RocniEE ). 11 périt le
lendemain , à Tage de '^6 ans.
(F, J** MàLLET, et M. A. Peybe.)
PERRIN (JEiN-CiiiiDs), prêtre du diocèse de Besançon , né à Lorrey-en-Monlagne » près d'Ornansy en 1764» et nouyellement prêtre à Tépoque de la révolution 9 étoit, en 1791 » vicaire dans la paroisse de Grande - Combe - lès- Bois 9 près de Pontarlier. Il se garda bien de prêter le serment scliismatiqne de 1791 9 ni aucun de ceux qui furent prescrits l'année suivante. La loi de déportation le fit sortir de France; mais ^n zèle Vj ramena après le fameux Neuf thermidor , lorsque tant de gens publioient que cette journée avoit mis fin à la persécution. Ce qui se passa depuis cette époque 9 37 jiiillet 1794> jusqu'au 4 septembre 1797? contrariant beaucoup le ministère des prêtres 9 faisoit déjà bien comprendre au vicaire Perrin qu'il auroit de plus cruelles épreuves à subir. La catastrophe du dfX'huit fructidor lui prouva que les persécuteurs 9 toujours dominateurs en France 9 ' avoient conservé leur précédente fureur contre la religion de Jésus- Christ ( V. Lois et Tbibunaux bévolittiounaibes). Il sentit alors la nécessité ^e se cacher, et de n'exercer son sacerdoce qu'avec la circonspection nécessaire lors des plus grandes persécutions. Retiré dans une obscure maison de la paroisse où il étoit né, il n'en sortoit pour hè fonctions sacer*
dotales qu'avec précaution ; mais les agens de la persécution , qui le soupçounoient en ce lieu 9 l'épièrent. La maison où il se cachoit étant sur le point d'être envahie par eux, le 27 janvier 1 798, il crut devoir fuir par une porte dérobée :
ils l'aperçurent; et 9 comme s'ils désespéroient de l'atteindre 9 ils lui tirèrent plusieurs coups de fusil. Une balle le frappa au bas des reins ; une autre lui fracassa le bras gauche ; et toute sa personne se trouva 9 de plus, criblée par du gros plomb de chasse.
Tombé sous tant de blessures, il fut aisément saisi ; et on le traîna dans la prison d'Ornans. Il y resta huit jours, après lesquels on le mit sur une charrette; et, tout blessé et très-souffrant qu'il étoit, on l'y attacha, avec une chaîne de fer, à un autre prêtre que l'on alloit aussi conduire à Besançon.
Nous n'avons pas besoin de dire qu'il avoit été accablé d'outrages parles barbares qui l'a voient arrêté en le blessant si cruellement; ceux qui le conduisirent dans les prisons du chef- lieu du département du Doués , ne lui épargnèrent pas les injures. Ses plaies y furent d'abord pansées par un chirurgien qui regarda comme extraordinaire qu'il ne fût pas mort de la balle qui lui avoit traversé le corps : on ne put la retirer que par une incision faite à l'abdomen.
Ce chirurgien étant empêché de revenir près de lui , les autres
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prêtres compagnons de sa cap- Perrin , qu'on aToit fait venir ttYÎté continaèrent les panse- pour cela dans le greffe de la mifna arec des soins infinis ; prison. Il l'entendit ayec calme, mais bientôt, le i5 février 9 des et revint dans sa chambre faire soldats vinrent pour Temmener ses dernières dispositions. Trop à la prison de la commission foible et trop incommodé pour tniHiaire par laquelle il devoit écrire lui-même ^ il dicta à l'un de être Jugé, suivant les dispositions' ses confrères une lettre pour les de la loi du ly fructidor { V, fidèles de la paroisse où il étoit GviAHv ). Les soldats ne purent vicaire, leur disant: «Lesouveremplir leur mission, parce que rain maître, mon créateur, qui le vicaire Perrin étoit dans l'im- m'avoit donné la vie , la redepossibilité de sortir de son lit ; et la mande à présent ; et je lui en fais commission le laissa dans la-même rolontiers le sacrifice : Jésusprison , mais sans lui faire admi- Christ , mon sauveur et rédempnistrer aucun secours. On eût dit teur , m'en a fourni l'exemple, qu'il n'existoit à son égard que Quel bonheur pour moi!... Puispour être envoyé par elle à la qu'il a fallu qu'il passât par la voie mort. Sur ces entrefaites, les des humiliations, des persécutions membres qui la ^ composoient et des souffrances , un chrétien , furent remplacés par d'autres en- et, à plus forte raison, un ministre core plus barbares, qui, dans leur des autels, ne doit-il pas se gloimpatience de remplir leur cruelle rîfier de suivre les traces de son mission, voulurent absolument chef? Que ne m'est -il donné de qu'on le leur amenât. Il ne'put se pouvoir expier et laver par mon rendre devant eux que très-péni- sang tqjus les crimes qui se coqpiblement, et soutenu sur les bras mettent dans mon infortunée pades soldats qui l'y conduisoient. trie! Du moins j'ai cette confiance. Après avoir entendu les réponses que mes propres péchés me sûnt franches et véridiques de cet ecclé- pardonnes par mon sacrifice. siastique , la commission le ren- Cette grâce , je ne la mérite pas ; ▼oya dans sa prison , et prononça et je n'ai jamais rien fait pour contre lui une sentence par la- mon Dieu qui pût attirer sur moi quelle il étoit condamné à être une faveur aussi signalée que la fusillé, comme a émigré-rentré», paime du martyre que je vais Cette sentence, rendue le 39 plu- recevoir, en rendant témoignage Tiose an YI (17 février 1798), à la religion catholique» apostotrois ans, six mois et demi après lique et romaine, dont j'ai eu le la chute de Roberspierre, fut no- bonheur de faire profession justifiée une heure après au vicaire qu'ici > et qu'aidé de la grâce d'en-
haut, je professerai jusqu'au dernier soupir Je pardonne bieu
sincèrement à tous mes persécu- ' leurs, et à tous ceux qui, directement ou indirectement , ont concouru à ma mort... J'exhorte tous les bons catholiques à redoubler de ferveur, à ne pas oublier îa pensée des fins dernières , et surtout quelle est la brièveté de la vie et la durée de Téternité. Qu'ils se rappellent, dans les persécutions, le courage qu'ont montré les Martyrs, dans tous les temps; et qu'ils ne perdent pas de vue les exemples que leur donneront ceux qui me suivront I » Le prêtre Perrin dicta ensuite une lettre dans le même sens pour son père, ses frère et sœurs. Il leur disoit, entre autres choses non moins édifiantes que touchantes : « Je vous exhorte et vous conjure de persévérer inviolablement dans tous les points de la Foi de Jésus-Christ, dussiez- Yous souffrir mille morts comme celle que je vais subir moi-même dans quelques instans. Quel éon^ heur pour vous de pouvoir compter un Martyr dans votre famille I J'espère être bientôt assis à la droite de notre commun maitre... Rassurez - tous donc, autant que je suis rassuré moimême... Je me suis pleinement réjoui à la favorable nouvelle de ma condamnation, qui m'a annoncèquefaitois entrer dans ia maison de Dieu*.. Je pardonne de tout mon cœur à ceux et à
celles qui ont pu me nuire^ ainsi qu'à ceux qui ont concouru à ma mort : en voulant faire mon malheur , ils ont procuré mon bonheur véritable » .
Si ce prêtre, d'une Foi si vive et si pure , eût eu les sentimens de nos jours, où l'on regarde les Martyrs de notre temps avec tant d'indifférence , où même d'ignorans prôneura de petites dévotions croient que ces victimes ne sont point de vrais Martyns, et n'en recevront jamais la céleste récompense ; si le Souverain- Pontife, occupé de tant d'autres affaires , ne leur décerna jamais un culte public ( V, notre Préface , pag. xxxj ) , ce prêtre auroit-il sacrifié sa vie pour la religion de Jésus-Christ ?
Il fit prier une de ses sœ.urs , qui étoit à Besançon , de venir recevoir ses adieux ; et il ne l'entretint que de la grâce que Dieu lui accordoit de mourir pour sa sainte cause. Sa sœur , d'une égale confiance , lui répondoit , en regrettant toutefois de le perdre icibas : « Ah ! quand vous seres dans le ciel, priez Dieu qu'il nous conserve la Foi » . Il lui répliquoit avec transport : « £h bien ! lorsque tu arriveras dans la famille, commence par lui dire : « Bonne nouvelle! nous avons un frère dans le ciel». Ensuite il se mit à genoux , pour réciter ses Vêpres avec les autres prêtres détenus avec lui ; et il resta dans la même
aitaation, quoique souffrant encore de ses blessures 9 pendant qu'ils récitèrent pour lui les prières de Tagonie. Yers trois heures de Taprès-midi , on vint le prendre pour le conduire au lieijk du supplice. Ses blessures Tempêchoient encore de faire à pied un aussi long trajet. On l'y porta dans une chaise à bras ; et» quelques minutes après , il tomba mort sous le plomb des fusillades.
( F. A' Pbgbot , et J. B. Psus-
SEUtT. )
PERRON ( Jeàv - Baptiste ) , prêtre de l'Oratoire, et supérieur du grand séminaire du diocèse de Dijon ( y. Làtoue , prêtre de rOratoire)) y donna Texemple de la fermeté dans les principes de la Foi, lorsque le serment de la eonstUfition dvUeduùtergé fut demandé par ordre de l'Assemblée constituante à tous les prêtres fonctionnaires publics. Il le refusa en homme disposé à tout souffrir, à mourir même, plutôt que de manquer à sa conscience. La loi de déportation , du 16 août 179a , le dispensa bien , à raison de son grand âge , de l'exil auquel étoient condamnés les prêtres qu'on appeloit réfractaires ; mais elle l'ezposoit à être renfermé comme un criminel. Ce confesseur -intrépide de la Foi se TÎt bientôt conduit dans une maison de détention à Dijon; et il y succomba sous le poids de sa douloureuse captivité, le 37 décembre 1793. On le
compta au nombre des nouveaux Martyrs de la France, dans une liste qui en fut publiée à Rome en 1794, avec Tautorisation du Sou- Terain-Pontife , et que nous ayons sous les yeux. ( y. Avgibe, de Montmorillon ; J.^ Mohih , et F.
Yaiottb. )
PERRON (Michbl-Jbin), simple diacre du diocèse de Clermont - Ferrand ,' quand le schisme vint désoler l'Ëglise de France avec sa catMittUion civiU du eiergi, fut retenu par les circonstances dans cet ordre de la hiérarchie du sanctuaire. Il montroit assez, par sa conduite, que s'il y eût été plus avancé , il , auroit refusé courageusement le schismatique serment que l'on exigeoit des prêtres. La loi de déportation rendue ensuite contre eux, ne dcToit pas l'atteindre ; et il resta dans la yille de Biilom.
La pei;sécution devenant violente dans le diocèse de Clermont, en raison de ce qu'il étoit un de ceux où la Foi brilloit avec plus d'éclat, le diacre Perron fut arrêté et conduit dans les prisons de cette Tille. Le tribunal criminel du département du Putf'de^Ddme^ qui y siégeoit , n'écoutant que sa haine pour le clergé catholique, se servit de lois qui n'avoient été portées que contre les prêtres, pour envoyer ce diacre à la mort.
Il fut condamné A périr sur Pécha- f fa ud, comme «prêtre réfractaire» .
Cette sentence, rendue le 7 mes-